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20/12/2007

DEBARRASSEZ-VOUS D’URGENCE DE LA TELE : PREMIER PAS VERS LA RECONQUETE !

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La lecture des programmes télé d’hier soir m’a une fois de plus plongée dans le ravissement. Je passe sur les broutilles, genre Al Andalus, l’Espagne et le temps des califes, sur Arte, où l’on apprenait en résumé que « La présence arabe en Espagne entre le milieu du VIIIe siècle et le début du XVIIe siècle est l’un des chapitres les plus passionnants de l’histoire culturelle européenne ». Bigre ! Si je comprends bien, heureusement qu’ils ont occupé l’Espagne, car sinon, on en serait sans doute encore à l’âge des cavernes. Message sous-jacent à l’usage du téléspectateur lambda :  vous voyez bien qu’ils ont parfaitement leur place chez nous.

Ou encore, juste à côté, sur Canal +, une docu-fiction finement intitulée Mauvaise foi : « Une jeune femme enceinte et son compagnon décident de vivre ensemble. Elle est juive, lui musulman. Le plus difficile est de l’annoncer aux familles ». Avec en commentaire, mais vous l’aurez deviné : un beau plaidoyer pour la tolérance. Là, je me pose juste une petite question : l’enfant, après, il sera juif ou musulman ? Je parierais que la tolérance, quand les problèmes précis se poseront, trouvera vite ses limites …Mais la télé ne sera plus là pour nous le montrer.

Non, en fait, ce que j’ai réellement adoré, c’est Les braqueuses, sur Frisson. Là je dois dire que j’ai été bluffée. Alors, le résumé, c’est : « Quatre femmes éprouvées par la vie, qui se retrouvent à vivre ensemble dans la même maison à Montélimar, forcent le destin en cambriolant une banque ».

Et le commentaire vaut le détour aussi: le film type que l’on aimerait adorer à cause de ses formidables actrices et de son sujet sympathique. Mais la réalisation trop paresseuse rend cette comédie pesante et caricaturale. Dommage.

J’ai certainement dû rater bien plus qu’un épisode du feuilleton depuis le temps lointain où l’on m’enseignait que braquer une banque, c’était mal. Apparemment, maintenant, c’est devenu plutôt sympathique, du moment qu’on a été éprouvé par la vie. C’est ce qui fait toute la différence. Le téléspectateur lambda est donc en droit de conclure : quand on a été éprouvé par la vie, on a le droit de braquer une banque. On ne fait que se rembourser, en somme.

Notez bien que je ne critique pas. Quand on voit ce qui se passe au sommet de l’Etat, il est tout à fait admissible de voir les choses sous cet angle. 

Non, ce qui me fait froid dans le dos, c’est de constater le délitement de pans entiers de valeurs qui soudaient il y a encore une génération les habitants de ce pays et qui faisaient de lui une communauté nationale. A la place, des communautés étrangères se sont imposées et on fait voler en éclats une cohésion qui avait certes ses faiblesses, mais aussi sa grandeur et sa force. En laissant à la place des individus plutôt paumés, des consommateurs qui dépensent, des citoyens qui ne pensent plus.

Peut-être est-il nécessaire qu’avant une éventuelle recomposition et renaissance, la décomposition soit totale et la décadence achevée? Dans ce cas-là, on est bien partis. Et la télé nous offre un miroir implacable de ce qu’est devenue notre société. Ou plutôt de ce qu’on voudrait que les gens croient qu’elle est devenue. Ce qui n’est, heureusement, pas tout à fait la même chose.