Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/05/2012

UNE TRADITION FAMILIALE

Marine Le Pen a donc déclaré hier sans surprise qu’elle voterait blanc au second tour, comptant bien entraîner à sa suite le plus possible de ses électeurs. Autant de voix que n’aura pas Sarkozy et la « droite ». Et donc, logiquement, autant pour Hollande et la gauche. Je ne mets pas de guillemets à gauche car elle au moins, a le (seul) mérite d’être vraie. Tandis que la « droite » …

 

Toujours est-il que cette position s’inscrit parfaitement dans la ligne traditionnelle du FN qui s’est toujours efforcé de favoriser la gauche. Il faut reconnaître qu’il avait à cela un certain nombre de raisons. Cette hostilité maladive de Le Pen envers la « droite » et son chef de file Chirac, avait été contestée par Bruno Mégret vers la fin des années 1990 et ce fut justement l’une des causes du clash.

 

Pour mémoire, avant d’aborder les présidentielles plus récentes, je rappellerai que dès 1965, l’extrême-droite appelait à voter Mitterrand au second tour. Tixier-Vignancour était alors candidat, Jean-Marie Le Pen était son directeur de campagne et comme Mitterrand, ils étaient farouchement antigaullistes.

 

Voyons à présent les élections qui virent JMLP participer, sauf en 1981 :

 

1974 : le FN a tout juste deux ans d’existence, ce n’est qu’un groupuscule. Voulant pourtant exister sur la scène politique, Le Pen se présente pour la première fois à cette présidentielle anticipée. Il ne fallait que 100 signatures à l’époque, qui lui seront facilitées par Jacques Dominati. L’objectif, en aidant à sa participation, était de récupérer le vote pied-noir pour Giscard, au détriment du gaulliste Chaban-Delmas.

Au 1er tour, Le Pen, illustre inconnu, obtiendra … 0,75% des voix. Il appellera à voter Giscard au second tour. Ce sera bien la seule fois.

 

1981 : cette fois, la barre est passée à 500 signatures (merci Giscard) que Le Pen n’obtient pas. Son mouvement, qui n’a pas encore opéré sa percée de 1983 (merci Mitterrand), est quasi inconnu. Au second tour sont présents Mitterrand et Chirac. Le Pen appelle à voter blanc ou à s’abstenir.

 

1988 : cette fois, le FN est en pleine ascension, grâce à la gauche qui s’en sert plein tube pour rester au pouvoir en divisant la droite (le miraculeux étant que ça marche toujours aussi bien). Le Pen a même un groupe de 35 députés à l’Assemblée. Et cette fois, il a eu sans problème ses signatures.

Tout grisé, il est persuadé d’arriver au second tour et de pouvoir battre Mitterrand. Dès mai 1987, il annonçait publiquement espérer un score d’au moins 20%. Il tombe donc de haut au soir du 24 avril 1988 : 14,38% des voix, il n’est que 4e derrière Mitterrand, Chirac et Barre.

C’est ce Chirac exécré qui est 2e. Au second tour, JMLP refusera de choisir « entre le pire et le mal ». Mitterrand sera réélu.

 

1995 : nouvelle déception. Le Pen arrive une nouvelle fois 4e avec 15% des voix, derrière Chirac, Jospin et Balladur. Au second tour, il déclare que « Chirac, c’est Jospin en pire », consigne à peine déguisée pour le vote « révolutionnaire ». Attitude qui creusera l’incompréhension au sein du FN, Mégret, le n°2 se tenant sur une ligne opposée. Chirac est néanmoins élu.

 

2002 : l’histoire est connue. En raison de la multiplication des candidats de gauche, Jospin est exclu du second tour, avec 16,18%. Le Pen fait 16,86% et Chirac 19,88%. Bruno Mégret faisant, quant à lui 2,34%,  l’extrême-droite totalisait cette année-là 19,20% des voix. Ce qui relativise fortement la « poussée historique » de la semaine dernière. Mais le système a ses raisons que la logique mathématique ignore …

Pour une fois, Le Pen n’aura pas de consigne à donner pour le second tour, où il termine à 17,79%. En clair, il n’aura récupéré qu’une grosse moitié des électeurs de Mégret. Et pas l’ensemble de l’ « extrême-droite ».

 

2007 : le fringant Sarkozy et ses promesses mirobolantes étant passées par là, Le Pen (à près de 80 balais) termine, on le sait, à 10,44%, encore en 4e position derrière Sarkozy, Royal et Bayrou. Au second tour, il appelle à voter blanc ou à s’abstenir.

 

Au FN, comme souvent ailleurs du reste, tout change et tout est toujours pareil.

29/03/2012

PEUPLE ELU/PEUPLE ELECTEUR : NE BOXENT PAS DANS LA MEME CATEGORIE

Dans l’esprit de pas mal de gens, on dirait que la hiérarchie est toujours la suivante, dans l’ordre : Dieu (oui, quand même …), ensuite le peuple élu (les juifs) et pour finir, les damnés de la terre (tous les autres, quoi).

 

Remarquez, ça doit être très réconfortant de pouvoir y croire. Mais juste un peu fatigant pour les autres…. Le MJLF, dont il est question plus bas,  c’est le Mouvement juif libéral de France. Il y a des rabbines qui y officient.

 

 

aumjlf.jpg

 

 

« CETTE SEMAINE AU MJLF : "Peuple élu, peuple électeur ?"

