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25/10/2007

IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (5)

IAKOV SOLOMON, dit SVERDLOV

d8aba1d1e11ce864ac5959a501b45890.jpgIl naît dans une famille juive à Nijni-Novgorod en 1885. Sa carrière d’agitateur, comme celle de ses collègues, débute très tôt et il participe à la révolution de 1905 dans les rangs bolcheviques. Durant les années qui suivent, il fait l’un ou l’autre séjour en Sibérie d’où il est libéré à la révolution de février 1917.

Proche de Lénine, et bon organisateur, il fait partie du Comité militaire révolutionnaire qui met sur pied l’insurrection armée d’octobre qui donnera le coup d’envoi à la révolution. Il est également membre du Comité central du Parti.

Dès novembre 1917, il devient même président de ce Comité exécutif central, soit l’équivalent de chef de l’Etat.

C’est dans cette fonction qu’il produira son coup d’éclat. C’est en effet sur son ordre que sera assassiné, sans jugement, le tsar Nicolas II à Iekaterinbourg, dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918. Cette tuerie, qui devait du passé faire table rase, sera perpétrée par la tchéka locale sous les ordres de Iakov Iourovski, lui-même né dans une famille juive orthodoxe. Onze personnes trouveront la mort: le couple impérial, ses cinq enfants et des membres de leur personnel.

L’avancée des forces contre-révolutionnaires avait fait redouter aux bolcheviques une éventuelle libération du tsar et Iourovski avait reçu de Moscou le message suivant : « Informé de la menace que font peser les bandits tchécoslovaques sur la rouge capitale de l’Oural et prenant en considération le fait que le bourreau couronné, en se dissimulant, pourrait échapper à la sentence du peuple, le Comité exécutif, exécutant la volonté du peuple, a décidé de fusiller le ci devant tsar Nicolas Romanov, coupable d'innombrables crimes sanglants. »

Pour honorer sa mémoire, et commémorer ce haut fait, la ville de Iekaterinbourg porta le nom de Sverdlovsk jusqu’en 1991, date à laquelle elle reprit son ancienne dénomination.

Sverdlov ne survivra pas longtemps à ses victimes – et cette fois Staline n’y sera pour rien - car l’année suivante, en 1919, parcourant le pays durant la guerre civile, il est victime d’une épidémie de grippe espagnole et meurt dans la ville russe d’Oryol.

L’un de ses frères, Zinovi Pechkoff, eut plus de chance que lui et mourut tranquillement à Paris en 1966. La vie de ce personnage est un vrai roman. Né en 1884, il sera le protégé de Maxime Gorki, puis voyagera de par le monde, connaissant maintes aventures et s’engagera même dans la Légion étrangère. Il sera toujours hostile aux bolcheviques. Naturalisé Français, il deviendra diplomate, général et finira gaulliste convaincu. Il sera, entre autres, notre ambassadeur au Japon de 1946 à 1950. En 1952, le gouvernement le fait Grand Croix de la Légion d'Honneur, distinction qui touche au plus profond de lui-même le jeune voyou de Nijni-Novgorod qu’il fut jadis.

Il aura, à cette occasion, ces mots superbes : "Je savais bien que je serais tellement ému que je ne pourrais pas dire ce que je voudrais à cette occasion, tant je suis confus vis-à-vis de moi-même de recevoir cette suprême distinction. D'autres disent : récompense. La France n'a pas à me récompenser. C'est moi qui ne sais pas comment m'acquitter de toute sa bonté, de toute son indulgence pour mes très modestes services. C'est moi qui dois tout à la France. La France m'a adopté parmi ses fils, la France m'a permis de vivre utilement ma vie. La France m'a inspiré et donné ce grand bonheur, le grand honneur de Servir. Et celui qui sert la France sert en même temps tout ce qu'il y a de juste, tout ce qu'il y a de grand. La France donne à celui qui la sert la certitude de la clarté."

Nous étions en 1952. Autant dire sur une autre planète.