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26/06/2012

Poutine dans le système … vous parlez d’un scoop !!!

 

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Vladimir Poutine se trouve actuellement en visite officielle en Israël accompagné d’une suite de 300 personnes. Visite hautement stratégique qui démontre essentiellement la volonté des Russes de ne plus laisser le terrain du Moyen-Orient et ses nombreuses possibilités aux seuls Américains.

 

Alors, oui, Poutine a fait hier la déclaration suivante à Netanya, lors de l’inauguration d’un mémorial dédié à la victoire de l’Armée Rouge sur l’Allemagne nazie :

 

« Il est inadmissible de refaire l'histoire, les générations futures devant connaître la vérité sur les héros de la Seconde Guerre mondiale

 

Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que les doctrines nazies criminelles, quel que soit leur déguisement, restent dans le passé, pour que les conclusions du Procès de Nuremberg soient toujours inébranlables. Il est de notre devoir de garder et de défendre la vérité sur la guerre, de nous opposer à toute tentative d'innocenter les acolytes du nazisme".

 

Et d’autres choses encore, bien douces à entendre du côté de Tel-Aviv.

 

Je lis sous la plume de certains qu’il s’agit-là d’une déclaration « atterrante ». Sans doute des personnes qui s’imaginaient, parce que les dirigeants russes semblaient s’opposer aux américano-sionistes sur certains dossiers comme l’Iran ou la Syrie, qu’ils s’opposaient au système tout court.

 

Je pense, moi, qu’il n’en est rien. La Russie de Poutine joue effectivement sa petite musique conforme à ses intérêts mais s’agissant du système global, ses dirigeants en sont partie prenante. Et totalement solidaires lorsqu’il s’agit de défendre la colonne vertébrale qui maintient l’ensemble. Il serait donc illusoire d’en attendre plus qu’ils ne peuvent donner.

 

Vous imaginez Poutine déclarer tout uniment qu’il faut dynamiter les conclusions de Nuremberg ? Il aurait bonne mine. Je suppose qu’il connaît bien son histoire récente, Poutine, et qu’il sait pertinemment le rôle qu’ont joué les Soviétiques, bien d’accord avec les Américains, dans le déroulement de ce procès fort étonnant. Le procureur chargé de juger les crimes nazis était soviétique alors que dans le même temps, les victimes de Staline se comptaient par dizaines de millions. Et Katyn ? C’est bien le tribunal de Nuremberg qui attribua sans sourciller le massacre aux Allemands, alors que l’on savait déjà à l’époque que c’était Staline qui avait fait le coup.

 

Ah non, Poutine n’a aucun intérêt à ouvrir cette boîte de Pandore empoisonnée… Il a au contraire tout intérêt, comme les autres, à bien la cadenasser.

 

Le jour où cette boîte explosera – et ça finira fatalement par arriver, même si nous ne sommes plus là pour le voir – ce jour-là le système sautera. Et pas avant. Car il s’agit du pilier central qui soutient tout l’édifice. Que ce pilier vienne à manquer et tout s’écroulera.

 

Mais il faut être naïf pour croire que Poutine pourrait se charger de ce boulot.

 

 

Si vous voulez en savoir un peu plus sur le procès de Nuremberg, je vous recommande la lecture d’un petit opuscule « La face cachée de Nuremberg » écrit par Mark Weber. Sûrement facile à trouver sur internet.

07/12/2007

GARRY KASPAROV, LES ETATS-UNIS ET LES IDIOTS UTILES…

Vladimir Poutine a remporté haut la main les élections législatives en Russie, ce qui a fait tordre le nez à l’Union européenne toujours prompte à donner des leçons et à chercher la petite bête démocratique…chez les autres. Normal, quand on est soi-même irréprochable sur la question, quand on prend scrupuleusement en compte tous les souhaits exprimés par le suffrage dit universel et qu’on permet à toutes les opinions de participer au débat et d’avoir des élus, normal, dis-je, dans ces conditions, d’être si exigeant pour les autres.

La France, justement, modèle s’il en est de démocratie appliquée, a cru bon de faire savoir par la bouche de Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, qu’elle craignait beaucoup que ces élections n’aient pas été aussi régulières qu’il eût été souhaitable. "Force est de constater qu'il y a certaines allégations, que ces allégations sont fortes et qu'il serait temps que toute la lumière soit faite et que la Russie se comporte de ce point de vue-là comme toutes les démocraties. Il y a du progrès à faire", a-t-il indiqué. Sur ce point, je suis bien d’accord avec lui, il y a du progrès à faire…ici, pour commencer.

