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04/04/2011

JE N’AI PAS PU RESISTER

Article paru ce jour dans Le Temps, de Genève. Mme Maria Roth-Bernasconi, conseillère nationale helvétique socialiste, milite « pour une Suisse ouverte, tolérante et multicolore ». Comme vous le verrez, sa merveilleuse tolérance ne s’arrête pas aux misérables interdits moraux et autres tabous qu’il convient de balayer avec vigueur. On connaît la méthode : on commence par ouvrir une brèche « inutile », puis de fil en aiguille et de proche en proche … toute notion de morale et d’appartenance à une communauté charnelle, avec ses lois intangibles, est évacuée. Ne reste plus que l’individu à poil, c’est le cas de le dire, en proie à ses envies du moment. Que la gauche, si « tolérante », lui enjoint de satisfaire sans tarder.

 

160px-Maria_Roth-Bernasconi.jpg« A propos d’inceste, Madame Roth-Bernasconi

Il m’est interdit de griller des cervelas sur la plage mais je devrais pouvoir coucher avec mon fils? En matière d’ingérence dans la vie privée des citoyens, vous avez de drôles de priorités, Madame la conseillère nationale.

Madame la conseillère nationale,

J’ai un ami qui habite une maison à couper le souffle à Blonay. On y jouit d’un panorama à 180 degrés sur le Léman et les Alpes qui désarme toute tentative de commentaire un tant soit peu spirituel: c’est beau, quoi.

En fait, l’emplacement est formidable mais la maison petite et fatiguée. Il serait raisonnable de la raser et d’en bâtir une plus grande et plus écologique. Mon ami ne peut pas: s’il construisait une maison neuve, il devrait renoncer à ses baies vitrées. Sur ce promontoire panoramique, un règlement dadaïste stipule qu’on ne peut ériger que des villas vaudoises bien trapues, avec toit à deux pans et fenêtres plus hautes que larges.

Pourquoi je vous raconte ça? Parce que je vous vois défendre la dépénalisation de l’inceste entre adultes consentants avec cet argument central: l’Etat n’a pas à s’ingérer dans la vie de citoyens assez grands pour faire leurs choix.

Pincez-moi car je rêve, Madame Roth-Bernasconi. Mon traiteur végétarien préféré ne peut pas proposer à ses clients trois chaises sur son trottoir parce que son établissement n’est pas conforme à la norme truc muche. Mon ami de Blonay est interdit de baies vitrées face à son panorama de don du ciel. Je ne peux pas griller ma saucisse sur la plage ni tondre ma pelouse le dimanche. Des milliers de règlements absurdes viennent contrarier mes désirs les plus innocents et corseter mon quotidien. Mais, lorsque mon fils aura 16 ans, je devrais pouvoir impunément plonger ma main dans son slip, lui passer un film porno et l’inviter à une partie de jambes en l’air? En matière d’ingérence dans la vie privée des citoyens, je souhaite à ce pays des priorités mieux choisies.

Vous allez me dire (LT 01.04) que d’autres dispositions du Code pénal permettent de protéger une personne majeure qui accepte un rapport sexuel sous l’emprise d’une autre. Dans mon exemple, l’avocat de mon fils devrait arriver à prouver que, même s’il a dit oui, au fond de lui, il voulait dire non. Vous plaidez d’ailleurs pour une conception plus restrictive de la notion de consentement.

 Mais que prévoyez-vous pour traduire ces fines nuances psychologiques en éléments de décision judiciaire? Des batteries de tests obligatoires pour plaignants et accusés? La psychanalyse d’office? Le droit et la psychologie ne font pas bon ménage, Madame la députée, le débat actuel sur le «viol par surprise» nous le rappelle (LT 26.03). C’est à cela que servent les lois. A dire: les rapports sexuels entre parents et enfants sont interdits, point barre, sans qu’il soit nécessaire de recourir à l’ingérence psychologique.

Mais pourquoi le sont-ils? Que dit le tabou de l’inceste? Il dit que l’amour entre amoureux n’est pas de la même espèce que celui entre enfants et parents: ce dernier consiste à encourager l’être aimé à vous quitter. C’est ainsi qu’adviennent les adultes autonomes: chacun, pour cela, doit tenir sa place.

Vous dites que ce tabou restera, et que donc, en quelque sorte, la loi est superflue. Avez-vous réellement une conception si bassement utilitaire du rôle des lois? Pour moi, les lois sont d’abord là pour affirmer les valeurs fondamentales d’une société, notamment en formalisant les grands tabous: tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu ne coucheras pas avec ta mère.

Il y a d’autres lois, moins essentielles, qui interdisent les baies vitrées. Que ne vous acharnez-vous contre elles, Madame Roth-Bernasconi? »

 

Source : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/34cc06c2-5e32-11e0-a58d-4f2395e7177d|0

 

 

21/01/2011

« La Suisse n’a pas à se prosterner devant l’Union européenne »

Lu sur le site http://www.mecanopolis.org/?p=21493

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« Depuis quelque temps, l’Union européenne fait face à de grandes difficultés économiques, à des problèmes financiers et monétaires catastrophiques, à un énorme déficit démocratique et elle tente de dissimuler cette situation par de belles paroles. Pourtant, au lieu de balayer devant sa porte ou de faire son devoir, elle annonce maintenant avec arrogance que la voie bilatérale avec la Suisse a atteint ses limites et qu’il faut la reconsidérer, la redéfinir et l’adapter. Cette stratégie est pourtant tellement cousue de fil blanc et hypocrite que même ses partisans recon­naissent que l’UE a uniquement l’intention d’exploiter la Suisse comme une vache à lait et de détruire la démocratie directe, unique en son genre, ainsi que les droits du peuple.

