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04/06/2011

INUZABLES NAZIS…

Je regarde fort peu la télé. Par contre, je lis avec attention les programmes de chaque jour. Très instructif. Ce soir par exemple, je note que sur la chaîne Justice, à 20h40, se poursuit une série sur Les traqueurs de nazis. Vachement prometteur. L’épisode de ce soir est consacré à Josef Mengele et nous annonce : « Après la débâcle nazie, Josef Mengele, médecin tristement célèbre pour ses expériences, trouve refuge en Argentine ».

 

Loin de moi l’idée de défendre d’aucune façon ce personnage entre les mains desquelles je n’aurais pas aimé tomber. Mais enfin, comme nous sommes des gens qui n’ont pas peur de regarder les réalités (toutes les réalités) en face, nous devons rétablir la symétrie un peu malmenée. Et nous souvenir d’autres personnages du même type. Quoique occultés car ayant opéré dans le camp adverse. Celui du Bien.

 

Je trouve donc judicieux (et moins fatigant) de vous offrir ci-dessous un portrait qui figure dans mon livre Révolutionnaires juifs et ainsi, si vous regardez l’émission de ce soir, vous aurez des points de comparaison :

 

 

GRIGORI MOISSEVITCH MAIRANOVSKI, le Mengele bolchevique

 

loub.jpgChacun a entendu parler des expérimentations humaines auxquelles se livraient les nazis dans les camps. Mais qui connaît celles qui se pratiquaient dans les recoins discrets de la Loubianka, le siège de la police secrète soviétique, qu’elle se soit appelée tchéka, guépéou, NKVD ou KGB ?

 

Et qui est capable de mettre un nom sur celui qui eut la haute main sur ces expérimentations de 1937 à 1951? Il a fallu que Soljénitsyne lève le voile en 2003 dans le tome 2 de sa fresque Deux siècles ensemble – Juifs et Russes pendant la période soviétique. Et révèle des choses bien étonnantes, quoique quasiment boycottées depuis.

 

Le laboratoire des poisons du régime bolchevique est installé dès 1921. En 1926, il passe sous la férule de Genrikh Iagoda, alors second de la guépéou. A partir de 1937, sous le nom de Laboratoire 1, ses activités vont considérablement se développer sous la direction de Grigori Moïssevitch Maïranovski.

 

Les sources ne sont pas très loquaces sur ce personnage qui ne manque pourtant pas d’intérêt et dont les hauts faits mériteraient de passer à la postérité au moins autant que ceux du Dr Mengele. Difficile déjà de trouver un portrait de lui. On sait qu’il est né en 1899 dans une famille juive de Batoumi en Géorgie. Dans sa jeunesse, il s’affilie au Bund (Union socialiste et antisioniste des travailleurs juifs), mais devant les nuages qui s’amoncellent sur ce mouvement, qui sera finalement liquidé, il préfère rejoindre les bolcheviks. C’est plus sûr. Il devient médecin biochimiste.

 

Il travaille ensuite à l’Institut de recherches médicales Gorki à Moscou qui sera placé sous l’autorité du NKVD. Drôles de recherches médicales. Drôle d’endroit. Drôle de patronage.

 

En 1937, l’année des grandes purges, ce serviteur particulièrement zélé du régime obtient une promotion dont il tâchera de se rendre digne : on lui confie la direction du Laboratoire 1 avec la tâche très spéciale de mettre au point un poison mortel ne laissant pas de traces. Un poison provoquant un décès qui semblerait naturel, du style « insuffisance cardiaque ».

 

Dès lors, il va se mettre au travail avec ardeur et sans états d’âme superflus. De toute façon, n’est-ce pas, ses victimes étaient des ennemis du peuple, et lui-même travaillait à instaurer un monde meilleur, alors les points de détail…

 

Il va se livrer à des recherches sur toutes sortes de poisons : la digitaline, le curare, la ricine, etc. Et  comme c’était un homme consciencieux et désireux de bien faire, il fera des essais sur des cobayes humains – les oiseaux, ainsi les appelait-il poétiquement – d’âge et de condition physique très variés. Il administrait le poison dans la nourriture ou la boisson, puis à travers un judas, observait les phases de l’agonie, notant scrupuleusement tous les détails.

