31/05/2011

NETTOYONS LES ECURIES D’AUGIAS – 6 (suite)

Je savais bien que je pouvais compter sur mes lecteurs. Merci à celui qui nous adresse ces précisions fort intéressantes suite à l’article d’hier:

« "QUELQUES AUTRES INFORMATIONS SUR LA CHARMANTE FAMILLE MICHNIK-SZECHTER :

- PAPA MAMAN -OZJASZ SZECHTER le père : premier secrétaire du partie de l’Ukraine de l’Ouest qui faisait partie de la Pologne jusqu’à son annexion par Staline en 1939. En 1934 il est jugé et emprisonné pour tentative de renversement du gouvernement polonais, de cette Pologne qui n’existait que depuis les traités de 1921. Ce parti communiste était un prolongement du NKVD et s’activait contre la souveraineté et l’indépendance de la Pologne avec pour but de l’amener dans l’orbite soviétique.

LA MAMAN MICHNIK, HELENA, institutrice et bien sûr! membre du parti communiste! Dans la Pologne Populaire, elle enseignait dans le Corpus des Cadets de la Sécurité Intérieure, écoles créées sur le modèle des Ecoles militaires de la Sécurité intérieure du NKVD.

- LES DEUX FISTONS : - STEFAN MICHNIK, l’aîné- Juge des années 50 jusqu’à 1968 : ayant à peine 20 ans, il rejoint les staliniens juste après la guerre et l’entrée des staliniens en Pologne. Il est nommé juge sans avoir aucun diplôme de droit mais tout le monde sait que sous les communistes ce genre de formation est superflue puisqu’il ne s’agit de rien d’autre que de liquider par la mise à mort les opposants et de préférence les meilleurs, ceux qui aiment leur patrie : ce fut le cas des résistants antinazis de L’Armia Krajowa (A.K). On doit à Stefan Michnik 20 condamnations à mort des principaux dirigeants de l’Armia Krajowa: (mjr. Zefiryn Machalli, lieutenant Maksymilian Chojecki, mjr. Jerzy Lewandowski, lieut. Stanisław Wecki, mjr. Zenon Tarasiewicz, liet. Romuald Sidorskie, plieut. Aleksander Kowalski…. Le 10 Janvier 1952 condamnation à mort du major Z. Machallę âgé de 37 ans (réhabilité post mortem le 4 mai 1956 r.). etc. etc. Stefan fut très vaillant dans cette entreprise et n’oubliait pas de prendre part lui-même aux exécutions. Aujourd’hui il cultive son jardin, tranquille à Uppsala, et reçoit même une retraite du gouvernement polonais attribuée à ceux qui ont fui la Pologne après les événements « antisémites » de 1968.

- ADAM MICHNIK LE JEUNE FRÈRE DE STEFAN (de 17 ans plus jeune) est devenu aujourd’hui l’éminence grise des gouvernements polonais après avoir bien retenu les leçons de Lénine (« Si vous voulez contrôler l’opposition, prenez-en la direction ») : Après avoir piloté le mouvement Solidarité il s’est retrouvé après la table ronde fondateur du Journal Gazeta Wyborcza le quotidien polonais jumeau de Libération. C’est d’ailleurs Serge July qui est parti le conseiller au moment de la fondation du journal Gazeta W qui est aujourd’hui le clone parfait de notre Libération: Neocon sionisme, anticatholicisme, libéralisme déchaîné et lustrateur des crimes de son papa et de son frère ainsi que des petits camarades" ».

30/05/2011

NETTOYONS LES ECURIES D’AUGIAS - 6

Merci à mon correspondant d’hier d’avoir attiré mon attention sur Stefan Michnik, autre intéressant personnage qui coule toujours des jours présumés tranquilles en Suède. Il mérite sa place dans notre série. Hélas, rien en français sur lui, mais ce n’est pas grave. L’ennui, c’est qu’il n’y a pas énormément d’éléments en anglais non plus. Internet est beaucoup plus bavard en polonais, mais là, je suis larguée …

 

Donc, contentons-nous des quelques infos de Wikipédia anglais que nous compléterons le cas échéant en fonction des éventuelles compétences linguistiques des lecteurs de ce blog.

 

 

Stefan Michnik

 

stefan_Michnik_Szechter.jpgIl naît en septembre 1929 dans une famille juive d’Ukraine. Son père, Ozjasz Szechter, fut le premier secrétaire du parti communiste d’Ukraine occidentale et sa mère, née Michnik, était historienne et communiste elle aussi.

