31.12.2007
IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (32)
ROSALIA ZALKIND, dite ROSALIA ZEMLIACHKA
Sous ce doux prénom de Rosalia se cache une véritable harpie bolchevique qui n’avait strictement rien à envier à ses homologues masculins et qui saura démontrer l’étendue de ses talents durant la Grande Terreur.
Rosalia Zalkind naît en 1876 dans une famille de commerçants juifs de Kiev, en Ukraine. Elle y fréquente l’université et s’initie rapidement, au contact de ses frères, aux idées révolutionnaires. Elle est d’abord membre de la Narodnaya Volya (la Volonté du Peuple), mais se tourne vers le marxisme dès 1896. Elle n’a que vingt ans et déjà quelques séjours en prison derrière elle.
Parmi ses amis se trouve un certain Léon Trotski qui lui fait rencontrer Lénine en 1903 - l’année où les bolcheviques se séparent des mencheviques - et l’introduit au comité du parti de Saint-Pétersbourg. Sous le nom de guerre désormais de Zemliachka, elle participe avec ardeur à la révolution de 1905, qui échoue. Elle fera le coup de feu sur les barricades et découvrira à cette occasion que la violence, ça lui plaît.
En février 1917, elle participe à nouveau à la révolution en sa qualité de secrétaire du comité des bolcheviques de Moscou. En 1918, elle est volontaire pour monter au front contre les « blancs ». La voilà donc enrôlée dans l’Armée Rouge, qui ne recrutait pas spécialement les femmes, mais ne refusait pas celles qui se présentaient.
Elle est désormais à son affaire, nommée officier politique en chef de la 8ème armée en Ukraine. Que s’y passe-t-il ? Difficile de le savoir vraiment. Toujours est-il qu’elle est déplacée en avril 1919, après que le moral de la 8ème armée soit tombé bien bas. Elle est à présent affectée à la 13ème armée où elle fait un esclandre mémorable dès son arrivée.
Elle va être chargée de « nettoyer » la Crimée en 1920 après la défaite des blancs et pour ce faire, prendra la relève de Bela Kun qui avait lui-même opéré dans la même région l’année précédente. Zemliachka va procéder à des massacres de masse de tous les « ennemis du peuple » qui auront le malheur de tomber entre ses mains et sera récompensée des éminents services ainsi rendus à la révolution par l’Ordre du Drapeau Rouge, qui lui sera décerné en 1922.
Après la guerre civile, elle est en poste dans l’Oural, mais surveille de près l’ascension de Staline qu’elle seconde de son mieux dans des postes liés à la « sécurité » et à la discipline du parti. Travaillant étroitement avec le NKVD, elle traversera toutes les purges sans y laisser la moindre plume, recevant même en 1936, pour son zèle militant, la plus haute distinction d’URSS, à savoir l’Ordre de Lénine. L’année suivante, en 1937, elle est admise au Soviet Suprême.
Et ce n’est pas fini. Cette bolchevique de la première heure, amie de Trotski et de Lénine, sera nommée commissaire du peuple à l’économie en 1939 ! Devenant ainsi la femme la plus haut placée d’Union soviétique. Durant la guerre, elle reviendra à ses premières amours - militaires - aidant à organiser la défense de Moscou.
Elle mourra en 1947, toujours aussi stalinolâtre, et en sera bien récompensée. Ses cendres sont en effet enterrées dans la nécropole du Mur du Kremlin. Un honneur réservé aux meilleurs.
08:50 Publié dans IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : licra, anne, kling, rosalia, zalkind, zemliachka, staline
04.12.2007
IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (23)
LES VOISINS
MATYAS ROSENFELD, dit MATYAS RAKOSI
Restons encore un peu en Hongrie où nous allons faire la connaissance (ou la redécouverte) d’un autre bon élève de la fine équipe qui prétendit – excusez du peu – répandre la révolution bolchevique sur la planète entière. Car c’était ça l’objectif au départ, ne l’oublions pas. La mondialisation était déjà à l’ordre du jour.
