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13/05/2007

REPONSE A DEUX CORRESPONDANTS

Un commentaire intéressant concernant l’article d’hier relatif à la composition de la population juive, signé S. de La Pâture, enrichit encore le débat. Je vous invite à aller le consulter. On touche là un domaine éminemment sensible dans lequel je me garderai bien de prendre parti car j’avoue mon ignorance de la question. Mais les références données par Radwulf me donnent envie d’en savoir plus. 

 

medium_andrei_chkile_antisemite.jpgJe réponds également à la personne qui, il y a deux jours, m’envoyait une photo d’Andriy Shkil en me mettant au défi de la publier. Ce matin, il reconnaît sa surprise et m’en envoie une autre, pour le fun, dit-il,  car carrément non publiable. Alors franchement, je dois être bouchée, mais j’ai eu beau me triturer la cervelle, je n’ai pas réussi à voir en quoi elle serait davantage impubliable que l’autre.

Alors, « pour le fun » moi aussi, je vous la soumets et je propose par la même occasion qu’on en reste là avec Andriy Shkil et qu’on cesse l’escalade. Car, bon, il a beau être beau gosse, là il a carrément dépassé son quota…

En toute fraternelle inimitié.

11/05/2007

OU L’ON REPARLE DE PETLURA…ET D’ANDRIY SHKIL

Début mai, j’avais publié la biographie du nationaliste ukrainien Simon Petlura, qui fut assassiné par Samuel Schwartzbard à Paris en 1926, crime qui fut à l’origine de la création de la LICRA l’année suivante.

J’avais également publié le lendemain la réaction du député ukrainien Andriy Shkil à l'indignation manifestée par la LICRA lors de la commémoration du 80e anniversaire de cette mort à Paris. J’indiquais alors ceci : « Andriy Shkil est l’un des dirigeants de l’UNA-UNSO, mouvement nationaliste radical ukrainien. Je ne porte pas de jugement sur ce mouvement, mais j’estime utile d’apporter cette pierre à la réflexion sur un dossier loin d’être refermé ».

J’avais accompagné l’article d’une photo représentant Andriy Shkil à la tribune du parlement ukrainien. Un de mes honorables correspondants me met au défi de publier une photo moins soft de  « mon ami démocrate Andriy Shkil » qu’il a l’obligeance de me transmettre. La voici :

medium_shkil_una_unso.2.jpg

Finalement, cette photo est ce qu’elle est. Elle peut ne pas plaire, j’en conviens tout à fait, mais celle qui suit ne me plaît pas davantage, et elle a fait infiniment plus de dégâts :

medium_Symbole_communisme.2.jpg

02/05/2007

SIMON PETLURA: UNE MORT DECIDEMENT BIEN INTRIGANTE

Je vous parlais hier de réactions intéressantes et bien actuelles à la commémoration du 80e anniversaire de la mort du patriote ukrainien Simon Pétlura, l’an dernier à Paris. En réalité, que sont 80 années dans l’histoire des hommes ? Les plaies béantes alors ouvertes ne sont toujours pas cicatrisées, mais se pourrait-il que la vérité finisse par rattraper les menteurs ?

Voici donc, en réponse à la haute indignation manifestée par la LICRA lors de cette commémoration, la réaction qui fut alors celle d’Andriy Shkil, député ukrainien depuis 2002. Andriy Shkil est l’un des dirigeants de l’UNA-UNSO, mouvement nationaliste radical ukrainien. Je ne porte pas de jugement sur ce mouvement, mais j’estime utile d’apporter cette pierre à la réflexion sur un dossier loin d’être refermé:

medium_images.44.jpg« On le sait bien que, plus le mensonge est cynique, plus il ressemble à la vérité. Cette fameuse thèse constituait depuis longtemps la pierre angulaire de tout mécanisme de propagande sous les régimes totalitaires. C’est forcément elle qui a été utilisée avec succès par les agents soviétiques en France lors du procès dans l’affaire de l’assassinat d’un des fondateurs de l’Etat ukrainien, Simon Petlura. C’est bien cette thèse qui a transformé le procès contre l’assassin de Petlura en accusations adressées au Président de la RPU (République Populaire Ukrainienne) d’avoir organisé, à l’époque, les massacres juifs pendant la courte période de l’existence de la République Ukrainienne indépendante. En fait, ce n’était pas tant le procès contre Petlura, que contre les tentatives de l’Ukraine de ressusciter son indépendance. Même aujourd’hui certains opposants n’arrivent pas à se résigner à l’Ukraine libre. La LICRA - une organisation qui se qualifie comme celle qui défend les droits de l’homme, diffame l’Ukraine en utilisant pour cela les " arguments " qui viennent des outils traditionnels de l’idéologie soviétique sur l’antisémitisme de la nation ukrainienne comme un trait naturel de notre peuple.

