16.03.2008
DU RIFIFI A ANKARA
Il existe des laïcs en Turquie qui ne voient pas d’un bon œil l’islamisation du pays qui s’accentue depuis l’arrivée au pouvoir de l’AKP, le parti de la justice et du développement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.
Le Procureur de la Cour de cassation turque vient de frapper un grand coup en demandant la dissolution de ce parti ainsi que le retrait de la vie politique pendant cinq ans de 71 de ses membres, parmi les plus illustres. Il reproche à l’AKP de développer des activités anti-laïques, de vouloir transformer le pays en Etat islamique et de détruire le système démocratique : "Le modèle d'islam modéré préconisé pour la Turquie vise à établir un Etat gouverné par la charia et si nécessaire de recourir à cette fin au terrorisme", a-t-il déclaré, précisant : "En Turquie il est évident que les mouvements d'islam politique et le parti en question (AKP) aspirent à terme à un système fondé sur la charia plutôt qu'à un Etat de droit". Il estime que l'AKP se servira jusqu'au bout du takiyye, qui consiste à dissimuler ses convictions jusqu'à ce que les objectifs voulus soient atteints.
Le Procureur cite aussi la récente libéralisation du voile islamique à l'Université, dont l'application est toujours suspendue à une décision de justice, ou l'invocation des oulémas plutôt que des juges pour trancher des questions de société.
Voilà les faits, qui indiquent que la situation se crispe en Turquie et qui promettent des développements intéressants pour le cas où la Cour constitutionnelle déciderait bel et bien de donner suite à cette demande et d’ouvrir ce dossier brûlant. Elle est composée en grande partie de magistrats nommés par le précédent chef de l’Etat, défenseur de la laïcité.
Que Erdogan ne soit pas content, on peut le comprendre : "Il s'agit d'une action entreprise à l'encontre de la volonté de la nation (...). Nul ne peut dire que l'AKP est un repaire d'activités anti-laïques. Nul ne peut nous détourner de notre voie" a-t-il affirmé.
Mais là où ça se corse, c’est de voir les Etats-Unis … et l’Union européenne se précipiter pour voler à son secours, la bouche pleine de propos dégoulinant de vertu qu’ils feraient bien de commencer par appliquer chez eux.
Donc, les Etats-Unis sont absolument indignés de cette initiative. Celle du Procureur, naturellement, pas celles des islamistes dits « modérés »: "Les électeurs se sont prononcés. Leur voeu doit être respecté", a vertueusement déclaré Matthew Bryza, secrétaire d'Etat adjoint, au quotidien turc Zaman. Eh oui, il existe des cas où c’est bien pratique, la volonté des peuples…
Et l’Union Européenne s’est empressée d’en rajouter par la bouche du commissaire à l’élargissement, le centriste finlandais Olli Rehn, fervent partisan, vous l’aurez deviné, de l’adhésion de ce grand pays démocratique et européen.
Il paraît donc que la Turquie doit respecter les principes démocratiques présents dans sa Constitution et qu’en conséquence cette décision du Procureur serait en désaccord avec le processus de réforme du pays destiné à favoriser son entrée dans l’UE. Je sais, ce n’est pas très clair, mais ces gens ont l’habitude de parler de façon à ne surtout pas être compris. Ou compris de diverses façons. Au choix.
Il a donc dit : "Les principes démocratiques conformément à la Constitution devraient être également respectés par le système judiciaire". Le voile, les oulémas, tout ça, c’est en réalité parfaitement démocratique et le Procureur n’a rien compris.
Olli Rehn a surtout ajouté cette phrase historique : "Dans une démocratie européenne normale, les questions politiques sont débattues au Parlement et tranchées par les urnes, pas dans les tribunaux". C’est vrai ça, des questions politiques tranchées par les tribunaux, on n’a jamais vu ça, nous. C’est un vrai scandale. Il n’y a vraiment que chez les Turcs qu’on peut voir des choses pareilles.
De quoi se mêlent-ils tous ? A priori, il s’agit d’une affaire intérieure turque, non ? En tout cas, une chose est sûre : ils ont tous bigrement envie de voir la Turquie, même - et peut-être surtout - islamiste jusqu’aux dents, intégrer le gros machin de Bruxelles. Même si pour cela doivent être convoqués le ban et l’arrière-ban des arguments les plus éculés et les plus fallacieux.