La crise économique et financière a fait apparaître et a renforcé de manière impressionnante ce qu’on évoquait probablement depuis longtemps en coulisses, c’est-à-dire le fait qu’une démocratie directe où le peuple souverain a le dernier mot est beaucoup moins vulnérable aux crises. Pourquoi? Le gouvernement et le Parlement sont tenus de rechercher, de proposer et de mettre en œuvre des solutions capables de convaincre la majorité. Le cas échéant, l’application ne peut avoir lieu qu’après un référendum. Les modifications de la Constitution doivent être obligatoirement soumises aux citoyens. Une politique responsable est certes moins spectaculaire, mais elle évite de commettre de graves erreurs qui risqueraient de ne plus pouvoir être corrigées. Le système gouvernemental de la Suisse garantit une grande participation du peuple, la stabilité et la sécurité. Nous devons prendre soin de ce modèle qui a fait ses preuves.

L’UE vacille

Empreinte de la vision d’un Etat européen unique gouverné de manière centraliste et dictatoriale, Bruxelles a, pendant des années, pris des décisions qui, par manque de solidarité entre les membres, ont été interprétées et réalisées à de nombreuses reprises selon le bon vouloir des Etats. La population a été consciemment mise à l’écart. Probablement par mauvaise conscience, on a organisé dans certains Etats des référendums sur la Constitution européenne et ensuite sur le Traité de Lisbonne. Les résultats montrent clairement que la grande majorité des Européens ne sont pas d’accord avec la voie adoptée et veulent plus de participation.

Lors des réunions ministérielles, la photo de groupe est le point essentiel du programme, car il faut faire croire à l’unité. Mais c’est le seul point commun. Avec l’introduction de l’euro, on a rendu impossibles les interventions monétaires souveraines dans les situations de crise. C’est pourquoi dans la crise économique et financière, beaucoup de pays de l’UE sont prisonniers de la nouvelle monnaie. Ils ne peuvent plus défendre leurs intérêts particuliers. On voit chaque jour quel défi cela représente pour le monstre bruxellois. Il a mis en place de gigantesques plans de sauvetage pratiquement à partir de rien. Il a recours maintenant au FMI – dont la véritable mission est de soutenir les pays en développement, surtout les plus pauvres – afin qu’il vienne en aide aux Etats membres de l’UE gravement endettés et leur évite la faillite. Il est encore difficile d’estimer l’ampleur que prendront ces mesures de sauvetage si l’aide doit s’étendre à l’Italie et à d’autres pays. Ce dérapage vient du fait que l’UE a vécu pendant des années au dessus de ses moyens, qu’elle n’a jamais sérieusement lutté contre l’endettement et que les citoyens des Etats membres n’ont jamais pu participer à un processus d’évolution démocratique.

Ceux qui croient que l’UE se remet en question en raison de cette situation drama­tique ne peuvent qu’être profondément déçus. Au lieu de corriger ses erreurs, elle cherche à créer des liens plus étroits avec un pays prospère, voire à l’incorporer. Il n’a pas échappé aux stratèges de l’UE que la Suisse a bien surmonté les turbulences économiques de ces dernières années et que son budget est équilibré, que ses dettes ont diminué et que le franc suisse n’a jamais été aussi prisé pour des investissements sans risques. C’est pourquoi il est question d’une collaboration plus étroite ou différente.

La Suisse n’a pas de raison de s’écarter de la voie du succès

Dans le monde entier, on apprécie énormément le système démocratique et les droits populaires de la Suisse. Des Etats progressistes reprennent même notre Constitution et nos lois. Pourtant beaucoup rechignent à faire participer le peuple au processus politique. La «perte de pouvoir» de la «classe politique» est insupportable pour beaucoup de politiciens. Le citoyen doit se contenter d’élire ses représentants et doit ensuite accepter tout ce qui a été décidé. Cependant la Suisse montre de manière impressionnante que la politique n’a pas à redouter le peuple. Sa participation conduit plutôt à des solutions raison­nables et équilibrées, à des situations stables et à une économie digne de confiance. Les individus apprécient la sécurité personnelle, professionnelle et financière. C’est pourquoi ils sont prêts à s’engager à long terme, là où le risque est minime et répond le mieux aux besoins. L’objectif primordial de l’Etat doit être de n’exiger financièrement du citoyen que le nécessaire afin qu’il lui reste, en plus de sa propre responsabilité, le plus d’argent pos­sible pour vivre. Il est important que ce modèle qui a fait ses preuves demeure au centre de notre action, car nous n’avons aucune raison de nous en écarter.

Une politique extérieure suisse efficace doit consister à tout faire pour convaincre d’autres pays de l’importance de la participation populaire dans la recherche de décisions pour un avenir prospère. C’est notre image de marque et notre force. Nous n’avons pas à nous prosterner devant l’UE.

Ernst Schibli, Conseiller national »

Source : Horizons & Débats

13/11/2010

QUAND LES HOTELS 5 ETOILES REFUSENT LES CLIENTS EN AUTRICHE …

Nos amis, toujours enclins à se référer aux heures les plus sombres de notre histoire, titrent en toute simplicité « Autriche – Politique « interdit aux juifs » dans un hôtel autrichien » l’info ci-dessous, parue le 11 novembre.

