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01/05/2007

SIMON PETLURA, PATRIOTE UKRAINIEN

medium_images.39.jpgJ’évoque bien sûr dans La France LICRAtisée l’origine de cette association « antiraciste », née du crime de Samuel Schwartzbard sur la personne de Simon Petlura, accusé de pogroms en Ukraine (voir sur ce blog dans la catégorie « Extraits de La France LICRAtisée », les trois premiers articles). La LICRA n’a jamais cessé depuis de poursuivre la mémoire de Simon Petlura de sa haine vigilante, y compris l’an dernier, criant au scandale à propos d’une cérémonie ukrainienne de  commémoration de sa mort, à Paris.

On m’a fait découvrir hier un blog absolument passionnant sur lequel figure la biographie suivante de Simon Petlura. Elle ouvre bien des perspectives et m’a amenée, en recherchant deci-delà, à des réactions intéressantes et bien actuelles. Mais ce sera pour demain.

 "Symon Petlura

C’est à Poltava, dans une Ukraine asservie et divisée entre empires russe et austro-hongrois que naquit le jeune Symon dans une famille descendante de cosaques appauvris, en mai 1879. L’émergence du sentiment national chez ce peuple farouchement attaché à sa liberté et son identité s’était accélérée à la fin du 19ème siècle, surtout dans la partie autrichienne (Galicie). Dans l’empire des tsars, au contraire, les Ukrainiens, qualifiés de « Petits Russes » subissaient une domination quasi coloniale nantie d’une répression impitoyable et d’une interdiction de leur langue, dont l’existence même était niée. .

Très tôt acquis à la cause nationale, il adhère au Parti révolutionnaire Ukrainien (RUP). Pour échapper à la police, il doit partir dans le Kouban où il participe à la rédaction de plusieurs publications nationalistes.
A l’automne 1904, Petlura se trouve en exil à Lviv en Galicie, après un premier séjour en prison, où il devient un membre dirigeant du Parti social démocrate ouvrier ukrainien.
Le mouvement national ukrainien de cette époque est très hétérogène et fortement marqué à gauche avec un mélange particulier de socialisme et de fédéralisme.
Dans cet environnement idéologique, Petlura s’affirme clairement antimarxiste et s’impose par son éloquence et son pouvoir de persuasion.
A la veille du premier conflit mondial, Petlura est mobilisé sur le front sud ouest et affecté comme délégué général adjoint aux services auxiliaires pour former et préparer au combat les recrues ukrainiennes de l’armée impériale : 3 millions de ses compatriotes luttent dans les rangs tsaristes alors que 250 000 revêtent l’uniforme autrichien.

L’heure de la délivrance sonne pour l’Ukraine avec la révolution de février 1917 qui prend une coloration fortement nationale sur la vieille terre des cosaques zaporogues.
A Kyiv, Petlura intègre un parlement provisoire, la Rada centrale, représentatif de toutes les forces vives du pays, incluant les minorités nationales, qui se met en place dès le mois de mars. En tant que président élu de l’Organisation militaire ukrainienne, il convoque trois congrès militaires pan ukrainiens à Kyiv pour constituer l’embryon d’une armée nationale et doter la Rada de forces crédibles.
Il se heurte à la fois à l’opposition du gouvernement provisoire de Kerenski, mais aussi aux réticences de nombreux responsables socialistes ukrainiens, idéalistes et antimilitaristes, comme Hrouchevskyi et Vynnytchenko.
Il se distingue également en se montrant attaché à la poursuite de la guerre aux côtés des pays alliés de l’Entente et mise de grands espoirs sur la France.

Au moment où survient la révolution bolchevique, l’Ukraine s’est engagée dans une marche irrésistible vers la souveraineté qui aboutit le 20 novembre 1917 à la création de la République populaire ukrainienne (UNR).
Cela est inacceptable pour Lénine qui lance une première invasion du pays après un ultimatum et la création d’une république bolchevique fantoche à Kharkiv.
Petlura, en désaccord avec Vynnytchenko qui désire sortir de la guerre et participer aux pourparlers de paix avec les empires centraux, avait déjà démissionné de son poste de secrétaire général aux affaires militaires et gagné la province pour former de nouvelles unités .
A la tête d’un corps d’armée il se distingue par son courage et son abnégation dans la résistance à l’envahisseur.

