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20/09/2008

LE PLUS GRAND MUSEE JUIF DU MONDE OUVRIRA A MOSCOU

Etonnant, mais vrai. Les Russes étant apparemment très tolérants et sans rancune, le Musée de la Tolérance verra bientôt le jour à Moscou. La raison officielle de cette ouverture est de réduire les incidents antisémites qui se sont multipliés ces dernières années en Russie. Mouais … Je suis plus que sceptique devant ce « remède », mais il est vrai qu’on ne m’a pas demandé mon avis.

 

Il est plus vraisemblable de penser que les juifs reviennent aujourd’hui nombreux en Russie et entendent marquer fortement leur présence. Synagogues et organisations culturelles prolifèrent comme jamais : « Moscou compte plus d’organisations culturelles juives que tout le reste de l’Europe », déclare Boruh Gorin, l’un des hauts responsables communautaires.

 

A l’ouverture des frontières, en 1989, il restait environ 1,5 million de juifs en Russie. Plus d’un million ont alors émigré en Israël. Un bon dixième seraient aujourd’hui revenus en Russie, quoique leur statut soit assez flou : « La plupart ont conservé la nationalité israélienne, et ne sont ici que pour affaires : ils se considèrent comme israéliens expatriés en Russie. Je ne parlerais pas de «retour », selon Gorin.

 

Le Musée de la Tolérance sera constitué d’un ensemble de bâtiments englobant bibliothèques, centres d’étude, salles de conférences. Il couvrira une surface de 9 000m2, sans compter les sous-sols de 15 000m2. Il jouxtera des institutions juives déjà existantes, telles que restaurants, services sanitaires, yeshiva, plus une université en construction. Son ouverture est prévue pour 2011.

 

Qui finance ? Eh bien, la municipalité de Moscou a « accordé » à la communauté juive il y a cinq ans, le bâtiment historique, construit en 1927, dans lequel sera installé le Musée. J’ai mis des « » car j’ignore si c’est un don ou simplement un prêt. La Fondation culturelle russe versera aussi son obole.

Pour le reste, ce sont essentiellement des philanthropes juifs dirigés par l’homme d’affaires Lev Leviev, qui mettront la main au portefeuille.

 

Ce musée juif international veut être la vitrine de la vie et de l’histoire juives en Russie. Il présentera naturellement une importante section consacrée à la shoah.

 

Je me demande s’il consacrera également une place au souvenir d’un certain nombre d’acteurs, parmi les plus importants, d’une révolution qui fit trembler le monde et qui méritent pourtant de ne pas être oubliés car ils illustrent, eux aussi, un aspect important de la vie juive en Russie.

Ils le méritent d’autant plus qu’à l’époque, en 1917, toute la diaspora était très fière d’eux : les Trotski, Kamenev, Zinoviev, Sverdlov, Litvinov, Kaganovitch, Iagoda, Frenkel, Sokolnikov, Radek, etc, etc, etc, étaient portés aux nues. A ce jour, ils n’ont jamais été désavoués, ni fait l’objet de la moindre repentance, que je sache.

 

Ne les oublions surtout pas, ceux-là. En bonne logique, et pour faire complet, un autre musée, celui des horreurs, devrait ouvrir juste en face. Je parie qu’il ne désemplirait pas.

 

 

Un mot pour terminer, à propos de l’ « antisémitisme », toujours invoqué :

 

Dans un article du Courrier de Russie, d’avril 2008, qui parle de l’ouverture du musée, je lis ceci : 

« Sous l’URSS, la politique officielle des nationalités – égalitaire – s’est rapidement transformée en un antisémitisme d’Etat : « Si l’on découvrait qu’un fonctionnaire haut placé fréquentait la synagogue, il pouvait être exclu du parti ou démis de ses fonctions », explique Boruh Gorin. La synagogue de Kitaï Gorod est pourtant restée ouverte sans interruption, mais il s’agissait surtout de maintenir l’apparence quand les rabbins, au même titre que les prêtres orthodoxes et les imams, étaient contraints de collaborer avec le KGB. »

 

Il est clair à la lecture de ce qui précède que ce qui est traduit par « antisémitisme d’Etat » était en fait la persécution – égalitaire – de toutes les religions et ne s’adressait pas plus spécifiquement aux juifs qu’aux autres. Le terme d’ « antisémitisme » n’est donc pas approprié en la circonstance.

