Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

01/11/2007

IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (7)

Tous les hommes, ou femmes, dont il est question ici, quel que soit le poste occupé, ont été complices du régime qu’ils ont créé et servi. Les malheurs qui ont pu leur arriver suite à la prise de pouvoir de Staline furent occasionnés, non par une dénonciation des crimes du régime survenus DES LE DEBUT, mais uniquement par des luttes intestines de pouvoir.

GRIGORY GIRSH YANKELEVICH BRILLIANT dit SOKOLNIKOV

d3bbdba0f916b76a3bccd15638308a44.jpgIl naît dans une famille juive d’Ukraine en 1888 et rejoint les bolcheviques dès 1905, à l’âge de 17 ans. Il partira ensuite pour la France et fera ses études à la Sorbonne dont il sortira diplômé en droit et en économie. Ce qui m’amène à faire la même réflexion que précédemment, pour Ouritsky. Même juif, dans l’empire tsariste, on pouvait donc voyager et apparemment avoir les moyens de faire ses études à l’étranger. Etonnant pour un pays aussi furieusement antisémite…

Bref, il rentre en Russie avec Lénine en 1917, dans le fameux train qui amènera tous les bacilles de la peste à pied d’œuvre. Il est élu membre du Comité central du Parti, puis du Politburo dès sa création.

Preuve de son importance au sein de l’appareil révolutionnaire, c’est lui qui signe pour la toute nouvelle république bolchevique le traité de Brest-Litovsk, mettant fin à la guerre contre l’Allemagne, en mars1918.

A partir de la mi-1918, on le retrouve dans plusieurs conseils militaires révolutionnaires de divers régiments de l’Armée rouge, où il sera distingué par Trotsky. Il partira ensuite en mission au Turkestan, vaste région d’Asie centrale où il est chargé d’installer durablement le nouveau pouvoir. De fait, le Turkestan ne tardera pas à devenir l’une des républiques d’URSS.

De retour à Moscou en 1921, Lénine lui confie le poste sensible s’il en est, de commissaire du peuple aux finances, qu’il occupera jusqu’en 1926. C’est lui qui sera chargé de la difficile restructuration des systèmes financier, fiscal, etc, dans le contexte de la NEP, nouvelle politique économique décidée par le pouvoir. Il pourra donc utilement se servir de ses diplômes acquis à la Sorbonne. C’était déjà lui d’ailleurs, qui dès la révolution d’octobre, avait dirigé la nationalisation des banques.

En 1918, il avait écrit dans la Pravda un article intitulé Mauvaises finances, bonne révolution, dans lequel il soutenait que l’ordre ancien devait être balayé et que le chaos financier aiderait à cimenter la révolution. A présent, victorieux, il ne tarde pas à se rendre compte que de mauvaises finances font en réalité une bien mauvaise révolution.

C’est une fuite en avant qui commence, les bolcheviques imprimant pour donner le change des tonnes de roubles à tour de bras. En 1922, Sokolnikov informe le 10e Congrès des soviets que l’Etat n’a quasiment aucun revenu et que 98% de ce qui est dépensé a été imprimé en monnaie « fictive », sans aucune contrepartie économique.

Après la mort de Lénine, il est entraîné comme les autres dans de sombres luttes de pouvoir. Staline s’empressera de l’éloigner et lui confiera à cet effet la fonction d’ambassadeur des soviets à Londres, en 1929. Il sera ensuite rappelé au pays et, son étoile définitivement pâlie, fera partie de la charrette du 2e procès de Moscou, en 1937. Accusé de conspiration contre Staline, il est condamné à 10 ans d’emprisonnement.

Mais il ne les fera pas car il est assassiné par le NKVD dans sa prison, en mai 1939.