 

Il est si bien noté par ses chefs qu’il est promu colonel du NKVD en 1943. C’est la guerre, ce ne sont pas les ennemis du peuple qui manquent. Outre les russes, il aura bientôt à sa disposition des oiseaux allemands, polonais, voire japonais. Il expérimente à tour de bras.

Et d’ailleurs il réussira apparemment à mettre au point la substance parfaite, appelée C-2 qui vous tuait doucement en quinze minutes, sans laisser de traces. Elle sera largement utilisée.

 

Le NKVD demandera également à ce précieux auxiliaire d’expérimenter un « camion à gaz ».

 

Ce n’est qu’à la veille du procès de Nuremberg, en 1945, que les expérimentations sur cobayes humains effectuées par le bon docteur Maïranovski furent interdites. Du moins officiellement.

 

Les luttes de pouvoir sauvages au sein du NKVD, alors dirigé par Lavrenti Beria, vont affecter le colonel-empoisonneur qui se croyait pourtant bien à l’abri dans son laboratoire. Il savait tant de choses, ayant personnellement pratiqué tant d’assassinats politiques, qu’il se considérait intouchable ....

 

Il est cependant arrêté en décembre 1951 -  pas pour ses crimes, rassurez-vous - mais dans un contexte de luttes de clans.  Et, sans qu’il y ait procès, personne n’y a intérêt, il est condamné à dix ans de prison pour… abus de fonction et détention illégale de poisons ! Il ne sera pas cependant, comme bien d’autres, libéré à la mort de Staline, en mars 1953. Alors, dans l’espoir de se dédouaner, il charge copieusement son ancien patron, Lavrenti Beria, lors du procès de celui-ci en juin de la même année, reconnaissant du même coup ses propres crimes.

 

Il  purgera bel et bien ses dix ans de prison, à sa grande indignation. Voilà comment était récompensée la vertu militante ! Il est libéré en décembre 1961 et assigné à résidence au Daghestan où il travaille dans un laboratoire de chimie.

 

Il va commettre une erreur fatale en essayant d’obtenir avec acharnement sa réhabilitation. A cet effet, il envoie un courrier à Krouchtchev, le nouveau maître, espérant l’attendrir en lui rappelant des souvenirs anciens – notamment un assassinat commun – que ce dernier n’avait apparemment nulle envie de voir ressurgir. Maïranovski n’aura pas l’occasion d’en parler davantage car il succombe opportunément en décembre 1964 d’une… insuffisance cardiaque.

 

21/05/2011

C’EST RATE POUR CELUI-LA

klaas faber,hollande,nazis,allemagne,israël,bavière,anne kling,france licratiséeLa Bavière vient de refuser l’extradition de Klaas Faber aux Pays-Bas. Il s’agit-là de l’épilogue d’une affaire qui remonte aux années d’après-guerre.

 

Klaas Faber est né en Hollande en janvier 1922, ce qui lui fait à présent 89 ans bien sonnés. Vous lirez dans Wikipédia (anglais http://en.wikipedia.org/wiki/Klaas_Carel_Faber ) le récit de ses activités durant la guerre, aux Pays-Bas, liées en partie à l’assassinat de son père, en juin 1944, par la communiste hollandaise Hannie Schaft. Toujours est-il qu’il est condamné à mort par un tribunal hollandais en 1947, ainsi que son frère Pieter. Ce dernier sera exécuté en 1948, tandis que Klaas Faber voit sa peine commuée en prison à vie. Il s’échappera en 1952 et gagnera l’Allemagne dont il obtient la nationalité. Il s’installe à Ingolstadt en Bavière où il travaillera pour la firme Audi.

 

Deux demandes d’extradition seront présentées par les Hollandais : la première en 1954 et la seconde …. tranquillement cinquante ans plus tard, en 2004 ! Pourquoi et comment s’étaient-ils brusquement réveillés ? Mystère …

 

De toute façon, à la suite de la première demande, un tribunal allemand avait, en 1957, prononcé  un non-lieu pour manque de preuves. Il n’y avait pas de preuves en 1957, mais tout à coup, il y en avait en 2006 ! Car à cette date, les demandes d’extradition se font plus pressantes, se basant sur de nouvelles « preuves ». Le Centre Simon Wiesenthal s’en mêle ouvertement, ainsi que le gouvernement israélien. En août 2010, une pétition initiée par des juristes de l’Etat hébreu aboutit à une demande officielle adressée à la ministre allemande de la Justice, Sabine Leutheusser-Schnarrenberger. En novembre de la même année, les autorités néerlandaises émettent un mandat d’arrêt européen contre Faber, mettant en doute la légalité de sa citoyenneté allemande.

