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24/11/2010

REGLEMENT DE COMPTES A OK CORRAL

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J’avais brièvement présenté l’AIPAC, qui en réalité est une nébuleuse – tout comme le CRIF, le lobby américain regroupe environ 70 associations, qui à leur tour se déclinent, etc, etc, – sur le blog le 17/7/07.

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Je vous invite à vous rafraîchir la mémoire car ça tangue en ce moment à l’AIPAC. Et beaucoup, même. Steven Rosen, l’un des pontes de cette officine qui pratique allègrement espionnage au bénéfice d’Israël, pressions sur les responsables politiques, corruption à grande échelle et diffamation envers les éventuels récalcitrants, s’est fait virer. Il est furieux et menace de déballer bien des choses. Ce qui prouve une fois de plus qu’on n’est jamais trahi que par les siens.

Cette affaire, quoique américaine, nous intéresse fortement aussi, car l’affaiblissement éventuel des lobbys sionistes américains serait préjudiciable également par capillarité aux lobbys sionistes européen et français. Elle a fait l’objet des trois articles intéressants suivants. Ils sont récents :

 

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9685

http://www.planetenonviolence.org/AIPAC-Lave-Son-Linge-Sa...

http://www.dedefensa.org/article-l_organisation_aipac_typ...

 

23/11/2010

PAS DE CHANCE (SUITE)

Nous nous demandions hier comment il se faisait que le présumé criminel de guerre nazi Samuel Kunz soit mort tranquillement à l’âge de 89 ans sans jamais avoir été inquiété au préalable. Quand on connaît la persévérance des chasseurs de nazis et la volonté de les punir à tout prix, on peut effectivement s’en étonner.

Dans l’article qui suit, on trouve un semblant d’explication. Que je me permettrai de commenter à la suite de l’article :

« Le criminel de guerre nazi Samuel Kunz, est décédé dans son lit jeudi dernier, à l’âge de 89 ans, sans avoir payé pour les meurtres innombrables auxquels il a participé pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est en effet responsable de la mort de 434 000 Juifs, déportés dans le camp d’extermination de Belzec, en Pologne, où il occupait les fonctions de gardien entre janvier 1942 et juillet 1943. Il échappe ainsi à une procédure judiciaire entamée à son encontre ainsi qu’à son procès qui devait débuter au mois de février prochain.   

La mort de Kunz a été accueillie avec une profonde déception par Efraïm Zuroff, directeur du Centre Simon Wiesenthal spécialisé dans la recherche des criminels nazis. Il faut rappeler que Samuel Kunz figurait en troisième position sur la liste du Centre et que son décès met fin malheureusement à toutes les démarches devant aboutir à sa condamnation. Zuroff a précisé que Kunz avait notamment tiré à bout portant sur onze Juifs qui tentaient de s’enfuir des trains qui les transportaient vers les camps. Il avait également pour tâche de conduire les malheureux prisonniers vers les chambres à gaz. 

Kunz, né en 1921 en Russie, a combattu dans l’Armée Rouge et a été fait prisonnier par la Wehrmacht. Il a alors offert ses services aux Nazis et a été envoyé dans le camp d’entraînement SS de Trawniki où Demanjuk a également séjourné. 

Bien plus tard, après la guerre, Samuel Kunz a été capturé par les Américains et il a été appelé à témoigner dans des procès contre des criminels nazis. Ayant par la suite obtenu la nationalité allemande, il s’est installé à Bonn et a travaillé dans un ministère jusqu’à sa retraite. Ce n’est qu’en juillet dernier qu’une plainte a été déposée contre lui. Ses méfaits, commis pendant la guerre, ont été découverts au cours du procès contre Demanjuk : en effet, parmi les documents qu’ils ont consultés, les enquêteurs ont retrouvé des témoignages accablants contre Kunz, attestant qu’il avait massacré des Juifs pendant la Shoah. »

Source :http://www.israel7.com/2010/11/deces-d%e2%80%99un-crimine...