Après la proclamation de l’indépendance de l’UNR le 22 janvier 1918, Kyiv est investie une première fois par les bolcheviks après le départ du gouvernement dont les délégués signent la paix de Brest-Litovsk avec les empires centraux le 9 février.
Les armées allemandes et austro-hongroises envahissent le pays et repoussent les bolcheviks dans l’espoir de faire main basse sur les immenses ressources de ce traditionnel « grenier à blé ».
Un coup d’état soutenu par les Allemands propulse au pouvoir le général Pavlo Skoropadskyi qui se fait nommer hetman et établit un régime conservateur et monarchique, sans assise populaire, en dépit d’une œuvre non négligeable dans la promotion de la culture ukrainienne.
Ami de l’Entente, Petlura quitte l’armée, avant d’être emprisonné quelque temps par les Allemands, puis prend part au soulèvement contre l’hetman qui abdique le 14 décembre 1918 et s’enfuit en Allemagne.

La Rada revient à Kyiv et un Directoire de cinq personnes assure le pouvoir. Petlura y occupe la fonction d’otaman général, c'est-à-dire de chef suprême des armées de la République.
Il se consacre énergiquement à l’organisation des forces militaires, qui, à part quelques régiments réguliers disciplinés, sont composées d’un trop grand nombre d’unités hétéroclites et volatiles.
Mais la guerre reprend en ce début d’année au moment où un vieux rêve ukrainien se réalise, l’union, le 22 janvier 1919, avec la Galicie qui avait proclamé son indépendance deux mois plus tôt sous le nom de République populaire d’Ukraine occidentale (ZUNR).
Dans ce champs clos qu’est devenue l’Ukraine, les invasions et les fronts se multiplient avec l’intervention de plusieurs armées, toutes adversaires du Directoire.
Les Bolcheviks avec l’armée rouge organisée par Trotsky ouvrent le bal, suivis de peu par les Polonais de Pilsudski, nouvellement indépendants et qui n’avaient pas renoncé à la Galicie, longtemps restée sous leur domination.
Au sud du pays, les troupes françaises et grecques débarquent pour choisir de soutenir l’armée blanche du général Dénikine, lequel, fidèle à sa vision d’une Russie une et indivisible, considère qu’un « séparatiste » ukrainien ne vaut pas mieux qu’un Bolchevik.
Il ne faut pas oublier, dans ce tableau dantesque,

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14/12/2006

3) La LICRA: son origine - ses objectifs - ses moyens d'action - le secret de son influence

Quelques courts extraits du livre illustrant ces diverses facettes vous seront régulièrement proposés sur ce blog sous la rubrique "Extraits de La France LICRAtisée".

SON ORIGINE - 3ème extrait: Simon Petlura et les pogroms en Ukraine

Les pogroms, mot qui signifie « destruction totale » en russe, étaient des actes de violence, voire des massacres perpétrés par le régime tsariste contre les juifs, particulièrement nombreux en Ukraine. Le tiers de la population juive mondiale est alors concentrée dans cette région. Mais nous sommes dans les années 1917-1920. La révolution d’octobre est passée par là, et il ne devrait donc plus y avoir de pogroms ? D’autant que dès juillet 1918, le gouvernement bolchevique a interdit toute manifestation d’antisémitisme, désormais passible de la peine de mort. Une mesure qui sera d’ailleurs considérée par les juifs du monde entier comme une preuve de la libéralité du régime ! Il ne devrait effectivement plus y avoir de pogroms, et pourtant ils continuent. C’est qu’en Ukraine, la guerre civile fait rage, et dans l’esprit des habitants des campagnes, juifs et communistes forment bien vite un duo inséparable. Le nouveau pouvoir a en effet recruté l’essentiel de ses cadres et de sa bureaucratie, qui est d’emblée très importante, dans la population urbaine juive, traditionnellement plus instruite. Il va sans dire que l’aversion des Russes – surtout dans les campagnes – pour la bureaucratie bolchevique ne tarde pas à renforcer leur antisémitisme « traditionnel ».