 

A ce moment-là, la Bavière avait fait savoir qu’elle examinerait la requête. Car il faut savoir qu’en Allemagne, ce sont les régions, et non le gouvernement central, qui se prononcent sur les demandes d’extradition.

 

La justice bavaroise vient donc de rendre son verdict: elle a refusé l’extradition, opposant ainsi une fin de non-recevoir aux Pays-Bas et un beau camouflet à la ministre allemande qui n’avait pas ménagé ses efforts pour faire plaisir aux Israéliens.

 

L’affaire est donc terminée, ici-bas en tout cas, à la fureur de « l'association américaine des survivants de l'Holocauste et de leurs descendants, [qui] a estimé qu'il s'agissait d'une "offense morale honteuse à la mémoire de ceux qui ont été brutalisés et tués par les nazis et leurs collaborateurs aux Pays-Bas".   

 

"Les victimes de l'occupation des Pays-Bas par les nazis (...) ont été trahies et leur soif de justice méprisée", a ajouté Elan Steinberg, vice-président de l'association. »   

25/02/2011

AVIS DE RECHERCHE

L’un ou l’autre de mes distingués lecteurs étant peut-être dans ce cas de figure, je me fais un devoir de transmettre l’appel. C’est que sous le nom des plus ésotériques de cette Fondation se cachent … des sous ! des sous ! toujours des sous !

Encore que depuis 1936 … ce qui nous fait la bagatelle de 75 années de passées, j’ose espérer que les survivants n’ont pas attendu ce pactole pour vivre. Mais suis-je bête! Quand on aime, est-ce qu’on compte ?

 

 

« Fondation CASIP-COJASOR

 

La Fondation Casip-Cojasor vous informe de l'existence d'un programme d'assistance de la « Claims Conference », destiné aux victimes autrichiennes du nazisme. Ce fonds AHSEAP, s'adresse à toute Personne juive, d'origine autrichienne ou ayant vécue en Autriche, et qui a dû fuir les persécutions nazies à partir de juillet 1936.

 

Ce programme fournit des aides financières dans les domaines de la santé et de l'habitat. La Fondation Casip-Cojasor vous rappelle également que son bureau Claims est à votre disposition pour vous apporter toute aide et assistance nécessaires à la constitution de dossiers d'indemnisation Claims Conference « Article 2 » et « Hardship Fund »- destinés aux personnes juives ayont subi des persécutions durant la guerre 39-45 - et vous accompagne pour toute démarche relative à ces dossiers. »

 

Fondation Casip-Cojasor

Service des Survivants de la Shoah

47 Bd de Belleville

75011 Paris

 

Source : http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detai...

21/02/2011

ENCORE UN D’ATTRAPE

Vite, vite, s’agit de se dépêcher de faire « justice ». Vengeance serait peut-être plus approprié … 68 ans après les faits. Après le criminel nazi ci-dessous, vous lirez deux cas de tortionnaires pour lesquels, très bizarrement, la justice ne s’est pas vraiment émue. Je les ai exhumés des archives du blog, mais je les trouve bien à leur place ici, une nouvelle fois. Deux poids deux mesures, comme toujours. Mais il n’est pas mauvais de bien le souligner et même de  ressasser. Certains s’en sont fait une spécialité et ça a l’air de bien marcher. Alors, pourquoi pas nous ?

 

1)  « Un criminel nazi inculpé en Hongrie »

 

sandorkkepirogg.jpg« La justice hongroise a inculpé lundi 14 février 2011 Sandor Kepiro, qui figure en tête de la liste des criminels nazis les plus recherchés par le Centre Simon Wiesenthal, pour des crimes de guerre perpétrés en Serbie en 1942.

 

Selon le chef d'inculpation, Sandor Kepiro a contribué lors d'une razzia entre les 21 et 23 janvier 1942 à l'exécution de civils en tant que commandant d'une patrouille, a annoncé la porte-parole de l'Office du Procureur, Gabriella Skoda, dans un communiqué. Elle fait référence au massacre de Novi Sad, au nord de la Serbie, dans la province de la Voïvodine, perpétré pendant l'occupation nazie de l'ex-Yougoslavie. Des gendarmes et des soldats hongrois, auxiliaires de la Wehrmacht nazie et affectés en Voïvodine en raison de la présence d'une forte minorité hongroise (environ 300000 personnes aujourd'hui), avaient tué quelque 1.200 civils, juifs et serbes, selon le Centre Simon Wiesenthal, et "au moins 2000", selon la justice serbe ».