 

La carrière de Michnik se déploiera à la fois dans les services de renseignements militaires de la Pologne communiste et dans la « justice » du pays puisque nous allons le retrouver juge pour le compte de Staline dans les années d’après-guerre, apparemment à partir de 1951. A cette date, il n’avait pourtant que 22 ans ? Curieux. Il s’illustrera dans l’arrestation, l’internement et l’exécution de bon nombre de résistants polonais qui avaient lutté contre Hitler. Parmi ces combattants : Jerzy Lewandowski, Zefiryn Machalla, Maksymilian Chojecki.

 

Pour donner une idée de la façon dont le juge Michnik rendait la « justice » : après la guerre, Machalla eut la mauvaise idée de retourner en Pologne désormais sous la férule stalinienne. Il y fut illico condamné à mort pour « espionnage ». Il n’eut même pas droit à un défenseur et fut exécuté en janvier 1952.

 

Arrive la crise politique de mars 1968 en Pologne, dans un contexte d’opposition grandissante au régime communiste et de rupture des liens URSS/Israël suite à la guerre des Six Jours. Pas mal de juifs avaient intérêt à se faire oublier et à faire oublier leurs récents exploits au service du régime. Stefan Michnik est du lot, qui quitte la Pologne en clamant être victime de l’antisémitisme ambiant dans le pays ! Assez jolie houtspah, non ?

Son premier choix, ce sont les USA, mais sa demande de visa est rejetée en 1968. Il se rabat donc sur la Suède où il entame bien tranquillement sa seconde vie : bibliothécaire dans une petite ville voisine d’Uppsala. Il y vit toujours, à présent retraité, naturellement.

 

Près de quarante ans après son départ, soit en 2007, voilà que l’Institut National Polonais du Souvenir se réveille et se demande si une extradition de ce discret personnage ne serait pas utile. Il leur faudra encore trois ans pour délibérer et ce n’est qu’en février 2010 que la cour de Varsovie réclame officiellement l’extradition de Michnik, procédure appuyée en octobre 2010 par un mandat d’arrêt européen.

 

Mais là, vous allez admirer la célérité de la justice en certaines circonstances : dès le mois suivant, soit le 18 novembre 2010, la Suède refuse d’extrader Michnik vers la Pologne pour y répondre de ses agissements passés. Passés mais non oubliés. Motif invoqué : actes désormais prescrits. Raison de plus pour ne pas les passer, nous, sous silence.

 

29/05/2011

NETTOYONS LES ECURIES D’AUGIAS – 5

Ce ministère polonais de la « sécurité » intérieure est une véritable mine de clients. J’en profite pour vous rappeler un autre personnage qui relève de la même série, dont nous avons parlé à au moins deux reprises : Helena Wolinska. La Pologne a réclamé en vain l’extradition de cette criminelle au Royaume-Uni, dont elle était ressortissante (voir archives du blog 21/11/07 et 21/02/11). Mais les Anglais ont fait la sourde oreille pour motifs « humanitaires ».

Aujourd’hui, nous allons nous pencher sur :

 

Józef Światło

 

180px-Swiatlo.jpgUn de plus qui s’est empressé de changer de nom pour mieux se fondre dans le paysage, mais qui a ajouté en fin de carrière la traîtrise et la délation à la cruauté, en opérant une spectaculaire reconversion de l’est vers l’ouest.

 

Né Izaak Fleischfarb le 1er janvier 1915 dans une famille juive d’Ukraine, il suit le cursus archi-classique puisqu’il se lance très tôt dans l’activisme communiste, mâtiné en ce qui le concerne de sionisme. Durant la guerre, il combat dans les rangs de l’armée polonaise et se retrouve prisonnier de l’Armée rouge. Ce qui ne l’empêche pas de convoler en avril 1943 avec une demoiselle Swiatlo, dont il va désormais porter le nom, à la sonorité plus polonaise. Et il devient à la même époque commissaire politique à la Polish 1st Tadeusz Kościuszko Infantry Division créée par les soviétiques.

 

Dès 1945, ce bon communiste est transféré à cette fameuse MBP qui vient d’être créée elle aussi, toujours grâce aux bons offices des soviétiques, MBP que nous commençons à bien connaître et où il n’a pas dû se sentir trop dépaysé. Là, il va faire comme ses petits camarades : tortures et contrefaçons en tous genres. A haut niveau, puisqu’il devient vite  directeur adjoint du département dirigé par Anatol Fejgin, que nous avons vu précédemment à l’œuvre.

