07.10.2008
L’UNION EUROPEENNE: UNE UTOPIE BIBLIQUE TOTALEMENT JUIVE
Cette intéressante définition n’est pas de moi, vous vous en doutez, je ne me permettrais pas. Elle est de quelqu’un d’autorisé, quoique violemment pris à partie dans son ex-pays, Israël. Encore que « ex » ne soit pas exact. Il a certes acquis la nationalité française depuis l’an dernier, mais en conservant également la précédente. Il s’agit d’Avraham Burg.
Ce nom ne vous dit sans doute rien, pourtant il a été un homme politique en vue en Israël. Oh, j’oubliais : ce n’est pas pour ses propos sur l’Union Européenne qu’il a déclenché cette violente polémique – personne n’a songé à le contredire sur la question - non, c’est pour quelque chose d’autrement plus important : il a publié l’an dernier un livre explosif, Vaincre Hitler, dans lequel il s’en prend violemment à l’Etat d’Israël « impérialiste, brutal, raciste, insulaire ». Il y dresse même un parallèle entre Israël et l’Allemagne pré-nazie : « Il m’est parfois difficile de distinguer entre le national-socialisme primitif et certaines doctrines nationales culturelles du « ici et tout de suite ».
Pourquoi en parler aujourd’hui ? D’abord, parce que mieux vaut tard que jamais. Ensuite, parce que ce réquisitoire émane d’un homme qui a été président de l’Agence juive et de l’Organisation sioniste mondiale de 1995 à 1999. L’Agence juive, dont nous parlions hier, est une organisation dont la raison d’être est le sionisme. Il est assez curieux de constater qu’elle a été présidée pendant quatre ans par un homme qui affirme à présent: « La définition d'Israël en tant qu'Etat juif mène à sa perte. Un Etat juif, c’est explosif. C'est de la dynamite ».
Après son passage à la tête de l’Agence juive, Burg était retourné à la politique, d’où il venait, dans les rangs travaillistes, et avait présidé la Knesset de 1999 à 2003.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que je n’ai pas énormément entendu parler de son livre, et que le linge sale s’est plutôt lavé en famille. Les échos prouvent abondamment que Vaincre Hitler a été ressenti par les juifs qui comptent – c’est-à-dire ceux qui s’expriment sans discontinuer dans les medias – comme profondément scandaleux.
Etre antisioniste, c’est mal, mais être mondialiste, c’est bien. Et de ce point de vue, Avraham Burg est tout à fait dans la ligne. D’ailleurs, maintenant qu’il est Français, il va pouvoir redoubler d’efforts et faire avancer les choses de l’intérieur. Voici un petit florilège de pensées très internationalistes émises à l’occasion de la sortie de son livre :
Question : « Vous êtes un européiste acharné. Vous vivez à Nataf ( village israélien frontalier de la Cisjordanie), mais votre esprit est à Bruxelles. Vous êtes le prophète de Bruxelles ». Réponse: « Tout à fait. Pour moi, la construction de l'Union européenne, c'est l'utopie biblique dans sa quintessence. Je ne sais pas combien de temps cela tiendra, mais l'idée est incroyablement juive. »
« Je l’ai déjà déclaré : je suis un citoyen du monde. Telle est ma hiérarchie d’identités : citoyen du monde, ensuite Juif, et seulement après, Israélien. J’éprouve un sentiment de lourde responsabilité envers la paix dans le monde ».
Question : « Êtes-vous Français»?
Réponse : « A beaucoup d’égards, je suis Européen. Et, à mon sens, Israël fait partie de l’Europe. »
- Mais ce n’est pas le cas. Pas encore. Et vous êtes une personnalité publique israélienne qui prend part, en tant que Français, à des élections présidentielles françaises. C’est un acte qui va loin. Un acte juif pré-sioniste. Une chose que ni un Anglais, ni un Hollandais ne feraient.
- « C’est vrai. C’est totalement juif. J’avance vers la condition juive. »
- Recommandez-vous à tout Israélien de prendre un passeport étranger ?
« N’importe qui peut le faire. »
Plutôt instructif, non ?