« Info » qui me laisse plus que dubitative, les hôteliers, autrichiens ou autres, n’ayant pas vraiment pour habitude de refuser les clients, surtout dans les 5 étoiles, et encore moins s’ils viennent en nombre. Alors, j’aimerais bien avoir le son de cloche dudit hôtelier et savoir pour quelles raisons exactement ces refus sont intervenus. On en a un aperçu en allant sur le lien ci-dessous (le père de cinq enfants honteusement refoulé, toujours à Serfaus) : il s’agit de juifs orthodoxes, qui doivent vraisemblablement avoir des exigences très précises, en particulier pour la nourriture. Et qui font peut-être même des trous dans les draps. Pourquoi des trous dans les draps ? Ca a l’air d’une farce, mais c’est très sérieux, enfin si l’on veut. J’en avais déjà parlé sur le blog car un correspondant suisse m’avait envoyé l’info, parfaitement véridique (à vous de chercher dans les archives, je ne me souviens plus de la date). Ca se passait en Suisse où des hôteliers s’étaient plaints de ce que certains clients juifs très pieux taillaient allègrement dans les draps. Afin éviter d’entrer en contact direct avec leur épouse (car c’était forcément une épouse …).

Donc, on aimerait bien savoir si de la Suisse, ils n’auraient pas migré vers l’Autriche, avant de parler d’antisémitisme. A moins naturellement que ce ne soit antisémite de refuser de voir ses draps taillés en pièces. Dans ce cas, évidemment ...

 

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« Léonard Nortern * est rentré dans l'hôtel Wellness-Residenz Schalber à 23h50. Il était en vacance avec sa famille et désirait voir une chambre d'hôtel cinq étoiles à Serfaus dans le Tyrol. Il portrait une chemise blanche, un pantalon et une calotte.

A la réception, se tenait Sebastian Lehmann, employé de nuit. Quand il l'a guidé vers l'ascenseur afin de lui montrer l'une des chambres, le directeur du bar les a rencontrés: "Dehors! Le chef cuisinier a dit qu'ils devaient partir d'ici", a-t-il dit d'un ton résolu. Au même moment, la sonnerie du téléphone a retenti à la réception. Alois Schalber, le directeur de l'hôtel, téléphonait de son portable. Il quittait l'hôtel exactement au même moment que les juifs y rentraient. "Ils sont déjà dehors?", a-t-il crié, "Je ne veux aucun juif ici."

Leonard Nortern, 26 ans, a été obligé de quitter l'hôtel. N'ayant pas d'autre choix, ils sont partis.

Sebastian Lehmann, l'employé de nuit, a été remercié le lendemain de son travail.

Ce n'est pas la première fois que l'on refuse de recevoir des clients juifs à Serfaus. Au début de l'année 2009. un père et ses cinq enfants voulaient réserver des chambres pour des vacances au "Haus Sonnenhof". En réponse, il a reçu une lettre du directeur de l'hôtel: il ne voulait pas recevoir de juifs "après une mauvaise expérience en aout 2008." Après cela, il a décidé de ne pas passer des vacances à Serfaus. Il a dit au quotidien du Tyrol qu'il ne désirait pas passer de vacances dans un endroit si raciste. L'affaire a été publiée dans de nombreux medias du monde entier.

L'adresse électronique de l'hôtel: info@schalber.com

*Le nom a été changé par l'éditeur. »

Source:http://antisemitism.org.il/fra/events/49485/Autriche%E2%8...

19/10/2010

EXTREME-DROITE DURE/EXTREME-DROITE MOLLE

Diviser pour régner, c’est vieux comme le monde et ça marche toujours. Que redouterait vraiment le système ? De voir une extrême-droite unie comme les doigts de la main au niveau européen. Je dis extrême-droite puisque c’est là le terme consacré pour désigner ceux qui refusent de marcher au pas.

Le système s’emploie donc – et on constate ce fait de plus en plus – à établir un subtil distinguo entre une extrême-droite « dure » et une autre qui serait, disons, molle. Histoire de bien semer la zizanie. Et de lâcher un peu de lest face à la grogne grandissante des manants de la base. Dans cette optique, la molle serait constituée de ceux qui ne s’attaquent qu’à l’islam. Et finalement, tout bien réfléchi, le système considère qu’il y aurait moyen de s’entendre avec ces raisonnables et de leur concéder quelques strapontins pour les faire tenir tranquilles. Et il y a la dure, celle qui va un peu plus loin dans ses analyses et considère l’islam comme une conséquence et non une cause. Pourquoi l’islam est-il à ce point présent dans nos sociétés ? Qui l’a amené ? Etc, etc … Ceux-là par contre restent vraiment de dangereux infréquentables.

Dommage que nombreux soient ceux, dits d’ « extrême-droite », à tomber dans ce panneau et à servir d’idiots utiles à un système qui s'y entend à manipuler.

Le cas ci-après est parfaitement révélateur de cette démarche. Et vous apprécierez la conclusion méprisante du journaliste (avant « Le courriel malheureux »).

Donc, dimanche dernier est paru dans l’hebdo helvétique Le Matin Dimanche l’article que vous allez lire. Le point de départ est la virée bruxelloise d’Oskar Freysinger, le politicien suisse de l’UDC à l’origine de la campagne anti-minarets. Après Bruxelles, il a fait un petit tour chez nous aussi en soutenant un moment la campagne sécession anti-Union européenne. Avant de se rétracter assez piteusement, il faut le dire, car « quelqu’un m’a appelé de France pour me dire qu’il y avait un révisionniste parmi les signataires ». Ce mouchard, que nous félicitons au passage car nous savons de qui il retourne, a bien fait son boulot. Et l’autre s’est immédiatement mis au garde-à-vous. Pensez, les minarets, c’est une chose. Mais des révisionnistes !!! Au secours !!!!! Pathétique.

Cela rejoint l’attitude de Filip Dewinter qui clame être le meilleur ami d’Israël. Si encore toutes ces capitulations servaient…. Mais non, justement. Vous lirez la réaction d’un certain Manuel Abramowicz, journaliste  « qui a créé un Observatoire belge de l’extrême droite (www.resistances.be). » Une autorité en la matière, donc. Lui ne croit pas un seul instant à la sincérité de Dewinter et le clame partout. Et sa parole a certainement plus de poids dans la « communauté » que les déclarations éperdues d'un Dewinter.

