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16/03/2010

CA LEUR EST VRAIMENT RESTE SUR L’ESTOMAC ….

 

Le 20 février, je publiais la tribune d’Esther Benbassa parue dans Libération. Elle était fort peu amène pour le CRIF, qualifié de « groupuscule endogamique ». Ledit groupuscule avait vivement répliqué. On aurait pu croire cette querelle « entre soi et soi » terminée. Il n’en est rien car le CRIF, histoire d’avoir une fois de plus le dernier mot, publie à son tour dans Libération une mise au point qui ne manque pas de saveur.

 

44.jpgA l’usage des mauvaises langues, et des mauvais pensants,  voici donc ce qu’est – et ce que n’est pas – le CRIF. Par lui-même. Enfin, par son président, Richard Prasquier.

 

« CRIF : en finir avec les fantasmes

 

Le dîner du CRIF est devenu comme la transposition française des fantasmes classiques sur la domination des Juifs tels que le Protocole des Sages de Sion les a gravés dans l’imaginaire collectif. C’est ce que veut apparemment démontrer Esther Benbassa (lire pages Rebonds du Libération du 17 février). Elle écrit que le CRIF émet des «menaces» et des «fatwas contre les uns et les autres», rend le CRIF responsable de générer lui-même de l’antisémitisme et souhaite que ce dîner soit «déserté», de façon à diminuer l’hostilité anti-juive. Esther Benbassa a–t-elle lu le discours qu’elle critique ? Où sont la ou les fatwas ? où sont les menaces? Quant aux insinuations que finalement, le CRIF - entendez les juifs - serait, par sa trop grande exposition, le vrai responsable de l’antisémitisme, nous les connaissons depuis bien longtemps …

 

Dans cette soirée, c’est la République qui fut à l’honneur, par les discours et par l’hommage rendu aux combattants juifs volontaires de la deuxième guerre mondiale et aux héros juifs méconnus du sauvetage. Oui, nous avons parlé aussi d’Israël, de l’Iran, et du danger de l’Islam radical. Certains imaginent qu’Ahmadinejad et Ben Laden n’auront plus de raison d’en vouloir à l’Occident une fois qu’Israël aura rendu les territoires qu’il occupe «illégalement». Chacun peut croire aux contes de fée, penser que la violence anti-israélienne, anti-juive et antioccidentale n’est que l’expression d’une détresse immense, refuser d’écouter les discours de haine et négliger de croire la charte du Hamas. Cassandre n’est pas populaire et il est si agréable de se sentir dans le camp du bien, c’est-à-dire des opprimés, des anti-impérialistes, des combattants estampillés de la liberté. Il est plus réconfortant de ne pas fouiller le passé, le discours interne et le corpus idéologique des véritables marionnettistes manipulateurs des bons sentiments.

 

Le CRIF n’est pas un lobby va-t-en guerre, mais se veut une vigie qui n’annonce pas uniquement de bonnes nouvelles. L’histoire a donné aux Juifs un devoir de lucidité que certains d’entre eux se refusent obstinément à exercer. Ecrire que le «CRIF ne manque aucune occasion pour appuyer la politique antimusulmane du gouvernement» relève de la diffamation, d’abord pour le gouvernement, ensuite pour notre institution. Un seul exemple ? Mme Benbassa serait bien en peine d’en fournir. De fait, le CRIF fut le premier à critiquer le caractère populiste de la votation suisse sur les minarets, il s’est toujours opposé aux discriminations dont les musulmans, bien plus que les Juifs, sont victimes dans notre pays ; il a constamment réagi aux actes de racisme qui les ciblaient. Mme Benbassa injurie, sous le qualificatif qu’elle veut méprisant, de «bons musulmans» ceux qui étaient présents au dîner. Je suppose qu’elle s’en prenait à l’imam Chalghoumi, contre qui les chiens sont lancés depuis qu’il a prôné l’amitié avec les juifs et s’est déclaré contre une burqa que n’impose pas l’islam, qui humilie la femme et qui interdit les rapports de visage à visage, bases de nos relations sociales. Mais a-t-elle vu que presque tous les dirigeants des grandes institutions musulmanes étaient présents aussi ? Les prend-elle pour les laquais du CRIF ? Nous, nous considérons qu’ils sont les acteurs essentiels de la République dans sa lutte contre le radicalisme islamique.