Un antisémitisme aggravé encore par le rôle que joue la tchéka, police secrète de sinistre mémoire chargée d’éliminer les « contre-révolutionnaires », au sein de laquelle les juifs sont très nombreux à s’enrôler. Notamment en Ukraine, où ils constituent environ 80% de ses effectifs. Cette vaste région est donc durant cette période et pour son malheur, le théâtre de violents combats. Le désordre le plus complet y règne, et dans ce climat d’anarchie, toutes les bandes armées sans exception se livrent à des exactions et à des pogroms, en tâchant si possible d’en faire porter la responsabilité à d’autres. « S’il se produit des cas de brigandage dans l’Armée rouge, il est indispensable de les imputer aux petluristes. L’Ukraine doit être soviétique et Petlura effacé de la mémoire pour toujours ». Qui adresse cette recommandation en 1920 aux agitateurs envoyés en Ukraine ? Léon Trotski, commissaire du peuple à la guerre.

La part réelle de la responsabilité de Simon Petlura dans les pogroms perpétrés par son armée ne sera même pas établie durant le procès de Schwartzbard. Un certain nombre d’historiens sont d’avis qu’il a au contraire tenté de les limiter et de punir les coupables. Auteur de pogroms ou pas, il n’en demeure pas moins qu’il constituait un danger pour les bolcheviques car il était nationaliste. Il avait déjà échappé à une tentative d’assassinat en Ukraine et à présent, il entendait poursuivre son combat politique à Paris où il avait créé un journal. Il représentait donc une menace à éliminer. Ce crime "passionnel", pour ne pas dire "moral", fut-il en réalité un crime politique et Samuel Schwartzbard un agent soviétique? Un certain nombre d'indices donnent à le penser et c'est là une question toujours ouverte.

13/12/2006

2) La LICRA: son origine - ses objectifs - ses moyens d'action - le secret de son influence

Quelques courts extraits du livre illustrant ces diverses facettes vous seront proposés sur ce blog sous la rubrique "Extraits de La France LICRAtisée"

SON ORIGINE - 2ème extrait: Qui étaient Schwartzbard, Petlura, Makhno et les autres?

Au procès, les projecteurs furent braqués sur un seul point de la scène, et un certain nombre de faits pour le moins troublants furent soigneusement escamotés. Samuel Schwartzbard fut présenté comme un tranquille horloger, poète à ses heures. Il était horloger, c'est vrai, mais on oublia de préciser qu'il était également membre du groupe anarchiste juif "L'autodidacte". Né en 1886 en Bessarabie, il avait connu la guerre civile russe de 1905 puis s'était réfugié à Paris. Il avait combattu durant la première guerre mondiale pour la France dans les rangs de la Légion étrangère et était retourné en Ukraine en 1917, l'année de la révolution, à bord d'un bateau où il avait distribué de la propagande bolchevique. Après trois années passées en Ukraine, il était rentré à Paris en 1920.

Qu'avait-il fait en Ukraine durant ces trois années? Sûrement pas de la villégiature car peu d'endroits au monde étaient alors plus troublés que cette immense région - les quatre cinquièmes de la France - âprement disputée. Une région agricole riche, jadis appelée "le grenier de l'Europe", marquée depuis toujours par un fort esprit d'indépendance. Durant ces trois années, de 1917 à 1920, la guerre civile faisait rage en Ukraine où pas moins de quatre armées s'affrontaient et dévastaient les campagnes: les "blancs", c'est-à-dire ce qu'il restait de l'armée tsariste, l'Armée rouge bolchevique qui essayait de s'emparer de cette région rebelle, les anarchistes, tantôt alliés, tantôt ennemis des rouges, et pour corser le tout, les nationalistes de Simon Petlura.

medium_petlura.2.jpgCe dernier avait adhéré très jeune au parti révolutionnaire ukrainien qui militait pour l'indépendance de la grande Russie. En 1919, Simon Petlura devient le chef d'une très éphémère république indépendante d'Ukraine qui parvient à se créer à la faveur des troubles liés à la révolution. A ce titre, il est chef des armées et lutte évidemment contre les autres fractions. Il sera finalement battu, comme les blancs et les anarchistes, par les bolcheviques qui tenteront de l'assassiner. Il s'enfuit de son pays et trouve refuge à Paris en 1924.