 

 

Voilà quelle serait l’explication. Qui ne me satisfait pas vraiment et pour une bonne raison : dans La France LICRAtisée, je consacrais un petit chapitre à l’affaire Demjanjuk. La première, naturellement, pas celle qui se déroule en ce moment. Je ne vais pas revenir sur toutes les péripéties de ce premier procès, mais enfin, voilà un accusé – Demjanjuk – auquel on retire sa citoyenneté américaine et qui est extradé en Israël en 1986 pour y être jugé comme criminel de guerre nazi. Il est condamné à mort en 1988. A la suite de quoi son avocat finira par prouver qu’il y avait erreur sur la personne et il sera finalement acquitté en 1993. C’est le même qui se retrouve à nouveau devant les juges en Allemagne.

 

Mais bref, il me semble quand même incroyable, et pour tout dire inconcevable, que Samuel Kunz n’ait pas fait son apparition lors de ce premier procès. Car je suppose quand même qu’avant de condamner Demjanjuk à mort, tous les documents possibles et imaginables l’incriminant avaient été examinés sous toutes les coutures. En 1993, les archives nouvellement ouvertes du KGB avaient permis de finalement innocenter Demjanjuk. Et elles n’auraient rien révélé sur Kunz ? Alors, d’où sortent ces nouveaux documents – et ces témoignages -  qui auraient in extremis permis ce procès à présent impossible?

 

10/12/2009

DEMJANJUK/ARAD : PAS DU TOUT LE MEME COMBAT

dem.jpgToute la planète est au courant du procès qui s’est ouvert à Munich contre le « criminel de guerre nazi » Demjanjuk, qui aurait exercé ses talents au camp de Sobibor. Je lis ça et là – et j’y discerne beaucoup de chagrin – que ce sera le dernier des grands procès de « criminels nazis » mis en scène pour l’édification du reste de l’humanité. Hélas, tout a une fin …

« Pour Ephraïm Zuroff, directeur de l’Institut Wiesenthal de Jérusalem, qui a lutté durant des années pour faire comparaître Demjanjuk devant une cour de justice en Europe, « ce procès constitue un tournant dans la politique judiciaire allemande, car jusqu’à présent, les tribunaux allemands ne jugeaient que les anciens officiers nazis, mais pas les collaborateurs des nazis. Il y a dix ans, un tel procès n’aurait jamais pu avoir lieu en Allemagne ». Félicitations.

Tout le monde a donc entendu parler de Demjanjuk, né en Ukraine en 1920. Mais demandez donc autour de vous si quelqu’un a entendu parler de son contemporain, né en Lituanie en 1926, Yitzhak Arad ? Cela m’étonnerait beaucoup. Et pourtant, ils présentent un certain nombre de points communs …

L’article suivant, paru sur le site Geopolis, éclairera votre lanterne sur ce personnage aussi sinistre que méconnu. Il date du 5 avril 2008 (les surlignages sont de moi).

« Lituanie / Israël : la vérité selon Béria

arad.jpgIl y a un an, la justice lituanienne ouvrait une enquête contre Itzhak Rudnicki, un juif né en Lituanie soupçonné de crimes de guerre et génocide dans les années 1940. Connu aujourd'hui sous le nom de Yitzhak Arad, Rudnicki n'est pas n'importe qui puisqu'il a dirigé et développé pendant plus de vingt ans (1972-1993) l'Institut de Yad Vashem en Israël et a publié de nombreux livres sur le sujet de l'Holocauste juif. La procédure intentée contre lui se fonde pourtant sur une de ses propres publications ou plus précisément sur le commentaire extensif qu'il a fait des mémoires d'un journaliste polonais de la Seconde Guerre mondiale pour l'édition anglaise (Kazimierz Sakowicz, Ponary Diary, 1941-1943 : A Bystander's Account of a Mass Murder, Yale University Press, 2005). Arad y relate complaisamment les exécutions de résistants, de prisonniers de guerre et de simples civils lituaniens qu'il a perpétrées alors pour le compte du NKVD, dont il fut membre à partir de février 1943. Ses déclarations sont d'ailleurs corroborées par les archives rassemblées par le Centre de recherches sur la résistance et le génocide de la population de Lituanie à Vilnius, comme a tenu à le préciser le procureur général lituanien Valentukevicius : "Nous avons de nombreux documents qui nous permettent de soupçonner Arad d'actes criminels".