 

Ce qui prouve qu’il ne sert strictement à rien d’essayer de donner des gages à ses ennemis. Ils ne vous en aiment pas davantage, car ils restent fondamentalement vos ennemis, et ils vous respectent moins. Restons donc droit dans nos bottes et défendons nos idées sans nous soucier de plaire au système. C’est à ce seul prix que nous pouvons espérer lui faire peur.

 


« Les fréquentations très douteuses d’Oskar Freysinger



freisiger.jpgLe week-end dernier, en Belgique, l’UDC valaisan Oskar Freysinger a été invité à s’exprimer devant le Parlement flamand par le leader d’extrême droite, Filip Dewinter. Le conseiller national UDC cultive des relations inquiétantes. Après s’être affiché à Bruxelles avec l’extrémiste Filip Dewinter, il a adressé un message de soutien à un autre infréquentable d’extrême droite.


Michel Audétat - Le Matin Dimanche


« Des parents s’inquiéteraient: lorsqu’on voit un de ses enfants s’acoquiner avec les pires voyous du quartier, on se demande ce qui cloche. C’est tout le problème posé par le conseiller national UDC Oskar Freysinger quand il s’affiche à Bruxelles en compagnie de Filip Dewinter, figure de proue du Vlaams belang. Ou quand il adresse un message de soutien à l’Alsacien Robert Spieler, délégué général de la Nouvelle droite populaire.

Avec de tels noms dans son carnet d’adresses, Oskar Freysinger devrait même donner des sueurs froides à l’intérieur de sa propre famille politique. Ces gens-là se situent très clairement à l’extrême droite. A côté d’eux, Christoph Blocher passerait presque pour un gauchiste…

Revenons un instant sur l’escapade bruxelloise du week-end dernier. Invité à donner une conférence à Schaerbeek, Oskar Freysinger a été interdit de parole dans ce quartier majoritairement musulman. Il a tenté de se rabattre sur un hôtel du centre-ville. Mais, là aussi, on n’a pas voulu de lui. Resté sur le trottoir, le Valaisan s’indigne de cette «histoire belge». Arrive alors Filip Dewinter qui lui propose de l’accueillir au Parlement flamand. Marché conclu. Des images de la télévision wallonne (RTBF) montrent Oskar Freysinger qui plastronne: «J’entre au Parlement par la grande porte!»


Une vieille connaissance


A l’assistance, Filip Dewinter présente le conférencier suisse comme une vieille connaissance: «On l’a accueilli plusieurs fois, ici, et on a des contacts intenses entre nos deux partis.» Aujourd’hui, Oskar Freysinger veut rectifier ce point: «Il a exagéré. En réalité, il n’y a aucun contact officiel entre l’UDC et son parti. Pour ma part, je n’ai dû avoir qu’un ou deux contacts avec lui.»


Au Parlement flamand, Oskar Freysinger appelle son hôte par son prénom, Filip, et l’évoque comme un homme «tolérant». Est-ce vraiment le bon épithète? En Suisse romande, on ne connaît guère Filip Dewinter. Il vaut la peine de revenir sur ce personnage dont la carrière politique ne respire pas précisément la tolérance.

Né en 1962, à Bruges, Filip Dewinter a fait son éducation politique au Nationalistisch Studenten Verbond (NSV) dont il va présider la section anversoise pendant trois ans. «Il s’agit d’un syndicat étudiant violent et ouvertement raciste», explique le journaliste Manuel Abramowicz qui a créé un Observatoire belge de l’extrême droite (www.resistances.be). En 1981, Filip Dewinter entre au comité de rédaction du journal publié par le NSV: Signaal. Tiens, le même nom que l’organe de propagande nazie diffusé pendant la Seconde Guerre mondiale… En 1983, on pouvait lire dans Signaal des phrases comme celle-ci: «Un Marocain ou un Turc n’ont rien à faire dans notre politique, un juif non plus.»

En 1988, Filip Dewinter fait parler de lui en allant fleurir la tombe de soldats flamands tombés sur le front russe et sous l’uniforme SS. Mais il mettra bientôt la pédale douce sur ce genre de sympathies. Aux élections communales de 1988, le Vlaams Blok obtient 17,7% des voix à Anvers. Habile, bon orateur et charismatique, Filip Dewinter commence à se rêver en bourgmestre. Or il n’a pas l’image idéale pour cette ville rendue célèbre par ses diamantaires juifs.


Tout à coup, on le dirait devenu philosémite. En 1995, Filip Dewinter incite le Vlaams Blok à voter la loi pénalisant la négation de la Shoah. Dix ans plus tard, il est toujours sur la même ligne: «Je suis l’ami numéro un d’Israël», déclare-t-il en 2005 au quotidien Haaretz, à l’occasion d’une visite à l’Etat hébreu.


A-t-il changé? Le journaliste Manuel Abramowicz est convaincu du contraire: «Il vous dira qu’il a aujourd’hui de bons contacts avec la communauté juive, mais c’est de la foutaise. En réalité, il n’a pas coupé les ponts avec son milieu d’origine.» En 2006, à Anvers, Filip Dewinter a d’ailleurs animé un congrès du NSV dans lequel il militait au temps de sa jeunesse.