Les anarchistes, quant à eux, étaient dispersés en un certain nombre de mouvements dont le plus important fut celui de Nestor Makhno, qui réussit à entraîner à sa suite d'importantes masses paysannes, ce qui n'était pas le cas des bolcheviques dont la population se méfiait. A juste titre d'ailleurs, comme elle ne tardera pas à le vérifier. Les bolcheviques firent tout pour évincer les anarchistes, en qui ils voyaient une dangereuse concurrence, et y réussirent finalement, en les trahissant, en 1921.

Pendant ces trois années, de 1917 à 1920, le paisible horloger Schwartzbard combattit en Ukraine, c'est une certitude. Mais aux côtés de qui? de l'Armée rouge? des anarchistes? Ce qui est sûr, c'est qu'il continua à fréquenter Nestor Makhno quand, après la défaite des anarchistes, ils se réfugièrent, eux aussi, à Paris.

12/12/2006

1) La LICRA: son origine - ses objectifs - ses moyens d'action - le secret de son influence

Quelques courts extraits du livre, illustrant ces diverses facettes, vous seront proposés sur ce blog sous la rubrique "Extraits de La France LICRAtisée"

SON ORIGINE - 1er extrait: Un crime sensationnel à l’origine de la LICRA

Nous sommes en 1926. Le pouvoir bolchevique règne d’une main de fer sur l’URSS depuis huit ans et le parti communiste français existe depuis cinq ans. Il est totalement aligné sur Moscou et son plus vif souhait est d’importer les bienfaits de la révolution russe en France.

Ce 25 mai 1926, en plein Paris, Samuel Schwartzbard vide son chargeur sur Simon Petlura et se constitue prisonnier. Il déclare aux policiers avoir agi pour venger ses frères juifs victimes des pogroms perpétrés en Ukraine par Petlura. Bernard Lecache, journaliste au Quotidien et membre de la Ligue des Droits de l’Homme – association de gauche créée en 1898 à la suite de l’Affaire Dreyfus – mobilise en sa faveur un certain nombre de personnalités et demande à l’avocat Henry Torrès d’assurer sa défense. Le choix d’Henry Torrès ne doit rien au hasard. Juif originaire d’Afrique du nord, « défenseur puissant des communistes français et des communistes d’importation » comme l’indique à l’époque Le Figaro, membre lui aussi de la Ligue des Droits de l’Homme, il a déjà par le passé assuré la défense d’anarchistes célèbres. Il sera assisté durant le procès par Boris Souvarine, proche de Bernard Lecache, et l’un des fondateurs du parti communiste français.

Le procès de Schwarzbard fait sensation et attire la foule, y compris de l’étranger. La population et la presse juives, surtout américaines, prennent fait et cause pour le meurtrier et rendent le monde entier responsable, par son silence, des pogroms. Dès le départ, il est clair que ce sera le procès des pogroms et qu’on ne jugera pas le coupable du meurtre, mais sa victime.

Aux yeux du public, Samuel Schwarzbard n’a donc fait que venger ses coréligionnaires, victimes innocentes d’épouvantables atrocités. En conséquence de quoi il est triomphalement acquitté le 26 octobre 1927. C’est une grande victoire pour la Ligue internationale contre les pogroms constituée pour l’occasion par Bernard Lecache afin d’assurer la défense de l’accusé et le battage médiatique adéquat. Ce sera d’ailleurs sa seule victoire, puisque la Ligue contre les pogroms se transformera dès l’année suivante en Ligue internationale contre l’antisémitisme, ou LICA. Mais n’anticipons pas.

Je reviendrai, dans un prochain article, sur les acteurs, étonnants, de cette histoire infiniment plus complexe que la manière dont elle fut présentée.