Mais les gens sont méchants, même à l’intérieur d’une communauté qui ne vise qu’à la paix dans le monde, et des visqueux ont osé lui faire des réflexions franchement malvenues, du style :
« Comment se fait-il que lorsqu’un homme de paix comme vous abandonne la politique, vous tentez d’acheter au gouvernement une usine qui fabrique des pièces de chars ?
ou:
- Cette transaction soulève de graves questions. Elle a mené à une enquête réalisée par le contrôleur de l’Etat et la police. Mais je ne veux pas poser de questions concernant son aspect pénal, puisque que le dossier a été classé sans suite. Je veux qu'on m'explique pourquoi la première chose qu’a faite un politicien qui s’était présenté comme un anti-thatchérien et comme un ennemi juré de la privatisation, a consisté à essayer de tirer un énorme profit personnel de la privatisation.
ou:
- Salai Meridor [ancien président de l’Agence Juive] décide qu’il n’y a pas de justification à ce que lui et vous bénéficiiez du privilège à vie, - injustifié - d’une voiture de service avec chauffeur, et vous allez vous battre en justice, de toutes vos forces, pour ce privilège.
ou encore:
- Il est pourtant question de quelque 200 000 Shekels [environ 35 000 euros]. Et de votre comportement, que le juge a trouvé honteux. Et de ce que, bien que vous parliez haut et fort de morale, vous ne voyez pas de faute morale dans le fait que, dix ans après avoir quitté l’Agence Juive, vous sillonnez le pays en voiture pour vos voyages d’affaires, avec un chauffeur de l’Agence Juive pour vous conduire où que ce soit. Et par-dessus le marché, aujourd’hui, alors que vous êtes complètement étranger à tout ce que défend l’Agence Juive.
et même:
- Mais il reste un point d’interrogation, ici, qui vous a toujours accompagné. Vous parlez de manière très impressionnante. Non seulement avec facilité, mais de manière morale. Et vous venez d’écrire un livre qui est tout ce qu’il y a de plus moral. Mais votre activité dans le monde est différente. En politique, vous étiez retors, calculateur et tortueux, et dans les affaires, également, vous êtes loin d’être un saint. La disparité entre vos paroles et vos actes est inquiétante. »
Mais je vous rassure : Avraham a très bien répondu à ces impertinents, non mais. D’ailleurs ce Français pur sucre envisage très sérieusement de revenir à la politique. En Israël bien sûr, cette question ! Il se verrait même bien … mais voyons … il va nous le dire lui-même : « Jadis, j’ai vivement désiré être Premier ministre. Cela me brûlait les os comme un feu. J’ignorais ce que je voulais faire dans ce poste, mais je voulais terriblement y être. Aujourd’hui, je me dis que j’ai pas mal de marathons à courir avant que cela se produise. »
Vous voyez, avec un peu de chance, on se retrouvera avec un premier ministre israélien français. J’en rêve déjà.
Source : http://www.upjf.org/actualiees-upjf/article-12819-145-7-q...
14:30 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : avraham, burg, kling, vaincre, hitler
06.10.2008
UN BILAN EN DEMI-TEINTE

La semaine dernière, à la veille des fêtes, l'Agence juive - organisation chargée de l'immigration vers Israël - a publié ses statistiques annuelles sur l'état de la population juive dans le monde.
Le rapport, qui se base sur les recherches effectuées par une autorité en la matière, le professeur Sergio della Pergola, de l’Université Hébraïque de Jérusalem, fait état avec satisfaction de 13,3 millions de juifs vivant à l’heure actuelle, contre 13,2 millions l’an dernier à la même époque.
Ce chiffre en légère hausse recouvre une répartition qui a un peu bougé. Ainsi, en 2008, l’Etat hébreu a accueilli 70 000 immigrants venus de la diaspora. Un chiffre important, en cette année anniversaire, si l’on considère que les années précédentes étaient nettement à la baisse. 2007 fut même la pire année depuis longtemps en matière d’alyah (nom donné à l’immigration des juifs vers Israël). Toutes les alyah avaient sensiblement décru, sauf la française qui, bon an, mal an, s’est toujours maintenue aux environs de 2 600 à 3 000 olims annuels.