 

Il aura à son actif l’arrestation de centaines de résistants polonais de l’Armia Krajowa, dont ses dirigeants, ainsi que la falsification du « référendum » de 1946. Il y gagnera le surnom expressif de « boucher », rendant ainsi hommage à la qualité de ses prestations.

Tous ces efforts connaîtront une juste récompense : il est promu colonel et se retrouve en 1951 parmi les hauts gradés du 10e département du MBP. Département sensible puisque chargé de la surveillance des membres du Parti eux-mêmes. A ce titre, il recevra directement ses ordres du premier secrétaire polonais, Boleslaw Bierut, et procédera à l’arrestation de personnages notables comme Gomulka ou le cardinal Wyszynski. Il aura par ailleurs accès à des documents ultrasecrets, dont il fera ultérieurement l’usage que nous verrons.

 

Car tout change en 1953. Staline meurt en mars et avec lui une page se tourne, assez délicate à négocier pour certains de ses adorateurs d’hier, trop empressés à lui plaire. En novembre, voilà notre Izaak Fleischfarb, alias Józef Światło, envoyé par Bierut à Berlin est, avec son chef direct Fejgin, pour y rencontrer le chef de la Stasi, Erich Mielke. Il s’agit de discuter l’élimination d’une certaine Wanda Bronska. La routine, quoi. Sauf que depuis la mort du dictateur en chef et l’arrestation de Béria en juin de la même année, ça sent le roussi. Swiatlo se méfie : et si cette mission était un piège ? Il rencontre cependant Mielke comme prévu, avec son chef, mais dès le lendemain, 5 décembre 1953, fait défection et se rend, dans tous les sens du terme, à la mission militaire américaine à Berlin ouest, abandonnant femme et enfants (deux) en Pologne.

 

Les Américains accueilleront avec satisfaction ce sympathique personnage qui se mettra à table sans tarder. A Noël il sera à Washington, en train de déballer les secrets jusque-là bien gardés de ses ex petits camarades. Il y en aura pour une cinquantaine de copieux rapports. En échange, il reçoit l’asile politique et une protection pour sa précieuse personne.

 

Tout le monde passera avec tact et discrétion sur ses propres crimes (après tout, faute avouée …) pour s’appesantir avec l’horreur convenue sur ceux de ses ex collègues. Le passé étant définitivement aboli maintenant qu’il travaillait « honorablement » pour la CIA et Radio Free Europe. Comme prévu, ses révélations contribueront considérablement à déstabiliser les autorités communistes polonaises.

 

Swiatlo est mort aux Etats-Unis en septembre 1994. L’histoire ne dit pas à quelle date sont morts son ancienne femme polonaise et ses enfants, reliquats embarrassants d’une vie antérieure heureusement rachetée par le passage à l’Axe du Bien. A ce jour, les archives le concernant sont toujours sous embargo aux USA et inaccessibles aux chercheurs.

 

26/05/2011

NETTOYONS LES ECURIES D’AUGIAS – 4

Le présent, c’est intéressant, mais conduit tout le monde peu ou prou à parler finalement des mêmes choses. Alors, nous, nous allons poursuivre notre petit voyage dans un passé pas tellement lointain, mais tellement instructif. Revoilà donc notre série sur quelques tortionnaires communistes injustement tombés dans l’oubli. Certes, il y faudrait une encyclopédie, mais nous allons modestement en exhumer quelques-uns.

Nous en étions restés au célèbre MBP (Ministerstwo Bezpieczeństwa Publicznego), le ministère de la sécurité publique polonais, tellement mal nommé car il y régnait au contraire une très fâcheuse insécurité quand on avait l’infortune d’être du mauvais côté de la barrière. C’était le ministère des basses œuvres du régime stalinien où se sont illustrés un certain nombre de serviteurs zélés, dont :

 

 

Józef Różański

 

180px-Jozef_Rozanski_SB.jpgCe personnage, né en 1907 dans une famille juive de Varsovie, se nommait en réalité Goldberg. Il s’engagea tôt au parti communiste polonais et grimpa rapidement les échelons. Il rejoignit également le NKVD, la police secrète soviétique, qui gérait tout le système répressif, y compris le goulag. Avec pareil bagage, il n’y a pas lieu de s’étonner de le retrouver colonel et chef du département des « investigations » au MBP. Il va pouvoir y donner sa pleine mesure comme responsable des interrogatoires.

