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30/06/2012

IL N’AURA PAS ETE LONGTEMPS DEPUTE

 

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Elu le 17 juin dernier dans les Bouches-du-Rhône à la faveur d’une triangulaire, Olivier Ferrand, fondateur et tête pensante de la boîte à idées du PS, Terra Nova, vient de mourir à l’âge de 42 ans. Il avait été élu de justesse face au candidat UMP grâce au maintien du candidat FN. Un parti qui a donc son utilité en certains cas.

A titre d’épitaphe, je vous redonne ci-après un article paru sur ce blog en date du 22 avril 2011, relatif aux trouvailles de cette boîte à idées sans doute stressante. (C’était juste avant les aventures picaresques de DSK):

 

« EN VOILA UN QUI MERITERAIT D’ETRE ENARQUE….

 

… me suis-je dit en lisant l’info qui va suivre. Car il faut avoir l’esprit particulièrement tordu pour inventer pareilles astuces pour empêcher le peuple de s’exprimer. Alors, je suis allée aux nouvelles et j’ai été rassurée : l’inventeur de ce coup tordu est bel et bien énarque. Et socialiste, en prime. D’abord l’info et ensuite le portrait. 

 

« Le mode de scrutin en question face à la montée du FN avant 2012

 

La fondation Terra Nova propose de remplacer le scrutin majoritaire à deux tours par un nouveau système pour éviter que Marine Le Pen participe à la finale de la présidentielle en 2012, comme son père le 21 avril 2002.

Pour le président de ce cercle de réflexion classé à gauche, Olivier Ferrand, le scénario qui donne la présidente du Front national au second tour "prouve que le scrutin actuel ne permet pas au peuple d'élire la personne de son choix."

La percée du parti d'extrême droite, pourtant donné pour moribond il y a seulement deux ans, parasite à nouveau les stratégies des états-majors, qui redoutent l'élimination soit de Nicolas Sarkozy, soit du candidat socialiste.

Les velléités présidentielles d'un nombre accru de personnalités risquent en outre de provoquer un trop-plein de candidats qui pourrait favoriser les desseins de Marine Le Pen.

Neuf ans après l'accession de Jean-Marie Le Pen au second tour, le doute s'installe donc sur la pertinence du scrutin actuel pour le rendez-vous majeur du système politique français.

L'étude de Terra Nova montre que 2012 pourrait voir la qualification en finale de Marine Le Pen, qui est pourtant "la candidate la plus rejetée" en termes d'idées, et l'élimination au premier tour du "meilleur candidat", celui qui recueille l'assentiment majoritaire des Français.

L'étude de Terra Nova montre que le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn, qui est largement plébiscité pour le second tour, n'est pas à l'abri d'une élimination au premier tour.

 

STRAUSS-KAHN SERAIT EN DANGER

"Si l'un des candidats progressistes aujourd'hui bas dans les sondages venait à décoller pendant la campagne présidentielle, DSK aussi serait en risque", écrivent-ils.

Or, chacun de ces candidats a un fort potentiel électoral : le centriste François Bayrou l'a montré en 2002, Jean-Luc Mélenchon, président du parti de gauche, est un bon orateur et l'écologiste Nicolas Hulot est très populaire.

Pour Olivier Ferrand, outre le manque d'attractivité des partis de gouvernement et la cristallisation du mécontentement sur le président en exercice, le risque d'un nouveau "21 avril" est dû avant tout "à la fragmentation du paysage politique."

Il souligne sur le site Slate.fr que l'UMP est aujourd'hui en voie d'éclatement, une demi-douzaine de personnalités envisageant de se présenter sous leurs propres couleurs, ce qui placerait Nicolas Sarkozy "en situation critique."

La fragmentation est aussi extrême à gauche, qui a présenté au premier tour en 2002 huit candidats, provoquant la chute de l'ancien Premier ministre Lionel Jospin.

Cette fois, le candidat socialiste pourrait trouver sur sa route, au premier tour, trois candidats trotskystes, un candidat Front de Gauche, un candidat écologiste, un candidat MoDem.

Terra Nova préconise donc un nouveau mode de scrutin, le "jugement majoritaire", qui évalue les mérites de chacun des candidats dans une échelle allant de "très bien à rejeter".

Dans ce scrutin à un tour, "chaque candidat obtient une mention majoritaire" et le vainqueur est celui qui a "la meilleure mention majoritaire".