La conséquence logique de cette « montée » vers Israël en 2008 est que la population en diaspora a légèrement diminué. Quoique cette diminution – et c’est là le drame – doive en réalité plus à l’assimilation, « véritable menace pour le peuple juif » selon les dires du président de l’Agence juive, qu’à l’alyah.
Israël reste la plus large communauté juive, suivi des Etats-Unis où vivent 5,3 millions de juifs (sur une population totale de 305 millions d’habitants).
Ensuite viennent la France, avec une communauté forte de 490 000 personnes, puis le Canada (375 000), l’Angleterre (295 000), la Russie (215 000), l’Argentine (183 000), l’Allemagne (120 000), l’Australie (107 000) et le Brésil (96 000).
Les calculs du professeur della Pergola ont dû être soignés puisqu’il a même répertorié une communauté en Afghanistan forte … d’une seule personne.
Le Bureau israélien des Statistiques a lui aussi publié ses résultats à la veille des fêtes. Il a établi le chiffre actuel de 7 243 600 habitants dans le pays, soit une augmentation de 1,8% par rapport à 2006. Sur ce total, 75,6% sont juifs (environ 5,5 millions), 20% arabes et 4,4% divers.
151 679 bébés ont vu le jour en 2007, soit une progression de 2,4%. Nul doute que les Israéliens n’aient manifesté – ainsi que nous sommes instamment priés de le faire en France – une grande joie d’apprendre que la fécondité des femmes arabes était de 30% supérieure à la moyenne du pays.
Cette forte croissance démographique arabe n’est pas sans inquiéter fortement les dirigeants israéliens. Toutes les projections indiquent que d’ici une vingtaine d’années, la population arabe d’Israël aura atteint les 30% de la population. Qu’en sera-t-il alors du projet sioniste ? Une perspective qui donne la migraine aux responsables politiques.
Même si l’alyah mettait les bouchées doubles, et même triples, comment compenser ? Après les juifs russes – dont bon nombre sont retournés en Russie – l’Agence juive essaie à l’heure actuelle de séduire par tous les moyens les juifs américains. Elle a mis sur pied un certain nombre de programmes à cet effet, surtout en direction des jeunes. Chaque semestre, quelque 10 000 jeunes juifs américains partent étudier dans une université israélienne. L’espoir étant qu’un certain nombre décident de rester.
Et des milliers de jeunes Israéliens, appelés « émissaires » sont régulièrement envoyés en camp d’été aux Etats-Unis pour faire la promotion de leur beau pays.
14:49 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : agence, juive, alyah, israel, kling
05.10.2008
ILS ONT DES CHAPEAUX RONDS, VIVE LA BRETAGNE,
ILS ONT DES CHAPEAUX RONDS, VIVE LES BRETONS!

Non, non, ce n’est pas une blague comme je l’ai cru tout d’abord. Il existe depuis le début de l’année une très sérieuse association Bretagne-Israël qui s’est donné pour but de « promouvoir des liens culturels, économiques et touristiques entre ces deux entités ».
Les membres, qui figurent en première page du blog de l’association, sont les suivants :
" Nétanel Hazo: président de l’association, membre de l’Organisation des bretons expatriés (O.B.E), résidant en Israël.
Rodolphe Hazo: trésorier général,résident du Val de Marne.
Philippe Bonnet: militant de la cause Bretonne, co-auteur avec Vincent Courtin et Yoran Delacour d'un superbe ouvrage ” Deux siècles de bières en Bretagne”, édité aux éditions Yoran Embanner.
David-André Belhassen: scénariste de films documentaires et co-auteur avec Gérard-Nissim Amzallag d’un essai sur le conflit israélo-palestinien, conférencier, habite Israël.
Docteur Mordekhay Baran: spécialiste des langues sémitiques qui a enseigné à l’université de Haïfa et qui actuellement enseigne à la faculté d’Oranim, réside au kibboutz Shamir en Galilée".