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13.10.2007
LE GENOCIDE ARMENIEN FAIT DES VAGUES AUX ETATS-UNIS

Nous avions parlé en août des efforts déployés par la Turquie pour empêcher l’adoption au Congrès des Etats-Unis d’une loi reconnaissant le génocide arménien. Ni menaces, ni pressions diverses et variées, n’avaient été épargnées pour que les responsabilités du massacre de ces populations civiles entre 1915 et 1917, en pleine guerre mondiale, passent dans les oubliettes de l’histoire.
Eh bien, aussi étonnant que cela paraisse, la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants a adopté jeudi une résolution reconnaissant ce génocide, par 27 voix contre 21. Ce fait est d’autant plus étonnant que l’administration Bush, tout aussi opposée au texte que la Turquie, n’avait, elle non plus, pas ménagé ses efforts pour empêcher ce vote, qui apparaît comme un camouflet pour les deux partenaires.
C’est que les Etats-Unis, toute « hyperpuissance » qu’ils soient, ont apparemment un grand besoin de conserver les bonnes grâces d’Ankara et redoutent ses représailles. L’appui des Turcs, membres de l’OTAN, leur est nécessaire pour leurs opérations guerrières dans la région. Ces derniers ont déjà menacé de couper aux Américains l’accès à la base aérienne d’Incirlik, plaque tournante des matériels US vers l’Irak et l’Afghanistan. On mesure d’ailleurs à travers cette dépendance, étonnante à première vue, à quel point les Etats-Unis sont un colosse aux pieds d’argile.
En tout cas, que pèsent face à des arguments pareils, la moralité ou la justice - ou le simple respect des votes émis par des représentants du peuple - dont on se gargarise uniquement quand un profit politique est en vue. D’ailleurs, on espère vivement en haut lieu que l’essai ne sera pas transformé. Le secrétaire d’Etat à la Défense, Robert Gates, et la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice ont déjà proposé de donner des « instructions secrètes » aux membres de la Chambre des représentants au sujet des « intérêts de sécurité nationale » en jeu dans cette affaire. Autrement dit, s’ils osent persister dans la funeste erreur de la commission et voter quand même la résolution, lorsqu’elle viendra devant eux, ils seront de très mauvais Américains, de faux patriotes. Finalement, si la guerre d’Irak est perdue, ce sera entièrement de leur faute.
Les Turcs de leur côté, sont évidemment furieux de ce vote « inacceptable » et ont demandé à l’administration Bush, par la voix de son ambassadeur à Ankara, de faire tout son possible pour que le texte ne soit surtout pas inscrit à l’ordre du jour. Car s’il est inscrit, on peut craindre le pire… On imagine sans peine les pressions qui vont à présent s’exercer sur Nancy Pelosi, porte-parole de la Chambre des représentants.
Il faut reconnaître en tout cas aux Turcs une volonté inébranlable dans leur refus de considérer cette période de leur histoire. Certains autres peuples, en revanche, vont peut-être un peu loin dans leur sentiment de culpabilité?
08:55 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : licra, anne, kling, genocide, armenien, turquie, USA
29.08.2007
ENCORE UN PEU DE VASELINE ET CA FINIRA PAR PASSER
« Si la Turquie était européenne, ça se saurait »
« Que la Turquie fasse des problèmes pour reconnaître l'un des membres de la Communauté européenne, Chypre, c'est quand même une drôle de façon de demander à s'intégrer »
« En démocratie, je n'ai pas à échanger ma loyauté au président de la République et mes convictions. Le président de la République a des convictions, il les exprime avec force, elles sont éminemment respectables, j'ai aussi des convictions. Personne ne veut rejeter la Turquie, c'est un grand peuple, une grande civilisation. Je suis très clairement pour le partenariat privilégié, pas pour l'adhésion parce que déjà, l'Europe à 25, on a du mal à la faire fonctionner"
« Quand bien même c'est un pays laïc, il est en Asie mineure. Je n'expliquerai pas aux écoliers français que les frontières de l'Europe sont avec l'Irak et la Syrie. Quand on aura fait du Kurdistan un problème européen, on n'aura pas fait avancer les choses".
Bon, vous aurez compris sans que je vous fasse un dessin de qui étaient ces mâles propos destinés aux gogos ravis de les gober, et qui en redemandaient. Et c’étaient bien les Turcs qui avaient raison, qui déclaraient au lendemain de l’élection de Sarkozy "Dans le processus européen comme dans les relations franco-turques, nous souhaitons à partir de maintenant ne plus entendre les déclarations faites par Sarkozy durant la campagne électorale dans nos relations bilatérales". Ben, tiens !