 

Il torturera et mutilera personnellement des douzaines d’opposants au régime, de résistants, et même de communistes plus « libéraux ». Il était connu pour sa brutalité dans un contexte qui n’était pas précisément peuplé d’enfants de chœur. Il torturera notamment Witold Pilecki, le fondateur de l’armée secrète polonaise. Pilecki était par ailleurs l’auteur d’un rapport sur le camp d’Auschwitz où il s’était fait introduire durant la guerre et dont il avait réussi à s’échapper (!!) en 1943. Toutes ces péripéties pour finir sous la patte de Rojanski ! Qui se contenta de le torturer pour le faire parler, laissant l’exécution proprement dite, en mai 1948, à un subalterne. Il est troublant néanmoins de voir un juif torturer en 1948 un type qui avait risqué sa peau pour alerter le monde à propos d’Auschwitz.

 

La mort de Staline sonnera le glas de la belle carrière de Rozanski/Goldberg qui est arrêté en 1953 et condamné au modique tarif de cinq ans de prison pour tortures. Son cas sera réexaminé à la hausse en 1957. Cette fois, il en prend pour 15 ans. Cela aurait dû nous mener jusqu’en 1972, mais on le retrouve en liberté dès 1964, ce qui ne faisait finalement pas cher payé pour une belle carrière de colonel tortionnaire communiste.

 

Il lui restait 17 années à vivre. Il mourra d’un cancer en 1981 et est enterré au cimetière juif de Varsovie.

 

Ce sympathique personnage avait un frère, communiste comme lui, connu sous le nom de :

 

Jerzy Borejsza

Jerzy_Borejsza_Goldberg.jpgquoique né Beniamin Goldberg en 1905. Tout aussi communiste et activiste que son cadet, il opérera, lui, dans un autre secteur. Il sera en effet le chef de toute la presse communiste en Pologne durant l’ère stalinienne. Il avait eu également dans sa jeunesse des sympathies sionistes et anarchistes marquées.

C’est lui qui signera toute la propagande du régime durant ses années fastes, visant à écraser la culture polonaise sous la botte stalinienne. En 1948 il sera parmi les organisateurs du fameux « Congrès mondial des intellectuels pour la paix » à Wroclaw où l’on verra tous les gogos de l’époque – procommunistes et antiaméricains - se bousculer pour en être : Picasso, Eluard, les Joliot-Curie, Bertold Brecht, Dominique Desanti, etc.

Sa faveur baissera ensuite. Il sera victime d’un grave accident de voiture en 1949 et mourra en 1952. Avant d'assister à la chute de son petit frère.

22/03/2011

VOUS AVEZ DIT BIZARRE ? COMME C’EST BIZARRE ….

Curieusement, il ne vient jamais à l’esprit des responsables communautaires (du moins officiellement, car j’ai ma petite idée sur la question) que ce fameux et terrifiant « antisémitisme », cette peste brune sans équivalent dans le monde entier, sans parler du cosmos, prend peut-être l’une ou l’autre racine dans des agissements qui finissent par être franchement pénibles. Voici ci-dessous une info provenant de Pologne, et ensuite, le rappel d’un rapport dont nous parlions le 17 mars. Toute corrélation entre les deux infos serait naturellement totalement abusive. Et sans fondement.

1) Le grand rabbin de Pologne, Michael Schudrich, est fort mécontent car le gouvernement du pays traîne les pieds pour procéder aux indemnisations des biens juifs perdus du fait des invasions nazies et soviétiques.

Suite à un projet de loi sur cette question sensible datant de 2008, environ 90 000 demandes ont été déposées. Le montant en cause s’élèverait à la modique somme de 48 milliards de dollars. Inutile de préciser que la population polonaise dans son ensemble est fortement hostile à ce projet, estimant que le contribuable n’a pas à payer pour les crimes commis par les nazis et les soviétiques. Ce qui place les officiels dans l’embarras. Ils arguent du contexte économique difficile et de l’énormité de la somme pour éluder le sujet.

D’où l’ire du rabbin qui se fiche bien du contribuable polonais. D’ailleurs, nous dit-il : "La Bible dit clairement qu’il ne faut pas voler" (les juifs, naturellement) « J’estime tout simplement que ce refus d’indemniser est immoral. J’espère que le gouvernement va revoir ses positions en la matière".
Le Président du Congrès Juif Mondial, Ronald Lauder (le fils de la reine des crèmes de beauté) appuie fortement le rabbin dans sa démarche. Pauvres Polonais ! Seront-ils de taille ?

2) Europe - Le sentiment antisémite est fort

Nous avions parlé des résultats de ce rapport le 17 mars. S’agissant de la Pologne, on ne s’étonnera donc pas trop des affirmations suivantes qu’il n’est pas mauvais de rappeler:

A l’affirmation : "Israël mène une guerre d'extermination contre les Palestiniens", formulée ainsi afin de créer un parallèle avec la politique du régime nazi, 63,3% des Polonais ont exprimé leur accord.

