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31/10/2007

LA VOIX DE SON MAITRE

19469a55a50d107fe288c0b507d428df.pngLa semaine dernière étaient rendus publics les résultats d’un sondage mené au niveau mondial, Voice of the People Survey, qui nous apprenaient que la population mondiale était lasse de l’Iran… et des Etats-Unis, et souhaitait un affaiblissement de leur influence. Je suppose que l’absence des Etats-Unis à ce stade aurait paru quand même par trop suspecte. On apprenait dans la foulée que les braves citoyens du monde souhaitaient aussi un affaiblissement de l’influence de la Chine et de la Russie.

Les absences sont souvent plus révélatrices que les présences, n’est-ce pas ? Je me suis demandé si, éventuellement, la population mondiale n’était pas lasse aussi d’un autre pays? Allez savoir … Mais justement, de celui-là, le sondage ne pipait mot.

J’ai donc eu envie d’en savoir un peu plus sur ses commanditaires.

53 749 citoyens  de 68 pays des cinq continents ont donc été interrogés en juin et juillet derniers sur les problèmes mondiaux et leur perception desdits problèmes. Cette enquête a été initiée et menée par l’Institut Gallup International en coopération avec le Conseil européen sur les relations étrangères (ECFR), « centre de recherches » basé à Londres.

L’Institut Gallup International est présenté comme une association suisse à but non-lucratif. Il continue certes à porter le nom du Dr George Gallup, pionnier américain des enquêtes d’opinion, mort en Suisse, mais depuis 1988 il est présidé par Jim Clifton, qui vit à Washington. Gallup International se considère comme l’un des plus grands think tanks mondiaux et se glorifie de voir ses enquêtes prises en compte au Forum annuel de Davos.

Ces grands sondages mondiaux destinés à « refléter » les opinions publiques ont débuté en 2002. Juste après les attentats de septembre 2001.

Très intéressant aussi est le Conseil européen des relations étrangères (European Council on Foreign Relations – ECFR), tout nouveau tout beau car lancé officiellement ce mois-ci. Sachez, bonnes gens, que nous pouvons tous être tranquilles et dormir sur nos deux oreilles car des sommités veillent sur nous et pensent à tout à notre place. Les 50 membres fondateurs de ce nouveau machin européen sont tous d’anciens présidents, ministres, parlementaires, intellectuels, des pays membres de l’Union Européenne et des pays candidats. A ce propos, vous serez heureux d’apprendre que l’une des tâches prioritaires que s’est fixé l’ECFR est l’intégration des Balkans – Turquie incluse bien entendu – dans l’Union. Sans parler de l’adoption du Traité, une priorité également.

L’ECFR, qui a les moyens, a ouvert des bureaux dans sept capitales : Berlin, Londres, Madrid, Paris, Rome, Sofia, Varsovie. Le principal initiateur du projet, et son président, est George Soros. Né en Hongrie en 1930, il est devenu célèbre pour ses activités de spéculation sur les devises et autres activités philanthropiques. Il est actuellement président de Soros Fund Management et de l'Open Society Institute. Il est le fils de Teodoro Ŝvarc, écrivain juif hongrois, docteur, avocat et espérantiste.

A présent, vous vous demandez sans doute qui sont les Français admis à ce cénacle distingué ? Vous ne serez pas déçus : il s’agit d’Alain Minc, de Dominique Strauss-Kahn, de Christine Ockrent (bien qu’elle apparaisse sur la liste comme étant Belge) et de Diana Pinto. J’avoue que j’ignorais qui était cette dernière. J’ai donc cherché et j’ai trouvé ceci : « Diana Pinto. Historienne. Née d'une famille juive italienne, éduquée aux Etats-Unis et vivant en France. Diplômée et Docteur en Histoire de Harvard, elle est auteur en France de « Entre deux mondes » (Odile Jacob 1991). Spécialiste du pluralisme démocratique, ancienne consultante auprès du Conseil de l'Europe pour la société civile en Europe de L'Est. Elle est l'auteur de nombreuses publications sur la nouvelle présence juive dans l'Europe pluraliste d'après 1989. »

bc24425b631ba09ec7a51362bb5cccf6.jpgJe termine sur une note plutôt amusante de ce sondage : à une question sur le niveau de « démocratie » de leur pays, il paraît que les Français ont été 26% à estimer que leur pays était gouverné selon la volonté du peuple. Et les Allemands, 18%. Ce qui signifie en clair que 74% des Français et 82% des Allemands considèrent que le niveau de « démocratie » laisse beaucoup à désirer chez eux.

Ce qui n’a pas l’air de troubler le moins du monde ceux qui ont fait réaliser et payé le sondage. Parler de démocratie, ça ils sont d’accord. Ils ne font que ça à longueur de temps. Quant à la mettre en œuvre…. Vous n’y pensez pas, j’espère ?  Où irions-nous ?