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06/07/2007

QUAND LE JEUNE ETAT JUIF EMPLOYAIT DES NAZIS…

ddb2eaf9ebea14b886c9f20cc5388229.jpgDeux journalistes israéliens du quotidien Haaretz ont fait paraître dans ce journal en avril dernier une enquête intitulée Au service de l’Etat juif. Utilisant des dossiers de la CIA, Shraga Elam et Dennis Whitehead ont pu établir que les autorités israéliennes avaient, au sortir de la guerre, employé et protégé un criminel de guerre nazi dénommé Walter  Rauff.  Et il ne s’agissait pas d’un second couteau, style Bousquet, Touvier, Papon ou même Barbie, mais d’un authentique colonel SS directement responsable de la mort d’au moins 100 000 juifs en Pologne et ailleurs.

Né en 1906, Rauff avait été l’ « assistant technique » de Reinhard Heydrich, lui-même second de Himmler, chef de la SS. Heydrich sera assassiné en Tchécoslovaquie en 1942 et Rauff deviendra responsable du projet d’extermination par les gaz au moyen de camions. Il commandera ensuite l’ Einsatzkommando en Afrique du nord, spécialement en Tunisie, avant d’aller exercer ses talents en Corse et à Milan. Il sera arrêté par les alliés le 30 avril 1945, emprisonné en Italie, mais réussira à s’évader en 1947. C’est à partir de là qu’il sera recruté par le Mossad, services secrets israéliens, sous le nom de Dr John Homsi. Sa « carrière » était pourtant bien connue puisque son nom sera cité 31 fois dans les procès-verbaux du tribunal de Nuremberg en 1946.

L’objectif de ce type de recrutement était la pénétration des pays arabes. Rauff sera donc dans un premier temps envoyé en Syrie où il se retrouve conseiller militaire du président Hosni Zaïm. Lors du coup d’Etat qui déposera ce dernier, il quitte le pays et poursuit diverses activités plus que louches en Inde et au Liban. L’essentiel de ses activités pour le Mossad consistera néanmoins à fournir des informations sur le dispositif miliaire syrien.

Il sera dûment payé pour les services rendus et conformément à l’accord passé, les autorités israéliennes l’aideront à passer avec sa famille en Amérique du sud. Il s’installera ensuite tranquillement au Chili qui refusera à plusieurs reprises son extradition demandée une première fois par l’Allemagne, puis, en 1984, par l’Amérique de Reagan et l’Angleterre de Thatcher. Il mourra opportunément la même année, d’un cancer du poumon.

Le cas Rauff n’aurait pas été exceptionnel. Ces faits étaient d’ailleurs relativement connus avant l’enquête des deux journalistes qui s’étonnent cependant qu’en raison de leur caractère choquant, ils n’aient pas au moins donné lieu à un débat public. Ils s’étonnent également de ce que le chasseur de nazis américain bien connu Richard Breitmann ait choisi dans ses recherches d’ignorer les informations selon lesquelles les services secrets israéliens employaient systématiquement des nazis dans les pays arabes.

Source: www.haaretz.com/hasen/spages/843805.html