Echanges, entre le rabbin Delphine Horvilleur et Jacques Attali     -Beaugrenelle,  Jeudi 29 mars 2012 de 19h à 21h 

Dieu a élu le peuple juif, le peuple français élit son président…

 

 

 

« Car tu es un peuple saint pour le Seigneur ton Dieu et c’est toi que le Seigneur a choisi pour lui être peuple d’élection d’entre toutes les nations qui sont sur la surface de la terre (Deutéronome 14, 2).

  

En pleine campagne électorale, à moins d’un mois du premier tour des élections présidentielles en France que recouvre la notion de peuple élu ? Et celle de peuple électeur ? Mettre en miroir ces deux situations pour éclairer les enjeux et les significations de l’élection ; c’est autour de cette thématique que s’engagera un dialogue entre Jacques Attali, parfait connaisseur du monde politique et des textes bibliques, et le rabbin Delphine Horvilleur.

 

Avec participation aux frais

 

 

 

     Cet événement est ouvert au public sur inscription."

 

Source: http://www.crif.org/fr/agenda/le-rabbin-delphine-horville... 

 

 

J'espère que quelqu'un aura l'idée de demander à Attali ce qu'il pense des récents événements de Toulouse. Lui qui ne rate jamais une occasion de la ramener, il est resté bien silencieux sur la question. Pourtant, lui aussi, il a une bonne dose de responsabilité dans l'affaire (voir archives du blog, colonne "L'énarchie dans toute sa nuisance")

16/03/2012

CA VOUS ETONNE ?

« News: ISRAELVALLEY - MARINE LE PEN PEUT CHANTER : SA PÊCHE MIRACULEUSE A JERUSALEM A SORTI DE L'ANONYMAT UN ILLUSTRE INCONNU.

 

Sylvain Semhoun, le numéro 500 de Marine Le Pen.

 

Par Daniel Assayah (Tel-Aviv)

Publié le 16 mars 2012

imagesCA509Q4R.jpgSylvain Semhoun est devenu grâce a un geste spectaculaire le “bon juif de Le Pen”. L’homme a changé de camp. Lors des dernières élections il avait soutenu avec acharnement et dévotion le candidat UMP. Il avait même été à l’origine de la création d’un timbre à l’effigie de Sarkozy !

Dans IsraelValley notre titrage était le jour de la victoire de l’actuel Président-candidat : “Record du Monde pour Nicolas Sarkozy en Israël qui a remporté sa plus belle victoire avec un record absolu de votes en sa faveur (90,7 %)”. Les temps ont changé.

Juif et franco-israélien Semhoun habite Jérusalem. Je l’ai rencontré chez l’Ambassadeur de France en Israël lors d’une réunion semi-publique. Il est d’un naturel souriant et affable. Son geste inexplicable est suicidaire surtout dans un pays où les habitants ont une mémoire infaillible. Il piétine ainsi, sans se soucier du lendemain, les efforts des juifs de France pour combattre le FN. Le grand Rabbin de France doit être atterré. Le Président du CRIF est certainement sous le choc.

Semhoun est bien élu de l’Assemblée des français de l’étranger pour la circonscription d’Israël. C’est bien lui qui est venu apporter à Marine Le Pen la signature numéro 500. Il est celui aussi qui par son geste maltraite l’image des juifs Français d’Israël.

Grâce à lui Marine Le Pen aura obtenu son passeport pour figurer dans la short list des présidentiables. Ecoeurant. Dans un article paru dans JSS il argumente (voir ci-dessous). Cet homme est en fait la caricature de certains Français d’Israël qui viscéralement portent en eux la haine des musulmans de France et ont décidé de voter pour l’innommable.

ISRAELVALLEY PLUS

Sylvain Semhoun dans Aroutz 7 : "Je suis délégué de l’Assemblée des Français de l’étranger depuis de nombreuses années. En cette qualité, je suis habilité à signer comme les maires pour les candidats aux présidentielles. Sarkozy que j’ai soutenu, pour qui je me suis démené afin que 90% des suffrages en Israël aillent pour lui en 2007. Là mon action était souhaitable et personne ne voyait à y redire, que je suis Juif et résidant en Israël, mais quand je signe pour une candidate sans pour autant la soutenir, afin de permettre à ce que 8 millions de Français puissent avoir le droit élémentaire d’élire qui ils le désirent, là le délégué Franco-Israélien que je suis, habitant à Jérusalem, ça ne va plus?

Sarkozy a tenu des propos intolérables envers Netanyahou en le traitant de menteur. Il a même voulu lui dicter de ne pas prendre Lieberman comme ministre. En Israël, on donne la possibilité à la population arabe d’élire qui elle veut et même des députés qui s’évertuent à miner la légitimité d’Israël et à se liguer avec ses ennemis, parce qu’Israël est une vraie démocratie. Voilà la leçon de démocratie qui vient d’Israël et dont je me suis fait le vecteur, que des millions d’électeurs français puissent élire leur candidat !" ».

 

Source: http://www.israelvalley.com/news/2012/03/16/35171/israelvalley-marine-le-pen-peut-chanter-sa-peche-miraculeuse-a-jerusalem-a-sorti-de-l-anonymat-un-illustre-inconnu-sylvai

16/02/2012

TABOU

Les médias-Pravda n’évoquent pas l’hypothèse d’une possible cohabitation en 2012. Ils craignent beaucoup de donner de mauvaises idées aux Français. Et pourtant, l’idée risque de leur paraître plutôt séduisante, s’ils parviennent à y penser tous seuls.

Finalement, les Français ont survécu – et plutôt bien – à trois épisodes récents qui ont vu, par la force des choses, un rééquilibrage des pouvoirs : de 1986 à 1988, Mitterrand président, Chirac premier ministre ; de 1993 à 1995, Mitterrand toujours président, Balladur premier ministre ; de 1997 à 2002, Chirac président, Jospin premier ministre.