Les Etats-Unis n’ont pas été en reste de critiques, mais là se joue un jeu entre puissances - USA, Russie - qui laisse l’Union européenne au bord du chemin, juste bonne à jouer en écho la voix de son maître. Et c’est là qu’intervient Garry Kasparov et le drôle de jeu qu’il joue aux Etats-Unis contre Poutine, qu’il vient formellement d’accuser d’avoir truqué les élections.

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Né Garri Weinstein en Azebaïdjan en 1963, il a pris plus tard le nom de sa mère arménienne, Kasparyan, qu’il a russifié en Kasparov. Il est devenu le champion du monde d’échecs bien connu, cela chacun le sait, mais ce que l’on sait moins, c’est qu’il est également un militant politique de longue date. Et que son parcours est à première vue étonnant.

En 1984 – il a donc 21 ans – il adhère au parti communiste soviétique et sera élu en 1987 au comité central du Komsomol ( les jeunesses communistes). Il quitte le Parti en 1990, mais poursuit son activisme, soutenant notamment la candidature de Boris Eltsine.

Il fera le grand saut en 2005, après son retrait officiel du monde des échecs. Il crée le United Civil Front, mouvement destiné à préserver la « démocratie électorale » en Russie. Il est dès lors un adversaire virulent de Poutine. Il participera également à la création de la coalition L’Autre Russie, qui accueille diverses formations, dont le National Bolshevik Party. Sûrement un modèle de démocratie électorale.

L’Autre Russie n’a pas pu se présenter à ces élections législatives, faute d’avoir pu se faire enregistrer. Pour quelle raison, je l’ignore. Ce qui est certain en revanche, c’est que cette coalition plutôt hétéroclite est pratiquement ignorée par les Russes, mais chouchoutée en occident, allez savoir pourquoi.

Dans le cadre de son combat démocratique contre Poutine, Kasparov a été arrêté fin novembre et incarcéré durant cinq jours à Moscou. Mais ne soyez pas trop tristes, comme la nourriture de la prison ne lui convenait pas, et sous la pression de la presse occidentale qui hurlait à la mort, il a pu recevoir des colis de chez lui. Sympa quand même. Il faut donc croire que Poutine n’est pas encore tout à fait Staline, comme il le prétend.

J’ai failli oublier de préciser que Kasparov avait reçu en 1991 le Keeper of the Flame Award décerné par un think tank de Washington consacré aux questions de sécurité nationale, le Center for Security Policy, pour « résistance anti-communiste et propagation de la démocratie ».

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Curieux, déjà pour un ancien communiste - tiens, il venait tout juste de quitter le Parti… -  mais surtout quand on sait que cette récompense est en principe attribuée aux "individuals for devoting their public careers to the defense of the United States and American values around the world"  (« individus consacrant leur carrière publique à la défense des Etats-Unis et des valeurs américaines partout dans le monde »). Un prix décerné également à Paul Wolfowitz, Richard Meyers ou Donald Rumsfeld, tous colombes bien connues.

Kasparov était même membre du comité directeur de ce think tank - en compagnie notamment de Richard Perle -, mais il s’en est retiré depuis peu, c’était un peu trop voyant.

Il continue par contre à collaborer au Wall Street Journal de Rupert Murdoch, ce qui lui fournit une tribune prestigieuse d’où lancer ses tirades venimeuses contre le président russe. Car il compte se présenter l’an prochain à la présidentielle. En Russie, bien sûr.

01/12/2007

GEORGE ABRAMOVITCH KOVAL : UN AMERICAIN BIEN MERITANT DECORE PAR POUTINE

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Vladimir Poutine a sûrement pris un plaisir subtil à faire la nique aux Américains en décorant  récemment du titre de Héros de la Fédération de Russie l’espion né américain George Koval qui avait réussi à pénétrer – encore un – au cœur du fameux Projet Manhattan. Tel était le nom du programme nucléaire US pendant la seconde guerre mondiale et si j’ai dit « encore un », c’est que nous en avons déjà rencontré au moins deux, qui étaient des femmes : Zarubina et Kitty Harris.