Réalisateur à la RTBF, Peter Boecks a suivi et filmé Filip Dewinter pendant les six mois qui ont précédé les élections de 2004 et, lui aussi, ne croit pas qu’il ait changé: «Il se contrôle très bien et ne fait pas beaucoup d’erreurs. Mais si je le compare à celui qu’il était il y a 20 ans, je pense qu’il est toujours le même.» Longtemps journaliste vedette de la RTBF et auteur d’un reportage qui avait fait grand bruit en Belgique («La face cachée du Vlaams Blok», 2004), Jean-Claude Defossé va plus loin: «Filip Dewinter est assez intelligent pour savoir qu’il ne peut pas remettre le couvert avec l’hitlérisme aujourd’hui. Mais, fondamentalement, il reste un raciste pur et dur, un néonazi viscéral.»

Tout cela dessine-t-il le profil d’un homme «tolérant»? Oskar Freysinger s’explique: «Il m’a ouvert les portes du Parlement flamand pour cette conférence que tout Bruxelles refusait. Pour moi, c’est un type qui donne des leçons de tolérance à tous ceux qui ont le mot «tolérance» à la bouche.»


Et son parcours politique? «Ce que vous me dites m’étonne, poursuit Oskar Freysinger, et il faudrait que je le vérifie. Mais ça ne change rien. Il était là pour défendre ma liberté d’expression et je lui dis merci. Pour moi, le seul critère est celui du respect de l’Etat de droit et du fonctionnement démocratique. Si les gens insèrent leur combat dans ce cadre-là, je n’ai aucune raison de ne pas discuter avec eux. Pour le reste, je me fiche de savoir ce qu’ils ont fait à 20 ans. Si je devais en tenir compte, je ne pourrais même plus saluer la plupart des socialistes suisses qui ont fricoté avec la RDA ou Ceausescu.»

«Qui se ressemble s’assemble», prétend un dicton, mais on se gardera de l’appliquer à Oskar Freysinger. Entre lui et des gens comme Filip Dewinter ou Robert Spieler (lire encadré), on ne fera pas l’amalgame. On préfère penser que le tribun de l’UDC, brusquement projeté sur la scène internationale par l’initiative sur les minarets et ivre de cette notoriété nouvelle, aurait plutôt perdu le Nord et le sens du discernement politique. Mais ses nouvelles fréquentations n’en sont pas moins inquiétantes.


Le courriel malheureux


A peine rentré de Bruxelles, Oskar Freysinger n’a rien eu de plus pressé que d’envoyer un message de soutien à Robert Spieler, délégué général de la Nouvelle droite populaire (NDP), qui a lancé un appel réclamant la sécession française de l’Union européenne. «Le souverainiste suisse que je suis ne peut que vous encourager dans votre voie, a écrit Freysinger. (…) Vous triompherez, car vous avez le bon sens et une majorité des citoyens de votre côté.»


La NDP est née en 2008 d’une dissidence à la droite du Front national. Parmi les premiers signataires de son appel, on trouve notamment le rédacteur en chef de Rivarol qui cultive la tradition de l’antisémitisme à la française. Et André Gandillon, directeur de la revue Militant dont Le Monde nous apprend qu’elle a été fondée par d’anciens Waffen SS français. Charmante compagnie. Là-dessus, Oskar Freysinger plaide l’erreur: «Je me suis fait avoir. Ce M. Spieler m’avait écrit pour me demander un petit mail de soutien à sa pétition. Je l’ai fait, après quoi quelqu’un m’a appelé de France pour me dire qu’il y avait un révisionniste parmi les signataires. Je lui ai aussitôt écrit pour lui demander de retirer mon texte.»


Publié le 14 octobre sur le blog de la NDP et sur celui de Robert Spieler, il a en effet disparu depuis lors. Mais la candeur d’Oskar Freysinger stupéfie: un simple coup d’œil sur Wikipédia lui aurait permis de savoir que la carrière politique de Robert Spieler s’inscrit dans le sillage de l’extrême droite la plus dure. »

 

Source : http://www.lematin.ch/actu/suisse/frequentations-douteuse...

16/10/2010

LA VITALITE DE L’EUROPE

Je ne veux pas me faire le relais systématique des cogitations des journalistes de gauche du journal Le Temps de Genève, mais enfin je trouve l’article suivant, paru ce jour, assez révélateur de la persistance de l’utopie mondialiste/droitdel’hommiste et du refus sidérant de certains de voir les réalités populaires en face.

De la générosité qui consiste à « s’ouvrir à l’étranger » en détresse à la bêtise pure qui consiste à abdiquer toutes ses valeurs pour laisser le terrain aux immigrés qui déferlent en essayant d’imposer les leurs, il y a un pas assez vite franchi. Ce dont finissent par s’aviser – un peu tard – un certain nombre d’électeurs européens. Tant mieux. Espérons qu’il y en aura de plus en plus, n’en déplaise aux bobos suisses et autres.

En fin d’article, on a droit une fois de plus au pompon, insubmersible : « Surtout si l’on songe que, demain, la vitalité de l’Europe vieillissante passera toujours plus par les migrants. » Ah bon ? Parce que la vitalité de l’Europe serait fonction de la démographie extrêmement prolifique de certains étrangers installés sur nos sols ? Curieuse notion de la « vitalité », surtout lorsqu’on songe à l’échec complet de l’intégration, pour ne pas parler de l’assimilation, mot tabou que plus personne n’ose prononcer. Le rêve secret de ce journaliste ne serait-il pas une Europe sans les Européens, ces « de souche » si antipathiques, finalement ?

Et pourquoi la vitalité future de l’Europe ne passerait-elle pas aussi et surtout par les familles européennes à soutenir en priorité ? Et pourquoi les Européens ne choisiraient-ils pas les migrants qu’ils souhaitent éventuellement voir s’installer chez eux ? Ce qui irait de pair avec la possibilité d’en refuser d’autres s’ils le jugent bon ? A qui ont-ils des comptes à rendre ? Aux journalistes de gauche ? Aux « assoces antiracistes », qui ont déjà fait assez de dégâts comme ça ?