Le Bureau du procureur n'a pour l'instant formulé qu'une simple requête auprès du ministère israélien de la Justice pour pouvoir interroger Yitzhak Arad sur ses responsabilités dans le meurtre de civils lituaniens en 1943 et 1944. Cependant, Israël vient d'y opposer une fin de non recevoir, l'actuel directeur de l'Institut Yad Vashem, Avner Shalev, allant jusqu'à exiger que la Lituanie présente officiellement des excuses au Dr Arad! Bien entendu, celui-ci évoque ses anciennes activités sous un tout autre jour puisqu'il n'aurait fait qu'exécuter des "collaborateurs" de l'occupant nazi. Et de même, Avner Shalev, qui nomme résistants les membres des escadrons de la mort du NKVD, ne voit aucun reproche à leur faire : "Toute tentative d’assimiler ces actes de résistances [les exécutions de prisonniers] à des actions illégales, et ses acteurs [en l'occurence Itzhak Rudnicki-Arad à des criminels, est une dangereuse perversion des événements qui se sont déroulés en Lituanie durant la guerre (sic)".

Avoir été membre du NKVD sous le sinistre Béria n'a pourtant rien d'anodin. Le NKVD ou Commissariat du peuple aux affaires intérieures, la police politique de Staline, était spécialement chargé d'éliminer les "traîtres à la patrie" et autres "ennemis du peuple", titres généreusement accordés dans l'URSS de l'époque et les territoires sous sa domination à tout ce qui pouvait ressembler à un religieux, un intellectuel, un bourgeois, un paysan... (la liste est loin d'être exhaustive). Dans les Etats baltes annexés à l'URSS en 1940 (Estonie, Lettonie et Lituanie), c'est aussi au NKVD qu'incomba la responsabilité de la lutte contre les résistances nationales et la déportation massive de populations. La méthode fut expéditive. Ainsi rien qu'en une nuit (11-12 juillet 1940), plus de 2.000 Lituaniens, pour la plupart hommes politiques, hommes de lettres, éditeurs ou journalistes, furent massacrés à Panevezys, ce qui revenait à décapiter le pays.


De même, l'arrêté secret n° 1299-526 du comité central du Parti communiste de l'URSS sur "la déportation des éléments socialement étrangers des Républiques baltes, de l'Ukraine occidentale, de la Biélorussie occidentale et de la Moldavie", pris le 14 mai 1941 sous l'impulsion de Béria, ordonnait de déporter dans des camps de Sibérie des centaines de milliers de personnes de tous âges et de toutes classes sociales :
1) les membres des organisations contre-révolutionnaires et leurs familles,
2) les anciens gendarmes, les gradés de la police et des gardiens de prisons, ainsi que les simples policiers ou gardiens de prison en cas de documents compromettants [c'est-à-dire révélant des actions anti-soviétiques],
3) les anciens grands propriétaires et commerçants, les anciens industriels et les principaux fonctionnaires des gouvernements bourgeois,
4) les anciens officiers dont les dossiers sont compromettants (y compris ceux qui avaient servi dans les troupes territoriales de l'armée rouge),
5) les membres de famille des condamnés à mort ou des membres d'organisations contre-révolutionnaires qui ont pris le maquis,
6) les personnes qui ont été rapatriées depuis ou vers l'Allemagne et dont les dossiers sont compromettants,
7) les réfugiés polonais s'ils ont refusé d'adopter la citoyenneté soviétique,
8) les éléments criminels qui poursuivent leurs activités,
9) les prostituées enregistrées auprès de la police si elles continuent leurs activités.