 

http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detai...

 

 

2)  LA POLOGNE RECLAME L’EXTRADITION DE HELENA WOLINSKA (blog 21/11/07)

La série “bolchevique” semble plonger dans le passé. Pourtant, ces faits ne sont pas si anciens que ça et il peut arriver que ce passé vous rattrape sans crier gare. Même aujourd’hui. La Pologne vient ainsi de présenter officiellement une demande d’extradition européenne pour l’ancienne juge Helena Wolinska, accusée de procès truqués dans les années 50.

Fajga Mindla Danielak, dite Helena Wolinska, est née dans une famille juive polonaise en 1919. Elle réchappe du ghetto de Varsovie et rejoint la Milice communiste à la fin de la guerre. Elle grimpe très vite dans la hiérarchie du nouveau régime qui s’installe en Pologne puisqu’elle devient juge et procureur.

Elle est accusée  par la Commission d’enquête sur les crimes contre la nation polonaise d’avoir alors procédé à des arrestations illégales, fabriqué des preuves, truqué des procès afin de pouvoir condamner à mort un certain nombre d’ « ennemis du peuple ». En particulier le général-héros polonais  de la seconde guerre mondiale, Emil August Fieldorf. Le général, qui refusa de collaborer avec les communistes après la guerre, fut arrêté illégalement et exécuté en février 1953.

Helena Wolinska quittera le théâtre de ses exploits en 1968 pour s’installer avec son mari, l’économiste marxiste Wlodzimierz Brus, né Beniamin Zylberberg,  en Grande-Bretagne, à Oxford pour être précis. Où son mari, aujourd’hui à la retraite, était professeur. Devenue citoyenne britannique, elle a  88 ans à présent et se plaint de voir resurgir ces spectres du passé : Pourquoi ressortir tout ça, c’est vieux et puis, c’était politique, etc, etc.

Cette fois sera peut-être cependant la bonne. Deux fois déjà, les autorités britanniques ont rejeté la même demande d’extradition pour des « motifs humanitaires », dus à l’âge notamment, et aussi en raison de l’éloignement des faits. Bizarres comme arguments, vous ne trouvez pas ? Reconnaissez qu’ils n’ont guère été retenus dans d’autres circonstances.

Mais c’était avant 2004, date à laquelle la Pologne a rejoint l’Union Européenne. Maintenant, la décision n’appartiendra plus aux autorités britanniques, mais à un juge. Si Helena Wolinska est extradée et jugée, elle encourt 10 ans de prison pour ses crimes.

A la même époque, certains autres de ses collègues ont eu des carrières intéressantes, qui ressurgissent aujourd’hui, de ci, de là. Un en particulier, que la Pologne aurait bien voulu pouvoir juger, et dont nous parlerons demain.

 

3)  SOLOMON MOREL A RENDU COMPTE DE SES CRIMES AILLEURS (blog 22/11/07)

Avant Helena Wolinska, dont nous parlions hier, les autorités polonaises avaient réclamé une autre extradition, à Israël cette fois et s’étaient heurtées à une fin de non recevoir. Le personnage dont il était question était pourtant accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Il s’agissait de Solomon Morel qui a fini par mourir de sa belle mort, bien tranquillement, à Tel Aviv en février de cette année, à l’âge de 87 ans.

Lui aussi était né en 1919, comme Helena Wolinska, également en Pologne, et comme elle dans une famille juive. Et lui aussi apparemment s’estimait parfaitement autorisé à se livrer aux pires crimes.

Lorsqu’éclate la seconde guerre mondiale, lui et son frère Izaak se cachent dans les environs de leur village natal, dans la ferme d’un paysan qui sera dûment décoré de la médaille des Justes en 1983.  Le caractère actif et entreprenant de ces jeunes gens les pousse en 1942 à former une bande qui pille les villages voisins. Izaak est pris par la résistance communiste et exécuté. Solomon, lui, intègre le groupe des communistes et leur sert de guide dans les forêts. A partir de là, les faits sont assez brumeux. Il prétendra plus tard avoir été déporté à Auschwitz, mais l’enquête de la Commission polonaise chargée de l’affaire a révélé que c’était un mensonge. Un de plus.