 

« Aux racines du populisme européen

Aux Pays-Bas, en Belgique, en Suède et encore dimanche dernier à Vienne, la capitale autrichienne qui fut le berceau de la social-démocratie européenne, la tenue d’élections nationales ou locales a profité à des partis aux histoires différentes mais qui se rejoignent sur deux points majeurs: leur rejet viscéral de l’immigration et leur islamophobie. Cette tendance lourde concerne aussi la Suisse où l’UDC, depuis deux décennies, a construit ses succès avec un discours anti-étrangers et, plus récemment, anti-islam comme on l’a vu l’an dernier lors du vote anti-minarets.

Ce virage à droite se nourrit des peurs et de l’insécurité que la mondialisation inspire aux Européens. En effet, elle efface les frontières, brasse les populations, augmente la concurrence entre les lieux de production et entre les acteurs économiques. Dans ce processus accéléré de transformation des sociétés européennes, l’étranger devient le concurrent menaçant sur le marché de l’emploi, le bouc émissaire idéal pour exprimer son malaise.

S’ajoute à ce réflexe de repli un vote protestataire contre les partis traditionnels et leurs représentants. Ces formations, issues de la social-démocratie, de la démocratie chrétienne ou de la droite libérale, sont perçues comme incapables d’apporter des réponses convaincantes à l’insécurité grandissante. Peu importe que les peurs soient exagérées, que la menace soit largement fantasmée. Des frustrations grandissent et la méfiance se répand à l’égard des institutions perçues comme complices de la mondialisation et de ses effets déstabilisants.

Lorsque les victoires des partis nationalistes étaient rares, de puissantes pressions s’exerçaient sur les partis modérés pour qu’ils ne fassent alliance en aucune circonstance avec «le diable». C’était le cas il y a encore dix ans, quand l’Union européenne mettait à l’index l’Autriche du chancelier Wolf­gang Schüssel qui venait de composer un gouvernement avec Jörg Haider, alors jugé infréquentable. La progression de la vague populiste de droite a créé de l’accoutumance. Aujourd’hui, le réflexe du cordon sanitaire ne fonctionne plus. On le voit au Danemark ou aux Pays-Bas, où des contrats de majorité sont passés avec des partis extrémistes sans provoquer de réactions.

S’il ne faut pas la dramatiser, cette évolution politique est préoccupante. Surtout si l’on songe que, demain, la vitalité de l’Europe vieillissante passera toujours plus par les migrants. »

 

Source : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/5fd9be2e-d89d-11df-b29b-a...

 

A compléter avec l'article suivant, sur le même sujet:

 

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/d8515daa-d89b-11df-b29b-a...

 

15/09/2010

BRAVO LES SUISSES !

Le World Economic Forum, ou Forum de Davos, vient de rendre public son rapport 2010/2011 sur la compétitivité mondiale et il n’est pas inintéressant de se pencher sur les résultats. Allez savoir pourquoi, on n’en a pas énormément entendu parler dans notre pays. Evidemment, s’il avait été premier de la classe …. on aurait entendu jusqu’au fond du cosmos les cocoricos. Seulement voilà, le premier de la classe, c’est … la Suisse ! Horreur et funérailles ! Ces xénophobes, islamophobes, minaréphobes !! Il n’y a pas de justice en ce bas monde.

 

Eh oui, c’est bien la Suisse qui ouvre le bal. Il faut dire que jusqu’à ces dernières années, les USA trônaient au sommet du classement et personne n’aurait seulement songé à les en déloger. Mais l’année dernière, coup de théâtre, voilà qu’ils passent au 2e rang, derrière la Suisse, déjà. Cette année, c’est pire encore: les States, décidément en petite forme, se retrouvent au 4e rang, derrière, outre la Suisse, la Suède et Singapour. Cette rétrogradation est plus éclairante que bien des discours.

 

Bon, continuons notre tour d’horizon. Je vous sens trépigner, mais il faudra vous armer de patience. Viennent ensuite l’Allemagne, le Japon, la Finlande, les Pays-Bas, le Danemark et le Canada. Voilà pour les 10 premiers.

 

Nous avons ensuite Hong Kong, le Royaume-Uni, Taïwan, la Norvège et enfin …. la France. Ouf, elle arrive quand même au 15e rang. Israël est 24e.

 

139 pays sont concernés par ce classement. La Tunisie fait un bond sensible depuis l’an passé et occupe une bonne 32e place, qui la situe loin devant tous les autres pays d’Afrique et du Maghreb, puisque le second derrière elle pour cette zone est l’Afrique du Sud, 54e. Elle est même loin devant certains pays de l’Union Européenne, comme l’Espagne (42e), le Portugal (46e), l’Italie (48e), sans parler de la Grèce qui se traîne au 83e rang.

 

Le classement est fondé sur 12 paramètres principaux: institutions, infrastructure, environnement macroéconomique, santé et éducation de base, éducation supérieure et formation, efficacité du marché des biens, efficacité du marché du travail, développement du marché financier, développement technologique, taille du marché, sophistication des activités commerciales et innovation.

 

Bien évidemment, certains grincheux, au premier rang desquels des Français, ce qui ne vous étonnera pas, relativisent ce hit-parade. Certes, certes. Il n’en demeure pas moins un indicateur intéressant. A mettre en parallèle avec l’indice de développement humain des Nations Unies  (http://fr.wikipedia.org/wiki/Classement_IDH_des_pays ).

 

Les Suisses ont droit à toute notre admiration. Bravo les Suisses ! Surtout, un bon conseil : n’intégrez jamais l’Union Européenne !!! Ce n’est nullement obligatoire pour bien s’en sortir. Au contraire.