Matyas Rosenfeld, qui prendra plus tard le nom de Rakosi, naît en 1892 dans une famille juive de Serbie, qui faisait alors partie de l’empire austro-hongrois. Comme les autres déjà vus – Kun, Szamuely, Pogany - il est fait prisonnier en Russie durant la 1ère guerre mondiale et en profite pour devenir communiste. Il participera donc tout naturellement, comme les autres aussi, au gouvernement de Bela Kun, en 1919, où il occupe le poste de commissaire du peuple au commerce. Mais nous avons vu que ce genre de poste était précaire dans un gouvernement qui l’était plus encore. Le 1er août 1919, rideau. Tout le monde s’enfuit et Rakosi retourne en Union soviétique.
Nous le retrouverons secrétaire général du parti communiste hongrois en 1945, au sortir de la guerre. Qu’a-t-il fait entre-temps ? Eh bien, un certain nombre d’allers et retours entre l’URSS et la Hongrie. Il retournera notamment en Hongrie en 1924 où il se fera arrêter et emprisonner. Il est échangé en 1940 contre des drapeaux hongrois qui avaient été volés par les Russes. En Union soviétique, il devient chef du Komintern.
A l’issue de la guerre, en 1945, il rentre en Hongrie avec l’Armée Rouge. Les communistes ont gagné, la Hongrie voit s’installer une dictature dont il devient le chef. En 1948, les sociaux-démocrates qui existaient encore dans le pays sont contraints par les communistes de les rejoindre pour former le parti hongrois des travailleurs. Dorénavant, Rakosi aura les coudées complètement franches et la terreur d’Etat va peser de tout son poids.
Admirateur frénétique de Staline, il se considérait lui-même comme son « meilleur élève» ou son « meilleur disciple », cela dépendait des jours. En tout cas, il profitera bien des leçons administrées par son mentor et tâchera de l’imiter en tout. Il saura y ajouter de petits raffinements bien à lui. Il avait ainsi inventé, et il était très fier de sa trouvaille, la « tactique du salami ». Du salami hongrois, sûrement. Bref, comme vous ne l’auriez sûrement pas deviné, cette aimable tactique consistait, non pas à découper délicatement ses ennemis en rondelles – on reste humains, quand même ! – mais cependant à les éliminer par tranches successives.
Il s’y emploiera avec beaucoup d’efficacité et tout comme Staline, son grand homme, il offrira aux Hongrois, avec l’aide de sa police secrète : arrestations arbitraires, emprisonnements, assassinats, purges, procès préfabriqués, etc. Oui, tout, vraiment. Un excellent disciple. Avec ça, il ne détestait pas un léger culte de la personnalité, pas trop léger cependant.

La Hongrie était donc devenue un pays parfaitement totalitaire sous le règne de Rakosi. Il s’offrit également en 1952 le poste de premier ministre. Mais hélas, en matière économique, il était moins brillant que dans le remplissage des prisons ou des cimetières. Vous me rétorquerez qu’il avait pourtant été commissaire au commerce sous Bela Kun. Et alors ? Quel rapport ? Le gouvernement avait imposé avec brutalité la collectivisation de l’agriculture et accordé la priorité à l’industrie lourde. Tout manquait, le mécontentement populaire ne cessait de croître. La révolution se profilait et les opposants étaient exécutés par milliers.
La mort de Staline, en 1953, va marquer le déclin de ce stalinolâtre. Sous bien des aspects, il devenait urgent de se débarrasser politiquement de lui. Sous la pression de Moscou, il doit céder dans un premier temps, dès 1953, le poste de premier ministre à Imre Nagy, qu’il ne cessera dès lors de persécuter. Il en fera le bouc-émissaire idéal de la faillite économique.
Il devra ensuite abandonner son poste de dirigeant du PC hongrois en juin 1956. Dans la foulée, il est « invité » en Union soviétique pour « se soigner ». Les temps avaient un peu changé, il ne sera pas soigné définitivement, mais contraint de demeurer au… Kirgiz, en Asie centrale. Il y restera jusqu’à sa mort, en 1971.
L’insurrection de Budapest eut lieu en octobre 1956, peu après son départ. Elle sera matée dans le sang par les soviétiques.