 

Nous aurions le pouvoir de faire «plier les uns et les autres», mais au fond nous ne serions qu’un «groupuscule endogamique» (c’est-à-dire juif? quelle découverte !). J’espère qu’il n’a pas fallu cette investigation approfondie de notre directrice d’études pour que les politiques sachent que les juifs sont peu nombreux, que leur poids électoral est limité, et que, finalement, les Protocoles des Sages de Sion sont des faux. Je passerai sur l’accusation éculée et fausse d’être la «seconde ambassade d’Israël». Lorsque je me suis exprimé, dans ces mêmes colonnes, contre le choix de M.Hosni au poste de Directeur Général de l’Unesco, j’étais aux antipodes de la position israélienne. Ecrire, comme le fait Mme Benbassa, que «ce qui aurait passé antérieurement pour de la double allégeance s’appelle aujourd’hui le soutien à Israël» rend songeur. Donc, tous ceux qui soutiennent Israël seraient une cinquième colonne dans notre pays ? J’imagine la tête de tous les amis non-juifs d’Israël ! Mais peut-être cette remarque ne s’applique-t-elle qu’aux juifs ? Faire cette distinction n’est pas très républicain, mais peut-être, pense-t-elle, et ce serait le nœud du problème, qu’un vrai juif ne devrait pas soutenir Israël ? Au mieux, il devrait s’ériger en censeur continuel de ce que devrait faire Israël.

 

Le CRIF, n’a pas l’outrecuidance de penser qu’il devrait dicter leur attitude à ceux qui vivent la réalité au quotidien. Il assume volontiers le fait d’être «légitimiste». Israël est une démocratie ouverte, son gouvernement -de coalition large- représente l’expression de la majorité du peuple, ses décisions suivent les processus légaux. Il ne manque pas de gouvernements dans le monde à l’encontre desquels la colère des démocrates devrait se manifester, car ils sont bien loin de ces procédures. Mais ces causes ne sont pas dans l’air du temps. La dénonciation d’Israël et de ses soutiens est plus populaire et médiatiquement plus rentable. Les critiques de Mme Benbassa ne peuvent que conforter le CRIF dans ses positions : celles du camp de la paix durable. »

 

 

Source : http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detail&aid=19349&artyd=10

16/10/2007

LE CONGRES JUIF EUROPEEN EN VISITE CHEZ POUTINE

e6420c598c3c72dbfffb8550bb68e92a.jpgUne délégation du Congrès juif européen (CJE), présidé par le russe Moshé Kantor, a été reçue le 10 octobre par Vladimir Poutine au Kremlin. Le président du CRIF et vice-président du CJE, Richard Prasquier, était également présent.

Le site du CRIF nous apprend que Richard Prasquier s’est adressé au numéro un russe « en tant que membre d’une famille exterminée par les nazis ». Il a fait part de son « angoisse » face à la menace nucléaire iranienne et a souligné « le rôle immense » de Vladimir Poutine pour œuvrer à une solution pacifique. Il lui a notamment déclaré : « Je m'adresse à vous en tant que membre d'une famille qui a été exterminée par les nazis pendant la guerre; je ne serais pas né si l'Armée Rouge n'avait pas libéré en 1944 la ville polonaise où mes parents se cachaient. (…) Aujourd'hui, je vis dans l'angoisse car d'autres dirigeants poursuivent des rêves et se donnent les moyens militaires pour que ces rêves soient de nouveau un cauchemar pour nous tous. Je parle, bien sûr, des dirigeants iraniens.(…) J’ai peur, Monsieur le Président, j’ai peur, non pas parce que je suis juif, non pas parce que je suis proche d’Israël, mais parce que mon histoire m’oblige à être lucide, elle m’oblige à refuser avant qu’il ne soit trop tard un monde où des fanatiques religieux puissent imposer leur volonté de mort.

Les leçons de l’Europe d’il y a soixante-dix ans doivent être présentes à nos yeux. Votre rôle, Monsieur le Président, est immense. Nous avons confiance en vous".

Face à ce discours chargé d’émotion, Poutine s’est montré plutôt froid et s’est borné à lire son texte préparé. « Fait très dérangeant pour la délégation, il n’a pas manqué de mentionner la résurgence du néonazisme en Israël…"C’est un joueur d’échec et quand il voit une ouverture, il n’hésite pas à l’exploiter" concède Richard Prasquier qui avoue avoir été embarrassé par cette évocation et cette "utilisation cynique du sujet".

2b4e8e6c13b5ec8b580e7adc43863e81.jpgRichard Prasquier, qui a succédé cette année à Roger Cukierman à la tête du CRIF, s’appelle en fait Richard Praszkier. C’est un article du Monde, daté de 2006, qui nous l’apprend, nous indiquant également qu’il fut l’un des premiers enfants juifs nés après la guerre en Pologne, à Gdansk, le 7 juillet 1945, de parents miraculeusement rescapés du génocide.