 

C’est à titre posthume que cette très haute décoration lui a été décernée puisque George Koval est mort l’an dernier, à l’âge de 92 ans. « M. Koval, qui opérait sous le nom de code de Delmar, a fourni les informations qui ont permis de réduire considérablement le temps pris par l’Union soviétique pour développer sa propre bombe », indiquait le communiqué officiel du Kremlin.

648b9343fdb1276f2d5408a0e2dc77cd.jpgLa décoration et le livret de Héros vont à présent être exposés au musée du GROu, l’officine des renseignements militaires russes.

George Koval naît le 25 décembre 1913 à Sioux City, Iowa, dans une famille juive qui arrivait tout droit de Biélorussie. En émigrant, son père, Abraham, comptait se rendre à New York, mais il n’y connaissait personne. Tandis qu’il avait un ami à Sioux City, qui abritait une communauté juive importante. D’où ce choix, étonnant de prime abord. Il ne tardera pas à mettre suffisamment d’argent de côté pour faire venir sa fiancée qui était restée en Russie. Cette dernière, fille de rabbin, était une socialiste convaincue. Ils se marièrent et eurent trois enfants, dont le futur espion, George. 

Tous deux accueillirent l’annonce de la révolution bolchevique avec transport. Le couple Koval faisait partie d’un groupe de juifs communistes américains qui, en 1924, créèrent l’ICOR (Organization for jewish colonization in Russia) qui militait pour l’établissement d’une région autonome juive en Union soviétique, en « réponse » aux projets sionistes. Et de fait, Staline créa cette région autonome, bien loin à l’est, sous le nom de Birobidjan. Les parents des Koval restés en Russie s’y installèrent aussitôt. Et en 1932, durant la grande dépression, toute la famille Koval du côté américain quitta à son tour Sioux City pour s’installer au Birobidjan, aux confins de la Sibérie.

George, le futur espion, avait alors 18 ans. Le Birobidjan étant un peu petit pour ses ambitions, il se rendit à Moscou pour y faire ses études universitaires – en chimie. Il en sortit diplômé en 1939. Les Grandes Purges se terminaient, l’Armée Rouge et le NKVD étaient décimés, on recrutait massivement. Il y avait justement à New York un poste vacant d’agent de renseignements militaires. George, né américain, avait le profil idéal. Il fut donc recruté par le GRU (renseignements militaires de l’Armée Rouge), on lui donna le nom de code de Delmar et son entraînement commença. La boucle était bouclée.

Si je me suis étendue si longuement sur le parcours de la famille Kovar, c’est pour illustrer la légèreté, pour ne pas dire plus, des officiels américains qui accordèrent par la suite leur confiance – et l’accès aux lieux les plus stratégiques du pays - à un homme ayant pareils antécédents, qu’il n’était pas insurmontable de retrouver.

Delmar fut d’abord chargé d’obtenir des informations sur les recherches en matière d’armes chimiques. Jusqu’en 1943, il n’obtint pas grands résultats. Cette année-là, il s’engage dans  l’armée US qui, au vu de faux diplômes, l’envoie se perfectionner sur les données radioactives au City College of New York. L’armée l’envoie ensuite à Oak Ridge, dans le Tennessee, lieu de recherches secrètes à haut degré de sécurité. C’est à partir de là qu’il pourra fournir, lors de ses congés, de très importants renseignements aux soviétiques, qui leur feront gagner beaucoup de temps dans leur propre programme atomique. Delmar leur fournira des rapports sur la production de plutonium et de polonium, les processus scientifiques requis, les quantités, la qualité, etc.

En 1945,  il monte en grade et se retrouve à Dayton, dans l’Ohio. Dans son nouveau poste, il aura accès aux secrets les plus intimes de la recherche nucléaire, qui ne tarderont pas, eux aussi, à être connus des soviétiques. Et qui plus est, il y aura accès en tant que gradé de l’armée américaine, avec les responsabilités et l’autorité y afférents.

Après la guerre, les choses vont se gâter. Un autre agent soviétique, Guzenko, était passé à l’ouest et avait fait des révélations sur l’état d’avancement du programme nucléaire à l’est qui conduisent – quand même – les responsables à se méfier et à renforcer les mesures de sécurité. Mais ils ignorent le nom de la taupe. Koval sent l’étau se resserrer et réclame le droit de rentrer à Moscou avec sa femme. Le GRU finit par accepter en 1948.