Les Bretons seront heureux d’apprendre que l’association souhaite ardemment l’indépendance d’une région qui serait bien inspirée de prendre exemple sur Israël.
Sous le titre L’indépendance d’Israël, modèle pour la Bretagne?, on peut lire ces propos sans ambiguïté :
« La Bretagne a toutes les conditions requises pour former un état indépendant, géographie, langues (breton, gallo), histoire commune.
Le seul problème se sont les Bretons eux-mêmes!!
Plus qu’une boutade, c’est le sentiment ressenti par un Juif breton lorsqu’il pérégrine à travers cette contrée et “ose” aborder l’idée d’un état indépendant.
Le Breton ou ceux qui adhèrent à cette identité ont peur du mot indépendance, tout comme la majorité du peuple juif raillait le Docteur Herzl lorsqu'il écrivit ces phrases prémonitoires à l'issue de la première réunion du congrès sioniste à Bâle en 1897:
“Si je devais résumer le congrès de Bâle en un mot ce serait celui-ci:”A Bâle, j'ai fondé l'état juif.(…) Peut-être dans 5 ans et certainement dans 50 chacun le saura”. Véritable prophétie, puisque 50 ans après l’état juif renaissait de ses cendres! L’indépendance bretonne passe désormais par l’Europe et par les initiatives personnelles de chacun, nous avons le devoir d’agir pour l’avenir de notre culture, sans ostracisme, une culture ouverte aux autres. La question qui faut se poser quotidiennement est: qu’ai- je fait aujourd’hui pour elle?
Comment ce projet fou et audacieux deviendra réalité?
Je réponds sans ambages, rien de plus incroyable au 20 ème siècle n’a eu lieu que le renouveau de l’état hébreu; le 21ème siècle sera celui de la Bretagne. »
Voilà. Un peu de patience. A chacun son tour.
08:38 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : bretagne, israel, association, kling
04.10.2008
ET VOILA ! TOUJOURS LES MEMES ETERNELS BOUCS EMISSAIRES !

L’Anti Defamation League, - l’équivalent américain de la LICRA, en démultiplié - s’est plainte par la bouche de son président, Abraham Foxman, de ce que la crise financière avait déchaîné une vague d’antisémitisme sur Internet. Car aussi incroyable que cela paraisse, certains sont allés s’imaginer que les juifs – ou plutôt certains juifs – y seraient pour quelque chose !!!
Où va se nicher la malignité humaine ? Certes, c’est vrai, ils sont à la tête des principaux outils monétaires internationaux, genre Réserve fédérale américaine ou FMI, mais franchement, où est le rapport ? Bon, en pleine tourmente mondiale, le Congrès américain a carrément fermé mardi dernier pour cause de Rosh Hashana, le Nouvel An juif. Mais franchement, encore une fois, qu’est-ce que ça prouve ?
D’ailleurs, Abraham Foxman l’a dit clairement : « Les vieux bobards associant les juifs et l’argent ne sont jamais loin de la surface (…) Comme nous l’avons constaté après le 9/11, lorsque la période est incertaine, les juifs deviennent les boucs émissaires rêvés et les bobards antisémites les plus visqueux reprennent vie ».
Et il sait de quoi il parle. Il ne cesse de se battre contre les insinuations les plus odieuses et les plus dénuées de sens. Ainsi, en 2006, deux universitaires américains, les professeurs Mearsheimer et Walt avaient osé publier un ouvrage sur L’influence des lobbys pro-israéliens et néo-conservateurs sur la politique américaine.
Foxman a immédiatement contre-attaqué en publiant à son tour The Most Dangerous Lies: The Israel Lobby and the Myth of Jewish Control. (Les plus dangereux mensonges: le lobby pro-israélien et le mythe du contrôle juif.) Non, mais.
Surtout, ne vous précipitez pas sur Yahoo pour y découvrir ces nouvelles preuves incontestables de la bassesse humaine, les commentaires déplaisants ont très rapidement disparu.