Un régime de terreur fut alors imposé aux Baltes (80.000 exécutions en Lituanie entre juin 1940 et juin 1941). Dans ses conditions dramatiques, on peut comprendre qu'ils ne firent pas trop mauvais accueil à l'armée allemande en juin 1941. Mais si les Israéliens insistent beaucoup aujourd'hui sur l'antisémitisme violent dont firent alors preuve les Lituaniens avant même l'arrivée des troupes du Reich, ils omettent un détail gênant : les Juifs constituaient plus de 16% des dirigeants du NKVD opérant dans le pays, ce qui montre une surreprésentation notable par rapport à la composition de la population, et ils représentaient entre le tiers et la moitié des membres du parti communiste clandestin de Lituanie, partisan et complice de l'invasion soviétique qui recommença à partir de 1944-1945. Béria lui-même en était. Les Lituaniens firent surtout montre d'une résistance farouche, puisqu'on estime que de 1944 à 1952 près de 10% de la population avait rejoint les Frères de la forêt.

Si l'on se souvient que la plupart des exécutions de civils lituaniens par le NKVD le furent sous les prétextes les plus futiles ("ennemi de la révolution", "possède de la littérature non autorisée", "possède un drapeau lituanien", ou encore Boy Scout), que la qualification de "collaboration" était généralisée et s'appliquait tout aussi bien à des enfants de 8 ans, et qu'enfin le mode d'exécution ordinaire fut la torture à mort, le passé de Yitzhak Arad prend un relief singulier. On peut le rapprocher d'un de ses collègues de la police politique, Petras Raslanas, condamné par contumace le 5 avril 2001 à la prison à vie pour génocide pour le massacre de la forêt de Rainiai. Dans la nuit du 24 au 25 juin 1941, plus de 70 Lituaniens, parmi lesquels de jeunes étudiants, furent atrocement torturés. Lorsqu'on découvrit les corps trois jours plus tard, seuls 27 purent être identifiés tant ils avaient été mutilés... Bien entendu Raslanas affirma dans son rapport au Secrétaire du Comité central du parti communiste de Lituanie que pas une seule des victimes n’était innocente... Mais doit-on tenir pour paroles d'évangile les accusations de Béria et de sa police justifiant l'exécution de simples civils sans procès et les tortures sans nom qui leur furent infligées ? Selon Israël, il semblerait que ce soit oui !

Toujours est-il que Yitzhak Arad en tant que militant et homme de main du NKVD, a assurément pris une part active dans l'exécution de ces crimes de masse qui furent l'essentiel de l'action de cette police politique. Il gagna ensuite clandestinement la Palestine en 1945 et semble alors s'être distingué dans le terrorisme contre les Anglais avant d'être fait général de Tsahal... Etrange carrière pour un pourfendeur de nazis et une "autorité morale". Quand un historien du génocide juif se révèle lui-même auteur de génocide en Lituanie, est-ce de la morale ou un ricanement du diable ? »

 

J'avais également évoqué ce personnage sur le blog en date du 12 septembre 2007.

 

Source : http://geopolis.over-blog.net/article-18479653.html

 

30/05/2007

AUSCHWITZ, LE PROCES DE FRANCFORT

4ba50a0ea8be1a37e6db0a7ff7890cf1.jpgJe ne veux pas me transformer en chroniqueuse télé, mais je dois reconnaître qu’en ce moment la moisson est riche. Hier soir – après le couplet admiratif sur le général Luo, héros de la Chine communiste – la chaîne câblée Histoire proposait à l’exécration des foules Auschwitz, le procès de Francfort : à Francfort, en décembre 1963, 350 témoins de 19 pays témoignent pendant vingt mois contre les tortures subies dans le camp d’extermination nazi d’Auschwitz.

Que les choses soient claires. Je n’ai aucune sympathie pour les sadiques nazis qui ont opéré à Auschwitz. Je n’en ai pas davantage pour les brutes bolcheviques qui ont opéré ailleurs. Je suis simplement fatiguée de voir éternellement les mêmes montrés du doigt et les mêmes escamotés, c’est tout. Et je considère qu’il y aurait, hélas, matière à bien d’autres procès intéressants et instructifs de l’autre côté de l’échiquier politique.

