29/09/2010

UN EX-SKINHEAD SE RECONVERTIT A L’ORTHODOXIE JUIVE

Voici une histoire qui devrait émouvoir votre gène de la compassion (si vous en avez un bien formaté). Et peut-être même que vous ferez ensuite vous aussi techouva. Vous ne savez pas ce que ça veut dire ? Wikipédia nous apprend que « La techouva désigne le processus de repentance dans le judaïsme, tant dans la Bible hébraïque que dans la littérature rabbinique. Conformément à la pratique juive, une faute, une erreur, un acte interdit, peuvent être pardonnés sous réserve d'initier une démarche de techouva. »

Bon, maintenant que vous savez cela – finalement, en y réfléchissant, je me demande si certains n’ont pas cru que la techouva était seulement pour les goyim, idée à creuser – vous allez apprécier l’édifiante histoire qui suit : comment un skinhead polonais se découvre des racines juives, lui et sa tendre épouse skinhead, et comment ils deviennent de concert des ultra orthodoxes. Mais oui, les miracles arrivent. La preuve.


Ceci dit, l’histoire telle que présentée par le CRIF et d’autres (voir ci-après) est assez lisse et nous laisse sur notre faim. On aimerait en savoir un peu plus sur ces extrémistes. Car bien sûr, impossible d’échapper à sa nature. Avant, ils détestaient les juifs, maintenant ils ont juste viré à l’opposé. Leur haine a simplement dû se déplacer. Avant, il était crâne rasé, maintenant il se balade dans Varsovie avec chapeau et papillotes. Des extrémistes, je vous dis. Le juste milieu, inconnu au bataillon.


Des détails sur ces personnages, on en trouve ailleurs. Car cette histoire a en fait été « découverte » et relatée avec moult détails par le New York Times qui en a fait ses délices. Vous trouverez l’article en lien. Très intéressant. Le NYT en a tartiné des colonnes. Exactement le genre d’histoires dont raffolent les Américains, tellement sensibles comme vous le savez. Qui chialent pour un rien, eux. Pas comme certains …
Curieusement, l’article du NYT date de février 2010. Pourquoi ressurgit-il aujourd’hui ?

 

  « Une histoire de Techouva pas comme les autres…

 

Varsovie, milieu des années 1990. Pawel n’a pas encore 20 ans. Jeune marié, crâne rasé, les idées claires. Un nationaliste à 100 %. Le genre de type à cogner contre tout ce que la capitale compte de “mauvais Polonais” : Noirs, gauchistes, juifs… Juifs surtout.

 

Pawel et ses amis font partie du milieu skinhead. Des chantres de la suprématie blanche, convaincus que la Pologne se porterait comme un charme si elle appartenait aux vrais Polonais. Ola partage ces convictions. Elle et Pawel se sont connus à l’école quand ils avaient 12 ans. “Le coup de foudre”. A 18 ans, elle l’épouse. A l’époque, la jeune fille ignore qu’elle est juive. Il est arrivé que sa mère évoque ses racines, mais “quand nous en avons parlé, j’avais 13 ans, se souvient Ola. (…) Ça ne m’intéressait pas, ça m’est sorti de la tête”.

 

L’idée, pourtant, fait son chemin. Ola finit par se rendre à l’Institut d’histoire juive de Varsovie, qui dispose d’une documentation considérable. Dix siècles d’archives. La jeune fille y trouve des réponses à ses questions, et même un peu plus. A sa grande surprise, elle n’est pas la seule à posséder des origines juives : son époux néo-nazi aussi.

 

Quand elle lui annonce, Pawel tombe des nues. “La première chose à laquelle j’ai pensé, explique-t-il dans un entretien sur CNN, c’est ‘qu’est-ce que je vais dire aux gens ? Qu’est-ce que je vais dire aux copains ? Est-ce qu’il va falloir l’avouer ?’. J’étais en colère, triste, effrayé, incertain. (…) Je ne pouvais pas me regarder dans la glace. Je voyais un juif. Je détestais ce reflet dans le miroir.”

 

Pour essayer d’y voir plus clair, le jeune homme se tourne vers Michael Schudrich, Grand Rabbin de Pologne. “Je lui ai dit ‘écoutez, on me dit que je suis juif, j’ai ce document dans la main, ma mère et mon père m’ont dit des choses. Qui est juif et qu’est-ce que ça veut dire ? Aidez-moi, je suis en train de devenir dingue.”

 

Dix ans plus tard, le doute a cédé la place à une certaine sérénité. Pawel et Ola sont des membres actifs de la communauté juive polonaise. Elle, travaille à la synagogue. Lui, dans un abattoir où les animaux sont préparés selon le rite casher. “Le fait qu’ils aient été skinheads ne fait qu’accroître le respect que j’ai pour eux, explique le Grand Rabbin Schudrich. (…) Ils ont compris que ce n’était pas le bon chemin, ils ont accepté, plutôt que de la fuir, l’idée de faire partie de ces gens qu’ils détestaient.”

 

Article publié dans l’édition du Monde du 28 septembre 2010 »

 

 

Sources : http://www.crif.org/?page=articles_display/detail&aid...

 

http://www.nytimes.com/2010/02/28/world/europe/28poland.h...

 

Le Figaro s’y est mis aussi, toujours à la même sauce que l’article reproduit plus haut. Mais avec des commentaires amusants :

 

http://www.lefigaro.fr/international/2010/09/28/01003-201...

 

Oui, oui, c'est bien lui ci-dessous, l'ancien skinhead "aux idées claires"

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