Donc, résumons : La France avait le pouvoir de bloquer le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne. Et c’est bien ce que les électeurs de Sarkozy attendaient. Evidemment, cela aurait constitué un geste politique très fort, un véritable pavé dans la mare du sytème. Ca n’aurait pas été de la com’, cette fois. On aurait assisté à une redistribution des cartes et c’est ce qu’espéraient, au-delà des Français, les peuples européens.
Bien évidemment, système oblige, la France n’a rien bloqué du tout et le processus s’est poursuivi comme si de rien n’était. Nul doute que des impératifs stratégiques liés au triangle USA/Israël/Turquie n’aient largement pris le pas sur les intérêts de l’Europe.
Aujourd’hui, devant les ambassadeurs, acte 2 de la pièce de théâtre : on fait les gros yeux – ça impressionnera dans les chaumières où l’on croira, peut-être, que la France mène le bal – et on exige en contrepartie de la poursuite du processus…. de créer un goupe de sages !!! pour réfléchir à l’avenir de l’Europe !!! Jolie façon de noyer le poisson. Je note au passage que cela signifie en clair que personne n’aurait encore songé à réfléchir à l’avenir de l’Europe ? Et ce sont ces gens qui sont chargés de notre avenir et de celui de nos enfants !
"La France ne s'opposera pas à ce que de nouveaux chapitres de la négociation entre l'Union et la Turquie soient ouverts dans les mois et les années qui viennent, à condition que ces chapitres soient compatibles avec les deux visions possibles de l'avenir de leurs relations : soit l'adhésion, soit une association aussi étroite que possible sans aller jusqu'à l'adhésion", voilà le nouveau palier intermédiaire. En attendant le plongeon final. On est loin du début de l’article, non ?
A l’UMP, on est quand même un peu embarrassés, mais au PS, on pavoise et on se félicite de ce que le locataire de l’Elysée ait évolué sur la question et abandonné sa « posture électoraliste ». Tout est dit dans ces deux mots, n’est-ce pas ? Et surtout, le profond mépris dans lequel sont tenus les peuples, aux yeux de ces messieurs-dames trop manipulables et trop cons pour comprendre où est leur véritable bien et qu’il faut donc mener malgré eux, comme des veaux.
Le Monde a eu le toupet de déclarer que Sarkozy cherchait « à sortir de son isolement en Europe au sujet des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne » Quel isolement ? De qui se moque-t-on ? Ignore-t-on à Bruxelles que la grande majorité des PEUPLES européens est parfaitement opposée à cette adhésion ? Mais que les pseudo élites européennes font comme si de rien n’était ? Ce ne sont pas les Européens, qui dans cette histoire n’ont rien à dire, mais le système à la botte des Américains et des lobbies qui pousse de toutes ses forces à une intégration nuisible à l’Europe. Justement parce qu’elle sera nuisible à l’Europe.
Les naïfs – et ils sont nombreux – qui ont voté Sarkozy parce qu’il était « contre » l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, finiront peut-être par ouvrir les yeux un jour. Et se rendre compte qu’il ont en réalité élu un rouage du sytème encore plus zélé et plus empressé que tous ses prédécesseurs. Qu’on finira peut-être même par regretter, si ça se trouve. Un comble !
Je note que M. José Manuel Barroso, président portugais de la Commission européenne, a « personnellement » averti Sarkozy des « conséquences très négatives » qu’il y aurait à s’opposer à un processus d’adhésion approuvé par les 27. Pourquoi donc est-il si empressé à accueillir la Turquie ? Pense-t-il donc que tous les chantiers utiles à l’Europe sont achevés ? L’état de son pays, le Portugal, devrait pourtant l’amener à considérer qu’avant de lancer des invitations à l’extérieur, il y a encore beaucoup de boulot à faire à la maison.