 

Source : http://www.weforum.org/en/initiatives/gcp/Global%20Compet...

15/04/2010

IL FAUT RATTACHER L’EUROPE A LA SUISSE !

Et ne surtout pas faire l’inverse. C’est Louis Pauwels qui le disait, et il avait bien raison. Vous trouverez ci-après un article d’Erika Vögeli relayé par Mecanopolis qui nous en donne une preuve de plus, s’il était nécessaire. Et qui nous montre la voie à suivre.  

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« Revenir aux fondements d’une vie en société réellement démocratique"

« Un Etat libéral ne se maintient pas tout seul. Non seulement en Suisse, nation née de la volonté collective, mais surtout ici, les gens doivent vouloir la maintenir. Et on ne peut vouloir que si l’on sait ce qu’on veut, si l’on est conscient des éléments qui fondent cette liberté particulière et sa capacité à développer la vie sociale. Face aux défis toujours nouveaux de notre époque, il faut sans cesse se demander ce qui doit être adapté et ce qui est inaliénable, ce qui ne doit pas être remis en cause.

Une telle réflexion sur les fondements d’une vraie vie sociale démocratique est primordiale face à une évolution dans la­quelle, au nom de la mondialisation et avec la création d’organisations dites «internatio­nales» comme le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et l’OMC, on soumet la vie entière au diktat économique; dans laquelle les Etats nations perdent leur souveraineté, pendant que certaines institutions financières, de concert avec des sociétés transnationales sans éthique, sans responsabilité citoyenne et sans égards pour le bien commun nous dictent par le biais d’un lobbying financièrement puissant de plus en plus de lois.

Pour la Suisse cette réflexion revêt une importance existentielle, surtout en ce qui concerne ses relations avec l’Union européenne. Les mêmes mécanismes du FMI, de la Banque mondiale et de l’OMC, qui ont entraîné les pays en voie de développement dans la dépendance financière et dans l’endettement et les ont contraints à brader le bien public et les secteurs économiques rentables à des sociétés étrangères, fonctionnent aussi dans le cadre de l’UE. Le livre mentionné ci-dessous, «Konzern Europa», paru en 2001, ­montre de façon frappante comment le lobbying bruxellois des sociétés transnationales qui con­tourne les structures juri­diques étatiques des divers pays et leur impose, avec l’aide de la Cour de justice européenne, la prédomi­nance des ­quatre «libertés» économiques, ce qui en­traîne la même perte de la démocratie. Et l’endettement des Etats a pris depuis longtemps une ampleur critique.

Il est d’autant plus réjouissant de voir des milieux d’entrepreneurs inciter à une réflexion fondamentale sur la liberté, la responsabilité et les fondements du système politique suisse dans un ordre économique vraiment libéral et sur les relations de la Suisse avec le monde.

La brochure « Ja zur Schweiz. Denkanstösse für eine Erneuerung des Bundesbriefes » [Oui à la Suisse. Réflexions pour un renouvellement de la Charte fédérale] n’est pas l’oeuvre d’un seul auteur mais résulte d’une série de discussions entre des personnes de différentes générations et de diverses appartenances poli­tiques. C’est dans le cadre de débats au sein de l’«Unternehmerforum Lilienberg » d’Ermatingen (TG) que la brochure a pris sa forme actuelle. Dans l’esprit d’une réflexion permanente sur ce que nous voulons, il serait souhaitable que ces réflexions soient largement re­prises et débattues de manière pertinente.

Au vu de la situation actuelle, cette discussion ne souffre aucun délai. La perte de pouvoir des Etats nations en faveur d’institutions internationales qui sont soustraites au contrôle et à l’influence de l’opinion pu­blique et dans les griffes de la haute finance et du pouvoir des multinationales, met en danger les principaux acquis de l’Europe: la reconnaissance de l’égalité de tous les hommes dont découle l’égalité devant la loi, l’Etat de droit, la situation des individus en tant que citoyens égaux en droit et la démocratie. L’Etat de droit libéral et démocratique incarne l’idée inscrite dans le droit que tout individu, en tant qu’être humain, doit pouvoir participer directement à l’organisation de ses conditions de vie la­quelle n’a pas lieu dans un nirvana philosophique mais sur une base éthique et morale orientée vers le bien commun et le bien de l’individu. Le démantèlement des struc­tures exi­stantes des Etats nations, garants de la citoyenneté de l’individu et de ses possibilités d’influ­ence sur la politique de l’Etat, réduit l’influ­ence, règlementée par l’Etat, des citoyennes et des citoyens au profit des intérêts d’une partie de l’économie qui ne peut jamais défendre les besoins économiques des hommes. L’at­taque contre l’Etat nation fait partie d’une stratégie de suprématie mon­diale dont la réalisation est en œuvre.

Naturellement la Suisse, avec sa forme élaborée de participation et d’influence démocratique – la démocratie directe –, gêne ces planificateurs et leurs complices. Mais pour beaucoup d’autres, les citoyennes et les citoyens, elle est aussi un exemple de ce que n’est pas une puissance mondiale, mais une authentique démocratie, c’est-à-dire une structure édifiée de bas en haut qui garantit réellement la liberté et le bien-être pour tous. De ce point de vue, la question des fondements essentiels de la Suisse se pose naturellement dans d’autres pays, sous des formes qui leur sont propres: «Allons-nous, demande Jürgen Elsässer, continuer de vivre comme des provinces sous la tutelle d’un empire, dans la privation de droits, la guerre et la pauvreté, ou bien allons-nous revenir vers la démocratie et l’Etat nation, dont la Confédération est un exemple ? »

Erika Vögeli, pour Horizons et Débats

Sur le même sujet, lire également La Suisse, modèle efficace

 

Source : http://www.mecanopolis.org/?p=15875

03/04/2010

ASSEZ DE CES ZINZINS RUINEUX !

