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26/06/2012

Poutine dans le système … vous parlez d’un scoop !!!

 

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Vladimir Poutine se trouve actuellement en visite officielle en Israël accompagné d’une suite de 300 personnes. Visite hautement stratégique qui démontre essentiellement la volonté des Russes de ne plus laisser le terrain du Moyen-Orient et ses nombreuses possibilités aux seuls Américains.

 

Alors, oui, Poutine a fait hier la déclaration suivante à Netanya, lors de l’inauguration d’un mémorial dédié à la victoire de l’Armée Rouge sur l’Allemagne nazie :

 

« Il est inadmissible de refaire l'histoire, les générations futures devant connaître la vérité sur les héros de la Seconde Guerre mondiale

 

Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que les doctrines nazies criminelles, quel que soit leur déguisement, restent dans le passé, pour que les conclusions du Procès de Nuremberg soient toujours inébranlables. Il est de notre devoir de garder et de défendre la vérité sur la guerre, de nous opposer à toute tentative d'innocenter les acolytes du nazisme".

 

Et d’autres choses encore, bien douces à entendre du côté de Tel-Aviv.

 

Je lis sous la plume de certains qu’il s’agit-là d’une déclaration « atterrante ». Sans doute des personnes qui s’imaginaient, parce que les dirigeants russes semblaient s’opposer aux américano-sionistes sur certains dossiers comme l’Iran ou la Syrie, qu’ils s’opposaient au système tout court.

 

Je pense, moi, qu’il n’en est rien. La Russie de Poutine joue effectivement sa petite musique conforme à ses intérêts mais s’agissant du système global, ses dirigeants en sont partie prenante. Et totalement solidaires lorsqu’il s’agit de défendre la colonne vertébrale qui maintient l’ensemble. Il serait donc illusoire d’en attendre plus qu’ils ne peuvent donner.

 

Vous imaginez Poutine déclarer tout uniment qu’il faut dynamiter les conclusions de Nuremberg ? Il aurait bonne mine. Je suppose qu’il connaît bien son histoire récente, Poutine, et qu’il sait pertinemment le rôle qu’ont joué les Soviétiques, bien d’accord avec les Américains, dans le déroulement de ce procès fort étonnant. Le procureur chargé de juger les crimes nazis était soviétique alors que dans le même temps, les victimes de Staline se comptaient par dizaines de millions. Et Katyn ? C’est bien le tribunal de Nuremberg qui attribua sans sourciller le massacre aux Allemands, alors que l’on savait déjà à l’époque que c’était Staline qui avait fait le coup.

 

Ah non, Poutine n’a aucun intérêt à ouvrir cette boîte de Pandore empoisonnée… Il a au contraire tout intérêt, comme les autres, à bien la cadenasser.

 

Le jour où cette boîte explosera – et ça finira fatalement par arriver, même si nous ne sommes plus là pour le voir – ce jour-là le système sautera. Et pas avant. Car il s’agit du pilier central qui soutient tout l’édifice. Que ce pilier vienne à manquer et tout s’écroulera.

 

Mais il faut être naïf pour croire que Poutine pourrait se charger de ce boulot.

 

 

Si vous voulez en savoir un peu plus sur le procès de Nuremberg, je vous recommande la lecture d’un petit opuscule « La face cachée de Nuremberg » écrit par Mark Weber. Sûrement facile à trouver sur internet.

21/03/2011

ELECTIONS, PIEGES A CONS

Afin de mieux apprécier la poussée du FN dans ces élections cantonales, il n’est pas inutile de se pencher sur ses résultats lors des scrutins antérieurs de même nature, marqués pour le parti frontiste par d’impressionnantes montagnes russes, reflets de ses soubresauts intérieurs et de la santé – bonne ou mauvaise - du système.

 

Comme seule la moitié des cantons est renouvelable à chaque fois, les élections cantonales sont fréquentes et les dernières éditions ont été marquées par des taux d’abstention de plus en plus élevés.

