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11/11/2008

C'EST CE QUI S'APPELLE AVOIR LA DENT DURE!!!

Dépêche AP : « Un chasseur de nazis allemand a demandé lundi au procureur de Munich de solliciter l'extradition d'un homme de 88 ans soupçonné de partager une responsabilité dans la mort de 29.000 Juifs dans un camps d'extermination situé en Pologne.

Kurt Schrimm, à la tête du bureau allemand qui poursuit les anciens criminels de guerre nazis, estime que les listes de prisonniers transportés vers le camp de Sobibor pendant les sept mois au cours desquels John Demjanjuk y travaillait sont une preuve suffisante de sa possible participation à ces crimes.

La requête a été déposée à Munich parce que Demjanjuk y a vécu brièvement après guerre, avant d'aller se réfugier aux Etats-Unis en 1952. Ukrainien d'origine, Demjanjuk nie toute participation dans ces crimes de guerre, il affirme avoir servi dans l'armée soviétique et être arrivé en Allemagne comme prisonnier de guerre en 1942 ».

Il a 88 ans aujourd’hui, Demjanjuk et les faits remontent à plus de soixante ans. Pourquoi exhumer ça une énième fois aujourd’hui, me direz-vous ? Elémentaire, chers amis : il faut commémorer dignement le 70e anniversaire de la Nuit de cristal et ne surtout pas laisser les cendres s’éteindre. C’est dans le même registre, et dans la même intention qu’a été annoncée la semaine dernière une découverte sensationnelle à Berlin : les plans originaux du camp d’Auschwitz ! C’était le journal Bild qui annonçait ça et tenez-vous bien, sur ces plans il était écrit en toutes lettres « chambre à gaz ». Mais je préfère laisser la parole à la dépêche d’agence, qui relate ainsi les faits :

« Le document de 28 pages jaunies est daté du 23 octobre 1941. Il comporte notamment, à l'intérieur d'une "installation d'épouillage", le plan d'une pièce de 11,60 x 11.20 mètres portant la mention "chambre à gaz". Cité par le journal, le chef du département des archives fédérales à Berlin, Hans-Dieter Kreikamp, estime que ces plans "offrent une preuve évidente d'un projet de génocide des juifs d'Europe".(…) Le journal, qui publie trois fac-similés du document, précise que celui-ci constitue pour les historiens la preuve que les Nazis avaient mis au point un projet industriel d'extermination des juifs.

"Ces documents démontrent que tous ceux qui ont eu quelque chose à voir avec le planification et la construction de ce camp de concentration savaient que les gens devaient y être gazés suivant une procédure industrielle", écrit Bild. "Ces documents réfutent une fois pour toutes les affirmations selon lesquelles l'Holocauste n'a jamais eu lieu", ajoute le journal ».

Hélas, trois fois hélas, j’ai lu sur l’un ou l’autre site juif, mais je ne l’ai pas retrouvé, que c’était une fausse découverte. Ces documents étaient en fait connus de longue date. Pas de chance, vraiment. Voilà qui aurait une fois pour toutes cloué le bec à bien des médisants.

 

Pour en revenir à Demjanjuk, je relatais son histoire dans La France LICRAtisée et je vais me permettre de vous rafraîchir la mémoire, en me citant :

 

« (…) Ukrainien émigré aux Etats-Unis en 1952, John Demjanjuk est accusé au début des années 1980 par l’OSI (Office of Special Investigations, officine américaine chargée de la traque des « nazis cachés », créée en 1979) d’être Ivan le terrible, bourreau de Treblinka et ce, sur la foi de témoignages. Malgré ses dénégations, on lui retire sa citoyenneté américaine et il est extradé vers Israël en 1986. Là, il est déclaré coupable et condamné à mort en 1988.

 

Les condamnations à mort en Israël sont obligatoirement soumises à la Cour suprême. C’est ce qui le sauve car durant cette procédure, l’URSS s’effondre. L’avocat de Demjanjuk aura accès à des archives judiciaires auparavant inaccessibles et y découvre la preuve irréfutable qu’Ivan le terrible avait été un autre Ukrainien, du nom d’Ivan Marchenko, disparu en Yougoslavie en 1944. Cet avocat, Yoram Sheftel, sera d’ailleurs traîné dans la boue et manquera d’être aveuglé par un jet d’acide lancé par un ancien déporté d’Auschwitz.

Il faudra cependant attendre 1993 pour que Demjanjuk soit définitivement acquitté et puisse enfin rentrer aux Etats-Unis où il sera accueilli de très mauvais gré. Après treize années de poursuites dont sept années dans une prison de très haute sécurité en Israël !

 

Nouvellement créé au début de l’affaire, l’OSI, qui tenait essentiellement, pour des raisons de crédibilité et de financement, à ce que le procès ait lieu et à ce que l’accusé soit condamné, fut fortement suspecté d’avoir retenu volontairement, bien avant sa condamnation, des éléments prouvant son innocence. »

 

Puisqu’on en est au chapitre des extraditions de criminels de guerre, qu’en est-il de celle que la Pologne a réclamée l’an dernier à l'Angleterre pour Helena Wolinska ? Il serait intéressant de connaître la suite de l’histoire. Pour le début, reportez-vous à la date du 21/11/07 sur le blog. Et voyez aussi l’article suivant, en date du 22/11/07, qui concerne un certain Solomon Morel, qui n’était pas un ange, lui non plus. Mais qui est mort dans son lit à 87 ans, Israël ayant catégoriquement refusé de l’extrader.

 

C’est que, voyez-vous, il y a criminel de guerre et criminel de guerre. A ne surtout pas confondre.