 

Or, les Français, même ceux qui ne l’expriment pas clairement de cette façon, se méfient des politiques et en ont assez de voir trop de pouvoir concentré entre les mains d’un seul homme. Le pouvoir rend fou, c’est bien connu. Mais surtout, il ne rend pas plus intelligent. Ni plus capable.

 

Donc, pourquoi pas une cohabitation ? Or, si les médias officiels du système se gardent bien d’évoquer la chose, sur Internet, on n’a pas ces pudeurs et on en cause passablement depuis décembre dernier.

J’ai fait le tour des sites et tous, je dis bien tous sans exception, du moins à ma connaissance, ne parviennent à envisager dans ce cas de figure qu’une seule possibilité : la réélection de Sarkozy et la victoire de la gauche aux législatives suivantes. Et tout le monde brode avec délectation sur ce scénario.

 

Curieux. Moi, j’imagine au contraire un autre scénario fort possible lui aussi : les Français qui ne peuvent pas sacquer Sarkozy et ont des boutons à l’idée de l’avoir encore pendant cinq ans, se débarrassent de lui. Première priorité. Quitte à élire Hollande à la place. Et dans la foulée, le mois suivant, ils élisent une assemblée nationale de droite, histoire d’empêcher la gauche de faire trop de dégâts. Et de rétablir l’équilibre.

 

On m’objectera que c’est demander beaucoup de subtilité aux Français. Or là, nous ne sommes plus dans le domaine de la raison, mais de l’instinct d’un peuple, que le ras le bol des politiques de tous poils peut conduire à trouver tout seul des solutions un peu originales pour leur limer les dents.

On m’objectera encore les possibilités de nuisance du FN. Mais… patience, nous verrons bien.

En tout cas, ce scénario, inédit, me paraît au moins aussi plausible que son contraire.

01/06/2011

LES MOTS ME MANQUENT TANT L’EMOTION M’ETREINT

Oui, j’avoue avoir été émue aux larmes en lisant ce qui suit. Quelle  abnégation ! Quelle générosité !! Quel don de soi-même à la FRANCE !!! Non, vraiment, la classe politique n’est pas aussi pourrie qu’on veut bien le dire. Il reste encore de grands visionnaires prêts à payer de leur personne pour sauver ce bon vieux pays et ses cornichons de ressortissants.

 

Allez, respirez un grand coup et voyez plutôt ce que nous révèle le site Guysen:

 

« Alain Juppé prêt à se présenter si Nicolas Sarkozy n'est pas candidat

 

Alain Juppé, qui entame aujourd'hui une visite en Israël, a déclaré qu'il se présenterait à l'élection présidentielle de 2012 en France si jamais Nicolas Sarkozy n'était pas candidat. "Je pense qu'aujourd'hui le meilleur candidat pour ce que j'appelle notre famille majoritaire, c'est Nicolas Sarkozy", a dit le ministre des Affaires étrangères. "Si, pour des raisons qui aujourd'hui sont hautement improbables et que je ne souhaite pas, il n'était pas en mesure de se présenter, voilà, je tenterais ma chance", a-t-il ajouté ».

 

 

C’est beau, c’est noble, c’est émouvant de grandeur retenue. Evidemment qu'il ne le souhaite pas! En voilà une idée! C'est juste pour le cas évidemment catastrophique où "le meilleur candidat" se verrait malencontreusement obligé de renoncer... Sait-on jamais, après tout? Une pulsion de travers et on se retrouve au trou. Ca va vite, de nos jours.

 

Je n’ajouterai rien, si ce n’est que les cornichons ci-dessus mentionnés ont peut-être plus de mémoire que ne se figure ce bon Juppé. Juste une anecdote pour situer le personnage : en 1997, il se trouvait que pendant la campagne des législatives, j’étais la suppléante d’un député (je vous jure que je ne me souviens plus de son étiquette, apparenté RPR je crois, mais il était avec Madelin, bref c’était dans une vie antérieure) et Juppé était venu nous « soutenir ». C’était une catastrophe, les gens le détestaient tellement qu’il fallait quasiment raser les murs. A côté de ça, et pour arrondir les angles, ce bon Juppé était d’une hauteur, d’une arrogance et d’une morgue assez remarquables. L'ENARQUE dans toute sa splendeur. Il m’avait fait une très forte impression.

 

juppe.jpg

26/08/2010

ET LA FRANCE DANS TOUT CA ?

Les couteaux commencent à s’aiguiser pour la prochaine présidentielle et la désinformation bat déjà son plein. Se retrouver avec DSK à la place de Sarkozy, vous parlez d’un changement ! Le seul qui oserait se démarquer du philosionisme militant apparemment obligatoire pour qui veut grimper au sommet de l’Etat (pour y faire quoi, une fois arrivé là ? question totalement secondaire) ce serait Villepin. C’est pourquoi la presse-Pravda du système lui tombe sur le paletot avec un bel ensemble. Et ce n’est qu’un début.

Vous lirez ci-après un article paru dans Le Point, présenté par le site JSSNews, que nous connaissons bien pour son approche particulièrement sérieuse et mesurée dès qu’il s’agit d’Israël.

Notez bien que je me contrefiche de Villepin. Il est dans le système et moi pas. Seulement, il présente une certaine originalité, rafraîchissante pourrait-on dire. Et je suis curieuse de voir comment il exécutera le grand écart obligatoire entre les musulmans à satisfaire et les électeurs « de droite » qu’il faudra séduire dans le même temps.