52,2% des Polonais sont d'accord avec la phrase suivante: "En considérant la politique israélienne, je peux comprendre pourquoi les gens n'aiment pas les Juifs"

A 72,2%, les Polonais sont d'accord avec l'affirmation: "Les Juifs essaient de tirer avantage du fait d'avoir été des victimes pendant l'époque nazie". Bon, ne désespérons pas, il y en aurait quand même 27,8% d’un avis contraire, ou sans avis du tout.

Moshe Kantor, Président du congrès Juif européen s'était déclaré "abasourdi " par ces résultats "après des années de lutte contre l'antisémitisme", ajoutant qu'il était urgent que les Etats européens et l'Union européenne "se réveillent avant qu'il ne soit trop tard".

No problem. Il suffira de créer encore quelques zinzins aux frais du contribuable pour ajouter à la collection. Et le tour sera joué. Plus d’antisémitisme ! (à prendre dans le sens que l'on préfère).

 

Sources: http://www.israel-infos.net/POLOGNE--Le-Grand-Rabbin-cont...

http://www.israel-infos.net/Europe--Le-sentiment-antisemi...

15/03/2011

NETTOYONS LES ECURIES D’AUGIAS – 3

Hier, en évoquant Anatol Fejgin, nous avons été amenés à parler de son supérieur hiérarchique, Jakub Berman. Ce dernier figure dans mon livre Révolutionnaires juifs. Pour compléter votre information, je vais reproduire ci-dessous ce que j’en disais alors, quoique le but de l’actuelle série soit essentiellement de présenter des inédits, non évoqués jusqu’à présent:

 

JAKUB BERMAN - 3

jakub berman,pologne,après-guerre,communisme,juifs,anne kling,france licratiséeCe futur ferme soutien de Staline en Pologne naît en 1901 dans une famille juive de Varsovie. Il fait des études de droit et obtient son diplôme en 1925. Il sera ensuite l’assistant du professeur marxiste Ludwik Krzywicki, mais ne finira jamais sa thèse car les impératifs de la révolution commandent.

Il rejoint d’abord les jeunesses communistes, puis le parti communiste polonais en 1928.

 

Sa biographie reste assez floue pendant la dizaine d’années qui suit. Toujours est-il qu’en septembre 1939, les armées allemande et soviétique envahissent de concert la Pologne. Berman se réfugie à l’est du pays, dans la partie occupée par l’URSS. Là, il travaille comme rédacteur d’une revue communiste.

 

En 1941, changement de décor : il se rend à Moscou et devient instructeur du Komintern dans la ville d’Ufa, dans l’Oural. Et c’est la rencontre de sa vie : en décembre 1943, il a l’occasion de s’entretenir avec Staline au Kremlin. Il gagne sa confiance et devient dès cet instant un membre important du nouveau parti communiste polonais, qui va se créer sous l’appellation de parti des travailleurs polonais.

 

Il faut dire que l’ancien parti communiste polonais, accusé de trotkisme, péché capital, avait essuyé l’ire de Staline qui avait fait assassiner en 1937 la plupart de ses dirigeants lors des grandes purges. En 1938, le parti avait finalement été dissout par le Komintern. Il fallait donc reconstruire avec des hommes sûrs. D’où les promotions ultrarapides. Et d’où sans doute le voyage à Moscou et la rencontre avec Staline.

 

Berman va donc retourner en Pologne en 1944 en tant que membre du Politburo du nouveau parti des travailleurs polonais. Les staliniens sont désormais au pouvoir dans ce pays et il formera un triumvirat avec deux acolytes, Boleslaw Bierut et Hilary Minc.

 

Il est chargé de la sécurité intérieure, de la propagande et de l’idéologie. C’est là qu’il va donner toute sa mesure.

 

Considéré comme la « main droite » de Staline de 1944 à 1953, il aura désormais la haute main sur toutes les basses œuvres du régime en Pologne : répression sauvage de tous les opposants réels ou imaginaires, purges au sein du clergé, de l’armée, de la fonction publique, etc. Des dizaines de milliers de Polonais seront victimes de la chape de plomb stalinienne.

 

Hélas, la date de 1953, qui marque la mort du dictateur, marque également celle de la déstalinisation, qui ne débutera réellement en Pologne qu’à la mort de Bierut, en 1956. Berman est dorénavant dans le collimateur. Il sera éjecté du Politburo et peu à peu, de toutes ses fonctions.