10:45 Publié dans IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : licra, anne, kling, matyas, rakosi, hongrie, staline
12.11.2007
IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (13)
Tous les hommes, ou femmes, dont il est question ici, quel que soit le poste occupé, ont été complices du régime qu’ils ont créé et servi. Les malheurs qui ont pu leur arriver suite à la prise de pouvoir de Staline furent occasionnés, non par une dénonciation des crimes du régime survenus DES LE DEBUT, mais uniquement par des luttes intestines de pouvoir.
YENOCH GERSHONOVITCH IEGUDA, dit GENRIKH IAGODA
Voilà un personnage particulièrement sympathique, qui mériterait que l’on se penche avec beaucoup d’attention et de précision sur ses activités. Mais force est de reconnaître qu’à l’heure actuelle, la littérature à son sujet est infiniment plus mince que celle qui fleurit sur ses homologues nationaux-socialistes. Et pourtant ….
Iagoda naît en 1891 dans une famille juive de Lodz, en Pologne, qui fait alors partie de l’empire tsariste. Il rejoint les bolcheviques en 1907 et après la révolution d’octobre, intègre la tchéka.
Cette police secrète chargée des basses œuvres du régime – et il y aura amplement de quoi s’occuper – est créée le 20 décembre 1917 par un décret signé de Lénine. A partir de cette date, elle va agir en dehors de toute légalité, ne répondant de ses actes que devant le gouvernement. Elle sera dirigée dans un premier temps par Félix Dzerzhinsky, qui mourra en 1926 d’une attaque cardiaque.
Iagoda grimpe vite les échelons à l’intérieur de la tchéka et il seconde avec zèle Dzerzhinsky dès septembre 1923. Il a alors 32 ans. A la mort de celui-ci, en 1926, il secondera avec autant d’efficacité le nouveau patron, Vyacheslav Menzhinsky.
Ce dernier ne tarde pas à tomber gravement malade, circonstance qui permet à Iagoda de contrôler en fait la police secrète dès la fin des années 20. La tchéka sera « remplacée » en 1922 par la GPU – Guépéou – qui sera à son tout remplacée par le NKVD en 1934. Mais si les appellations changent, les méthodes ne s’adoucissent pas pour autant. Elles vont même se sophistiquer et atteindre des raffinements dans la torture assez hallucinants. Les activités de ces polices secrètes, encore un sujet d’étude à creuser. A condition d’avoir le coeur bien accroché.
Il y avait même au sein de la tchéka bon nombre de volontaires chinois venus pour apprendre certaines « méthodes révolutionnaires » et qui, en retour, enseigneront à leurs distingués collègues quelques subtilités inconnues jusque là sous leurs cieux.
Chef de la police secrète, Iagoda participera à toutes les campagnes de terreur menées par le pouvoir et en particulier à la collectivisation forcée des campagnes et à la « dékoulakisation », déportation en masse de tous les paysans prétendument aisés, les koulaks. En février 1930, il remarque ainsi au bas d’un rapport : « Les régions nord-est et Léningrad n’ont pas compris nos consignes ou bien ne veulent pas les comprendre ; il faut les obliger à comprendre. Nous ne sommes pas en train de nettoyer les territoires de popes, commerçants et autres. S’ils disent « autres », cela veut dire qu’ils ne savent pas qui ils arrêtent. On aura tout notre temps pour se débarrasser des popes et des commerçants, il faut aujourd’hui frapper précisément la cible : les koulaks et les koulaks contre-révolutionnaires ».
A partir de 1930, il aura également la responsabilité de l’organisme chargé de gérer les « camps de travail forcé » d’URSS, le fameux Goulag. Et il sévira également durant l’horrible famine organisée par le pouvoir en 1932-33.
Iagoda est un proche de Staline qui le nomme en 1934 – c’est le sommet de sa carrière – commissaire du peuple aux affaires intérieures (NKVD), où il dirige police secrète et police officielle. Staline compte sur lui pour mettre en scène les grandes purges et les procès qui se préparent. Cela fonctionnera bien jusqu’en 1936 car Iagoda donne tout d’abord satisfaction à son maître lors du 1er procès de Moscou, qui verra l’exécution de Zinoviev et Kamenev.