Vous apprécierez la qualité des cautions qui ont été appelées à la rescousse dans l’article du Point : Frank Melloul, Francis Szpiner, Elie Barnavi, Richard Prasquier, Alain Finkielkraut. Tous ces gens-là seraient horrifiés de voir Villepin accéder au sommet de l’Etat et ils feront tout pour le déboulonner. De quoi le rendre tout de suite un peu plus sympathique.

En tout cas une chose m’a frappée : juifs ou musulmans, tous n'ont l’air de ne juger des choses et des gens qu’en fonction de leur conflit perso. L’intérêt général du pays? Totalement évacué. Hors sujet.

Autre chose : on ne se gêne pas ci-après pour parler de « racaille ». En oubliant totalement que cette « racaille » n’est pas vraiment venue toute seule. Certains (mais qui donc ?) lui ont ouvert toutes grandes les portes. Qui font mine de l’oublier aujourd’hui.

« Dominique de Villepin, nommé ambassadeur de la racaille »

« Anna Cabana, journaliste au Point, vient de publier un article criant de vérité sur celui que JSSNews à déjà dénoncé pour des faits similaires. Dans l’article mis en ligne ce jour, la journaliste explique comment Dominique de Villepin se fait ambassadeur de la Palestine en France pour devenir Calife à la place du Président. Dans son enquête, Anna Cabana ne manque pas de rappeler que ceux qui applaudissent Guignol, sont aussi ceux qui baissent la tête quand ce dernier, dans un exercice d’équilibriste, tente de rappeler la mémoire de Dreyfus. Elle souligne également que ce sont ces même personnes qui qualifient “Sarkozy aux juifs et à l’argent”. Clichés ? Pas pour Dominique de Villepin visiblement qui à décidé que son cheval de bataille en politique extérieur serait le soutien inconditionnel à la cause de l’anti-sionisme.

L’article du Point : Comment Villepin enflamme les cités

“Que ne faut-il dire ou laisser dire pour se faire applaudir au Val-Fourré ? “ Quand le villepiniste Hervé Mariton a posé cette question importune, lors de la petite réunion conduite par Dominique de Villepin en présence des quelques parlementaires proches de lui, ça a jeté un froid. Nul n’a répondu au député de la Drôme. Blanc. Malaise.” La posture de Dominique est une des raisons de ma prise de distance avec lui “, expose Mariton, qui a boudé le lancement de République solidaire, le 19 juin. L’élu a toutefois relevé que Villepin avait pris soin, dans son discours, d’évoquer Dreyfus.” Le problème, pour ce type de référence comme pour sa tribune dans Le Monde [NDLR : daté du 5 juin],c’est que, désormais, on se demande s’il ne fait pas ça uniquement afin de rééquilibrer les choses… ”

Les choses ? Les mots, plutôt. Ceux qu’il a prononcés, à la suite de l’arraisonnement de la flottille en route vers Gaza, le 31 mai, sur le plateau de ” Mots croisés ” (France 2), quand, après avoir vertement condamné” la politique de force menée par Israël sans rapport avec la défense de sa sécurité “, il a fini par invoquer la mémoire de ” notre ami Mahmoud Darwich “, cet antisioniste de renom, et par déclamer un vers du poète : ” “Sur la corde à linge, il y a les mouchoirs du sang trop versé. ” Ce sang-là, a grondé Villepin,il continue de goutter dans les coeurs de tous les Palestiniens. Ecoutons Mahmoud Darwich ! “ Une exhortation grandiloquente qui a de facto promu l’ancien Premier ministre ambassadeur émotionnel de la Palestine.

Les mots, ce sont aussi ceux qu’il n’a pas prononcés, le lendemain, à Mantes-la-Jolie, quand le recteur de la grande mosquée, Ali Berka, non content de l’avoir congratulé -” Hier, mes amis et moi étions heureux de vous entendre. Vous avez si bien cité Darwich ! “-, a déclaré que ” jamais un gouvernement n’a été aussi pro- israélien que celui de Nicolas Sarkozy “. Silence radieux de Villepin. Quelques heures plus tard, au micro de Lahbib Eddaouidi, sur la radio LFM, il ne s’évertuera pas davantage à apaiser les esprits.” C’est Israël qui agresse, qui assassine des populations civiles”, accuse l’intervieweur. L’ancien Premier ministre ne dit pas non. Il ne dit pas stop. Le grand diplomate qu’il n’a jamais cessé d’être aurait pu glisser quelques mots pacificateurs : ” Je comprends votre émoi, mais vous y allez un peu fort. ” Non, il martèle : ” Israël bafoue les droits de la population palestinienne et le droit international. C’est inqualifiable, totalement injustifiable. “ Lahbib Eddaouidi n’en attendait pas tant. La première fois qu’il a eu l’heur de parler à Villepin, c’était le 31 mars, à l’occasion d’une rencontre avec des élus et des acteurs associatifs des quartiers, au Café de la place, dans le 18e arrondissement de Paris. Ce jour-là, le jeune homme était méfiant : ” Quand Sarkozy s’en est pris à la banlieue, vous, monsieur le Premier ministre, vous avez demandé à Azouz Begag de fermer sa gueule ! “ Aujourd’hui, le ton a changé.” Le type est intéressant “, reconnaît-il.” Pour moi, c’est le meilleur, le plus proche de chez nous “, loue en écho Abdellah Boudiaf, vice-président de l’association Alif à Elancourt (Yvelines).