Pour en revenir au procès de Francfort, il permit, paraît-il, de faire découvrir au monde absourdi jusqu’où pouvait aller la haine d’autrui. Mouais… Dans ce cas, c’est qu’il n’avait guère été curieux jusque là, le monde… Et il continue d’ailleurs, comme si de rien n’était.

Ce fut en tout cas, juste après celui d’Eichmann (jugé à partir d’avril 1961, pendu en 1962), un procès à grand spectacle devant 150 journalistes venus du monde entier. Parmi les 211 survivants d’Auschwitz qui vinrent témoigner, figuraient 3 survivants des Sonderkommandos (SK), équipes de détenus juifs chargés de brûler les corps des victimes.

Il s’agissait de Milton Buki, affecté aux SK de décembre 1942 à l’évacuation du camp. Il vivait à Los Angeles au moment du procès et mourut en 1988. De Filip Müller, affecté aux SK également de 1942 à l’évacuation. Et de Dov Paisikovic affecté, lui, de mai 1944 à l’évacuation. Il vivait en Israël et mourut lui aussi en 1988.

Dans leur malheur, il faut reconnaître que ces témoins eurent quand même de la chance car il est généralement admis que les SK étaient systématiquement liquidés au bout de quelques semaines. Il faut donc admettre qu’il y eut des exceptions. Comme celle, d’ailleurs, de Shlomo Venezia, que j’évoquais en avril dernier au moment de la parution de son livre.

Si la tenue du procès de Nuremberg en 1945-46 dut beaucoup à l’opiniâtreté du Congrès Juif Mondial, le procès de Francfort dut énormément à celle du procureur général de Hesse, Fritz Bauer. Plus jeune juge d’instance d’Allemagne sous la République de Weimar, il sera démis de son poste en 1933, cumulant la double « tare » d’être membre du parti social-démocrate et juif. Il émigrera au Danemark en 1936 et rentrera en Allemagne en 1949 où il reprendra sa carrière juridique.

« Mais c'est également dans la lutte contre l'extrême-droite que Fritz Bauer intervint régulièrement. Un exemple a été son intervention lors d'une session organisée par les organisations de jeunesse de Rhénanie-Palatinat en octobre  1960. Son texte, intitulé  Les racines de l'action fasciste et national-socialiste  avait été imprimé pour être distribué dans la jeunesse. Le ministre des Cultes du Land interdit cette distribution dans tous les établissements d'enseignement classique et professionnel de son ressort. Bauer, dans la même logique, prit également position contre les phénomènes de xénophobie et l'antisémitisme latent en Allemagne. Inutile de dire qu'il dut subir de façon presque continue insultes et menaces. Il restera, sans aucun doute, une des grandes figures de la démocratie allemande en création. Le fait qu'il ait été initiateur du Procès Auschwitz de Francfort restera parmi ses mérites, et certainement non le moindre. » (source : www.fndirp.asso.fr )

C’est la plainte, en 1958, d’un ancien détenu d’Auschwitz qui lancera l’affaire. Dans un premier temps, elle ne rencontrera guère d’écho auprès du procureur général de Stuttgart. C’est le procureur Bauer qui prendra une relève énergique. Il choisira les juristes chargés de débrouiller ces dossiers compliqués. Il s’agira ensuite de réunir les preuves. Le Conseil central des juifs en Allemagne lancera un appel à témoignages et proposera un questionnaire. Finalement, plusieurs années vont s’écouler avant que le procès ne s’ouvre enfin, en 1963. Des plusieurs centaines de « coupables » originellement pressentis, 24 restèrent, dont 20 furent effectivement jugés.

Leur fonction au camp était des plus variées, d’adjoint au commandant en chef au kapo de base. Les peines le furent également : 6 seront condamnés à perpétuité pour meurtres, 11 auront des peines de prison allant jusqu’à 14 ans, 3 seront acquittés.