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22/02/2007

15) La LICRA: son origine - ses objectifs - ses moyens d'action - le secret de son influence

Quelques courts extraits du livre illustrant ces diverses facettes vous seront proposés sur ce blog sous la rubrique "Extraits de La France LICRAtisée".

SES MOYENS D'ACTION - 15e extrait: L'affaire Maurice Papon

medium_207665.jpgAncien secrétaire général de la préfecture de la Gironde de juin 1942 à août 1944, chargé des questions de police et des affaires juives, Maurice Papon poursuit après la guerre une carrière brillante, devenant préfet de police, député RPR, puis ministre du budget de Valéry Giscard d’Estaing de 1978 à 1981.

 

L’affaire éclate en mai 1981, entre les deux tours de l’élection présidentielle. Maurice Papon, âgé de soixante-dix ans, est brusquement accusé de complicité dans la déportation de 1 690 juifs de Bordeaux entre 1942 et 1944. Il est curieux de noter que ses homologues de Toulouse, Montpellier et Marseille, par exemple, ne seront pas poursuivis, alors que de chacune de ces villes partiront pourtant en moyenne 6 000 à 8 000 déportés, soit nettement plus que de la Gironde.

S’il est inculpé dès 1981, ce n’est pourtant qu’au terme de dix-sept années de batailles juridiques que son procès s’ouvrira enfin en 1997, dans un climat de lynchage médiatique intense. Maurice Papon avait demandé dès 1981 la constitution d’un jury d’honneur composé de résistants, dont fit notamment partie le R.P. Michel Riquet, membre de la LICRA. Le jury d’honneur parvint à une conclusion modérée, reconnaissant la qualité de résistant de Maurice Papon à partir de 1943, mais considérant qu’il aurait dû démissionner de ses fonctions en 1942. Le R.P. Riquet réagira en 1986 à une présentation faite par Le Droit de Vivre des conclusions du jury d’honneur, présentation qu’il juge « manipulatrice ». Il adresse donc au journal une lettre qu’il conclut en ces termes : « On peut avoir une idée différente au sujet de la démission que M. Maurice Papon aurait dû donner, mais il est certainement contraire à toute objectivité comme à toute équité de le poursuivre pour des crimes contre l’humanité qu’il n’a jamais commis ».

A la fin de 1991, pendant l’instruction, et dans le but d’alourdir encore le dossier Papon, la LICRA publie un communiqué rappelant sa responsabilité dans les événements de la nuit tragique du 17 octobre 1961 à Paris, pendant la guerre d’Algérie : « Souvenons-nous : le 17 octobre 1961, il y a trente ans, sur directives du préfet Maurice Papon, des milliers d’Algériens furent pourchassés dans les rues de Paris, matraqués, abattus comme du gibier, noyés dans la Seine ou arrêtés et torturés dans les commissariats. (…) Cet épisode sinistre de notre proche histoire, comparable à bien des égards à la Nuit de cristal en Allemagne nazie ou à la rafle du Vel’ d’Hiv, n’a laissé aucune trace dans la mémoire officielle… »

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21/02/2007

LA LEGION D'HONNEUR DE MAURICE PAPON

medium_CAEV8DIR.2.jpgMaurice Papon est décédé samedi 17 février à l'âge de 96 ans. Il avait été condamné en 1998, à l'instigation de la LICRA, pour "complicité de crimes contre l'humanité" pour son rôle dans l'arrestation de juifs sous l'occupation.

Je rappellerai demain les grandes lignes d'une affaire qui fut particulièrement emblématique pour la Ligue antiraciste qui déclara à l'époque: "L'événement majeur permis par ce procès est la condamnation par une Cour d'assises d'un ancien ministre de la Ve République". Le texte suivant émane de Philippe Randa, écrivain et éditeur:

 "Va-t-on enterrer cet après-midi Maurice Papon sous contrôle policier… ou fera-t-on procéder ensuite à l’ouverture de sa tombe pour s’assurer que l’ancien haut fonctionnaire de l’État français n’emportera pas en enfer sa légion d’honneur ?
Il paraît que lui laisser arborer cette décoration devant les vers et autres asticots de sa dernière demeure serait une « insulte à la mémoire de ses victimes ». La pantalonnade de cet ultime acharnement compassionnel l’est-elle moins ?
Quand l’Inquisition faisait déterrer un cadavre afin de le juger, elle avait un but sonnant et trébuchant à défaut d’honorable : il s’agissait ni plus ni moins que de se « payer sur la dépouille », c’est-à-dire condamner le défunt post-mortem pour récupérer tout ou partie de ses biens. Une légalité quelque peu douteuse, certes, mais dont le monde s’accommodait fort bien à l’époque. En tout cas, autant que de la légalité de certains procès contemporains.
Ce ne pourra même pas être le cas avec ce Papon-là qui s’était rendu insolvable de son vivant. Quoi qu’on pense du personnage, de sa vie et de ses actes, reconnaissons en tout cas qu’il a tenu tête jusqu’au bout à la meute des Justiciers autoproclamés acharnés à la perte de sa réputation davantage encore que de sa liberté. Ceux-là auront beau avoir déclenché contre lui les orgues de Staline de l’opprobre citoyenne, il ne leur aura pas fait cadeau de la moindre miette d’une quelconque repentance à laquelle il ne se croyait nullement obligé.
En 1998, sa condamnation à dix ans de réclusion en a fait le Bouc émissaire d’un passé qui n’en finit pas d’être repassé aux Français… À se demander à combien de génération, certains veulent faire expier l’humiliante défaite de 1940, les cinq années d’occupation qui suivirent et la place quelque peu sujette à caution de notre pays à la table des vainqueurs.(1)
Si on ne tenait pas à ce que Maurice Papon arbore sa légion d’honneur, encore aurait-il fallu ne pas la lui donner. Le responsable en est donc surtout Charles De Gaulle qui lui fit cet honneur dès 1948, trois ans à peine après la fin des hostilités et en toute connaissance du passé de l’intéressé(2).
Verra-t-on certains justiciers professionnels demander qu’on déterre le cadavre le plus célèbre de Colombey-les-deux-Églises afin de le juger pour « complicité de complicité » ? Le ridicule, on le sait bien, n’a jamais tué de vivant… Alors, les morts !"
Notes
(1) Rappelons la surprise du maréchal Keitel, le 8 avril 1945, lorsqu’il arriva dans la pièce pour signer la capitulation sans condition de son pays : « Vous aussi ! » lança-t-il, dégoûté, aux représentants français présents.
(2) Témoignage Olivier Guichard, un baron du gaullisme.

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