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09/10/2008

IL Y A 50 ANS, MOURAIT PIE XII

pape3.jpgAujourd’hui, à 11h30, Benoît XVI doit célébrer en la basilique St Pierre de Rome une messe à la mémoire de Pie XII, décédé il y a cinquante ans, le 9 octobre 1958. Le Vatican est en train d’instruire le procès en béatification de ce pape qui eut le malheur d’accéder au pontificat en 1939 et sur lequel depuis quelques décennies se sont déversées insultes et désinformation sans fin, en relation avec la shoah.

 

Dernier exemple en date d’une haine décidément inextinguible : le grand rabbin de Haïfa, Cohen, premier responsable juif invité à s’exprimer ce lundi devant le pape et les 253 évêques actuellement réunis en synode – curieuse innovation, soit dit en passant – en a profité pour reverser une grosse louche de fiel : « Nous ne pouvons pas pardonner et oublier cela » et en appeler à la guerre sainte … contre l’Iran : « Nous devons élever la voix pour qu’ensemble, avec l’aide du monde libre, nous défendions et sauvions Israël, le seul et unique Etat souverain du « Peuple du Livre » des mains de nos ennemis ».

Au moins, les choses sont claires et les priorités précisées. L’Eglise n’a qu’à se le tenir pour dit.

 

Rappelons qu’à la fin de la guerre, aucun reproche n’avait été adressé à Pie XII, bien au contraire : la communauté juive mondiale l’avait même remercié pour ses efforts en faveur des juifs persécutés. Einstein avait déclaré que « l'Eglise catholique a été la seule à élever la voix contre l'assaut mené par Hitler contre la liberté ». Et à sa mort, en 1958, Golda Meir, alors ministre des affaires étrangères d'Israël, avait souligné que « pendant la décennie de terreur nazie, quand notre peuple a subi un martyre terrible, la voix du pape s'est élevée pour condamner les persécuteurs et pour invoquer la pitié envers leurs victimes ».

C’est en 1963, dans un contexte politique différent, et dans un but bien précis, que l’offensive commencera : une pièce de théâtre intitulée Der Stellvertreter (Le Vicaire) est publiée par un ancien membre des Jeunesses hitlériennes, Rolph Hochhuth. Pie XII y est présenté sous le jour le plus défavorable qui soit, passif si ce n’est complice des faits. Un ancien espion roumain passé à l’Ouest, Ion Pacepa prétendra l’an dernier que la pièce avait été commanditée par le KGB pour discréditer le pape, qui n’a jamais caché ses sentiments profondément anticommunistes.

pape.jpgC’est également l’an dernier, en 2007, qu’a paru la traduction française d’un ouvrage d’un rabbin historien américain, David Dalin sous le titre Pie XII et les juifs. Le mythe du pape d’Hitler. Publié en anglais en 2005, le livre réhabilite totalement le pape et présente au contraire tous les efforts qu’il fit pour tenter d’endiguer les persécutions. Dalin clôt son livre par une suggestion : en raison de ses actes, Pie XII mériterait d’être reconnu comme Juste parmi les nations !

Suggestion repoussée avec horreur par les tenants d’une instrumentalisation de la shoah, qui reste totalement indispensable à certaines menées. Cette instrumentalisation avait été mise en évidence par Dalin, qui indique à ce propos : «…Quel que soit leur sentiment vis-à-vis du catholicisme, les juifs ont le devoir de rejeter toute polémique qui s'approprie la shoah pour l'utiliser dans une guerre des progressistes contre l'Eglise catholique. »

On nous rebat les oreilles depuis quarante ans avec ce que Pie XII aurait fait ou pas fait en faveur des juifs. Mais quelqu’un se demande-t-il ce que le pape précédent, Pie XI – pape de 1922 à 1939 – avait fait ou pas fait par rapport à l’Holodomor, la famine sciemment organisée par le régime bolchevique en 1932/33 ? Pourtant, là aussi, il s’agissait d’un génocide froidement perpétré par des dirigeants communistes – dont bon nombre étaient juifs, même si on fait mine de l’oublier – qui fit six millions de victimes, dont deux millions d’enfants ?

Bizarre, qu’on ne nous parle jamais de ce pape-là. Pourquoi toujours la dénonciation et la diabolisation à sens unique?

 

pie 11.jpgPourtant, Pie XI avait fait ce qu’il avait pu – pas grand-chose – en dénonçant en 1933 les "idéologies catastrophiques et assassines, instruments d’oppression entre les mains de responsables politiques dont les comportements  récents, et même extrêmement récents, démontrent que ceux-ci sont capables et résolus à les traduire dans les faits  contre le peuple qu’ils tiennent sous leur joug. "

 

Pie XI avait condamné sans appel le communisme qualifié d' intrinsèquement pervers : "On ne peut pas dire que de telles atrocités soient de ces phénomènes passagers qui accompagnent d'ordinaire toute grande révolution, des excès isolés d'exaspération comme il s'en trouve dans toutes les guerres. Non, ce sont les fruits naturels d'un système qui est dépourvu de tout frein intérieur. Un frein est nécessaire à l'homme pris individuellement, comme à l'homme vivant en société.

Même les peuples barbares trouvèrent ce frein dans la loi naturelle gravée par Dieu dans l'âme humaine... Mais lorsque du coeur des hommes l'idée même de Dieu s'efface, leurs passions débridées les poussent à la barbarie la plus sauvage."

 

Des propos nettement moins médiatisés que la logorrhée habituellement  associée à Pie XII.