 

En 1982, ostracisé à mort par les médias, le FN fait 0,20%. Ceci est très embêtant pour la gauche qui a besoin d’un FN fort pour se maintenir au pouvoir au détriment de la droite. Donc Mitterrand va ouvrir en 1984 les vannes médiatiques à Le Pen (télés politiques aux heures de grande écoute, comme L’Heure de Vérité, si bien nommée, etc). Bien sûr, ça marche. Aux cantonales suivantes, en 1985, il passe à 8,85%. En 1988, on n’a plus tellement besoin de lui après sa prestation de deux années à l’Assemblée nationale, la droite classique a de nouveau le vent en poupe, il redescend à 5,25%.

 

En 1992, en raison de la fin de règne de Mitterrand qui s’éternise, avec son cortège d’affaires, et du travail sur le terrain mené par Mégret, il reprend des couleurs : 12,32% avec une bonne participation de 70%. Mais en 1994, il redescend à 9,88.

Il va connaître son heure de gloire en 1998 (avant la scission) : cette année-là, il se retrouve arbitre dans de nombreuses régions (car les cantonales sont couplées aux régionales), avec 13,58% des voix aux cantonales. Ce sera son meilleur taux avant celui d’hier.

 

Evidemment juste après, il y a la scission d’avec les mégrétistes et le FN va se dégonfler : 6,94% des voix en 2001 (2,96 pour le MNR). Il remonte bien en 2004 avec 12,12%. Mais l’effet Sarkozy le ramène provisoirement à ses plus bas niveaux en 2008 : 4,85%. Avec une bonne participation de 65%.

 

Donc, effectivement, le score de 15,18% atteint hier (sur une participation de 45%, un record là aussi) constitue son plus haut niveau dans ce type d’élection, mais ne fait jamais que 1,60% de plus qu’en 1998. Pas précisément un raz de marée. Et pourtant, le système, en ouvrant à la candidate qu’il avait choisie, devenue effectivement présidente du FN, une médiatisation exceptionnelle, n’a pas ménagé ses efforts pour en arriver là. Pourquoi ? S’agissant du clan de la gauche, on peut comprendre l’éternel jeu du qui perd gagne qui a toujours si bien marché. Mais le clan de la droite? Qu’a-t-il à y gagner ? Il faudrait donc admettre que les médias sont dans une écrasante majorité entre les mains du clan de la gauche ? Et à l'intérieur de ce clan, d’une « certaine » gauche ?

 

Ce que l’on peut conclure en tout cas, sans être un politologue distingué, de la faible participation, c’est le ras le bol généralisé des Français qui prennent de mieux en mieux conscience de la valeur réelle de la « démocratie » et qui sont de plus en plus nombreux à refuser de se prêter à ce jeu de dupes. On les a trop eus. Elections pièges à cons, ils ont fini par piger la justesse de la chose.

16/03/2011

IL Y A VINGT-CINQ ANS AUJOURD’HUI,

un événement inouï se produisait en France: l’entrée en fanfare de 35 députés du FN à l’Assemblée! Eh oui, c’est bien oublié à présent, et pourtant, le 16 mars 1986, une magistrale instrumentalisation de ce parti - avec lequel le système n’a jamais cessé de jouer au chat et à la souris - permettait pour la première, et dernière fois, l’entrée du groupe des maudits sous les ors de la République. Et là, ce n’était pas du virtuel.

Voici ce que j’écrivais à propos de cet événement unique dans La France LICRAtisée :

« Diviser pour régner, c’est vieux comme le monde. Mitterrand joue d’ailleurs à cet égard un jeu des plus troubles. Outre l’accès aux médias, il permet au FN d’entrer à l’Assemblée nationale en 1986. Cette année-là, à l’occasion des législatives, il change le mode de scrutin. Sous prétexte de démocratie, il introduit la proportionnelle, espérant empêcher ainsi la droite de l’emporter. La manoeuvre ratera de peu, mais elle ratera, car la droite gagne quand même. Mais de justesse. Et 35 députés FN sont élus. Autant de sièges perdus pour la droite.