Il est grisé, Villepin, par les youyous qui scandent ses virées dans les quartiers, par la ferveur de cette jeunesse en mal de leadership politique. C’est Ahmed qui, après avoir enlevé sa casquette pour lui serrer la main, proclame : ” Sarkozy aime les juifs, on a besoin de quelqu’un qui aime les musulmans, heureusement que Villepin est là ! “ ; c’est Malika, brunette aux yeux de Bambi, qui l’apostrophe : ” A l’Onu, vous avez dit niet ! Et maintenant à Israël ! Enfin un politicien qui condamne clairement l’Etat sioniste ! Bravo ! “ C’est le recteur Ali Berka, encore lui, qui s’enflamme : ” Quand un homme portera les valeurs qui nous paraissent manquer aujourd’hui, les musulmans sortiront de leur tanière. Pas seulement ceux qui sont ici, mais partout, tout autour, les organisations… “ Air entendu.” On se retrouvera ! “ promet-il à celui qui entend briguer la magistrature suprême. En plus du thé à la menthe offert par son hôte, Villepin boit du petit-lait : ” Merci de votre sagesse. “” Sagesse “. Etait-ce le mot idoine ?

” Politique du pire “.” Entre 2005 et 2007, Sarkozy était communautariste et Villepin non, affirme Mariton. Aujourd’hui, il devrait faire un peu attention. “ Ils sont quelques-uns, parmi ses proches, à l’avoir mis en garde.” Il faut contrôler ses effets “, lui a recommandé un ex-collaborateur dans une note circonstanciée. Frank Melloul, son ancien conseiller en communication, fidèle entre les fidèles, s’est démarqué, le 23 juin, sur les ondes de RCJ, la Radio de la communauté juive : ” Je ne peux que regretter la tonalité des propos tenus par Dominique de Villepin sur Gaza. J’aurais souhaité de sa part un peu plus de retenue, et je le lui ai dit. Je les regrette d’autant plus qu’il a été l’un de ceux, ces dernières années, qui ont le plus contribué au rapprochement franco-israélien. Quand on défend la cohésion nationale, on doit faire attention à ce genre de choses. “ Il n’est pas anodin que Melloul, l’un des meilleurs agents d’influence de Villepin auprès des journalistes, ait accepté l’offre du camp ennemi : une mission sur le développement de la France dans le monde que lui a confiée Xavier Bertrand, le secrétaire général de l’UMP.” Villepin joue la politique du pire sur le conflit au Moyen-Orient “, déplore de son côté l’avocat chiraquien Francis Szpiner. Même Elie Barnavi, l’ancien ambassadeur d’Israël en France, qui a noué avec Villepin des relations ” amicales “, s’étonne : ” Il fait un très mauvais calcul politique : ce n’est pas dans les banlieues que l’on bâtit une carrière d’homme d’Etat. “ Ce qu’un éminent conseiller de Sarkozy formule autrement : ” Villepin a des zones aveugles : vous ne pouvez pas être un candidat de la droite en couchant trop avec la racaille. “ Et Aziz Senni, entrepreneur au Val Fourré engagé au Nouveau Centre, de renchérir : ” Ça se saurait, s’ils votaient ! Pourquoi l’effet Dieudonné n’a rien donné dans les urnes ? Pourquoi Besancenot n’a pas réussi à capter ces voix-là alors qu’il avait un discours beaucoup plus juste encore que Villepin sur Israël ? “ Encore faudrait-il en convaincre Brigitte Girardin, la secrétaire générale de République solidaire.” Tu peux être élu par les banlieues ! “ répète-t-elle désormais à son grand homme.

” Dans les cités, on se mobilise pour lui car c’est le seul qui ne nous a pas stigmatisés “, certifie Azzedine Ouis, conseiller municipal à Corbeil-Essonnes et désormais chargé du réseau associatif de République solidaire.” J’ai regardé l’organigramme de son mouvement sur Internet et je n’ai pas vu de gens qui me ressemblent ! “ regrette pourtant Mohamed Chanaï, président d’une association dans le 9-5. A entendre cet homme qui fut candidat aux dernières municipales à Argenteuil sous les couleurs du Parti des musulmans de France, l’état-major de Villepin ne serait composé” que de Gaulois ! “ Il n’empêche, Chanaï est convaincu que le rival de Sarkozy ” va avoir beaucoup d’électeurs en banlieue, c’est acquis. Il a une vraie popularité auprès de ces jeunes qui ont oublié qu’en 2005 il a décrété un couvre-feu chez eux ! ”

Capuche.” Ils ” ont fait le déplacement le 19 juin, en tout cas. Et en masse. Vers 15 h 30, tandis que, sur la scène, l’ancienne secrétaire générale de Ni putes ni soumises, Bouchera Azzouz, animait le prélude au discours de Villepin, des dizaines et bientôt plusieurs centaines de jeunes gens à casquette et capuche accompagnés d’une poignée de femmes voilées ont jailli des rames de métro pour entrer en sautillant dans la halle Freyssinet avec, dans les mains, des banderoles faites maison – taillées dans des draps et taguées à la bombe.” Respect pour De Villepin ! ” (sic), pouvait-on y lire. Cette traînée d’exubérance s’est vite répandue dans la grande salle du 13e arrondissement de Paris, jusqu’à encercler les ” Gaulois ” à chemise Vichy qui, depuis 14 heures, avaient pris place sur les chaises. Une coexistence rare dans une réunion politique. Nordine, 20 ans, n’a jamais voté, mais là,” c’est différent “.” De Villepin est un Monsieur avec un grand M. Il représente bien le Français qui oeuvre pour la paix, pas comme Sarko, qui a choisi son camp : Israël et l’argent ! “ Il n’a pas applaudi quand l’ancien Premier ministre a rappelé” l’injustice faite à un petit capitaine de l’armée française parce qu’il était juif “, mais il a bondi de joie quand le même a pourfendu ” ce gouvernement qui instrumentalise la peur de l’islam. Je me suis déjà élevé contre cet engrenage de la peur qui a conduit à la guerre en Irak. C’est la même logique de la peur qui règne aujourd’hui au Proche-Orient “. Et de hurler son soutien, quelques minutes plus tard, tandis que Villepin tonnait : ” N’oublions pas, parmi les enfants de notre pays, les fils et petit-fils d’immigrés. On voudrait qu’ils renoncent à une partie d’eux-mêmes, comme expulsés de leur propre vie.