Peu de temps après son retour, les soviétiques procédaient à leurs premiers essais nucléaires. Koval, lui, découvre la routine. Il devient professeur de chimie à son ancienne université moscovite et prendra sa retraite à la fin des années 70. Il mourra dans son appartement de Moscou le 31 janvier 2006.

Franchement, Poutine aurait pu le décorer de son vivant, vous ne trouvez pas ?

Quant aux Américains, ils furent à ce point mortifiés par cette affaire qu’ils réussirent à la tenir secrète pendant des décennies.

16/10/2007

LE CONGRES JUIF EUROPEEN EN VISITE CHEZ POUTINE

e6420c598c3c72dbfffb8550bb68e92a.jpgUne délégation du Congrès juif européen (CJE), présidé par le russe Moshé Kantor, a été reçue le 10 octobre par Vladimir Poutine au Kremlin. Le président du CRIF et vice-président du CJE, Richard Prasquier, était également présent.

Le site du CRIF nous apprend que Richard Prasquier s’est adressé au numéro un russe « en tant que membre d’une famille exterminée par les nazis ». Il a fait part de son « angoisse » face à la menace nucléaire iranienne et a souligné « le rôle immense » de Vladimir Poutine pour œuvrer à une solution pacifique. Il lui a notamment déclaré : « Je m'adresse à vous en tant que membre d'une famille qui a été exterminée par les nazis pendant la guerre; je ne serais pas né si l'Armée Rouge n'avait pas libéré en 1944 la ville polonaise où mes parents se cachaient. (…) Aujourd'hui, je vis dans l'angoisse car d'autres dirigeants poursuivent des rêves et se donnent les moyens militaires pour que ces rêves soient de nouveau un cauchemar pour nous tous. Je parle, bien sûr, des dirigeants iraniens.(…) J’ai peur, Monsieur le Président, j’ai peur, non pas parce que je suis juif, non pas parce que je suis proche d’Israël, mais parce que mon histoire m’oblige à être lucide, elle m’oblige à refuser avant qu’il ne soit trop tard un monde où des fanatiques religieux puissent imposer leur volonté de mort.

Les leçons de l’Europe d’il y a soixante-dix ans doivent être présentes à nos yeux. Votre rôle, Monsieur le Président, est immense. Nous avons confiance en vous".

Face à ce discours chargé d’émotion, Poutine s’est montré plutôt froid et s’est borné à lire son texte préparé. « Fait très dérangeant pour la délégation, il n’a pas manqué de mentionner la résurgence du néonazisme en Israël…"C’est un joueur d’échec et quand il voit une ouverture, il n’hésite pas à l’exploiter" concède Richard Prasquier qui avoue avoir été embarrassé par cette évocation et cette "utilisation cynique du sujet".

2b4e8e6c13b5ec8b580e7adc43863e81.jpgRichard Prasquier, qui a succédé cette année à Roger Cukierman à la tête du CRIF, s’appelle en fait Richard Praszkier. C’est un article du Monde, daté de 2006, qui nous l’apprend, nous indiquant également qu’il fut l’un des premiers enfants juifs nés après la guerre en Pologne, à Gdansk, le 7 juillet 1945, de parents miraculeusement rescapés du génocide.

Car Dieu merci, sa famille n’a pas été entièrement exterminée par les nazis. Ce même article nous apprend les circonstances de la mort de son père, Joël Prasquier : il « est mort le 3 mai 1986, le soir de la bar-mitsva d’Alain, son premier petit-fils.  Celui qu’on appelait Jurek avait esquissé un pas de danse avec Debora, son épouse, avant d’être terrassé par une crise cardiaque. Terrassé par l’émotion, corrige Richard Prasquier, grand cardiologue parisien : "Car mes parents ont vécu dans l’obsession qu’il n’y aurait jamais plus de juifs en Pologne et qu’ils n’auraient jamais de descendance."

Par l’émotion, sans aucun doute, mais aussi, peut-être, un tout petit peu par l’âge ?

Ce qui est clair en tout cas, c’est que ces émigrés juifs de Pologne, désireux de quitter leur pays en 1946, après la guerre, ont choisi de venir s’établir en France. Une France qui venait pourtant de connaître le régime de Vichy et son cortège d’horreurs...

Source: www.crif.org