Il s’agit là d’un événement inouï, resté sans exemple dans un pays comme la France ! 35 élus du Front national à l’Assemblée ! En 1986 ! On pourrait donc s’attendre de la part de la LICRA à des protestations véhémentes, à une indignation à la hauteur d’un événement aussi extraordinaire et révoltant, de son point de vue, naturellement. Eh bien, pas du tout. Le DDV [Le Droit de Vivre, journal de la LICRA] se contente d’un petit titre, en page 7 de son numéro d’avril 1986 : « Le Pen et l’extrême droite font leur entrée officielle sur la scène politique ». Difficile de faire plus soft.

 

C’est que François Mitterrand a agi pour la bonne cause : introduire une épine de taille dans le pied de la droite pour l’affaiblir durablement  Et ce, au grand bénéfice de la gauche. D’ailleurs, l’expérience ne se renouvellera pas, c’est désormais inutile. Le but est atteint. Le FN est à présent solidement implanté dans le paysage politique, et ses suffrages, parfaitement stérilisés par la diabolisation, ne peuvent plus servir à rien ni à personne. Dès son arrivée au pouvoir, le gouvernement Chirac de cohabitation revient immédiatement au mode de scrutin antérieur – il l’avait annoncé durant la campagne des législatives – ce qui fermera à nouveau et définitivement cette fois les portes de l’Assemblée nationale au FN. Toujours au nom, cela va sans dire, de la démocratie. »

Alors, vous voyez, les manips d’aujourd’hui, elles ressemblent comme deux gouttes d’eau à celles d’hier. Et dans l’histoire, le FN se retrouve toujours le bec dans l’eau.

Car il faut bien savoir que ces maudits, installés là par le seul fait du Prince, n’y restèrent que deux ans puisqu’ils furent proprement éjectés aux législatives suivantes, après la réélection de Mitterrand en 1988. Et que d’ailleurs, durant leur bref passage, « on » fit comme s’ils n’étaient pas là. Pensez ! Des sous-hommes pareils ! Les 35 élus frontistes déposèrent 63 propositions de loi au Palais-Bourbon dont aucune ne fut jamais discutée dans l'hémicycle.

Voici la liste de ce groupe « historique ». Rarissimes sont ceux qui ne quittèrent pas le navire par la suite, pour des raisons généralement liées au fonctionnement très particulier de cette boutique familiale :

Pascal Arrighi Bouches-du-Rhône - François Bachelot Seine-Saint-Denis - Christian Baeckeroot Nord -  Jacques Bompard Vaucluse - Yvon Briant  Val-d'Oise  -  Pierre Ceyrac Nord - Dominique Chaboche Seine-Maritime  -  Charles de Chambrun Gard – Bruno Chauvière Nord -  Pierre Descaves Oise - Gabriel Domenech Bouches-du-Rhône - Edouard Frédéric-Dupont Paris  -  Gérard Freulet Haut-Rhin - Bruno Gollnisch Rhône - Guy Herlory Moselle - Roger Holeindre Seine St-Denis - Jean-François Jalkh Seine-et-Marne  - Guy Le Jaouen Loire - Jean-Marie Le Pen Paris  - Jean-Claude Martinez Hérault - Bruno Mégret Isère  - Olivier d'Ormesson Val-de-Marne - Ronald Perdomo Bouches-du-Rhône  - Jacques Peyrat Alpes-Maritimes - Albert Peyron Alpes-Maritimes  - Yann Piat Var - François Porteu de la Morandière Pas-de-Calais - Jean-Pierre Reveau Rhône - Michel de Rostolan EssonneJean Roussel Bouches-du-Rhône - Pierre Sergent Pyrénées-Orientales - Pierre Sirgue Gironde - Robert Spieler Bas-Rhin - Jean-Pierre Stirbois Hauts-de-Seine - Georges-Paul Wagner Yvelines

19/10/2010

EXTREME-DROITE DURE/EXTREME-DROITE MOLLE

Diviser pour régner, c’est vieux comme le monde et ça marche toujours. Que redouterait vraiment le système ? De voir une extrême-droite unie comme les doigts de la main au niveau européen. Je dis extrême-droite puisque c’est là le terme consacré pour désigner ceux qui refusent de marcher au pas.