Mais les choses ne tardent pas à se gâter pour lui. En septembre 1936, Staline adresse un télégramme comminatoire au Bureau politique, ainsi rédigé: « Il est absolument nécessaire et urgent que le camarade Iejov soit désigné au poste de commissaire du peuple à l’Intérieur. Iagoda ne s’est manifestement pas montré à la hauteur de sa tâche pour démasquer le bloc trotskiste-zinoviéviste. La Guépéou a quatre ans de retard dans cette affaire ».
Le voilà donc remplacé par son ex-adjoint, Nikolai Yezhov, autre sinistre personnage, qui supervisera à sa place les grandes purges de 1937-38. En mars 1937, Iagoda est arrêté sous l’accusation de trahison et de complot contre l’Etat. Il sera exécuté le 15 mars 1938 à Moscou.
Je vous suggère de relire l’article du journaliste israélien Sever Plocker, Les juifs de Staline, dont j’avais donné la traduction sur ce blog le 3 mars. A propos de Iagoda, il écrivait ceci :
« (…) Un étudiant israélien termine le lycée sans avoir jamais entendu prononcer le nom de Genrikh Yagoda, le plus grand meurtrier juif du XXe siècle, chef adjoint de la GPU et fondateur-dirigeant du NKVD. Yagoda a consciencieusement exécuté les ordres de Staline pendant la collectivisation, et est responsable de la mort d’environ 10 millions de personnes. Ses employés juifs ont mis en place et géré le système des goulags. Après être tombé en disgrâce auprès de Staline, Yagoda fut dégradé et exécuté, puis remplacé en tant que chef des bourreaux, en 1936, par Yezhov, le « nain sanguinaire ».
14:30 Publié dans IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : licra, anne, kling, iagoda, staline, tchéka, guépéou
10.11.2007
PROPAGANDE .... ET REALITE D'UN REGIME ASSASSIN
VOILA CE QU'IL ETAIT DONNE A VOIR:

..... ET VOILA CE QU'IL EN ETAIT EN REALITE ....(HOLODOMOR - UKRAINE, 1932)


07:05 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : licra, anne, kling, holodomor, staline, genocide
07.11.2007
IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (10)
LAZAR MOÏSSEÏEVITCH KAGANOVITCH
Ce très proche collaborateur et adorateur servile de Staline est né en 1893 et, tenez-vous bien, est mort de sa belle mort le 25 juillet….1991. A l’âge canonique de 98 ans ! Après la chute du rideau de fer ! En voilà un de plus en tout cas à avoir échappé à la « fureur antisémite » du maître du Kremlin. Un personnage particulièrement sympathique, comme nous allons le voir. Mais n’anticipons pas cette épopée et commençons par le début.
Kaganovitch naît dans une famille juive d’Ukraine et débute dans la vie comme apprenti cordonnier. Il adhère au bolchevisme en 1911 et se bat dans l’Armée Rouge durant la guerre civile. En 1920, il est envoyé en Asie centrale, dans le Turkestan.
Contrairement à ses collègues qui l’ont précédé dans cette série, Kaganovitch commence donc sa carrière plutôt petitement. Mais une fois parti, il ne s’arrêtera plus.
Stalinolâtre dès le tout début, il en sera bien récompensé puisqu’il intègre le Comité central du Parti en 1924 et est promu 1er secrétaire du Parti d’Ukraine de 1925 à 1928. Il va s’illustrer une première fois durant cette triste période en soutenant à fond la collectivisation forcée des campagnes, véritable guerre déclarée par le pouvoir aux paysans, et en éliminant sans états d’âme tous les opposants et autres « éléments parasitaires et antisociaux ». Et ils sont nombreux.
Son zèle sera reconnu à sa juste valeur : il est élu en 1930 au Politburo, où il restera jusqu’en 1957, date du début de la déstalinisation. Une longévité absolument remarquable.
