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09/05/2010

DANS SON MALHEUR, IL A EU BEAUCOUP DE CHANCE

 

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Le peintre israélien Avigdor Arikha vient de mourir à l’âge de 82 ans.  Comme vous le lirez ci-dessous, il avait été déporté avec sa famille, à l’âge de 11 ans, dans un camp de concentration ukrainien. Son talent précoce le sauva, dans des circonstances assez étonnantes : il avait réalisé des dessins de scènes de déportation, qui furent montrés à des délégués de la Croix-Rouge internationale. A la suite de quoi, lui et sa sœur furent libérés et conduits en Palestine en 1944.

 

Ce qui tendrait à prouver, c’est curieux mais les faits sont là, qu’on avait dans un camp de concentration ukrainien, ou au moins dans celui-là, de quoi faire des dessins et l’énergie nécessaire à leur réalisation. Ce même camp recevait la visite de la Croix-Rouge internationale. Au lieu de planquer ou de détruire lesdits dessins, ils ont été montrés aux délégués. Par qui ? Il serait intéressant de le savoir. Enfin, last but not least, ce gamin de 11 ans et sa sœur seront libérés. Grâce à qui ? Qui a financé le transfert en Palestine ? Toutes questions demeurées sans réponse, mais qui ne manquent pourtant pas d’intérêt.

 

Si Wikipédia ne le racontait pas (en anglais, car en français il est nettement moins prolixe), j’aurais du mal à le croire :

 

"Avigdor Arikha was born to German-speaking Jewish parents in Rădăuţi,but grew up in Czernowitz (now in Ukraine), in Bukovina, Romania. His family faced forced deportation in 1941 to the Romanian-run concentration camps of Transnistria (now in Western Ukraine), where his father died. He managed to survive thanks to the drawings he made of deportation scenes, which were shown to delegates of the International Red Cross. As a result of that, both he and his sister were freed and brought to Palestine in 1944. Until 1948, he lived in Kibbutz Ma'ale HaHamisha. In 1948 he was severely wounded in Israel's War of Independence. From 1946 to 1949, he attended the Bezalel School of Art in Jerusalem; its teaching was based on the Bauhaus methods. In 1949 he was awarded a scholarship which enabled him to study at the Ecole des Beaux Arts in Paris, where he learned the fresco technique. From 1954 on Arikha resided in Paris. Arikha was married from 1961 until his death to the American poet and writer Anne Atik. Arikha died in Paris from complications of cancer on April 29, 2010."

01/03/2010

MAIS PUISQUE C’ETAIT POUR DONNER DU BONHEUR AUX GENS …..

  

…ET ACCESSOIREMENT RECUPERER QUELQUES MILLIONS DE DOLLARS ….

 

 

44.jpgC’était pour le bon motif, donc ce n’est pas un mensonge. Voilà toute la défense présentée par Herman Rosenblat qui a pondu des souvenirs aussi émouvants qu’imaginaires sur sa détention à Buchenwald et sa survie miraculeuse grâce à une petite fille.

 

Attention, je vous préviens : âmes sensibles, s’abstenir.

 

Déporté à l’âge de 11 ans dans le camp de Schlieben (Buchenwald) Rosenblat ne devra son salut qu’à une petite fille de 9 ans qui lui lancera de la nourriture (des pommes et du pain) par-dessus les barbelés pendant sept mois. Hein, que dites-vous de ça ? On ne la connaissait pas encore, celle-là. Mais attendez, ce n’est pas tout.

 

Herman Rosenblat, émigré aux USA après la guerre, retrouvera miraculeusement son ange gardien lors d’un « rendez vous surprise » (blind date) à New York, en 1957. Et il va l’épouser. Normal, il lui devait bien ça.

 

Ce n’est que dans les années 1990 - à une époque où il connaît quelques ennuis financiers - que Rosenblat aura l’idée d’écrire sa petite histoire. Vous pensez bien qu’elle ne pouvait que faire chialer à chaudes larmes dans les bungalows américains. Et générer une montagne mirifique de dollars.

 

Et ça y va. Le couple est invité deux fois chez la puissante Oprah Whitney qui qualifie leur récit de « plus belle histoire d’amour jamais racontée à la télévision ». Des contrats basés sur ce conte de fée sont signés : un livre pour enfant intitulé Angel Girl est écrit par Laurie Friedman et illustré par Ofra Amit, les mémoires du couple doivent être publiés par Berkley Books et enfin un contrat de 25 millions de dollars est signé avec le producteur hollywodien Harris Salomon.

 

De quoi nager dans le bonheur. Hélas, trois fois hélas, des voix discordantes (quoique américaines) commencent à s’élever et à douter et finalement, Herman est obligé de reconnaître que bon, oui, c’est vrai, tout ça est faux. Il déclarera « qu’il voulait donner du bonheur aux gens » et  affirmera que « son histoire n’est pas vraie mais que dans son esprit tout est réel et qu’il ne peut pas être considéré comme un menteur ». Ben voilà, tout s’explique.

 

La parution des mémoires est annulée mais le livre pour enfants est toujours en vente dans les librairies américaines et affirme toujours que l’ouvrage est basé sur « une histoire réelle ».

Un roman intitulé The Apple est sorti. Bien qu’admettant la controverse, l’éditeur n’hésite pas à déclarer que le livre est « basé sur la vie et l’histoire d’amour d’Herman Rosenblat ».

Le film The flower of the fence (La fleur de la barrière) est en tournage les producteurs ayant annoncé qu’ils comptaient de toute façon faire « une adaptation libre » de l’histoire.

 

Nous sommes là en présence du même genre d’histoire que le douloureux et tout aussi imaginaire Survivre avec les loups de Misha Defonseca, que j’ai vu programmé une nouvelle fois à la télé il y a peu de temps. Avec un commentaire très spécieux qui laisse entendre, sans le dire vraiment, que tout est vrai. Alors que tout est faux.

 

Source : http://en.wikipedia.org/wiki/Herman_Rosenblat