Toujours est-il, et cela c’est sûr, qu’on le retrouve en 1944 dans les services de sécurité intérieure et qu’à l’été de cette année-là, il participe à l’organisation de la Milice Citoyenne de Lublin, qui est alors la capitale du gouvernement communiste d’occupation. Milice Citoyenne, vous aurez noté la saveur de la chose au passage …. Nos gauchistes n’ont vraiment rien inventé.

A partir de là, il va monter en grade. Bien qu’il n’ait que 25-26 ans, les Russes le nomment commandant de la prison de Lublin, puis commandant du camp de concentration de Zgoda où il va pouvoir démontrer l’étendue de ses talents. Zgoda dépendait originellement du camp d’Auschwitz. Ouvert en 1943, c’était un camp de travail forcé. Le NKVD va le rouvrir en février 1945 pour y enfermer des Allemands et des Silésiens. Il s’agissait essentiellement de civils, dont des femmes et des enfants, ainsi que de prisonniers politiques.

Le nombre des détenus assassinés dans ce camp, où la torture était couramment pratiquée, est sobrement évalué de 1 600 à 2 500 pour les seuls mois – de février à novembre – où Morel en fut le commandant. Il ne rechignait pas à faire le travail lui-même puisque de nombreux témoignages attestent qu’il tuait personnellement. Ces excès finirent par le faire mettre à pied – trois jours – et écarté de la direction du camp, par le NKVD qui n’était pourtant pas composé de tendres.

Sa carrière ne s’arrêtera pourtant pas là puisqu’il est nommé ensuite commandant d’un camp spécial pour les prisonniers politiques mineurs à Jaworzno. Il dirigera ensuite les prisons d’Opole, de Raciborz et de Katowice et partira comme si de rien n’était à la retraite en 1968, avec le grade de colonel.

Les autorités polonaises commencent à enquêter officiellement sur son passé en 1992. Il ne sera entendu par la justice qu’une seule fois car, considérant que les choses se gâtent, Solomon Morel se dépêche de fuir la Pologne. Il se réfugie … en Israël.

L’enquête se poursuit cependant. En 1996, il est inculpé de neuf chefs d’accusation. En 1998, Israël refuse l’extradition au motif que les délais pour poursuivre les crimes de guerre seraient dépassés. Authentique !  En 2003, un mandat d’arrêt est lancé contre lui, mais Israël refuse à nouveau de l’extrader. D’autres demandes seront formulées par les Polonais, la réponse sera toujours identique.

Morel avait clamé pour sa défense qu’il s’agissait d’un complot antisémite. Et que d’ailleurs, trente membres de sa famille avaient été tués par les nazis. Alors, hein …

Certains ont quand même dû échapper à la barbarie germanique car c’est la famille de Solomon Morel qui a fait part de sa mort à Tel Aviv, où il est enterré, en février de cette année.

Et un de ses cousins, Micky Goldfarb, avait écrit en juin 2003 une lettre pour l’excuser et justifier ses actes. Je vous traduis cette lettre ci-dessous. Vous verrez qu’elle n’appelle aucun commentaire. Tantôt trop vieux, tantôt trop jeune, toujours victime. Tout y est.

« Solomon Morel est mon cousin. C’est un très vieil homme. Il a perdu toute sa proche famille dans l’Holocauste et a été nommé commandant de ce camp alors qu’il n’avait que 26 ans. Je ne crois pas qu’il soit un tueur.

S’il a traité durement les détenus, j’estime que c’est compréhensible en raison de ce qu’il a subi et vu de ses propres yeux – les crimes perpétrés par les Allemands et les Polonais pendant la seconde guerre mondiale.

