Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

28/03/2011

LES PROTOCOLES DES SAGES DE SION AUTORISES EN RUSSIE

L’ONG Pour les droits de l’homme, qui demandait l’interdiction à la vente de ce document, vient d’être déboutée par la justice russe.

 

fe5d3e2c-bcd8-4ec2-a809-a84f0502d392.jpgPour prendre sa décision, le Parquet de Moscou s’est basé sur une expertise réalisée en 2009 par l'Institut de psychologie de l'Académie des Sciences qui avait conclu que ce texte ne contenait pas d’appels contre les juifs.

 

Le Parquet n’a pas davantage donné suite à la requête alternative présentée par l’ONG, qui demandait au moins que la qualité de faux du texte soit clairement notifiée, au motif que "l'absence de mention que ce livre est un faux ne constitue pas une infraction à la loi russe concernant la défense des consommateurs".   

 

Les protocoles échappent donc à l’enfer des publications extrémistes dont la liste a été établie par le ministère russe de la Justice. Liste qui contient quand même 800 ouvrages (islamistes, néo-nazis, antisémites, etc). Sans oublier quelques brochures des Témoins de Jehovah.

 

Rappelons qu’en France, pays autoproclamé des libertés, les protocoles avaient été interdits en 1990 par le socialiste Joxe. A l’heure actuelle, un certain flou artistique les entoure car ils ne sont plus interdits depuis 2004, mais pas non plus vraiment recommandés. De toute façon, à l’époque d’internet, difficile de garder sous clé ces incroyables délires.

06/04/2010

« Katyn: l'histoire est l'affaire des historiens »

En effet. Cette affirmation constitue le titre d’un article intéressant écrit par Alexandre Tchoubarian, directeur de l'Institut d'histoire universelle de l'Académie des sciences de Russie et paru sur le site Ria Novosti.

On se rappellera que le massacre de Katyn, en mai 1940, avait été généreusement attribué par le Tribunal de Nuremberg à l’ « envahisseur fasciste », autrement dit à l’Allemagne, sur la foi du document soviétique URSS-54. Quand on est à la fois juge et partie, ce sont des choses qui arrivent. Les autorités russes n’admettront qu’en 1990 que cette tuerie avait été en réalité perpétrée par le NKVD.

Oui, mille fois oui, il appartient aux historiens de dire l’histoire. Non aux politiques.

 

186400478.jpg

 

« Katyn est un des sujets les plus douloureux des rapports russo-polonais. Les raisons sont compréhensibles, elles peuvent servir d'illustration d'un des axiomes de la science historique: les tentatives réitérées de cacher la vérité produisent l'effet contraire, les archives ne brûlent pas. Bien que les faits relatifs à Katyn aient été enfouis dans un insondable puits de secret, la vérité est tout de même remontée à la surface.

 

En 1989, le travail effectué dans les archives a permis à plusieurs historiens russes de retrouver la trace des officiers "disparus". Nos historiens ont découvert les documents de la Direction centrale des prisonniers de guerre et des internés du Commissariat du peuple aux Affaires intérieures de l'URSS (NKVD). Ils ont étudié les données concernant les troupes d'escorte qui avaient accompagné les transports des détenus.

Au cours des vingt dernières années écoulées depuis la reconnaissance officielle que les officiers fusillés ont été  victimes des répressions staliniennes, les historiens et les archivistes russes ont accompli un travail immense, des milliers de documents ont été déclassifiés et publiés: des petites notes sur les besoins quotidiens des détenus des camps de Starobielsk, d'Ostachkov et de Kozielsk à l'ordre top secret du Politburo daté du 5 mars 1940 d'exécuter les officiers. Quatre volumes de documents ont été publiés, on voit paraître chaque année de nouvelles publications communes des chercheurs russes et polonais.

 

Les événements de Katyn nous obligent à passer de nouveau en revue toute l'histoire des rapports russo-polonais du XXe siècle.

 

Ces rapports connurent des périodes différentes. La guerre soviéto-polonaise de 1920 et la mort de milliers de soldats de l'Armée rouge fait prisonniers par les Polonais, les accords de Munich et la position polonaise bien connue, les débats sur la Pologne lors des pourparlers anglo-franco-soviétiques de l'été 1939, les conséquences dramatiques du Pacte Molotov-Ribbentrop, l'insurrection de Varsovie et la position de l'URSS, la lutte opiniâtre entre alliés pour le sort de la Pologne en 1945, l'instauration en Pologne du modèle socialiste soviétique et l'effondrement du communisme polonais: ce sont des jalons de l'histoire de la Pologne et des rapports entre la Pologne et l'Union Soviétique.

 

Aujourd'hui, l'essentiel consiste à faire en sorte que ces épisodes dramatiques restent des sujets d'études scientifiques menées par les historiens des deux pays, qu'ils ne soient pas exploités à des fins politiques et ne dressent pas d'obstacles sur la voie de l'affirmation des images positives de nos deux peuples.

 

L'un des moyens d'y parvenir est la coopération entre les historiens. L'édition commune d'ouvrages d'historiens polonais et russes y contribue largement. L'année dernière, le livre "Les accords de Munich de 1938: l'histoire et notre époque" a été publié sous l'égide de notre Institut et du Représentant permanent de l'Académie polonaise des sciences à l'Académie des sciences de Russie. La même année, l'Institut des relations internationales de Moscou (MGIMO) a fait paraître le livre "La crise internationale de 1939 dans les interprétations des historiens russes et polonais" comportant des études des chercheurs russes et polonais. Les deux livres présentent les points de vue différents non seulement des historiens polonais et russes (ce qui est naturel), mais aussi les différents points de vue des historiens russes.

La plupart des historiens russes estiment que la conclusion ou la non-conclusion du pacte de 1939 ne pouvait pas sauver la Pologne: Hitler décida de l'envahir au printemps 1939, de lancer l'offensive entre le 26 août et le 1er septembre 1939 et il n'aurait pas renoncé à son plan, quelle que soit la réaction de Moscou. Cependant, de nombreux auteurs soulignent (et à juste titre!) l'immoralité du Pacte Molotov-Ribbentrop.

 

Les études réalisées font ressortir les contradictions politiques en 1939-1941 et les différents facteurs.

 

L'histoire ne se fait pas et ne peut être évaluée du point de vue des mots d'ordre auxquels recourent de nos jours certains  politiques, personnalités publiques et représentants des médias. A mon avis, il n'y a qu'un seul moyen de la sauver des simplifications imposées par les hommes politiques: faire en sorte que l'histoire soit une discipline réservée exclusivement aux historiens, et excluant les politiques. Le drame de Katyn ne fait pas exception à la règle. Voir plus clair dans ce qui est arrivé, rejeter les élucubrations, retrouver et rendre publics tous les faits: telle elle la mission accomplie par les historiens russes et polonais au cours de ces vingt dernières années. »

 

 

Source : http://fr.rian.ru/discussion/20100406/186400420.html