Mais c’est tout. Il continuera à travailler tranquillement dans une maison d’édition jusqu’à l’heure de sa retraite, en 1969.

 

Et il mourra toujours tranquillement en 1984.

 

jakub berman,pologne,après-guerre,communisme,juifs,anne kling,france licratiséeJakub Berman avait un petit frère, Adolf Berman, né en 1906, qui ne manque pas d’intérêt lui non plus. Pendant que son grand frère séduisait Staline et travaillait au sein du Komintern, lui, Adolf, s’occupait activement de l’organisation clandestine  Zegota, dont l’objectif était de tirer les Juifs des griffes des Allemands qui occupèrent la Pologne de 1942 à 1945. Membre de Poale Zion, mouvement marxiste sioniste né en Russie, il poursuivra ses efforts après la guerre pour faire pénétrer le plus possible de Juifs polonais en Palestine. Lui-même, face à la répression stalinienne orchestrée dans le pays par son frère, émigrera en Palestine en 1950.

Il aura encore l’occasion de témoigner au procès Eichmann en 1961 et le temps de devenir député communiste à la Knesset. Et d’écrire deux bouquins sur sa vie tumultueuse avant de mourir à Tel-Aviv en 1978.

 

14/03/2011

NETTOYONS LES ECURIES D’AUGIAS – 2

Nous avons quitté Julia Brystiger dans les couloirs passablement encombrés du ministère polonais de la sécurité intérieure (Ministerstwo Bezpieczeństwa Publicznego, MBP), lieu par excellence de toutes les basses œuvres du régime dans les années d’après-guerre en Pologne. Elle était loin d’être seule à y déployer ses talents. Nous n’aurons que l’embarras du choix pour poursuivre notre petit tour d’horizon des tortionnaires méconnus. Continuons donc  par :

 

ANATOL FEJGIN - 2

165px-Aatol_Fejgin_%28SB%29.jpgCe sympathique personnage est né à Varsovie en 1909 et tenez-vous bien, est mort de sa belle mort, toujours à Varsovie … en 2002! Sans avoir connu beaucoup d’ennuis, juste quelques-uns, il faut être juste.

Il était né dans une famille juive de la classe moyenne et malgré l’atroce antisémitisme régnant alors en Pologne, il entame des études de médecine en 1927, à l’âge de dix-huit ans. Mais il ne les terminera jamais car dès l’année suivante, en 1928, il rejoint les communistes polonais et se fait arrêter en 1929 pour activisme. Il est condamné à deux ans de prison, relâché, condamné à nouveau, etc. La routine habituelle en ces années orageuses. Tout ceci nous mène à 1939, date à laquelle Fejgin fuit à Lwow, en zone militaire russe, contacte le NKVD et commence à travailler pour les soviets.

En 1943 on le retrouve dans un régiment d’infanterie russo/polonais où il occupe les fonctions généralement redoutées d’officier de propagande pour le compte du NKVD. Redoutées car un mot de travers vous envoyait assez directement au peloton d’exécution ou au goulag pour les chanceux.

Le 1er janvier 1945, les soviets créent le MBP chargé d’éradiquer l’inexplicable opposition des déviationnistes bourgeois aux bienfaits que le petit père des peuples souhaite pourtant déverser à pleins seaux sur les Polonais. Y sont réunis les services de police secrète, d’espionnage et de contre-espionnage, etc. De sa création à sa dissolution, le MBP sera dirigé par un autre de nos sympathiques amis, Jakub Berman. Feijin ne rejoint pas tout de suite cette officine. Il commence sa carrière dans la police politique de l’armée communiste polonaise (Ludowe Wojsko Polskie).

« En 1948, l'opposition démocratique ayant été éliminée et les organisations clandestines anéanties, une nouvelle phase dans l'activité de l'UB (Urząd Bezpieczeństwa), [au sein du MBP] commence. Suivant l'exemple soviétique, la répression se dirige cette fois vers l'intérieur du parti communiste (Parti ouvrier unifié polonais) avec des accusations de titisme et de déviations nationalistes. Le colonel Anatol Fejgin se distingua dans cette nouvelle tâche en s'appuyant sur les archives militaires des années 1930. Ainsi Władysław Gomułka lui-même est-il visé mais l'épuration prend des dimensions considérables. L'opération est surveillée par Bolesław Bierut (président de la RP et premier secrétaire du parti communiste) et Jakub Berman (membre du bureau politique et responsable de la sécurité). En 1949, un groupe spécial est créé par le quartet, — les dirigeants les plus influents du parti (Bierut, Berman, Minc et Radkiewicz) —, pour mener des enquêtes secrètes sur les plus hautes personnalités du parti. »

250px-Medal_15-lecia_LWP_rewers.jpg

Le colonel Fejgin exercera ses talents au MBP, en tant que directeur de son Bureau spécial, rebaptisé en 1951 Département 10. Ce département était chargé de protéger le Parti des « provocateurs », en réalité de procéder à l’élimination physique des opposants politiques.