Les enfants de banlieues sont la cible de Villepin, son public.” S’il n’avait pas fait ce choix tactique, il n’aurait pas rempli la halle Freyssinet, estime l’un de ses amis. Mais ces gamins, il ne faut pas qu’il les excite ! “ Difficile pour Villepin de résister à la tentation de camper, sur ce terrain-là aussi, l’anti-Sarkozy… A fortiori depuis que le président de la République ne peut plus, sans heurts, mettre un pied en banlieue.” Villepin aiguise toutes ses différences avec Sarkozy, relève joliment Barnavi. S’inscrivant dans la filiation gaullienne, il est moins spontanément favorable à Israël que le chef de l’Etat, qui est à la fois philosémite et philosioniste. “ Quoique n’ayant pas oublié” le rôle de Villepin, quand il était à Matignon, dans l’amélioration des relations franco-israéliennes “, le président du CRIF, Richard Prasquier, est ulcéré, désormais : ” Villepin appartient à cette tradition française où le romantisme du discours s’accompagne d’une très classique fascination pour l’Orient et ses grandes étendues désertiques, mais aussi d’une bonne dose de cynisme : il y a plus à gagner avec les musulmans qu’avec les juifs. “ Une ” conduite politique en état d’ivresse “- l’expression est d’Alain Madelin — qui alarme un autre Alain, philosophe, celui-là : Finkielkraut (voir interview).

Contacté par Le Point, le principal intéressé n’a, lui, pas souhaité commenter. A l’Elysée, les vigies du sarkozysme guettent l’” immanquable dérapage de ce Lawrence d’Arabie sans turban. Il n’est pas assez rompu à la politique pour savoir éviter d’être instrumentalisé “. Au printemps, peu avant le grand meeting inaugural, ses proches avaient pris des contacts en vue d’organiser à Argenteuil une réunion avec Tariq Ramadan autour de ce thème : ” Etre musulman en République “. Le théologien décrié avait donné son accord, ne restait plus qu’à fixer la date. Villepin a renoncé. Le début d’une prise de conscience ? »

Source : http://jssnews.com/2010/08/23/dominique-de-villepin-nomme...

18/04/2010

MANIP, INTOX ET CALEMBREDAINES A TOUS LES ETAGES

Vendredi 16 avril, je lisais :

 

« Sondage: 65% des Français ne veulent pas que Nicolas Sarkozy soit candidat en 2012 »

 

« PARIS (AP) — Deux tiers des Français (65%) ne souhaitent pas que Nicolas Sarkozy se représente à la présidentielle de 2012, selon un sondage BVA pour "La Matinale" de Canal+.

Ils sont 33% à plaider pour une candidature du chef de l'Etat, alors que 2% des sondés ne se prononcent pas.

Par ailleurs, 82% des personnes interrogées pensent qu'il sera candidat à sa succession. Seize pour cent pensent le contraire et deux pour cent ne se prononcent pas.

 

Interrogés sur les alternatives à droite pour 2012 au cas où Nicolas Sarkozy ne serait pas candidat, 33% des Français citent le Premier ministre François Fillon, devant l'un de ses prédécesseurs, Dominique de Villepin (31%). Le maire de Bordeaux Alain Juppé arrive en troisième position (21%), devant le chef de file des députés UMP Jean-François Copé (11%). Quatre pour cent ne se prononcent pas.

 

Sondage réalisé par Internet du 13 au 15 avril auprès d'un échantillon de 1.036 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. AP

 

Source :  http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/politique/20100416.FAP8828/sondage-65-des-francais-ne-veulent-pas-que-nicolas-sarkozy-soit-candidat-en-2012.html

 

 

Le même jour, de 65%, ça passait à 57% ailleurs (au Figaro, pour être précis, mais repris de France Soir qui avait commandité, et payé, un autre sondage, justement dans les mêmes jours):

     « 57% des Français ne veulent pas que Sarkozy se représente »

 

« Dix jours après la défaite de la majorité présidentielle aux régionales, la popularité du chef de l'Etat atteint sa cote d'alerte.

 

Sondage après sondage, l'image de Nicolas Sarkozy se dégrade dans l'opinion publique. Mardi, c'est une enquête Ipsos pour France-Soir qui indique qu'une majorité de Français est hostile à l'idée que le chef de l'Etat brigue un second mandat en 2012. Interrogés pour savoir si «personnellement» ils souhaitent que Nicolas Sarkozy se représente à la présidentielle, 57% des sondés répondent non. Seuls 32% disent oui et 11% ne se prononcent pas. Des résultats venant confirmer ceux d'une autre enquête Ipsos publiée la semaine dernière. Le président de la République semble toutefois conserver le soutien de son électorat de 2007, 72% des sympathisants UMP interrogés disant souhaiter sa candidature à la prochaine présidentielle.