Je pense qu’il faut le laisser tranquille et s’occuper plutôt des vrais « meurtriers en série » qui ont été relâchés avant la fin  de leur peine ou qui n’ont jamais été inquiétés. Il y a assez de nazis et de sympathisants de nazis qui vivent toujours en liberté de par le monde et qui attendent qu’on s’occupe d’eux.  Micky Goldfarb »

 

06/01/2011

BECASSINE CHEZ LES NAZIS

Ca ferait un bon titre, ça, bien accrocheur. Donc, vous apprendrez qu’en Poméranie antérieure, les zaffreux nazis font la loi. Malheur aux braves citoyens « innocents » qui croisent dans les parages. Peu à peu, « les indices sur la vraie nature du village » vont se dévoiler à leurs yeux horrifiés. Quand je vous dis qu’on se croirait dans un film d’horreur ! D’ailleurs, ça devrait donner des idées à certains …

Et figurez-vous que les monstres ont même la prétention « d’influencer l’enseignement » !!! Comme si des choses pareilles pouvaient exister ! Ils ne reculeront vraiment devant rien. Ah, ce ne sont pas ces tendres bolcheviks, si respectueux de la personne humaine, qui se seraient livrés à pareils débordements. Pour ne parler que d’un passé pas si lointain.

 

« Un village néo nazi

 

11.jpgHorst et Birgit Lohmeyer pensaient accomplir le rêve de leur vie quittant Hambourg pour s’installer à Jamel, un petit village du Land Mecklembourg-Poméranie antérieure, dans l’est de l’Allemagne. Ils savaient bien que Sven Krüger, un membre influent du Parti national démocrate (NPD) vivait dans le coin. Mais ce qu’ils ignoraient, c’est que Krüger terrorisait le voisinage, et que ses amis étaient en train de racheter le village entier.

 

Petit à petit, les indices sur la vraie nature du village se sont accumulés: de nombreux jeunes hommes au crâne rasé et en vêtements militaires, du rock nazi joué à plein volume le week-end, des tirs d’arme à feu provenant des sessions d’entraînement des néo-nazis dans les bois ou encore des enfants qui font le salut nazi quand ils croisent des voisins. En fait, les néo-nazis ont investi le village en quelques années et poussent la plupart des habitants qui ne partagent pas leurs idées à déménager à coups de vitres cassées et d’intimidations. Jamel est le symbole de la montée de l’extrême droite dans certaines régions de l’est du pays comme le Mecklembourg-Poméranie antérieure, explique le Spiegel:

 

«Cette région rurale, qui appartenait à l’Allemagne de l’Est communiste, a une mauvaise réputation dans ce domaine. Le NPD, qui glorifie le troisième Reich, est présent au parlement local depuis 2006 et les crimes néo-nazis font partie de la vie de tous les jours. Au cours des derniers mois, une série d’attaques contre des hommes politiques de tous les partis démocratiques ont secoué le Länder. […] Jamel symbolise le fait qu’il y a des endroits en Allemagne où les extrémistes d’extrême droite peuvent faire pratiquement ce qu’ils veulent.»

 

Les preuves de la montée de l’extrême droite en Allemagne se font de plus en plus nombreuses. En septembre dernier, le gouvernement local de Mecklembourg-Poméranie antérieure a adopté une loi obligeant toute personne ouvrant une garderie ou une crèche à s’engager à respecter la constitution démocratique de l’Allemagne. Objectif de l’opération: empêcher des néo-nazis de créer des garderies, d’influencer l’enseignement ou de se faire recruter comme professeurs dans les crèches et autres écoles maternelles, phénomène qui s’est développé au cours des dernières années. Récemment, la police allemande a arrêté 23 personnes dans 10 Länder suspectées d’être impliquées dans une radio internet illégale d’extrême droite qui diffusait des chansons et des idées néo-nazies, tandis que l’office fédéral du crime (BKA) a déclaré que le nombre de personnes susceptibles de perpétrer des violences d’extrême droite a doublé au cours de la dernière décennie pour atteindre aujourd’hui 9.000. »

 

Source : http://www.crif.org/?page=articles_display/detail&aid...

 

21/12/2010

COMPTES ET MECOMPTES

Curieuse info, ci-dessous. Yad Vashem annonce avoir dûment répertorié quatre millions de « victimes de la barbarie nazie ». Dont 1,5 million ajoutés ces dix dernières années. Pourtant, au procès de Nuremberg, en 1946, 6 millions de victimes avaient été annoncées, chiffre depuis lors gravé dans l’airain. Comment a-t-on pu avancer ce chiffre, alors que tant de noms manquaient ?

 

Si l’on s’en tient aux affirmations de Yad Vashem, de la fin de la guerre à l’an 2000, il n’a été possible de donner un nom qu’à 2,5 millions de victimes.

Puis, les 10 années suivantes, 1,5 million de noms ont surgi du néant.

