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22/02/2010

JE ME DISAIS AUSSI …

69.jpgVous n’avez sans doute pas manqué de remarquer sur les programmes télé une omniprésence absolument époustouflante d’Anne Roumanof : à toutes les heures, sur toutes les chaînes, invitée à toutes les émissions et ce depuis des mois et des mois.

 

Tenez, même mon mari qui Dieu sait se contrefiche de la télé, avait fini par le remarquer, c’est tout dire. Il n’y a bien sûr aucun rapport avec ce qui précède, mais l'info est quand même intéressante:

« Anne Roumanof: “mes origines juives”

“J’ai un grand-père catholique de Bordeaux, mais comme cela passe par la mère… J’ai deux grands-parents russes, ashkénazes donc, et une grand-mère juive du Maroc. J’ai même un arrière grand-père qui s’appelait Cohen.

 

Ma grand-mère était la petite-fille du grand rabbin Haim Cohen de Fez où il est enterré. À la WIZO du XVIe arrondissement de Paris, on se souvient très bien d’elle et pas seulement comme grande donatrice. On l’appelait la générale Cassous du nom de son mari.

 

La figure de ma grand-mère du Maroc est très importante dans ce que je  suis. C’est une femme dont je me sens assez proche, une forte personnalité, très expansive, rigolote, sociable. C’est aussi la première écrivaine juive francophone du Maroc. Elle a eu sept enfants. Elle a disparu il y a vingt ans et ne m’a donc jamais vu sur scène. Elle repose en Israël au Mont des Oliviers. Le fait que mes grands-parents russes aient changé de pays sous la contrainte me donne un sentiment d’insécurité.

 

Mes deux grands-mères ont quitté leur lieu de naissance brutalement, et de ce fait je ne me sens jamais établie nulle part; c’est même plus par rapport à ces grands-parents qui ont changé de pays que par le fait d’être juive. Ce que j’ai aussi de juif, c’est une grande vivacité d’esprit et le sens de la famille. J’ai hérité par mes origines ashkénazes, du sens de la culture et de l’art mais aussi du doute et de la crainte.
J’admire le côté joyeux des séfarades, la capacité à faire la fête. J’ai un grand-oncle qui vit encore à Casablanca, j’aime son côté chaleureux et entraînant. »

 

Source: http://www.juif.org/go-blogs-21956.php

09/12/2009

DECIDEMENT, CE SONT TOUJOURS LES MEMES QUE L'ON VOIT ET QUE L'ON ENTEND ...

Je lisais hier soir dans mon programme télé, sur la chaîne Histoire, l’annonce de l’émission suivante à 20h35:

« Bons baisers de Berlin

Markus Wolf, ancien responsable des services de renseignements de l’ex-RDA, a invité à Berlin trois autres généraux pour évoquer les principaux événements de la guerre froide ».

Comme cette présentation est soft, vous ne trouvez pas, et si parfaitement clean. On a apparemment totalement oublié les méfaits de la STASI et la terreur qu’elle a fait régner pendant des décennies en Allemagne communiste. Mais j’oubliais que c’était pour le bon motif … C’est ce qui fait toute la différence. Markus Wolf, qui se pavane aujourd’hui sur les chaînes de télévision dans des émissions destinées à reformater les cervelles, à qui de toute façon on n’apprend plus l’histoire, trop dangereux et tellement inutile pour ce qu’on leur demandera de faire, a été l’un des grands manitous de la STASI. Et communiste jamais repenti. Mais ça se porte très bien, de nos jours.

J’évoquais brièvement sa carrière le 11 octobre 2008, à propos d’une autre émission de télé, sur Arte, et ça nous donnait ceci :

« ARTE A OUBLIE GUILLAUME … ET MARKUS WOLF

Nouveau petit cours de désinformation ordinaire : mercredi 8 octobre, à 21h, sur Arte : Les mercredis de l’histoire. En première partie, Trahison à la Stasi : La vie de Werner Teske, officier de la Stasi, le dernier condamné à mort de la RDA, dont le seul crime fut de vouloir partir à l’Ouest.

Après cet échauffement, venait le plat de résistance : en deuxième partie, Le nazi qui conseillait Adenauer. Autrement plus sexy.  Du troisième Reich aux premières décennies de la RFA, le parcours de Hans Maria Globke, ancien membre du gouvernement nazi devenu le bras droit d’Adenauer. Ces nazis, décidément inoxydables ! Que ferait la télé sans eux !

 

Bon, moi je veux bien qu’on parle de Globke, encore que le qualifier de « bras droit d’Adenauer » soit quelque peu exagéré. Mais dans ce cas, il aurait été plus judicieux  - et plus honnête - de parler en première partie d’un autre personnage de la Stasi qui lui, avait conseillé un autre chancelier allemand, Willy Brandt. Ce personnage s’appelait Günter Guillaume. Il était communiste et espion et le scandale – en arrière plan duquel se profile un autre personnage fort intéressant, sur lequel Arte n’avait peut-être pas envie d’attirer l’attention : Markus Wolf – fit tomber Brandt.

 

Nous allons modestement remédier aux trous de mémoire d’Arte.

 

(….) 

22.jpgEn arrière-plan de l’affaire Guillaume, se profile un personnage autrement plus intéressant : le patron de Guillaume, celui qui tirait les ficelles. Markus Wolf. Ce dernier naît en 1923 dans une famille juive communiste d’Allemagne qui émigre en 1933 en Union soviétique. Apparemment, cette famille ne craignait pas les purges. Il fait ses classes dans les écoles du parti communiste et intègre le Komintern. Officiellement « journaliste », Wolf va retourner en Allemagne, désormais divisée. Il sera présent tout au long du procès de Nuremberg. En 1952 – il a 29 ans – il est nommé chef des services de renseignements extérieurs de la RDA. En tant qu’adjoint du patron de la Stasi, Erich Mielke, il dirigera les activités d’espionnage du régime communiste allemand durant plus de trois décennies, jusqu’à sa retraite, en 1986, avec le grade de général. Durant sa carrière, il réussira à tisser un réseau de plusieurs milliers d’agents opérant à l’étranger. Guillaume était l’un d’eux.

Lors de la réunification de l’Allemagne, il connaît quelques démêlés avec la justice, qui vont cependant bien vite se calmer.

 

Il aura largement le temps d’écrire ses mémoires avant sa mort, en 2006. Des mémoires où il revendique hautement ses actes et ses convictions communistes inchangées. Il reconnaît cependant quelques erreurs, dont l’affaire Guillaume, justement, car il n’était pas prévu au programme qu’elle coûte son poste à Willy Brandt. « C’était comme marquer un but dans son propre camp », écrira-t-il.

 

En fait, il était également le patron de Werner Teske, le personnage qu’évoquait Arte en première partie. Qui a été exécuté pour avoir voulu passer à l’Ouest. »

 

Voilà le type de personnages que l’on nous présente comme des « héros » de la guerre froide. Et voilà pourquoi nous ne devons pas laisser passer ce genre d’infos sans réagir.