Il connaît quelques premiers ennuis en 1953 puisqu’il est suspendu après la défection, en 1953, du directeur adjoint du MBP, Józef Światło (Izak Fleischfarb), qui porte des accusations contre lui et d’autres staliniens. Mais ce n’est qu’en 1956 qu’il est éjecté en même temps que son patron, le vice-ministre Roman Romkowski. A cette époque, son nom, avec ceux de Józef Różański (Josek Goldberg), et du ministre Jakub Berman, symbolisait la terreur stalinienne en Pologne.

A la déstalinisation, il passe en jugement et se voit condamné en novembre 1957 à 12 ans de prison pour violation des droits de l’homme (!!!) et abus de pouvoir. Avec d’autres acolytes du même acabit, il est reconnu coupable d’avoir torturé 28 personnes durant des interrogatoires, y compris des femmes. Il commence à purger sa peine, qui est amnistiée en 1964. Il aura donc fait sept ans de prison.

En 1985, Fejgin devient membre d’une association de vétérans patronnée par l’Etat, intitulée (on est prié de ne pas rigoler) Société des Combattants pour la Liberté et la Démocratie. Parfaitement.

A ce titre, il bénéficiera des privilèges attachés à la qualité de vétéran de la guerre. Hélas, cinq ans plus tard, en 1990, à la chute de l’URSS, des antisémites vont s’intéresser à son cas et le priver de ces privilèges, en raison de son « passé stalinien » ! Fort mécontent, Fejgin en appelle à la Cour suprême polonaise qui rejettera sa requête au motif que ses activités postérieures à la guerre n’avaient pas à proprement parler été très positives pour le pays.

Au moment de sa mort, en 2002, - il avait 93 ans – l’Institute of National Remembrance (INR) polonais était toujours penché sur les crimes qu’il avait commis durant sa période de gloire…. Pas des plus réactifs, à l’INR.

06/03/2011

NETTOYONS LES ECURIES D’AUGIAS - 1

Notre sympathique commentateur judicieusement baptisé « le nettoyeur » m’a donné une idée : celle d’inaugurer une nouvelle série sur certains tortionnaires tragiquement tombés dans l’oubli au seul motif qu’ils étaient du bon côté de la barricade. C’est très injuste. Quand on veut faire profession d’accusateurs publics – là, je ne parle plus de notre ami le nettoyeur, mais de façon bien plus large – il est préférable d’être soi-même irréprochable. Nous allons donc aider à faire le ménage et à soulever délicatement les tapis où se cachent certains personnages intéressants quoique méconnus. Comme celui-ci, ou plutôt celle-ci :

 

JULIA BRYSTIGER  - 1

 

160px-Julia_Brystiger_%28UB%29.jpgCette  tendre représentante du sexe dit faible naît en Pologne en 1902 dans une famille juive nommée Prajs. Son père est pharmacien, originaire d’Ukraine occidentale (alors partie de la Pologne). Après des études d’histoire, qu’elle complètera notamment à Paris*, elle devient enseignante et épouse un activiste sioniste, Nathan Brystiger.

 

Mais c’est dans le domaine politique qu’elle s’illustrera. Elle rejoint le parti communiste dès 1927 et y grimpe vite les échelons.

 

C’est cependant à partir de la guerre qu’elle aura l’occasion de donner sa pleine mesure. Lors de l’attaque de la Pologne par l’Allemagne et l’URSS, elle se replie à Samarcande et prend la nationalité soviétique. Elle crée un Comité des prisonniers politiques qui aidera le NKVD à mettre la main sur les activistes polonais hostiles aux communistes. Elle y déploiera un tel zèle dénonciateur qu’elle finira même par indisposer certains de ses distingués collègues.

 

Anecdote situant le personnage : elle aura l’occasion de « superviser » l’interrogatoire d’un coreligionnaire, Josef Goldberg (plus tard Josef Rozanski) coupable d’avoir accepté pour sa fille mourant de faim deux kilos de riz et un sac de farine de l’ambassade du gouvernement polonais en exil. Plus tard, ce même Rozanski, peu rancunier, rejoindra lui aussi le NKVD, deviendra un ponte de la police secrète polonaise et travaillera de concert avec la même Brystiger qui officiera alors au ministère de la sécurité publique.