De 1930 à 1935, le voilà 1er secrétaire à Moscou. Comme l’indique pudiquement Wikipédia, « Durant les années 1930, Kaganovitch participe avec zèle et sans état d'âme à la mise en œuvre des réformes économiques et sociales de Staline, notamment la collectivisation de l'agriculture et l'industrialisation aussi rapide que violente de l'URSS, ainsi qu'aux purges politiques. »
Derrière cette phraséologie lisse, se cache un épisode particulièrement abject d’une carrière pourtant bien remplie à cet égard. Kaganovitch jouera en effet un rôle de premier plan lors de l’Holodomor, la famine orchestrée par le pouvoir, qui fit au bas mot six millions de victimes, dont deux millions d’enfants. Le plan de collecte totalement irréaliste prévu par le gouvernement des soviets n’ayant pas été rempli, et pour cause, Kaganovitch et Molotov sont envoyés en octobre 1932 dans le Caucase du nord et en Ukraine afin d’ « accélérer les collectes » et d’ empêcher à tout prix les paysans de fuir vers les villes.

Le 2 novembre 1932 – il y a tout juste 75 ans – la commission présidée par Kaganovitch, envoyée dans le Caucase du nord, adoptera la résolution suivante : « A la suite de l’échec particulièrement honteux du plan de collecte des céréales, obliger les organisations locales du Parti à casser le sabotage organisé par les éléments koulaks contre-révolutionnaires, anéantir la résistance des communistes ruraux et des présidents de kolkhoze qui ont pris la tête de ce sabotage ». A partir de ce moment-là, les opérations « anti-sabotage » vont aller bon train et les victimes se compteront par dizaines de milliers. Sans compter les déportations de villages entiers. Un certain Nikita Khrouchtchev s’illustrera d’ailleurs également par sa férocité durant cette sombre période, en Ukraine. Il a été calculé qu’au plus fort de la famine, jusqu’à 33 000 personnes mourraient de faim chaque jour dans cette région.
Durant la Grande Terreur et ses purges, dans les années 1936-39, Kaganovitch continuera à seconder efficacement son maître. Sa signature apparaît au bas de 191 listes de condamnés, en général à mort. Il se rendra d’ailleurs personnellement en 1937 purger le Donbass, Tchéliabinsk, Iaroslav, Ivanovo, Smolensk. Résultat : il monte encore en grade et devient en 1938 vice-président du Conseil des commissaires du peuple - soit n°2 du pays -, poste qu’il réussira à conserver jusqu’en 1957.
Pendant la guerre, il est membre du Comité d’Etat à la Défense et obtient même en 1943 la distinction rare de Héros du travail socialiste. Il est, le 5 mars 1940, l'un des responsables soviétiques qui contresignent l'ordre d'exécution par le NKVD de 25 700 officiers polonais faits prisonniers par l'Armée Rouge. Ils seront abattus à Katyn et cette tuerie sera, lors du procès de Nuremberg, portée sur la facture payée par les nazis.
Après la guerre, il continue à faire partie du 1er cercle du pouvoir et cumule nouveaux postes et nouveaux honneurs, puisqu’il intègre le Présidium en 1952. Jamais il ne s’opposera aux campagnes « antisémites » de Staline, qu’il soutiendra, bien au contraire.
Il réussira même le tour de force de conserver son influence après la mort inopinée de Staline en 1953, puisqu’il devient ministre du Travail et des Salaires en 1955-56. Il contribue à la montée en puissance d’une vieille connaissance du temps de l’Ukraine, Nikita Khrouchtchev, mais n’en sera pas vraiment récompensé. Ce dernier, qui cherche à se débarrasser de souvenirs gênants, et de témoins embarrassants de la période stalinienne – à laquelle il a pourtant largement contribué – le démet de ses fonctions gouvernementales en 1957.
Mais, heureusement pour lui, les temps ont (un peu) changé. Il n’est donc pas liquidé et ne sera finalement exclu du Parti qu’en 1964.
Il lui reste près de trente ans à vivre, avec ses souvenirs et sans jamais avoir été inquiété pour ses activités criminelles qui en font pourtant l’équivalent d’un Adolf Eichman. L’un comme l’autre zélés, dévoués à la cause et sans états d’âme superflus.
Mais voyez comme c’est étrange : l’un a été justement puni, l’autre est mort dans son lit, médaillé de l’Ordre de l’Union soviétique.
07:50 Publié dans IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : licra, anne, kling, kaganovitch, holodomor, staline
05.11.2007
IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (9)
Tous les hommes, ou femmes, dont il est question ici, quel que soit le poste occupé, ont été complices du régime qu’ils ont créé et servi. Les malheurs qui ont pu leur arriver suite à la prise de pouvoir de Staline furent occasionnés, non par une dénonciation des crimes du régime survenus DES LE DEBUT, mais uniquement par des luttes intestines de pouvoir.