Car Dieu merci, sa famille n’a pas été entièrement exterminée par les nazis. Ce même article nous apprend les circonstances de la mort de son père, Joël Prasquier : il « est mort le 3 mai 1986, le soir de la bar-mitsva d’Alain, son premier petit-fils.  Celui qu’on appelait Jurek avait esquissé un pas de danse avec Debora, son épouse, avant d’être terrassé par une crise cardiaque. Terrassé par l’émotion, corrige Richard Prasquier, grand cardiologue parisien : "Car mes parents ont vécu dans l’obsession qu’il n’y aurait jamais plus de juifs en Pologne et qu’ils n’auraient jamais de descendance."

Par l’émotion, sans aucun doute, mais aussi, peut-être, un tout petit peu par l’âge ?

Ce qui est clair en tout cas, c’est que ces émigrés juifs de Pologne, désireux de quitter leur pays en 1946, après la guerre, ont choisi de venir s’établir en France. Une France qui venait pourtant de connaître le régime de Vichy et son cortège d’horreurs...

Source: www.crif.org

15/05/2007

UN NOUVEAU PRESIDENT POUR LE CRIF : CHANGEMENT DANS LA CONTINUITE

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), qui se définit lui-même comme « la voix officielle et politique » de la communauté juive de l’hexagone, a élu dimanche 13 mai son nouveau président. Une élection qui se place sous le signe de la continuité puisque c’est le vice-président, conseiller du président sortant Roger Cukierman, qui a été élu : Richard Prasquier.

medium_cukleiman.jpgRoger Cukierman, qui ne pouvait plus se représenter à l’issue de ses deux mandats successifs, a connu une présidence quelque peu controversée et les dîners annuels du CRIF, auxquels se rendait néanmoins en bataillons serrés tout le gratin politique, résonnaient en général de ses imprécations et de ses attaques en règle contre la politique « pro-arabe » de la France. Difficile en effet de faire plus sioniste que lui qui avait épousé une Israélienne et fait toute sa carrière à la Compagnie Financière d’Edmond de Rotschild, grand ami d’Israël. Son autoritarisme et sa vision particulièrement judéocentrée étaient par ailleurs régulièrement dénoncés.

A tel point qu’en 2005, à l’issue d’un de ces dîners, François Fillon, alors ministre de l’Education nationale, avait déclaré qu'il ne « trouvait pas normal que [ce dernier] se livre chaque année à une attaque globale de la politique étrangère (…) Ce n'est pas de cette manière là que je conçois le fonctionnement de la République».
De son côté,  Alain Minc avait alors dénoncé en ces termes le même discours dans une interview donnée au  Figaro: « Si l'on voulait réveiller le fantasme antisémite de la «double allégeance», qui empoisonne la relation des Français juifs avec leur pays depuis 1967, on ne s'y prendrait pas autrement. Lorsqu'on s'exprime au nom des Français juifs, on n'est pas comptable des intérêts légitimes de l'Etat d'Israël. Samedi dernier, M. Cukierman s'est comporté comme un ambassadeur in partibus de l'Etat d'Israël ».

Ce qui n’a du reste pas empêché le premier ministre Dominique de Villepin de se rendre cette année encore au dîner annuel du CRIF, en janvier, pour y tenir des propos intéressants, que nous évoquerons demain.

medium_images.59.jpgLe nouveau président du CRIF, Richard Prasquier, 62 ans, cardiologue, préside également l’association Yad Vashem France, ainsi que la commission « solidarité » de la Fondation pour la mémoire de la shoah. Tout comme son prédécesseur, il compte faire de la « lutte contre l’antisémitisme » son cheval de bataille et a immédiatement rappelé que « toute insulte à l’égard d’un juif doit toucher profondément en tant que citoyen français ». Avant de rappeler également que le président du CRIF « n’est pas un homme politique, mais un homme qui a un certain nombre de positions et d’engagements qu’il doit mettre en œuvre ». Ce qui est, vous en conviendrez, tout à fait différent.

Le CRIF fédère 64 associations. Une partie de son Comité Directeur a également été renouvelé. Ont été élus, par ordre du nombre de voix obtenues :  - Martine Ouaknine, CRIF sud est - Marc Zerbib, Fonds social juif unifié - Roger Benarrosch, Alliance israélite universelle - Meyer Habib, Fédération des sociétés juives de France - Joseph Roubache, Comité français de l’Association internationale des juristes juifs - Claude-Gérard Marcus, Judaïsme et liberté - Bernard Korn-Brzoza, Fonds social juif unifié - Claude Bloch, Union libérale israélite de France - Eryck Schekler, Siona - Maury Amar, Union des cadres juifs de France - Albert Cohen, Centre Rambam.