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28/10/2009

UNE FRACTURE QUI IRA EN S’AMPLIFIANT

Je me rends compte qu’une fracture de plus en plus nette est en train de se creuser dans notre mouvance politique, dite « d’extrême-droite », et je crois qu’il faut en parler clairement et mettre les choses sur la table, afin surtout que les militants soient tenus informés des enjeux et ne se laissent pas mener en bateau. Afin qu’ils puissent choisir leur « tribu » en toute connaissance de cause.

 

La raison de cette fracture, c’est bien sûr la question « juive » ou « sioniste » et l’attitude qu’ont les uns et les autres à cet égard. Je mets ces mots entre guillemets car je suis assez bien placée pour savoir que la majorité des juifs français ne prend aucune part aux pressions incessantes, voire aux menaces, que leurs divers responsables communautaires et élites autoproclamées font peser sur la politique tant nationale qu’internationale.

 

Car ces pressions, je regrette de le dire aussi nettement, sont bel et bien une réalité et nullement un fantasme né de l’imagination délirante des « antisémites ». Une réalité facilement démontrable et que l’on peut observer au quotidien. Il faut être aveugle, ou aveuglé par certains mirages, pour le contester.

 

Mais voilà : une part non négligeable de ladite « extrême-droite » a choisi de faire l’impasse sur ces questions trop brûlantes et risquées pour concentrer ses tirs sur les seuls musulmans, coupables de tous les maux. C’est tellement plus commode. Or ces gens ne sont pas entrés dans le pays par un coup de force. Ils sont entrés en masse parce que certains leur ont ouvert toutes grandes les portes et ont empêché toute contestation.

 

Je ne vois pas comment un mouvement politique digne de ce nom et non inféodé au système pourrait faire l’économie d’une réflexion sur la question.

 

Cette attitude « prudente » pour ne pas dire lâche, ne concerne pas les seuls groupements politiques. Certaines revues suivent fidèlement le mouvement. Il se trouve que je viens de recevoir par courrier le compte-rendu que la revue Eléments a cru devoir faire de mon livre Révolutionnaires juifs dans son numéro d’été.

 

C’est très gentil à eux et je les en remercie, mais je reste quand même fort surprise par le contenu de cet article. C’est entendu, ils ont la pleine liberté de leurs écrits et je serais la dernière à vouloir empiéter sur ce droit sacré. Ceci dit, je me reconnais la même liberté, en vertu de quoi j’apporterai l’un ou l’autre correctif.

 

Voici ce qu’ils écrivent :

 

« Les juifs de la révolution

 

L’histoire, disait Soljénitsyne, a fait entrer beaucoup de Juifs soviétiques dans les rangs des exécuteurs de la triste destinée de tout le peuple russe ». Il n’est en effet pas contestable que le bolchevisme, surtout à ses débuts, a attiré vers lui un nombre remarquable de personnalités d’origine juive, à commencer par celles dont Anne Kling brosse dans son livre un rapide portrait (environ 70 notices consacrées à Trotsky, Kamenev, Zinoviev, Radek, Iagoda, Iakovlev, Yourovski, Frenkel, etc). Ainsi est né le mythe du « communisme juif », dont le nazisme ne fut pas le seul à faire grand usage (rappelons seulement les ouvrages de Léon de Poncins), au point qu’il survécut même (notamment en Pologne, en Roumanie et en Hongrie) aux grands procès de Moscou et aux purges « antisémites » de l’époque stalinienne. Anne Kling précise que « tous les juifs ne furent pas bolcheviks et tous les bolcheviks n’étaient pas juifs », ce qui est le moins que l’on puisse dire. Elle aurait pu ajouter que la principale caractéristique des « révolutionnaires juifs » est qu’ils avaient rompu avec le judaïsme, d’où le terme de « renégats » que leur appliquait Soljénitsyne (le sioniste Robert Stricker, plus radical, parlait en 1929 d’ « Abfalljudentum ». La vérité est que les juifs qui furent parmi les plus enthousiastes partisans du communisme russe comptèrent aussi parmi ses principales victimes. Il reste que les causes profondes du « radicalisme juif », qui mériteraient un examen dépassionné, ont rarement été étudiées. Karl Marx fut lui-même, bien à tort, dénoncé comme antisémite après la parution de son essai sur la « question juive » (Zur Judenfrage, 1843, réponse au livre éponyme de Bruno Bauer). C’est peut-être à cet essai qu’il faudrait commencer par se reporter. »

 

Donc, si l’on veut tout savoir sur les bolcheviks juifs, il faut lire Karl Marx et Bruno Bauer, qui ont écrit leurs livres … en 1843. Bien, je note. Je note surtout qu’Eléments en pince sacrément pour le « mythe du communisme juif », cette incroyable invention antisémite. Apparemment, pour eux, les juifs en furent victimes, comme toujours. Ils furent même les « principales victimes » de l’abject « communisme russe ». Bon, je veux bien, quand la machine à broyer s’est mise en marche, elle n’a épargné personne. Mais qui l’a mise en marche, cette machine ? Pas les martiens, tout de même. Et qui a fourni l’argent pour la fabriquer, la machine ? Et qui était à la tête, comme par hasard, des révolutions bolcheviques un peu partout en Europe ?

 

Je veux bien que ces juifs étaient des renégats, comme je l’ai du reste indiqué : « …Toute une génération de jeunes juifs que Soljénitsyne qualifie de « renégats », en ce sens qu’ils se détournèrent du judaïsme pour s’abandonner aux vertiges du nouveau pouvoir à leur portée, pouvoir dont ils firent un usage sanguinaire et dévastateur ». Et après, qu’est-ce que ça change ?  Renégats ou non, ils étaient juifs et les juifs du monde entier, en 1917, les reconnaissant comme tels, dégoulinèrent d’admiration et de sympathie pour ces héros qui avaient renversé le tsarisme. Un avenir radieux s’annonçait. On a vu la suite sans tarder.

 

Oui, il faudrait un débat dépassionné sur la question. Mais en attendant ce jour lointain, soyons passionnés, ainsi que le sont les élites juives lorsqu’il s’agit de défendre les causes qui leur sont chères. Elles ne font pas vraiment dans la dentelle, je crois, lorsqu’il s’agit de nous renvoyer le fascisme et le nazisme dans les gencives ? Rappelons-leur en retour quelques souvenirs fâcheux mystérieusement engloutis dans un trou noir de l’histoire...