Le système s’emploie donc – et on constate ce fait de plus en plus – à établir un subtil distinguo entre une extrême-droite « dure » et une autre qui serait, disons, molle. Histoire de bien semer la zizanie. Et de lâcher un peu de lest face à la grogne grandissante des manants de la base. Dans cette optique, la molle serait constituée de ceux qui ne s’attaquent qu’à l’islam. Et finalement, tout bien réfléchi, le système considère qu’il y aurait moyen de s’entendre avec ces raisonnables et de leur concéder quelques strapontins pour les faire tenir tranquilles. Et il y a la dure, celle qui va un peu plus loin dans ses analyses et considère l’islam comme une conséquence et non une cause. Pourquoi l’islam est-il à ce point présent dans nos sociétés ? Qui l’a amené ? Etc, etc … Ceux-là par contre restent vraiment de dangereux infréquentables.

Dommage que nombreux soient ceux, dits d’ « extrême-droite », à tomber dans ce panneau et à servir d’idiots utiles à un système qui s'y entend à manipuler.

Le cas ci-après est parfaitement révélateur de cette démarche. Et vous apprécierez la conclusion méprisante du journaliste (avant « Le courriel malheureux »).

Donc, dimanche dernier est paru dans l’hebdo helvétique Le Matin Dimanche l’article que vous allez lire. Le point de départ est la virée bruxelloise d’Oskar Freysinger, le politicien suisse de l’UDC à l’origine de la campagne anti-minarets. Après Bruxelles, il a fait un petit tour chez nous aussi en soutenant un moment la campagne sécession anti-Union européenne. Avant de se rétracter assez piteusement, il faut le dire, car « quelqu’un m’a appelé de France pour me dire qu’il y avait un révisionniste parmi les signataires ». Ce mouchard, que nous félicitons au passage car nous savons de qui il retourne, a bien fait son boulot. Et l’autre s’est immédiatement mis au garde-à-vous. Pensez, les minarets, c’est une chose. Mais des révisionnistes !!! Au secours !!!!! Pathétique.

Cela rejoint l’attitude de Filip Dewinter qui clame être le meilleur ami d’Israël. Si encore toutes ces capitulations servaient…. Mais non, justement. Vous lirez la réaction d’un certain Manuel Abramowicz, journaliste  « qui a créé un Observatoire belge de l’extrême droite (www.resistances.be). » Une autorité en la matière, donc. Lui ne croit pas un seul instant à la sincérité de Dewinter et le clame partout. Et sa parole a certainement plus de poids dans la « communauté » que les déclarations éperdues d'un Dewinter.

 

Ce qui prouve qu’il ne sert strictement à rien d’essayer de donner des gages à ses ennemis. Ils ne vous en aiment pas davantage, car ils restent fondamentalement vos ennemis, et ils vous respectent moins. Restons donc droit dans nos bottes et défendons nos idées sans nous soucier de plaire au système. C’est à ce seul prix que nous pouvons espérer lui faire peur.

 


« Les fréquentations très douteuses d’Oskar Freysinger



freisiger.jpgLe week-end dernier, en Belgique, l’UDC valaisan Oskar Freysinger a été invité à s’exprimer devant le Parlement flamand par le leader d’extrême droite, Filip Dewinter. Le conseiller national UDC cultive des relations inquiétantes. Après s’être affiché à Bruxelles avec l’extrémiste Filip Dewinter, il a adressé un message de soutien à un autre infréquentable d’extrême droite.


Michel Audétat - Le Matin Dimanche


« Des parents s’inquiéteraient: lorsqu’on voit un de ses enfants s’acoquiner avec les pires voyous du quartier, on se demande ce qui cloche. C’est tout le problème posé par le conseiller national UDC Oskar Freysinger quand il s’affiche à Bruxelles en compagnie de Filip Dewinter, figure de proue du Vlaams belang. Ou quand il adresse un message de soutien à l’Alsacien Robert Spieler, délégué général de la Nouvelle droite populaire.