MEIR HENOCH MOJSZEWICZ WALLACH-FINKELSTEIN, dit MAXIM LITVINOV
Il naît en 1876 dans une famille de banquiers juifs à Bialystok, dans le nord de la Pologne.
Il rejoint, dès sa création en 1898, le parti « socialiste révolutionnaire » de Russie - qui se scindera ensuite en deux factions, les bolcheviks et les mencheviks – et commence sa carrière d’agitateur en faisant de la propagande en Ukraine.
Après certaines péripéties (on s’échappait plus facilement des prisons du tsar que plus tard du goulag), il s’exile en Suisse et y travaille au journal révolutionnaire Iskra (L’Etincelle). De 1906 à 1916, il vit à Londres où il déploie une grande activité comme secrétaire du groupe bolchevique de la capitale britannique. Il y rencontre l’amour sous les traits d’Ivy Lowe, fille d’une grande famille juive d’Angleterre émigrée de Hongrie à la suite de l’échec de la révolution de 1848. Eh oui, les révolutions, ça ne marche pas à tous les coups …
Cette expérience anglaise lui sera en tout cas profitable car la révolution d’octobre à peine achevée, Lénine lui confie la tâche de représenter les soviets en Angleterre. Il sera cependant arrêté par les autorités britanniques en 1918 et gardé en otage afin de servir d’échange avec Robert Lockhart, agent secret accusé par les bolcheviks de complot contre l’Etat. [Ouvrons ici une parenthèse pour signaler que ce personnage, né en 1887 et mort en 1970, eut une vie étonnante qui mérite vraiment d’être connue. Ecossais pur sucre, il clamait notamment à qui voulait l’entendre sa fierté de n’avoir aucune goutte de sang anglais dans les veines : « There is no drop of English blood in my veins ». Cela ne vous rappelle rien ?]
Ce regrettable incident vite oublié, Litvinov entame une grande carrière de diplomate. Vice-commissaire du peuple aux affaires étrangères, il sera le principal représentant des soviets en Europe occidentale, persuadant notamment les Britanniques de mettre fin au blocus contre le gouvernement bolchevique et négociant un certain nombre d’accords commerciaux avec les pays européens.
Egalement fort actif dans son pays, c’est lui qui en 1929 conclura le Litvinov’s Pact, accord de non-belligérance entre Union soviétique, Pologne, Roumanie, Lettonie et Estonie.
Son antisémitisme supposé n’empêchera pas Staline de le nommer commissaire du peuple aux affaires étrangères en 1930. A ce titre, il parviendra en 1933 à persuader les Etats-Unis de Franklin Roosevelt de reconnaître officiellement le gouvernement des soviets.
C’est cette année-là que se déroule, essentiellement en Ukraine, l’horrible tragédie aujourd’hui appelée Holodomor. Entre 1932 et 1933, six millions de personnes au bas mot, dont deux millions d’enfants, seront victimes de cette famine sciemment organisée par le pouvoir pour briser la résistance des masses paysannes. Maxim Litvinov est parfaitement au courant de ce gigantesque crime contre l’humanité. Il est interviewé à ce propos à Moscou par Gareth Jones, le journaliste qui révélera ce forfait au monde occidental. Comme souvent en pareil cas, des intérêts bien plus puissants vont se dresser contre une vérité dérangeante et les révélations de Gareth Jones seront fort mal reçues, y compris par la presse occidentale et américaine. Maxim Litvinov en particulier adressera une lettre personnelle à Lloyd George pour l’informer qu’en raison de ses allégations, M. Jones est désormais indésirable dans le paradis soviétique.
Litvinov représentera ensuite son pays – qu’il avait réussi à y faire admettre - à la Société des Nations, ancêtre de l’ONU, de 1934 à 1938. Il sera encore présent lors des Accords de Munich en septembre 1938, mais plus à la signature du pacte germano-soviétique de mai 1939. En raison de ses origines juives, Staline le remplacera pour ces négociations par Molotov, qui devient le nouveau ministre des affaires étrangères.
