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21/03/2011

ELECTIONS, PIEGES A CONS

Afin de mieux apprécier la poussée du FN dans ces élections cantonales, il n’est pas inutile de se pencher sur ses résultats lors des scrutins antérieurs de même nature, marqués pour le parti frontiste par d’impressionnantes montagnes russes, reflets de ses soubresauts intérieurs et de la santé – bonne ou mauvaise - du système.

 

Comme seule la moitié des cantons est renouvelable à chaque fois, les élections cantonales sont fréquentes et les dernières éditions ont été marquées par des taux d’abstention de plus en plus élevés.

 

En 1982, ostracisé à mort par les médias, le FN fait 0,20%. Ceci est très embêtant pour la gauche qui a besoin d’un FN fort pour se maintenir au pouvoir au détriment de la droite. Donc Mitterrand va ouvrir en 1984 les vannes médiatiques à Le Pen (télés politiques aux heures de grande écoute, comme L’Heure de Vérité, si bien nommée, etc). Bien sûr, ça marche. Aux cantonales suivantes, en 1985, il passe à 8,85%. En 1988, on n’a plus tellement besoin de lui après sa prestation de deux années à l’Assemblée nationale, la droite classique a de nouveau le vent en poupe, il redescend à 5,25%.

 

En 1992, en raison de la fin de règne de Mitterrand qui s’éternise, avec son cortège d’affaires, et du travail sur le terrain mené par Mégret, il reprend des couleurs : 12,32% avec une bonne participation de 70%. Mais en 1994, il redescend à 9,88.

Il va connaître son heure de gloire en 1998 (avant la scission) : cette année-là, il se retrouve arbitre dans de nombreuses régions (car les cantonales sont couplées aux régionales), avec 13,58% des voix aux cantonales. Ce sera son meilleur taux avant celui d’hier.

 

Evidemment juste après, il y a la scission d’avec les mégrétistes et le FN va se dégonfler : 6,94% des voix en 2001 (2,96 pour le MNR). Il remonte bien en 2004 avec 12,12%. Mais l’effet Sarkozy le ramène provisoirement à ses plus bas niveaux en 2008 : 4,85%. Avec une bonne participation de 65%.

 

Donc, effectivement, le score de 15,18% atteint hier (sur une participation de 45%, un record là aussi) constitue son plus haut niveau dans ce type d’élection, mais ne fait jamais que 1,60% de plus qu’en 1998. Pas précisément un raz de marée. Et pourtant, le système, en ouvrant à la candidate qu’il avait choisie, devenue effectivement présidente du FN, une médiatisation exceptionnelle, n’a pas ménagé ses efforts pour en arriver là. Pourquoi ? S’agissant du clan de la gauche, on peut comprendre l’éternel jeu du qui perd gagne qui a toujours si bien marché. Mais le clan de la droite? Qu’a-t-il à y gagner ? Il faudrait donc admettre que les médias sont dans une écrasante majorité entre les mains du clan de la gauche ? Et à l'intérieur de ce clan, d’une « certaine » gauche ?

 

Ce que l’on peut conclure en tout cas, sans être un politologue distingué, de la faible participation, c’est le ras le bol généralisé des Français qui prennent de mieux en mieux conscience de la valeur réelle de la « démocratie » et qui sont de plus en plus nombreux à refuser de se prêter à ce jeu de dupes. On les a trop eus. Elections pièges à cons, ils ont fini par piger la justesse de la chose.