Avec de tels noms dans son carnet d’adresses, Oskar Freysinger devrait même donner des sueurs froides à l’intérieur de sa propre famille politique. Ces gens-là se situent très clairement à l’extrême droite. A côté d’eux, Christoph Blocher passerait presque pour un gauchiste…

Revenons un instant sur l’escapade bruxelloise du week-end dernier. Invité à donner une conférence à Schaerbeek, Oskar Freysinger a été interdit de parole dans ce quartier majoritairement musulman. Il a tenté de se rabattre sur un hôtel du centre-ville. Mais, là aussi, on n’a pas voulu de lui. Resté sur le trottoir, le Valaisan s’indigne de cette «histoire belge». Arrive alors Filip Dewinter qui lui propose de l’accueillir au Parlement flamand. Marché conclu. Des images de la télévision wallonne (RTBF) montrent Oskar Freysinger qui plastronne: «J’entre au Parlement par la grande porte!»


Une vieille connaissance


A l’assistance, Filip Dewinter présente le conférencier suisse comme une vieille connaissance: «On l’a accueilli plusieurs fois, ici, et on a des contacts intenses entre nos deux partis.» Aujourd’hui, Oskar Freysinger veut rectifier ce point: «Il a exagéré. En réalité, il n’y a aucun contact officiel entre l’UDC et son parti. Pour ma part, je n’ai dû avoir qu’un ou deux contacts avec lui.»


Au Parlement flamand, Oskar Freysinger appelle son hôte par son prénom, Filip, et l’évoque comme un homme «tolérant». Est-ce vraiment le bon épithète? En Suisse romande, on ne connaît guère Filip Dewinter. Il vaut la peine de revenir sur ce personnage dont la carrière politique ne respire pas précisément la tolérance.

Né en 1962, à Bruges, Filip Dewinter a fait son éducation politique au Nationalistisch Studenten Verbond (NSV) dont il va présider la section anversoise pendant trois ans. «Il s’agit d’un syndicat étudiant violent et ouvertement raciste», explique le journaliste Manuel Abramowicz qui a créé un Observatoire belge de l’extrême droite (www.resistances.be). En 1981, Filip Dewinter entre au comité de rédaction du journal publié par le NSV: Signaal. Tiens, le même nom que l’organe de propagande nazie diffusé pendant la Seconde Guerre mondiale… En 1983, on pouvait lire dans Signaal des phrases comme celle-ci: «Un Marocain ou un Turc n’ont rien à faire dans notre politique, un juif non plus.»

En 1988, Filip Dewinter fait parler de lui en allant fleurir la tombe de soldats flamands tombés sur le front russe et sous l’uniforme SS. Mais il mettra bientôt la pédale douce sur ce genre de sympathies. Aux élections communales de 1988, le Vlaams Blok obtient 17,7% des voix à Anvers. Habile, bon orateur et charismatique, Filip Dewinter commence à se rêver en bourgmestre. Or il n’a pas l’image idéale pour cette ville rendue célèbre par ses diamantaires juifs.


Tout à coup, on le dirait devenu philosémite. En 1995, Filip Dewinter incite le Vlaams Blok à voter la loi pénalisant la négation de la Shoah. Dix ans plus tard, il est toujours sur la même ligne: «Je suis l’ami numéro un d’Israël», déclare-t-il en 2005 au quotidien Haaretz, à l’occasion d’une visite à l’Etat hébreu.


A-t-il changé? Le journaliste Manuel Abramowicz est convaincu du contraire: «Il vous dira qu’il a aujourd’hui de bons contacts avec la communauté juive, mais c’est de la foutaise. En réalité, il n’a pas coupé les ponts avec son milieu d’origine.» En 2006, à Anvers, Filip Dewinter a d’ailleurs animé un congrès du NSV dans lequel il militait au temps de sa jeunesse.

Réalisateur à la RTBF, Peter Boecks a suivi et filmé Filip Dewinter pendant les six mois qui ont précédé les élections de 2004 et, lui aussi, ne croit pas qu’il ait changé: «Il se contrôle très bien et ne fait pas beaucoup d’erreurs. Mais si je le compare à celui qu’il était il y a 20 ans, je pense qu’il est toujours le même.» Longtemps journaliste vedette de la RTBF et auteur d’un reportage qui avait fait grand bruit en Belgique («La face cachée du Vlaams Blok», 2004), Jean-Claude Defossé va plus loin: «Filip Dewinter est assez intelligent pour savoir qu’il ne peut pas remettre le couvert avec l’hitlérisme aujourd’hui. Mais, fondamentalement, il reste un raciste pur et dur, un néonazi viscéral.»