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24.08.2007
SURPRISE : L’ANTI-DEFAMATION LEAGUE RECONNAIT LE GENOCIDE ARMENIEN (suite)
J’ai trouvé le commentaire suivant à l’article d’hier si intéressant que je le donne en clair. Vous constaterez qu’il nous fournit, lui aussi, pas mal de pistes d’étude à approfondir pour l’avenir …. C’est amusant qu’il termine par la Chine car le JPPPI, dont nous avons déjà parlé, n’a pas manqué effectivement de s’intéresser à cette puissance émergente. Le JPPPI (Institut de planification d’une politique pour le peuple juif) a été créé en 2003 à Jérusalem afin de remplir une mission de prospective. Ses recherches doivent contribuer à la continuité et à la prospérité du peuple juif et de sa culture. Il est présidé par l’ancien ambassadeur américain Dennis Ross et financé par l’Agence juive et les grandes organisations juives internationales.
Voilà la référence en question : « Sur les potentialités économiques, politiques et stratégiques pour le peuple juif qu’offre l’émergence de la Chine, voir le rapport du JPPPI intitulé « China and Jewish People, Old Civilizations in a New World » établi par Dr S. Wald en 2005. Ce rapport contient notamment une série de recommandations destinées aux organisations juives mondiales. »
« Trop drôle. En fait tout est parti du licenciement par Foxman d'un des directeurs fédéraux de l'ADL (qui représentait je ne sais plus quel état des Etats-Unis). Son directeur local avait affirmé qu'il s'agissait bien d'un génocide... Foxman l'a viré, or ce type était populaire... Donc Foxman plutôt que de faire face à une révolte, doit tenter de faire face comme il peut...
Ces faits sont intéressants: cela montre que si les pontes des organisations juives, tels que Foxman, sont parfaitement brieffés de leur rôle politique et savent faire la part entre manipulation et vérité, il en va pas de même de la base...
De plus pour la plupart des gens, turcs=musulmans=islamistes... Le niveau de culture G chez les juifs américains est un peu plus élevé que la moyenne locale, mais ce n'est tout de même guère brillant. La plupart d'entre eux ne savent rien ni des relations entre Israël et la Turquie, ni de l'histoire des juifs dans l'Empire ottoman et la république Jeune Turque (qui sait par exemple, que Vladimir Jabotinsky contrôlait la presse turque, et spécialement le journal officiel "Le jeune turc"? Qui sait que le nationalisme turc est une invention d'Emmanuel Carasso, un juif italien membre des B’nai Brith et de la loge Resortae Veritas à laquelle appartenait Ataturk? L'invention du nationalisme turc, était une aberration qui avait pour but de liquider le Califat ottoman cosmopolite, afin de lui détacher la Palestine, et d'en faire Israël. A la même époque où les jeunes turcs s'agitaient, où le Calife ottoman ruinait son pays en s'endettant auprès des banques Rothschild, le même Rothschild jouait sur le tableau britannique et arrachait la déclaration Balfour... Tout est lié...).
Donc le juif moyen américain ne voit pas toutes ces réalités, et reste prisonnier du pathos de la souffrance et du génocide, d'autant plus qu'il a grandi dans la sublimation de la souffrance et du génocide juif... Et donc après 60 ans de reproches de la part des Arméniens, pas étonnant que le juif de base, ignorant des enjeux, se laisse prendre à ce discours.
Remarquez que la position de Foxman est purement politique: il prend l'avis de Morgenthau (qui avait joué un grand rôle dans les accusations de génocide à l'encontre des nazis au procès de Nuremberg), mais il refuse de légiférer... Il récupère la confortable position morale du donneur de leçons, mais il continuera de tout son poids de bloquer une reconnaissance officielle du génocide par le Congrès... Trop fort!
Outre les liens réunissant Israël et la Turquie, je pense que ce qui pourrait inquiéter Israël, c'est à terme la remise en cause de la laïcité en Turquie. Les Turcs sont attachés à la laïcité soit disant, essentiellement par lavage de cerveau... Car contrairement à la France où la foi a fortement reculé depuis un siècle, la Turquie reste un pays attaché à sa culture islamique. Et il ne faudrait pas grand chose pour que les Turcs, revisitant leur histoire, se rendent compte que la révolution jeune turque, la laïcité, l'européanisation forcée, tout ça convergeait vers d'autres objectifs que le simple progrès... D'ailleurs quel progrès pour la Turquie? Ils sont passés en un siècle du statut de puissance impériale à celui de pays du tiers monde...
Or si on force la Turquie à se pencher sur le génocide arménien (qui était plus un nettoyage ethnique contre les populations européennes sur les terres que les Turcs avaient peur de devoir céder lors du démantèlement de leur empire, nettoyage ethnique en grande partie piloté par des généraux d'origine juive, ou balkanique), on risque d'amener la Turquie à revisiter complètement son histoire et faire émerger des vérités cachées...