 

Il n'en demeure pas moins que le chef de l'Etat semble payer au prix fort la défaite de son camp aux régionales. Dans un autre sondage Ipsos diffusé lundi, sa cote de popularité dégringole de sept points en un mois à 32%, son score le plus bas depuis son accession à l'Elysée. Même tendance dans le baromètre mensuel Ifop publié dimanche : Nicolas Sarkozy perd six points de popularité à 30%, enregistrant là aussi son plus mauvais résultat depuis son élection en mai 2007.

«Plus mal que de Gaulle, Pompidou ou Giscard»

Un recul également confirmé par un sondage LH2 diffusé lundi sur le site du Nouvel Observateur : la popularité de Nicolas Sarkozy baisse de quatre points sur un mois à 35% d'opinions positives, son niveau le plus bas depuis juin 2008. Sept Français sur dix estiment notamment que le chef de l'Etat n'a pas tiré les leçons des élections régionales des 14 et 21 mars, selon un sondage Harris Interactive pour RTL diffusé vendredi dernier.

Selon le politologue Jean-Luc Parodi, qui parle de «crise de confiance» atteignant «le pouvoir en place», Nicolas Sarkozy se rapproche des records d'impopularité de la Ve République. Il «fait plus mal que de Gaulle, Pompidou ou Giscard dans leurs moins bons jours, mais (…) il n'atteint cependant pas encore les records de Jacques Chirac (27% en novembre 1995, novembre 1996 ou juin 2006) ou de François Mitterrand (26% en novembre 1986 et 22% en décembre 1991)».

 

 

Source :  http://www.lefigaro.fr/politique/2010/03/30/01002-20100330ARTFIG00450-57-des-francais-ne-veulent-pas-que-sarkozy-se-represent-.php

 

 

C’était mal barré, mais les miracles arrivent. La preuve :

 

 

« Sarkozy en tête des prétendants de droite pour 2012, selon Ifop »

 

« PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy arrive en tête des personnalités de droite dont la candidature est souhaitée pour 2012, suivi par Dominique de Villepin, selon un sondage Ifop pour le Journal du dimanche diffusé samedi.

 

Selon cette enquête, 20% des Français souhaitent la candidature le chef de l'Etat, contre 13% pour l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin et 8% pour l'actuel chef du gouvernement François Fillon.

 

La candidature d'Alain Juppé, lui aussi ancien Premier ministre, est souhaitée par 5% des personnes interrogées, devant le président du MoDem François Bayrou (3%) et Marine Le Pen, vice-présidente du Front National (2%).

 

Ce sondage a été réalisé du 15 au 16 avril auprès d'un échantillon de 956 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. »

 

 

On ne prendrait pas un peu les Français pour de bonnes pommes ? On croit vraiment qu'ils n'ont pas d'autres soucis que ces sondages bidon? Peut-être qu’on ne se rend pas vraiment compte, là-haut, qu’à force de leur avoir fait avaler des tonnes de couleuvres, ils sont arrivés à la limite de l’indigestion ? De l’exaspération ? Du désespoir ? Et du désespoir à la révolution, il n’y a finalement plus tellement loin…

Je suggère un sondage sur le sujet. Chiche que le résultat serait décoiffant.

 

25/04/2007

Election présidentielle : les raisons de l’échec programmé de Le Pen...

medium_images.34.jpgRobert Spieler, président d’Alsace d’Abord, analyse en ces termes la campagne et les résultats du FN :

« Député du Front National de 1986 à 1988, j’avais décidé de quitter ce parti en 1989 pour créer le mouvement régionaliste Alsace d’Abord. Je l’ai quitté car j’étais en désaccord avec une dérive (déjà) jacobine et aussi parce que je n’acceptais pas le mode de fonctionnement de ce mouvement.

J’ai bien connu Jean-Marie Le Pen. Formidable orateur, courageux et doué souvent d’intuitions fulgurantes, doté d’un charisme exceptionnel, il sut rassembler, avec à ses côtés Jean-Pierre Stirbois, en 1984, toutes les forces nationales et identitaires. Ses défauts sont à la hauteur de ses qualités : jugeant les hommes à l’aune de leur servilité à son égard, écartant ceux qui ont l’audace d’exprimer des désaccords, pratiquant le népotisme et le clanisme, incapable de prendre de la hauteur quand les circonstances l’exigeaient, il refusa de construire un parti structuré et rassembleur, doté d’un vrai centre de formation de cadres, organisé sur le terrain, condition sine qua non d’une implantation durable.

Je lui conserve, malgré tout, mon respect. Mais j’exprime aussi mes regrets quant au rôle historique qu’il aurait pu jouer et qu’il n’a pas su jouer. J’ai, depuis 1989, observé un devoir de réserve. Par respect pour des amis qui sont restés au FN, et aussi parce que je ne fais pas partie de ceux qui « crachent dans la soupe » et qui croient se faire pardonner par l’adversaire en insultant ceux qu’ils ont soutenu hier.

Les cinq raisons de l’échec de Le Pen :

Je vous propose mon analyse de la chute programmée du Front National et de Le Pen.

Marine Le Pen, Louis Aliot (Secrétaire général) et un petit clan, dont Alain Soral qui se définit comme marxiste, avaient pris le contrôle de la campagne présidentielle de Le Pen. Ils portent une responsabilité majeure dans cet effondrement. Certes, Sarkozy a mené une excellente campagne, certes il a su faire un hold-up sur certains thèmes du Front National que Le Pen abandonnait au même moment... Certes...

 1- L’absurde positionnement « républicain »…

Je n’évoque évidemment pas la République comme mode d’organisation institutionnelle, que peu de citoyens contestent, mais la République issue de la Révolution et qui fut responsable notamment du génocide vendéen. Lancer sa campagne présidentielle à Valmy, c’était pour le moins rendre hommage à une Révolution massacreuse qui fut à l’origine des Etats-Nations et de toutes les guerres civiles européennes qui ensanglantèrent les XIXe et XXe siècles, entraînant des dizaines de millions de morts et l’affaiblissement peut-être définitif de l’Europe.