Tout cela dessine-t-il le profil d’un homme «tolérant»? Oskar Freysinger s’explique: «Il m’a ouvert les portes du Parlement flamand pour cette conférence que tout Bruxelles refusait. Pour moi, c’est un type qui donne des leçons de tolérance à tous ceux qui ont le mot «tolérance» à la bouche.»


Et son parcours politique? «Ce que vous me dites m’étonne, poursuit Oskar Freysinger, et il faudrait que je le vérifie. Mais ça ne change rien. Il était là pour défendre ma liberté d’expression et je lui dis merci. Pour moi, le seul critère est celui du respect de l’Etat de droit et du fonctionnement démocratique. Si les gens insèrent leur combat dans ce cadre-là, je n’ai aucune raison de ne pas discuter avec eux. Pour le reste, je me fiche de savoir ce qu’ils ont fait à 20 ans. Si je devais en tenir compte, je ne pourrais même plus saluer la plupart des socialistes suisses qui ont fricoté avec la RDA ou Ceausescu.»

«Qui se ressemble s’assemble», prétend un dicton, mais on se gardera de l’appliquer à Oskar Freysinger. Entre lui et des gens comme Filip Dewinter ou Robert Spieler (lire encadré), on ne fera pas l’amalgame. On préfère penser que le tribun de l’UDC, brusquement projeté sur la scène internationale par l’initiative sur les minarets et ivre de cette notoriété nouvelle, aurait plutôt perdu le Nord et le sens du discernement politique. Mais ses nouvelles fréquentations n’en sont pas moins inquiétantes.


Le courriel malheureux


A peine rentré de Bruxelles, Oskar Freysinger n’a rien eu de plus pressé que d’envoyer un message de soutien à Robert Spieler, délégué général de la Nouvelle droite populaire (NDP), qui a lancé un appel réclamant la sécession française de l’Union européenne. «Le souverainiste suisse que je suis ne peut que vous encourager dans votre voie, a écrit Freysinger. (…) Vous triompherez, car vous avez le bon sens et une majorité des citoyens de votre côté.»


La NDP est née en 2008 d’une dissidence à la droite du Front national. Parmi les premiers signataires de son appel, on trouve notamment le rédacteur en chef de Rivarol qui cultive la tradition de l’antisémitisme à la française. Et André Gandillon, directeur de la revue Militant dont Le Monde nous apprend qu’elle a été fondée par d’anciens Waffen SS français. Charmante compagnie. Là-dessus, Oskar Freysinger plaide l’erreur: «Je me suis fait avoir. Ce M. Spieler m’avait écrit pour me demander un petit mail de soutien à sa pétition. Je l’ai fait, après quoi quelqu’un m’a appelé de France pour me dire qu’il y avait un révisionniste parmi les signataires. Je lui ai aussitôt écrit pour lui demander de retirer mon texte.»


Publié le 14 octobre sur le blog de la NDP et sur celui de Robert Spieler, il a en effet disparu depuis lors. Mais la candeur d’Oskar Freysinger stupéfie: un simple coup d’œil sur Wikipédia lui aurait permis de savoir que la carrière politique de Robert Spieler s’inscrit dans le sillage de l’extrême droite la plus dure. »

 

Source : http://www.lematin.ch/actu/suisse/frequentations-douteuse...

28/01/2010

LE DESASTRE OBAMA

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Un an après sa prise de fonctions, on peut dire que dans son genre, c’est une totale réussite : à l'extérieur, il a réussi à mécontenter les juifs, les arabes et quelques autres, sans s’attirer beaucoup de sympathie de la part des Russes ou des Chinois qui l’observent avec une commisération certaine. Et à l'intérieur, il a fortement mécontenté les Américains, qui lui ont infligé un début d’année en fanfare : la perte du siège de Ted Kennedy dans le Massachusetts, un siège dévolu aux démocrates de toute éternité et qui bascule façon coup de tonnerre dans le camp républicain. Cette poussée de colère populaire non pas virtuelle cette fois, mais bien réelle, a immédiatement conduit l’as de la communication à opérer un virage à 180°, en déclarant la guerre aux banques qu’il avait précédemment couvertes des largesses du contribuable.