Le Forum Humanitaire Mondial, vous connaissez ? De toute façon, inutile de faire sa connaissance à présent, il se casse la figure. En coûtant au passage une coquette somme au contribuable suisse.

 

Oyez plutôt les mésaventures d’un de ces multiples machins pseudo internationaux qui servent surtout à recycler les ex-responsables de tout et de rien auxquels le système trouve toujours un point de chute confortable au détriment de l’argent public. Et pendant ce temps-là, on continue de crever tranquillement de faim en pas mal d’endroits du globe …. Mais ça, ce n’est pas un « humanitaire » médiatique.

(article paru dans Le Temps de Genève)

 

keyimg20070917_8225420_0.jpg« Kofi Annan: «Nous croyions en notre mission»

"Surendetté, le Forum humanitaire mondial lancé en 2007 a été officiellement enterré mercredi. Rencontre avec son président du conseil d’administration et ancien secrétaire général des Nations unies

Lancé en grande pompe par la Confédération en septembre 2007, le Forum humanitaire mondial (FHM) a annoncé mercredi qu’il cessait ses activités (LT du 1.04.2010). Endettée à hauteur de 1,5 million de francs, la fondation n’a pas réussi à renflouer ses caisses. On l’a dite mal définie, mal gérée et trop dispendieuse. Berne a accepté de prendre à sa charge la moitié des créances et le million nécessaire au paiement des salaires et cotisations sociales durant le préavis de licenciement des douze salariés. Le banquier Ivan Pictet, trésorier du FHM, apporte les 750000 francs restants. Le point avec Kofi Annan, président du conseil d’administration du Forum.

 

Le Temps: Comment vous sentez-vous au lendemain de la fermeture du Forum humanitaire?

 

Kofi Annan: Déçu. Je suis déçu que l’on ait dû cesser des activités et des projets merveilleux, portés par des jeunes gens extrêmement motivés. Il était primordial d’amener la question climatique dans l’agenda politique international, nous l’avons fait. Le changement climatique a un impact aujour­d’hui sur les populations, ce n’est pas un problème d’avenir, c’est tout à fait actuel. Notre campagne Tck Tck Tck pour la justice climatique a d’ailleurs mobilisé 15 millions de personnes. Nous croyions en notre mission, mais des problèmes financiers et un manque de soutien ont malheureusement stoppé notre course.

 

– Les soucis budgétaires ont-ils été la principale cause de la faillite?

 

– Des questions de management se sont également posées, certaines erreurs auraient pu être évitées. Nous, membres du Conseil d’administration, aurions pu corriger la situation si nous avions été avertis plus tôt de l’ampleur des problèmes. En juin 2009, nous avons demandé à la direction de réaligner les activités et les dépenses, nous souhaitions aussi une plus grande transparence, mais il était déjà trop tard. Walter Fust, le directeur, n’a pas obtenu de la Confédération la garantie d’emprunt nécessaire, et la situation a continué à s’aggraver.

 

– Avez-vous vraiment tout fait pour sauver le FHM et trouver des fonds? Les pays partenaires, par exemple, n’ont pas été contactés ces dernières semaines pour une aide subsidiaire.

 

– C’est une partie du problème. Nous avons approché nombre de donateurs potentiels, publics et privés. Mais, à partir du moment où le fondateur du Forum, à savoir le gouvernement suisse, décide d’éponger la dette à condition que l’organisation ferme ses portes, il est difficile d’aller demander de l’argent à d’autres pays. Les Etats préfèrent évidemment payer pour des programmes que pour des dettes.

 

– Vous semblez amer…

 

– Non, je ne suis pas amer, je suis déçu. Les discussions avec le Conseil fédéral ont duré des semaines sans avancer. C’est Ivan Pictet qui a débloqué la situation en offrant de prendre à sa charge une partie des créances. Berne a alors suivi. Monsieur Pictet a été soucieux de l’image de la Suisse, de celle de la Genève internationale et de la réputation des membres du conseil de fondation, nous l’en remercions.

 

– Walter Fust pointe essentiellement la crise comme responsable de la faillite. Un facteur aggravant?

 

– Oui, nous sommes mal tombés. Le Forum a été lancé en 2007, et la crise est survenue peu après. Plusieurs pays et sociétés privées, dès lors, ont fait des promesses de soutien qu’ils n’ont pas tenues.

 

– D’autres reprochent au Forum une absence de définition claire.

 

– Le mandat était bien défini, notre objectif étant de mettre en relation des gens qui ne se parlent pas habituellement – gouvernements, entreprises, ONG, chercheurs, militaires – et d’amener ces acteurs à œuvrer ensemble dans le domaine humanitaire. Nous avons axé nos programmes sur les populations face au changement climatique, la justice climatique, les réfugiés de l’environnement et la protection des communautés vulnérables.

 

– Que vont devenir les projets du Forum?

 

– Le World Economic Forum a évoqué mercredi sa volonté de reprendre les grands thèmes du Forum humanitaire mondial dans son programme. Nous sommes en discussion avec des organisations existantes concernant la poursuite de notre projet «Weather info for all» [ndlr: l’utilisation d’antennes téléphoniques en Afrique comme stations météo afin d’informer les populations les plus vulnérables des intempéries à venir]. Tout le monde a travaillé dur; le personnel est déçu, le conseil également. En réalité, nous sommes déçus de la base au sommet, mais c’est la vie. »

 

 

 

Source : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/46880d04-3e97-11df-a7d5-4183619f187d|0