 

Reste l’épineux problème des 2 millions toujours obstinément manquants. Comment Yad Vashem va-t-il pouvoir « remplir sa mission » ?

« La mission de Yad Vashem

La direction de Yad Vashem a annoncé qu’elle avait réussi à recueillir jusqu’à présent les noms de quatre millions de victimes de la barbarie nazie, massacrées pendant la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit des deux tiers du chiffre total. Le président du Mémorial de la Shoah, Avner Shalev, a précisé qu’un million et demi de noms avaient été ajoutés au cours de ces dix dernières années. Et de souligner : « Les Allemands ne souhaitaient pas seulement éliminer physiquement les Juifs, ils voulaient également effacer leur souvenir. L’une de nos principales missions consiste donc à donner un visage et un nom à chacune des victimes ».

 

Source : http://www.israel7.com/2010/12/la-mission-de-yad-vashem/

26/11/2010

SUBTILE REHABILITATION D’UN SALAUD INTEGRAL

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J’ai lu ce qui suit sur le site juif.org qui l’a lui-même repris du Figaro. Apparemment, une série de bandes dessinées « historiques » relate l’histoire de Joseph Joinovici à sa sauce. Dans le registre : bon, c’est vrai, il a collaboré, mais enfin, quoi, les temps étaient durs. Et puis n’oublions pas qu’il a sauvé 150 juifs ! Finalement, il mériterait bien 150 médailles « du Juste », pas vrai ?

N’en déplaise aux auteurs de la BD, le personnage était parfaitement ignoble. Une ordure finie et intégrale qui s’est acheté – c’est le cas de le dire – une conduite quand il a vu que les choses tournaient mal. A la suite de l’article du Figaro, j’ai retranscris un des deux chapitres que Jean-Claude Valla consacre à ce sinistre individu dans Ces juifs de France qui ont collaboré, dont je vous recommande vivement la lecture (disponible sur amazon). Vous y apprendrez plus de choses que dans la BD. J’ai fortement résumé le 2e chapitre car j’en avais un peu assez de taper. Mais pourtant, il vaut la lecture, je vous prie de le croire.

Ce n’est pas la première « réhabilitation ». Josée Dayan avait déjà consacré en 2001 un téléfilm hagiographique au même personnage largement revu et corrigé, et joué par Roger Hanin. C’est ce téléfilm qui a dû inspirer les BD.

1) Article du Figaro : « M. Joseph, juif, collabo et résistant face à la Libération »

« Lefigaro.fr sélectionne un album qui vient de paraître et analyse des planches image par image. Cette semaine, le quatrième tome de la série Il était une fois en France, intitulé Aux armes, citoyens ! signé Fabien Nury et Sylvain Vallée (Glénat).

 

Les auteurs

Né en 1976, Fabien Nury effectue ses premières armes dans la publicité en tant que concepteur-rédacteur et responsable de création en 1998. (…) En 2006, il crée avec Sylvain Vallée la série culte Il était une fois en France, qui retrace, d'après sa véritable histoire, la vie de Joseph Joanovici, juif, milliardaire, ferrailleur et collabo sous l'Occupation. Ce quatrième tome fait également partie de la sélection officielle d'Angoulême 2011.

Né en 1972, Sylvain Vallée entre après un bac artistique à l'école Saint-Luc de Bruxelles de laquelle il sort diplômé pour devenir illustrateur indépendant.(…) Vendue à 300.000 exemplaires, la saga Il était une fois en France plusieurs fois sélectionnée à Angoulême et détentrice de nombreux prix, lui a permis de se faire connaître auprès d'un large public.

L'album

Eté 1944. La libération est proche. Alors que d'aucuns attendent ce moment avec impatience, Joseph Joanovici lui, a peur. Jusqu'à ce jour, à la fois collabo et résistant, son double jeu était bien huilé : il réussissait toujours à avoir un coup d'avance sur ses adversaires. La libération avance à grands pas, et avec elle la honte d'avoir participé au génocide de tout un peuple. Pour notre protagoniste, il faut faire vite. C'est une question de survie, comme toujours. Joseph n'a plus de répit, tout doit disparaître : ses états de service auprès du IIIe Reich , et surtout sa carte de gestapiste. Un juif qui a collaboré avec les nazis, peut-il y avoir pire crime ?