Dans un tel système, "Marine Le Pen serait à sa vraie place : dernière", écrit Olivier Ferrand. En dépit de son soutien fort par un noyau d'électeurs, la présidente du Front national obtiendrait la mention "à rejeter" par une large majorité des Français sur la base des enquêtes actuelles. »

Source : http://fr.news.yahoo.com/4/20110422/tts-france-presidentielle-scrutin-ca02f96.html

 

 

Olivier Ferrand (par Wikipédia)

« Olivier Ferrand (né le 8 novembre 1969) est un haut fonctionnaire. Il est le président et fondateur de Terra Nova, club de réflexion progressiste créé en février 2008.

Olivier Ferrand est diplômé d'HEC, ancien élève de Sciences Po et de l'ENA.

Administrateur civil au ministère de l’économie et des finances, il a débuté sa carrière en 1997 à la direction du Trésor, où il s’est occupé de négociations financières internationales, puis de négociations européennes.

Il a ensuite été conseiller technique pour les affaires européennes du Premier ministre Lionel Jospin, conseiller du représentant de la France à la Convention sur l’avenir de l’Europe, Pierre Moscovici, membre du groupe des conseillers politiques du président de la Commission européenne, Romano Prodi, puis délégué général du think tank « À gauche, en Europe », fondé par Dominique Strauss-Kahn et Michel Rocard.

Depuis le 1er novembre 2009, il est formateur à l’IGPDE (Institut de la gestion publique et du développement économique).

Européen convaincu, il est rédacteur en 2004 du rapport Construire l'Europe politique que Romano Prodi a commandé à Dominique Strauss-Kahn. Administrateur de l'ONG EuropaNova, il rédige avec Guillaume Klossa, conseiller de Jean-Pierre Jouyet pendant la présidence française de l'Union européenne, le rapport Peut-on faire l'Europe sans les Européens ? remis au Conseil européen de juin 2006 ».

Il a été responsable du Parti socialiste français pour les questions européennes et internationales.

Maire adjoint du 3e arrondissement de Paris de 2001 à 2007, il est, en 2007, candidat parachuté par le PS aux élections législatives dans les Pyrénées-Orientales. Il ne passe alors pas le premier tour, mais se fait élire l'année suivante dans la ville de Thuir: il est depuis 2008 maire adjoint de Thuir et vice-président de la communauté de communes des Aspres. »

 

C’est sans doute son rapport Peut-on faire l'Europe sans les Européens ? qui lui a donné l’idée de faire les élections sans le peuple. Tellement plus confortable. Il n’a pas pensé qu’au lieu de tripatouiller les modes de scrutin, il serait carrément plus judicieux de jeter l’ENA et les énarques dans les poubelles de l’histoire? Comment font donc les autres pays européens pour s’en passer ? Ca ne les a pourtant pas empêchés de (presque) tous nous dépasser en quelques décennies. Il y a comme un problème, là. Et un vrai, celui-là. »

 

17/05/2011

« CE CAS DE COREE ME TURLUPINE »

Ah, qu’il est loin le bon vieux temps où DSK offrait à ses auditeurs extasiés ce délicat calembour, en pleine conférence de presse ! C’était en 1998, à une époque où les devises asiatiques prenaient l’eau. Aujourd’hui, ce qui lui tordrait la …, pardon, qui le turlupinerait, c’est autrement plus sérieux. Enfin, je me comprends. C’est sacrément sérieux en tout cas pour toute sa clique politique qui en était déjà à se partager les ministères promis-jurés pour 2012. Le jackpot leur passe sous le nez. Un sale coup qui leur tombe sur le paletot ! On compatit.

 

Ceci dit, la terre continue de tourner et aussitôt étonnant que ça paraisse aux yeux de certains, il existe des choses infiniment plus importantes que les infortunes du vice de ce personnage dont nous voilà heureusement débarrassés. Et d’un! Au train où vont les choses en ce moment – ne dirait-on pas que la providence s’est enfin décidée à prendre les choses en main ? – il risque d’y avoir pas mal de surprises encore d’ici l’année prochaine. Donc, ne tirons pas de plans sur la comète et savourons sans modération toutes les conneries doctement proférées et complaisamment relayées à cette occasion. Celles de BHL qui ne pouvait pas ne pas ramener sa fraise, ne sont pas mal. Mais la palme revient haut la main au sieur Jean-Marc Ayrault, « patron » des députés PS, qui vient de proférer ces paroles d’anthologie :

« "Nous ne savons pas encore si la victime est la plaignante ou l'accusé". Pas mal dans son genre, non ?