 

En 1944, elle rejoint le parti des travailleurs polonais, nouvel habillage du parti communiste. A partir de là, elle va vraiment s’éclater. Elle dirigera le département 5 du ministère de la sécurité publique (MBP**). Sous ce vocable particulièrement inapproprié se cachait la police secrète communiste opérant en Pologne, les services d’espionnage et de contre-espionnage, etc. Bref, toutes les sales besognes de Staline en Pologne.

 

Elle y fera des étincelles, protégée qu’elle était par des amants influents, genre Jakub Berman et Hilary Minc, tous sympathiques patriotes polonais. Les instructions données par Brystiger à ses subordonnés étaient les suivantes :

"Dans son ensemble l'intelligentsia polonaise est contre le système communiste et il n'y a pratiquement aucune chance de la rééduquer. Il ne reste donc qu’à l’anéantir.
Par contre, il ne faut pas commettre la même erreur qu'en 1917 en Russie en détruisant l'économie nationale par l'extermination systématique de l'intelligentsia locale. Il faut créer un système de pression et de terreur qui permettra de faire suffisamment peur aux représentants de l'élite polonaise pour qu'ils n'osent pas participer à la vie politique nationale".

(In fact, the Polish intelligentsia as such is against the Communist system and basically, it is impossible to re-educate it. All that remains is to liquidate it. However, since we must not repeat the mistake of the Russians after the 1917 revolution, when all intelligentsia members were exterminated, and the country did not develop correctly afterwards, we have to create such a system of terror and pressure that the members of the intelligentsia would not dare to be politically active.

 

Elle était connue pour participer activement à des “interrogatoires”, qui n’avaient rien à envier aux méthodes de la gestapo. Certaines victimes survivantes pourront en témoigner par la suite : « C’était un monstre criminel pire que les gardiennes de camps allemandes » ou «  Elle était connue pour ses tortures sadiques, elle avait l’air obsédée  par ça, elle prenait son pied comme ça ».

("She is a murderous monster, worse than German female guards of the concentration camps” "She was famous for her sadistic tortures, she seemed to be obsessed about sadistic sex and she was fulfilling herself in that field").

Le département 5 dont elle était chargée s’occupait de la répression des religions. Brystiger, marxiste pure et dure, considérant la religion comme l’opium des peuples, y était à son affaire. Dans le cadre de ses fonctions, elle dirigera l’arrestation et la détention du primat de Pologne, le cardinal Wyszinski, suite aux ordres de Moscou.

En 1950, ce seront pas moins de 123 prêtres catholiques qui seront arrêtés. Pas sectaire, elle persécutera aussi les Témoins de Jéhovah.

Elle quittera le théâtre de ses exploits en 1956, époque de déstalinisation qui verra tous ces rouages zélés de la terreur stalinienne, devenus encombrants, passer discrètement à la trappe. Mais juste envoyés à la retraite, attention ! Rien de bien méchant. Et surtout pas accusés de faits  précis, qui finalement auraient été bien ennuyeux pour tout le monde.

Mme Brystiger, rendue à l’ennui de la vie civile, sans plus personne d’autre à persécuter que son mari, tentera de se reconvertir dans la littérature. Elle travaillera pour une maison d’édition et mourra tranquillement à Varsovie en 1975. Sans que jamais personne ne lui ait posé d’oiseuses questions sur ses activités de 1944 à 1956.

 

* Père pharmacien, études universitaires complétées à l’étranger, dans un contexte aussi sauvagement antisémite, ce n’est finalement pas trop mal …

**  de Wikipédia: "Most notable MBP personnel:

  • Jakub Berman
  • Julia Brystiger
  • Józef Czaplicki (real name Izydor Kurc)
  • Anatol Fejgin
  • Adam Humer (actual name Adam Umer)
  • Julian Konar (real name Jakub Kohn)
  • Grzegorz Korczyński
  • Mieczysław Mietkowski (real name Mojżesz Bobrowicki)
  • Salomon Morel, commander of Zgoda labour camp
  • Henryk Pałka
  • Julian Polan-Haraschin
  • Józef Różański (real name Józef Goldberg)
  • Roman Romkowski ( real name Natan Grunspan – Kikiel)
  • Stanisław Radkiewicz
  • Leon Rubinstein
  • Józef Światło (real name Izak Fleischfarb)
  • Helena Wolińska-Brus (real name Fajga Mindla Danielak)
  • Piotr Smietanski"

 

Sans commentaire.