 
Fabien Nury a décidé de ne pas répondre à cette question. C'est en travaillant sur le scénario Les Brigades du tigre qu'il est tombé sur l'histoire incroyable de Joseph Joanovici. Au fil de ses recherches sur le personnage, il se rend compte que ceux qui ont écrit sur lui sont rarement d'accord : collabo et salaud pour les uns , grand résistant et bouc-émissaire pour les autres. Dans Il était une fois en France, son parti pris est de ni juger, ni de condamner. Certes il a collaboré, mais il a aussi sauvé 150 personnes des camps de la mort. Un grand paradoxe donc que le scénariste a choisi d'explorer, de mettre en exergue. Il fallait survivre coûte que coûte, préserver les siens, saisir toutes les opportunités. Le prix n'en est pas moins cher payé. Traqué, Joseph va être amené à sombrer un peu plus dans la noirceur, se salir les mains. Et affronter le regard impitoyable d'Eva, sa femme, qui découvre ses antécédents. Abattu Joseph ? Jamais ! Tel le roseau, il plie, mais ne rompt pas. Cependant, si dans les albums précédents, il pouvait être capable du pire et du meilleur, ici, le pire l'emporte.

La complexité du personnage est superbement relayée par le dessin réaliste de Sylvain Vallée, qui a su garder les deux aspects du personnage sans le faire chavirer d'un côté ou de l'autre. La variété des expressions de Joseph pouvant changer d'une case à l'autre, d'une seconde à l'autre, sont pleinement rendues. Tout se joue à quelques traits physiques, quelques coups de crayons que le dessinateur maîtrise à la perfection.

Finalement, Joseph Joanovici, grand héros ou salaud collabo ? Cet album, Aux armes citoyens, ne répond toujours pas à cette question, malgré un héros qui sombre de plus en plus dans le mal. L'ambiguïté est maintenue, le pari des deux auteurs, gagné.»

Source : http://www.juif.org/go-news-140935.php

 

2) Jean-Claude Valla, Ces juifs de France qui ont collaboré

 

 

ejoseph02.jpgRabatteur, kidnappeur et assassin, Oscar Reich était un enfant de chœur au regard d’une autre figure infiniment plus célèbre que lui : Joseph Joinovici. Né en 1905, ou en 1895, on ne sait pas au juste, dans le ghetto de Kichiniev en Bessarabie, ce juif est arrivé en France en 1925, ne sachant ni lire ni écrire. Des années durant, il s’exprimera dans un étrange sabir fait de yiddish, de roumain, de russe et de français. Mais il semble avoir toujours su compter et, si son corps est empâté, sa démarche lourde, sa cervelle est d’une agilité redoutable.

 

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25/11/2010

UN DE PERDU, UN DE RETROUVE

Nous parlions ces jours derniers du décès de Samuel Kunz, qui a plongé dans l’affliction ses persécuteurs qui espéraient un beau procès bien pédagogique pour février prochain. Il a eu le toupet de mourir avant. Raté, donc, pour celui-là. Mais tout n’est pas perdu car un autre se profile aussitôt. Ils en ont combien encore comme ça, dans leur manche ?

J’ai un peu de mal à comprendre : il aurait 60 ans, ce chef SS ? Quel âge ça lui faisait à la seconde guerre mondiale ? Il doit y avoir erreur. Une fois n’est pas coutume.

« Vers l'extradition d'un chef SS ?

Le centre Simon Wiesenthal a appelé l'Allemagne à extrader l'ancien SS hollandais Klaas Faber, 60 ans, déjà sous le coup d'un mandat d'arrêt hollandais. Faber, responsable de la mort de 22 personnes, avait fui en Allemagne après sa condamnation à mort en Hollande prononcée en 1952.

A Berlin, les responsables du ministère de la Justice, qui affirment réfléchir à la mise à exécution de la sanction pesant sur l'assassin, se penchent sur la possibilité d'emprisonner Faber après sa condamnation.

Ce n'est pas la première que des appels à extrader le criminel nazi se font entendre. En effet, le gouvernement hollandais a plusieurs fois réclamé officiellement son extradition afin qu'il puisse purger sa peine.

Selon Efraim Zuroff, chasseur de nazis au centre Simon Wiesenthal, "l'échec allemand quant à l'extradition de Faber vers la Hollande reflète une anomalie qui doit être corrigée, afin de pouvoir rendre justice". »

Source : http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1289993724768&a...