Ayant lu l’article de M. Patrick Gaubert, président de la LICRA, j’ai eu le sentiment de revenir 30 ans en arrière dans l’Etat soviétique de Brejnev et Andropov. N’ayant jamais vu M. Gaubert mais ayant lu ses propos, j’ai perçu dans ses expressions la fameuse étiquette  "nationaliste ", aussitôt les visages sont apparus des bourreaux du KGB et des fonctionnaires du Parti communiste soviétique qui m’interrogeaient, ainsi que mes frères, dans la lutte pour l’indépendance de l’Ukraine. Ce n’est pas le mensonge du pouvoir qui était le plus ignoble à l’époque mais la politique bien ciblée visant à limiter aux gens l’accès à l’information alternative et les tentatives de la présenter sous un aspect favorable au Parti communiste soviétique. C’est pourquoi ma réplique n’est pas autant adressée à M. Gaubert, président de la LICRA, elle exprime plutôt le souhait d’attirer l’attention de ses compatriotes à qui il interdit d’avoir le droit à une autre vérité, sauf, bien entendu, la sienne, mais aussi le droit même au doute. Et ceci " grâce " à son habileté à restreindre ou altérer consciemment les informations historiques. Car à l’époque, le doute a été engendré par l’opinion libre et véritablement démocratique de la France qui contrastait avec les inculpations contre Petlura, ainsi qu’avec la position de la LICRA d’alors. " L’assassinat de Petlura - c’est une terreur bolcheviste en France " , écrivaient en 1926-1927 Le Figaro , Le Temps , L’Echo de Paris , L’Action Française , Le Gaulois , L’Avenir, L’Intransigeant , Paris Midi , Comedia , Le Journal et autres.

Est-il possible que M. le président pense tout comme les anciens fonctionnaires du Parti communiste soviétique que l’opinion publique de la France n’ait pas accès aux travaux scientifiques des chercheurs français contemporains et notamment de ceux qui sont d’origine juive ? Il s’agit, par exemple, de M. Léon Poliakov, Directeur de recherche honoraire au CNRS. Même pas un seul mot de son article, paru dans L’Information juive en octobre 1986, ne permet aux Français de mettre en doute ses dogmes sur l’antisémitisme de Petlura et de toute la Nation ukrainienne. Même le journal français bien connu L’Avenir constatait en 1927 que " l’assassinat de Petlura n’était pas une vengeance juive " et que ce n’est pas son Gouvernement qui était derrière les pogromes que M.Gaubert impute à Petlura, mais l’armée d’occupation bolcheviste. Est-il possible de ne pas sous-estimer à un tel point des millions de lecteurs du journal Le Monde quand le président de LICRA impute les massacres juifs à Petlura ? Est-ce qu’il pense vraiment que les Français ne lisaient pas les livres, interdits à l’époque en URSS, de l’écrivain juif Issak Babel tels que Cavalerie rouge et Les chroniques ? Ces oeuvres de l’écrivain qui a été torturé à mort par le KGB sont largement traduites en France. Ils témoignent avec éloquence que les massacres ont été inspirés et organisés par les détachements bolchevistes des commandants soviétiques, aussi bien que par l’armée monarchiste russe de Dénikine. M. le président de la LICRA a qualifié le gouvernement de Petlura d’antisémite. Est-ce que, en effet, il croit qu’un simple citoyen français ne soit pas capable de trouver sur l’Internet les informations sur le fait qu’une bonne partie des membres du gouvernement de Petlura était d’origine juive et que c’est sous sa présidence que le ministère aux affaires juives a été créé ?

M. Gaubert compte peut-être sur l’ignorance de la société française de la situation actuelle en Ukraine et donc, accuse l’Etat d’antisémitisme. Alors, je tiens à l’informer que la moitié des 20 personnes les plus riches d’ Ukraine sont d’origine juive. Il y a aussi des représentants de la nationalité juive dans les organes du pouvoir central et régional en Ukraine. Est-ce que M. Gaubert considère que le Président de l’Ukraine se permettrait de déposer officiellement une gerbe à la personne soupçonnée d’un iota d’être impliquée dans les pogromes antisémites ? Des millions de téléspectateurs en France et en Ukraine en étaient les témoins. J’ai beaucoup réfléchi pourquoi les répliques de M. Gaubert sont écrites dans l’esprit si nerveux et presque hystérique. Et j’ai compris que le 80ème anniversaire de l’assassinat de Petlura, leader de la nation ukrainienne, nous fait revenir à la fin des années 1920 du siècle passé, c’est-à-dire à cet ignoble procès qui a été inspiré contre l’Ukraine par les services spéciaux de Moscou bolcheviste. Ceux qui étaient derrière ce procès ont peur d’être dévoilés. Mais la vérité n’est pas loin. L’histoire contemporaine de l’Ukraine démocratique y contribue sensiblement. Elle rend à son peuple la vérité qui a été défigurée par des années du régime totalitaire soviétique et torturée dans les geôles du KGB. J’ai beaucoup de respect pour les juifs, je connais bien et je respecte la culture juive, c’est pourquoi j’éprouve un sentiment de compassion pour les 6 millions de victimes de l’Holocauste et je me permets de faire remarquer que les organisations juives en Ukraine ne partagent absolument pas la position de M. Gaubert à l’égard de Simon Petlura.

Et pour terminer, puisque M. Gaubert ajoute à ses fameuses insinuations sur l’antisémitisme de Petlura l’idée que la renaissance de l’indépendance ukrainienne a été pavée par les Etats-Unis, il ne me reste pas d’autre chose que de citer Abraham Lincoln qui disait que " vous pouvez tromper quelques-uns tout le temps, un certain temps tromper tout le monde, mais vous ne pouvez pas tromper tous tout le temps ".