Il n’est cependant pas en disgrâce auprès du tout-puissant maître du Kremlin qui lui octroie un poste de vice-commissaire du peuple et le nomme ambassadeur aux Etats-Unis en 1941, fonction qu’il occupera jusqu’en 1943.
Au terme d’une carrière bien remplie et n’ayant finalement pas trop souffert de l’antisémitisme, Litvinov mourra dans son lit – une rareté – le 31 décembre 1951.
13:55 Publié dans IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : licra, anne, kling, maxim, litvinov, holodomor, staline
03.03.2007
LES JUIFS DE STALINE
Un article du journaliste politique Sever Plocker, paru fin décembre 2006 sur le site www.ynetnews.com a fait couler beaucoup d’encre. Il figure ci-après, en traduction. Sever Plocker, qui travaille pour le journal hébreu Yediot Ahronot, a déchaîné à la suite de son article un torrent de commentaires qui valent le détour. A 95%, environ, il se fait couvrir, bien que juif lui-même, d’un tombereau d’insultes diverses et variées, qui s’étendent également au site, menacé de représailles, allant jusqu’au retrait de toute publicité! Pour les 5 % restants, environ, il est félicité d’avoir courageusement brisé le silence. En tout cas, il n’a pas laissé indifférent…
A vous de juger, à présent :
"Les Juifs de Staline Nous ne devons pas oublier que quelques uns des pires meurtriers des temps modernes étaient Juifs
Il s’agit d’un événement historique particulièrement souvent passé sous silence : il y a environ 90 ans, entre le 19 et le 20 décembre 1917, au cœur de la révolution bolchevique et de la guerre civile, Lénine signa un décret créant la Commission Panrusse pour la Répression de la Contre-révolution et du Sabotage, plus connue sous le nom de Tchéka.
En peu de temps, la Tchéka devint l’organisation de sécurité d’Etat la plus importante et la plus répressive. Son organisation et sa structure évoluèrent régulièrement, tout comme son nom : de Tchéka à GPU, puis à NKVD, et plus tard à KGB.
Il est impossible de connaître avec certitude le nombre de morts dont la Tchéka fut responsable d’une manière ou d’une autre, mais il s’évalue probablement autour de 20 millions, incluant les victimes de la collectivisation forcée, des famines, des purges, des expulsions, des déportations, des exécutions et des tueries de masses dans les goulags.
Des pans entiers de la population furent éliminés: fermiers indépendants, minorités ethniques, membres de la bourgeoisie, officiers supérieurs, intellectuels, artistes, militants syndicalistes, « membres de l’opposition » à la définition très aléatoire, et un nombre incalculable de membres du parti communiste lui-même.
Dans son dernier livre, qui recueille beaucoup de suffrages, The War of the World, l’historien Niall Ferguson écrit qu’aucune autre révolution dans l’histoire de l’humanité n’a dévoré ses enfants avec le même appétit insatiable que la révolution soviétique. De même, le Dr. Igal Halfin, de l’université de Tel Aviv, indique dans son livre sur les purges staliniennes que la violence y fut unique en ce qu’elle fut dirigée vers l’intérieur.
Mais Lénine, Staline, et leurs successeurs n’auraient pas pu mener à bien leurs objectifs sans une large coopération de la part d’”officiers de la terreur” disciplinés : enquêteurs cruels, mouchards, bourreaux, gardiens, juges, pervers, et de beaucoup d’idéalistes membres de l’aile gauche progressiste, abusés par le régime soviétique de terreur au point de lui décerner un certificat casher.
Tous ces faits sont bien connus, à des degrés différents, même si les archives de l’ancienne Union soviétique n’ont pas été entièrement ouvertes au public. Mais qui est au courant de ce qui suit ? En Russie même, très peu de personnes ont été déférées devant la justice pour leurs crimes commis sous les ordres du NKVD ou du KGB. Aujourd’hui, le discours public russe ignore totalement la question du « Comment cela a-t-il pu nous arriver, à nous ? ». Contrairement aux nations d’Europe de l’Est, les Russes n’ont pas réglé leurs comptes avec leur passé stalinien.
Et nous, les Juifs?
16:00 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : france, licratisee, anne, kling, licra, staline, communisme