 

Dernière trouvaille : pour colmater les brèches qui s’élargissent à vue d’œil – les élections de mi-term de novembre prochain risquent de tourner au désastre – le Prix Nobel de la Paix a promis de s’occuper de l’emploi en toute priorité – il n’y avait pas songé auparavant ? – tout en imposant un gel de 250 milliards de dollars dans les dépenses intérieures. Sans toucher bien sûr aux dépenses d’armements. Histoire peut-être de compenser justement les 250 milliards de dollars dépensés depuis son arrivée pour les guerres de l’Irak et de l’Afghanistan.  Une paille, d’ailleurs, ces 250 milliards de dollars, comparés aux … 1 400 milliards de dollars de déficit du pays. Oui, vous avez bien lu.

 

 

Comme un malheur ne vient jamais seul, ils sont légion à présent à Washington, tous les « fidèles » soutiens de la veille qui, inquiets pour leur réélection, prennent désormais leurs distances et commencent à se demander s’il arrivera à ce rythme à finir son mandat. Sans parler d’un second.

 

Bon, toutes ces petites péripéties d’un système en pleine déliquescence ne me font pas trop de peine et si je les énumère, c’est pour mettre en relief un article du Monde que j’ai retrouvé en rangeant mes petits papiers et qui m’a bien fait marrer : sous le titre « La campagne de M. Obama inspire les conseillers de M. Sarkozy », en date du 4 novembre 2008, on pouvait lire des perles du genre :

 

« Et s'il y avait une recette à importer ? Le phénomène Obama fascine la classe politique française, à droite comme à gauche, et surtout... à l'Elysée. Pierre Giacometti, ancien directeur d'Ipsos devenu conseiller politique de Nicolas Sarkozy, revient d'une semaine d'immersion dans l'équipe de campagne de Barack Obama : "embedded" pour le compte du président français, qui réfléchit à la refonte stratégique de l'UMP et... à sa future campagne présidentielle. (…)

 

Mais les Français sont encore très loin de l'ultra-professionnalisation des politiques américains. "Obama, c'est l'"entertainment" en politique, analyse Christophe Lambert, communicant, membre de la cellule stratégique de l'UMP. Il applique les lois du cinéma à la politique. Un bon acteur, une bonne histoire, un bon récit. Obama, c'est la cohérence entre le héros et un scénario. C'est une superproduction politique, l'histoire d'un héros qui incarne la promesse d'une Amérique nouvelle. Il a compris, comme Nicolas Sarkozy, qu'il fallait faire de la politique un spectacle."

Pour les communicants français, les succès de M. Obama tiennent dans le recrutement, dans la société civile, des meilleurs spécialistes d'Internet, de la communication, de la publicité, des sondages, des finances, de l'économie ou encore de la diplomatie.

Xavier Bertrand, le ministre du travail, qui rêve d'un grand destin avait, lui, envoyé son chef de cabinet, Michel Bettan. "C'est le seul événement politique planétaire, analyse M. Bettan. Quatre jours de spectacle regardés par le monde entier ; 75 000 personnes qui déferlent sur la ville. L'équipe d'Obama ne laisse rien au hasard. Même lorsque le spectateur croit à la spontanéité, même lorsque ce sont de simples citoyens qui interviennent, tout a été préparé en amont par les équipes d'Obama."

Rigolo, non ? Le big problem, c’est que la politique-spectacle n’a qu’un temps, de plus en plus court d’ailleurs. Même aux States, ils s’en sont rendu compte. Quand derrière le show, il n’y a RIEN, ou pas grand-chose, les cochons de payeurs finissent par se mettre en colère.

Maintenant, je n’ai rien contre le fait que Sarkozy imite en tout le « phénomène Obama » comme il se proposait de le faire pour sa réélection. Au contraire, même. D’ailleurs, il a déjà magistralement commencé. Et ce n’est sûrement pas fini. Happy birthday, President !