11/11/2007

UN ISRAELIEN A LA TETE DU COMITE SCIENTIFIQUE DU MUSEE DE L’EUROPE A BRUXELLES

L’Europe de Bruxelles peine à offrir un visage attrayant et humain aux Européens qui ont tendance à s’en détourner de plus en plus. Comment se sentiraient-ils proches d’une machinerie qui, n’ayant que le mot de « démocratie » à la bouche, se garde soigneusement de mettre la chose en application ? Et poursuit, aveugle et sourde, sa marche forcée vers une entité où la volonté des peuples, toujours invoquée, est systématiquement contournée.

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Donc, pour s’offrir une vitrine plus reluisante, Bruxelles a décidé de se doter d’un Musée de l’Europe, destiné à faire « découvrir aux Européens les racines de leur civilisation commune ». C’est beau comme de l’antique, sauf que les « racines », justement, sont plutôt escamotées, comme nous le verrons. Autre question à propos de ce Musée : pourquoi est-ce un Israélien qui en dirige le Comité scientifique ? Je m’empresse de préciser que Elie Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël en France de 2000 à 2002, qui enseigne actuellement l’histoire de l’occident moderne à l’Université de Tel Aviv, est certainement un homme de grande culture et de haute compétence. Là n’est pas la question.

Mais cela ne constitue pas une réponse. Manque-t-on à ce point d’historiens européens pour assumer cette tâche au moins aussi bien que lui? Ce choix est quand même curieux, et j’insiste lourdement, car j’aime comprendre : pourquoi lui ?

En tout cas, c’est lui qui préside cette année à ce titre une grande exposition destinée à marquer le cinquantenaire du traité de Rome, intitulée C’est notre histoire !

Notre histoire ? Laquelle, justement ? Eh bien, celle qui commence en 1945. Car pour les initiateurs de cette exposition, l’histoire de l’Europe semble démarrer véritablement à cette date. Avant ? Connais pas vraiment….

5931b3169084e78058bd2b5fd29a69aa.jpgElie Barnavi a ainsi déclaré : « (…) Songez ce qu’était l’Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et vous mesurerez mieux le chemin parcouru. Certes, Hubert Védrine a raison de rappeler que ce n’est pas l’Europe qui a fait la paix, c’est la paix, la menace soviétique et la volonté américaine qui ont fait l’Europe. Eh oui, on l’oublie trop souvent, parmi les pères de l’Europe figurent en bonne place Truman et Staline. Mais ces puissants personnages en auraient été pour leurs frais si les Européens eux-mêmes n’avaient trouvé dans les gènes de leur civilisation commune les raisons de leur aventure partagée. »

Dans un autre langage, s’adressant à de jeunes lecteurs, en marge de l’expo, il insiste encore sur cette formidable histoire récente : “L’Europe n’a toujours pas de frontières et elle ne sait toujours pas ce qu’elle veut être au juste. Une fédération? Une confédération? Un simple marché commun élargi aux limites du continent?

C’est sans doute à ta génération qu’il appartiendra d’apporter une réponse à ces questions. Ce ne sera pas une mince affaire. Car ce que les Européens sont en train de faire est sans exemple dans l’histoire des hommes. On a connu de grands empires, bâtis par des conquérants assoiffés de pouvoir. Mais on n’a jamais bâti une union libre de peuples gouvernés par des régimes démocratiques. Oui, ce que tes parents ont accompli est formidable. Mais ce que tu seras appelé à accomplir le sera tout autant“.

Union libre, régimes démocratiques….C’est une histoire belge que cet historien israélien - qui déclarait également il y a quelques années  «Jamais, depuis la guerre, les juifs français ne se sont sentis dans leur patrie aussi marginaux, aussi mal compris et aussi mal aimés» - est en train de nous raconter ?