Un peu comme la colonisation de l'Algérie: je parie que personne ici n'a entendu parler du rôle des négociants en blé juifs Bacri et Busnach, qui ont donné l'Algérie à la France? Il faut s'y intéresser car c'est éclairant! Encore un revirement d'alliance juive...
Rappelons-nous que la conquête de l'Andalousie par les arabes n'aurait pas été possible si les juifs séfarades ne les avait pas aidés, et notamment renseignés. Eh bien l'inverse a été vrai...
De même, les juifs ont toujours su être du côté des puissants: avec les britanniques, les ottomans, la république française, les soviétiques, aujourd'hui les USA... Demain sans aucun doute la Chine! »
Patrac
10:16 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : licra, anne, kling, ADL, armenie, turquie, genocide
02.08.2007
POT DE TERRE CONTRE POT DE FER – COMPLEMENT D’INFORMATION
Un correspondant du blog m’a adressé le commentaire suivant à l’article d’hier. Il offre un éclairage très intéressant et des possibilités de débat particulièrement fournies. Comme il serait dommage qu’il passe inaperçu, le voici en clair. Merci à son auteur.
« Plusieurs raisons poussent les lobbies juifs un peu partout (et surtout en Israël) à nier le génocide arménien. La raison la plus communément admise est le refus de la compétition victimaire; les juifs voulant être les seuls à se prévaloir du statut de victimes éternelles.
Ce n'est pas faux, mais ça ne suffit pas comme explication, d'autant que certains sionistes voient d'un bon oeil le fait que les turcs musulmans soient accusés de génocide, car tout ce qui peut alimenter les clichés du genre musulman=barbare arrange l'agenda sioniste. Du coup, tout en refusant la reconnaissance officielle et en bloquant les enquêtes historiques, les médias sionistes ouvrent les colonnes de leurs journaux à ceux qui dénoncent le génocide arménien par les turcs. Pourquoi donc?
Il est un sujet très sensible en Turquie, c'est l'origine ethnique d'Atatürk. Si vous regardez des photos d'Atatürk vous aurez bien de la peine à reconnaître un turc. Le teint et les yeux clairs, il ressemble plus à un européen. De fait Mustapha Kemal est né à Salonique (la ville d'origine du grand père de Sarkozy) dans la famille Effendi, et a fréquenté l'école coranique du quartier Effendi.
Or, cette ville de Salonique, et ce quartier d'Effendi, et même ce nom d'Effendi nous renvoient à plusieurs faits. Premièrement Salonique était une des principales villes juives séfarades en Europe, avant la chute de l'empire Ottoman. Une petite recherche sur des sources ouvertes et même juives vous en convaincra. Ensuite elle est le berceau spirituel d'un fameux faux messie juif qui jouera un rôle déterminant dans l'histoire du sultanat Ottoman: Shabbatai Tzevi (ou Shabtai Zvi ou Shbtai Tzvi, il existe de multiples orthographes).
Une recherche sur son nom et la secte qu'il a créée, les Donmeh, (là aussi de multiples orthographes) vous en apprendra plus long. En gros, ce Shabbatai Tzevi a réussi à passer pour le Messie auprès d'une grande partie de la communauté juive de son époque. Ce n'était pas un fumiste comme il y en a eu tant, il a réellement convaincu une grosse partie de sa communauté, et fait douter le reste, tandis que seule une petite partie s'opposait ouvertement à cette idée, notamment les notables et les rabbins siégeant dans les plus hautes instances.
Comme l'ordonne la loi Mosaïque, le Sanhedrin est censé condamner à mort les faux messies et faire appliquer la sentence (ce qui fut fait à Jésus, la sentence étant exécuté par les Romains). Shabbatai fut donc condamné à mort par le Sanhedrin qui demanda au calife d'appliquer la sentence. A cette époque en effet, (en France il en allait de même), les juifs relevaient des tribunaux juifs en ce qui concerne les jugements.
Shabbatai pour échapper à la mort décida alors de se convertir à l'Islam, afin d'échapper à la juridiction des tribunaux rabbiniques. Il se convertit donc et une grosse partie de ses fidèles les plus proches, pour créer la secte des Donmeh (appelés aussi les Shabbateans).
Evidemment, la grande majorité de la communauté juive devant cela ont abandonné tout crédit à son encontre, mais il a su néanmoins garder une grosse partie de ses partisans, suffisamment pour créer une secte puissante.