 

 

Pour compléter votre information sur l'ex-futur président des Français, je vous conseille fortement de visiter L'Organe:

 

http://www.lorgane.com/DSK-SEXE-COKE-PRISON_a1049.html 

 

(Et les articles qui suivent. Sans oublier les commentaires, assez désopilants)

22/03/2010

BIEN FAIT POUR LEUR GUEULE

En 2003, Raffarin, alors premier ministre, faisait passer au forceps la fameuse réforme du mode de scrutin des régionales. L’objectif (in)avoué de l’UMP était de laminer tous les « petits » partis, de supprimer toutes les sensibilités "divergentes" et de marcher hardiment vers la bipolarisation, supposée guérir tous les maux et réconcilier les Français avec la classe politique.

 

La réforme, ou plutôt le tripatouillage, était en fait destinée à asseoir l’hégémonie de l’UMP, persuadée dans sa candeur en 2003 qu’elle allait vers son grand destin. On a vu ce qu’il en advint l’année suivante. Un retour de boomerang auquel elle ne s’attendait pas. C’est à la gauche qu’elle avait soigneusement préparé un nid douillet.

 

A l’époque, il y avait un ministre des affaires sociales qui s’appelait François Fillon et qui prononça ceci : «  La bipolarisation est nécessaire à la stabilisation de la vie politique française ». « A titre personnel, le ministre a même estimé que le projet de loi n’allait « pas assez loin » pour les régionales, se prononçant contre le scrutin proportionnel à deux tours que le gouvernement a choisi de conserver. « J’aurais aimé que pour le Conseil régional et le Conseil général on ait une élection unique avec un scrutin majoritaire » a-t-il dit, « je ne vois pas ce que la proportionnelle apporte au fonctionnement de ces assemblées. Je suis pour le scrutin uninominal dans toutes les élections, si possible à un tour », a-t-il précisé. »

 

Ce grand démocrate devant l’Eternel alla même plus loin, défendant vivement le relèvement à 10% des électeurs inscrits du seuil d’accès au second tour. « Ce n’est pas mettre un couvercle, c’est obliger toutes les forces politiques à se rassembler dans des partis de gouvernement pour dégager des majorités ».

 

Tiens donc … Que voilà une conception particulièrement démocratique du fonctionnement politique. Et s’il y a des partis sciemment diabolisés par le système et mis hors jeu, c’est la faute à pas de chance … On n’y peut rien. Tant pis pour eux et continuons entre nous comme si de rien n’était.

 

C’est à présent la deuxième fois depuis la « réforme » que le boomerang revient en plein dans la gueule de l’UMP. On ne pleurera pas. Ca profite hélas à la gauche, c’est moins réjouissant. Une gauche qui a tout intérêt à ce que le FN se maintienne à cet étiage, ni trop, ni trop peu… Juste assez pour bien emmerder l’UMP. Mais pas assez pour la menacer, elle.

 

A propos du FN, je me contenterai de remarquer qu’il me paraît loin de la résurrection annoncée. Les paroles s’envolent, les chiffres restent : 15,3% des voix aux régionales de 1998 et 275 élus ; 12,38% des voix en 2004 et 156 élus (la réforme était passée par là) ; aujourd’hui environ 10% des voix et 118 élus.

Avec le même mode de scrutin et un contexte de plus en plus « favorable » pour lui, c’est-à-dire de plus en plus désastreux pour le pays, le FN passe de 156 à 118 élus. Voilà la réalité des chiffres.

En fait, une bonne partie de son électorat a rejoint le camp de l’abstention et attend des jours meilleurs pour aller voter.

 

Dernière remarque à propos de l’abstention : elle est en réalité plus forte que les chiffres annoncés car je me suis amusée à relever dans toutes les régions, aux deux tours, le taux des votes blancs ou nuls. Il est assez impressionnant, tournant autour d’une moyenne de 4%, avec des pointes à plus de 6%. Ces gens-là sont pourtant comptabilisés dans les votants. Mais ils se sont en réalité abstenus. Abstenus de choisir parmi la marchandise avariée qu’on leur offrait. Mais déplacés quand même pour le faire savoir.

 

D’ailleurs, tous les résultats doivent être lus à cette aune. Et relativisés d’autant.