Rendre hommage à Clémenceau, que j’ai qualifié dans un récent article sur mon blog, de « géniteur d’Hitler », était une faute. Clémenceau, en refusant en 1916 les offres de paix de l’Autriche-Hongrie, mena au massacre plusieurs centaines de milliers d’Européens avec les conséquences désastreuses que l’on connaît. Le Pen, prenant à son compte ces symboles, tant de la gauche que de la droite dite « républicaine », il ne fallait pas s’étonner que les électeurs appliquent l’adage qu’il affectionne et préfèrent l’original à la copie.

Quitte à voter « républicain », un quart des électeurs du FN ont voté Sarkozy.

 2 - Chercher les voix chez les immigrés : une stratégie suicidaire…

L’erreur majeure de Le Pen fut de tenter d’aller chercher ses voix dans les banlieues. Pas auprès des « petits blancs » qui lui ont toujours apporté massivement leurs suffrages. Non ! Il préféra s’adresser aux « jeunes » et aux personnes « issues de l’immigration » auxquelles il lança un appel sur la dalle d’Argenteuil, les qualifiant de « branche de l’arbre France ».

Quant à l’affiche avec la beurette, voilà encore un bel exemple d’erreur de communication. Croire que les jeunes issus de l’immigration se précipiteraient dans les bras de Le Pen procédait  d’une suicidaire illusion. Les électeurs du FN et les identitaires veulent une Alsace alsacienne, une France française et une Europe européenne. Ils ne veulent pas d’une Alsace turque, d’une France algérienne ni d’une Europe africaine. C’est même le fondement de leur combat et de leur engagement, le plus grand dénominateur commun de toutes les sensibilités identitaires, fussent-elles nationalistes, régionalistes, européennes, chrétiennes, royalistes, etc…

Il était suicidaire de prendre ainsi son électorat à contre-pied, et de nombreux électeurs ont préféré voter Sarkozy, interdit de séjour à Argenteuil pour cause de propos « kärchérisateurs », que Le Pen qui recueillait sans sourciller les youyous des femmes maghrébines.

A ceux qui, au bureau politique du FN réuni au lendemain du premier tour, formulaient quelques critiques quant à la stratégie menée, Farid Smahi, proche de Marine Le Pen,  rétorqua « Vous êtes des fascistes, vous êtes des racistes »… Cherchez l’erreur…

 3 - Marine, l’adversaire du régionalisme…

La troisième erreur majeure de Le Pen fut de tolérer que sa fille Marine tienne des propos insultants à l’encontre de ceux qui défendent des identités régionales: « Le bilinguisme, un danger pour l’unité de la République ! » et son secrétaire général, Louis Aliot, qui n’hésita pas à comparer le « communautarisme musulman » au « communautarisme » alsacien. Les Alsaciens ont apprécié : le FN s’effondre de 10 points.

On n’insulte pas impunément une identité enracinée, d’autant que, comme je l’ai démontré dans un article paru dans la revue Synthèse Nationale « Europe, Etats, Nations, quel avenir ? » (N°3, printemps 2007) à consulter sur mon blog ( www.robert-spieler.net  ), il n’y a pas contradiction entre l’attachement à sa Petite Patrie, à la nation France et à l’espérance d’une Europe de la puissance.

4 - L’insincérité de l’Union patriotique…

La quatrième raison de cet échec réside dans le bluff que fut l’appel à l’Union patriotique. L’idée était au demeurant excellente : rassembler toutes les forces nationales et identitaires en pratiquant le pardon des offenses, même si les offenses étaient partagées. Ce qui n’était, dans l’esprit de ses auteurs, qu’un piège destiné à Philippe de Villiers, recueillit un vrai écho.

Bruno Mégret, entre autres, y répondit favorablement. Etait-il sincère, était-il cynique et voyait-il là un moyen de revenir dans le « jeu politique », peu importe. Des associations, des responsables et des militants s’enthousiasmèrent pour une démarche qui aurait pu donner une vraie dynamique à Le Pen. Celle-ci fut torpillée par Marine Le Pen et Louis Aliot. Mégret fut une nouvelle fois humilié et interdit d’assister à la convention présidentielle de Lille.

Diviser pour mieux régner et mieux perdre…

5 - Le FN paye des années d’incurie

La cinquième raison de cet échec réside dans l’état lamentable du FN. Une partie des meilleurs cadres et des meilleurs militants a quitté le mouvement au fil des années, écoeurée par le népotisme, le fonctionnement non démocratique du mouvement, poussée vers la sortie à force de vexations. Le FN ressemble aujourd’hui davantage à une boutique familiale qu’à un parti organisé : une boutique où règne Marine Le Pen et un petit clan qui ne tolère pas la moindre contestation. J’ai déjà eu l’occasion de l’exprimer. Il est impossible pour une femme ou un homme de qualité et de caractère, refusant la soumission, d’accepter sur la durée ce type de fonctionnement qui ressemble plus à celui d’une cour orientale qu’à celui d’un parti moderne, démocratique et conquérant.

Ils ont tout cassé. Eh bien, il nous faudra tout reconstruire. Partisans de l’idée nationale, régionalistes, militants de l’Europe de la puissance, nous devons faire front ensemble pour la victoire de nos idées et pour que vive notre civilisation.

Espérance et Résistance".

Robert Spieler

Président d’Alsace d’Abord