Or le nom musulman pris par Tzevi fut Effendi, et on sait qu'il passa la plus grande partie de ses dernières années dans les Balkans, notamment à Salonique (où il avait fréquenté les yeshivah étant plus jeune, durant de longues années, et où lui est apparue la révélation qu'il était le messie). Précisément le quartier Effendi était considéré comme un quartier Donmeh.
La particularité des Donmeh, est que ce sont des cryptos juifs officiellement musulmans. Mais ils ne se marient qu'entre eux. L'autre particularité est que Atatürk leur a fait une grande place dans son gouvernement des jeunes turcs, et dans son armée. Certaines théories en Orient, font de Atatürk un Donmeh, ce qui explique son empressement à vouloir liquider le Califat et le remplacer par un gouvernement "laïc".
Cette idée très moderne de la laïcité à l'époque a toujours été un fer de lance des lobbies juifs afin d'abolir le critère religieux dans les affaires de l'état, et leur permettre une plus grande part d'influence.
Avec Atatürk, l'influence des juifs fut particulièrement grande et ce peuple fut particulièrement choyé. Là encore de nombreux témoignages juifs en persuaderont le lecteur, d'autant qu'aujourd'hui encore, la communauté juive turque jouit d'une grande influence, et la Turquie est le principal allié d'Israël dans la région.
Le rapport avec votre article? Eh bien c'est simple: tout porte à croire que les généraux qui ont supervisé les massacres de chrétiens arméniens et grecs furent soit des Donmeh, soit des juifs.
Et c'est bien cela qu'on veut à tout prix éviter de révéler au grand jour. Du coup, oui pour stigmatiser les Turcs en tant que musulmans barbares dans les médias, non à une reconnaissance officielle que les Turcs n'accepteront pas et qui risque d'ouvrir une page noire de leur histoire.
Pour l'instant le nationalisme turc fait qu'il est impossible de remettre en cause l'origine d'Atatürk dans une discussion, mais espérons que ça finisse par changer.
Il serait vraiment intéressant de voir quelle est la part réelle d'influence de ces cryptos juifs dans l'histoire moderne de la Turquie, sachant qu'ils se cachent généralement fort bien et qu'ils effacent les traces de leurs actes. »
Noone
10:18 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : licra, anne, kling, donmeh, kemal, armenie, turquie
08.05.2007
FORMIDABLE HOUTSPA TURQUE !
Les Turcs n’ont décidément rien à envier à certaines communautés connues pour manier avec dextérité ce que l’on appelle la houtspa, qui n’est rien d’autre que l’expression d’un culot formidable.
Jugez-en plutôt. A peine Sarkozy élu, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, a fait, sur le ton de la menace à peine voilée (une habitude chez eux), une déclaration qui en dit très long sur la soumission absolue que les Turcs ont l’habitude d’attendre de la part des « dirigeants » européens. Il a en effet déclaré benoîtement : "Dans le processus européen comme dans les relations franco-turques, nous souhaitons à partir de maintenant ne plus entendre les déclarations faites par Sarkozy durant la campagne électorale dans nos relations bilatérales".
Ben tiens ! Manière de dire que bon, pendant la campagne, on a bien voulu tolérer des propos destinés à tromper le gogo - on veut bien comprendre - mais que maintenant, c’est fini tout ça, il va falloir à nouveau être sérieux. Pourquoi M. Erdogan se priverait-il d’ailleurs de morigéner de la sorte, puisque les Européens s’aplatissent en général au premier froncement de sourcils de la Sublime Porte?
A présent, il va être très intéressant d’observer la suite des événements … Sarkozy déclarait encore tout récemment à propos de la Turquie : « Quand bien même c'est un pays laïc, il est en Asie mineure. Je n'expliquerai pas aux écoliers français que les frontières de l'Europe sont avec l'Irak et la Syrie. Quand on aura fait du Kurdistan un problème européen, on n'aura pas fait avancer les choses". Mâles propos qu’il va à présent falloir traduire dans les actes. C’est là que les difficultés vont commencer…
10:15 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : france, licratisee, licra, anne, kling, turquie, europe
04.05.2007
LA TURQUIE SERAIT EUROPEENNE DE PLEIN DROIT : UNE HOUTSPA* ETONNANTE !
J’avais projeté un autre thème pour aujourd’hui, mais au détour d’une recherche, je suis tombée sur le texte suivant, qui émane de Jean-Daniel Tordjman pour qui le gouvernement d’alors avait créé en 1992 le poste éminent de « délégué aux investissements nationaux ». Cet homme de marketing évolue donc dans les hautes sphères de la finance internationale et de l’économie. Nous sommes dans la France d’en-haut, s’il en est. Ce texte n’est pas à proprement parler récent, mais les arguments développés pour justifier l’appartenance « européenne » de la Turquie, m’ont paru si étonnemment biaisés que je le soumets à votre examen.
L’auteur est allé rechercher dans toute l’histoire antique mille excellentes raisons d’associer la Turquie à notre destin européen, dont elle ferait partie de plein droit. Des droits plurimillénaires. Jusqu’à notre bon saint Nicolas, qui était turc ! mais oui, madame ! J’ai envie de lui répondre : et alors ? Certes, dans l’antiquité, le monde gréco-romain englobait bel et bien la Turquie, ou du moins une partie. Certes, des chrétiens ont pu ensuite s’y installer et y pratiquer leur culte. Et alors, encore une fois ? Quel rapport avec la Turquie d’aujourd’hui ? C’est bien beau de convoquer toute l’antiquité, mais quid de la conquête de l’islam qui a ensuite, et définitivement cette fois, transformé la Turquie en pays musulman ? Et les créatures de rêve – Diane, Vénus, Hélène – dont Tordjman nous parle avec émotion, n’étaient pas voilées, elles, contrairement à la (probable) future première dame turque!
C’est cette Turquie-là qu’il s’agirait d’intégrer aujourd’hui, la Turquie de l’islam, pas celle de Saint Nicolas. Cela fait quand même une sacrée différence, non ?
* "houtspa", pour ceux qui l'auraient oublié, est un vieux mot yiddish signifiant "culot monstre"
« Qu’on le sache ou non, qu’on le veuille ou non, qu’on l’admette ou non, la civilisation européenne est née en Méditerranéenne orientale de son double héritage gréco-latin et judéo-chrétien.
Où vivait Hérodote d’Halicarnasse, le père de l’histoire ? Et Strabon, le plus grand géographe de l’Antiquité ? Et Ésope, inspirateur des faibles du merveilleux Jean le Fontaine ? Où vécut Lucullus, encore vénéré par tous les gourmets de France et de Navarre ? Où Crésus a-t-il bâti sa richesse ? Où enseignait Thalès de Milet ? Où vivait Mithridate qui tint tête au grand Pompée dont Plutarque nous raconte la vie illustre ?
Où se trouve Phocée qui a créé la ville de Marseille? Et la Phrygie qui nous a donné le bonheur rouge de notre Marianne ? Et Troie, la rivale glorieuse d’Athènes, où se sont illustrés Hector, Achille et Agamemnon, Ulysse et la belle Hélène, dont le divin Homère raconte les exploits dans l’Iliade et l’Odyssée et que Jacques Offenbach rend toujours vivants sur les scènes parisiennes.
Et Pergame qui pour se soustraire au monopole de Byblos sur le commerce du papyrus – importé d’Égypte par les commerçants phéniciens en échange du bois de cèdre du Liban, indispensable pour bâtir les bateaux funéraires des pharaons – invente le parchemin qui permit pendant des siècles à la civilisation européenne de transmettre son savoir ?
Où se trouve Ephèse dont l’Oracle rivalisait avec celui de Delphes ? Et Gordion où Alexandre le Grand, par un miracle du courage, trancha le nœud gordien et affirma la prédominance de la volonté humaine ? Où se trouvait le Mausolée, une des sept merveilles du monde non détruit par les Turcs mais les Chevaliers francs de l’Ordre de Jérusalem ? Où coule le Pactole du roi Midas aux oreilles d’âne ? Et le sinueux fleuve Méandre ?
Où se trouve l’Ionie, mère du plus harmonieux des trois grands ordres classiques, qui a nourri, de Vitruve à Palladio et à Viollet-le-Duc, l’histoire prestigieuse de l’architecture occidentale ? D’où viennent ces créatures de rêve qui peuplent nos musées, la Vénus de Cnide, la Diane d’Ephèse et l’éblouissante, l’enthousiasme sculpture hellénistique ?
Tous les bibliophiles peuvent vous le dire:
09:55 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : france, licratisee, anne, kling, tordjman, turquie, europe