09:55 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : anti, deafamation, league, foxman, kling
02.10.2008
Pierre Goldman, « juif magnifique, hors la loi, né pour être assassiné »
La semaine dernière, lundi 22 septembre à 20h45, était diffusé sur la chaîne Planète Justice le magazine « Faites entrer l’accusé ». Et j’ai lu ceci sur mon programme :
« L’assassinat de Pierre Goldman
Pierre Goldman a été condamné pour meurtre, puis acquitté. En septembre 1979, trois inconnus lui ont tiré dessus à bout portant, à Paris. A ses obsèques, 15 000 personnes affluaient au Père-Lachaise. Parmi elles, ceux qui, avec lui, rêvaient de révolution. »
Voilà un remarquable exemple de désinformation ordinaire. Ordinaire, car on peut en ramasser plusieurs de ce type chaque jour. Tout est juste. Et tout est faux, biaisé. Déjà le titre, L’assassinat de Pierre Goldman, est parfaitement étudié. Le basique qui lit le programme – l’écrasante majorité – intègre immédiatement l’injustice, la victime.
La victime de salauds qui lui tirent dessus à bout portant, alors que pourtant il avait été acquitté. S’il a été acquitté, c’est forcément qu’il était innocent, non ? Et c’était forcément aussi un type bien, et même super bien, puisque avec lui est morte une certaine idée de la révolution. Et la révolution, tout le monde - surtout le basique - sait que c’est super hyper bien. Sauf quand il s’agit de révolution nationale, bien sûr. Mais qui parle de cela ?
Ce cas est fascinant car Goldman était juif et communiste. Ses parents l’étaient aussi. Et ils étaient résistants, par-dessus le marché. Donc, Goldman était totalement intouchable dans la France des années 70. La « justice » n’avait plus qu’à s’incliner devant des évidences trop fortes pour elle. Ce qu’elle a fait.
Je ne retracerai pas tout le parcours de Goldman, il est plus que chaotique. Rappelons que, né en 1944 – donc « conçu dans la clandestinité sous l’occupation nazie », ça vous pose déjà son homme – renvoyé de tous les établissements scolaires, il part faire de la guérilla au Venezuela en 1968. Il y participera à un premier braquage, celui d’une banque, en juin 1969. Mieux valait pour lui changer d’air, c’est pourquoi il rentre illico en France avec sa part de butin.
Il a des besoins d’argent, il se livre donc dans la foulée à trois attaques à main armée.
Arrive le jour fatidique du 19 décembre 1969 : une pharmacie est braquée boulevard Richard Lenoir. Deux pharmaciennes sont tuées, deux personnes blessées. Quatre mois plus tard, Goldman sera arrêté et reconnu par les quatre témoins de la scène.
Il niera farouchement les meurtres, reconnaissant les seuls braquages. La justice est cependant persuadée de sa culpabilité dans les meurtres et le condamne à la perpétuité en 1974. Il a déjà réussi à sauver sa tête.
A ce moment-là va se déchaîner une formidable mobilisation en sa faveur. Comme il avait, aux dires de son avocat, « des amitiés dans tout ce qui pense et réfléchit à gauche, de Régis Debray à Michel Foucault », tout ce beau monde va se mobiliser à fond sous forme de comités de soutien, de pétitions signées par tout le gotha gauchiste (aujourd’hui encore aux premières loges, pour l’essentiel).
Le titre de cet article n’est que l’un des exemples de ce qu’on pouvait lire à l’époque sur cette icône du gauchisme en majesté. Inutile de préciser que tout ce monde se fiche éperdument des deux pharmaciennes froidement assassinées. Qu’est-ce qu’elles avaient, aussi, à être là au mauvais moment !
La justice va reculer devant la pression. Un type aussi fortement soutenu par tout ce qui compte à Paris ne peut pas être coupable, non ? Le jugement sera annulé et lors du second procès, il ne sera plus question de ces meurtres encombrants. Il est condamné à douze ans de prison, mais il ne les fera pas car quelques mois plus tard, il est libre.
Durant sa courte détention, il avait écrit un livre Souvenirs obscurs d’un juif polonais que son avocat fera distribuer à la Cour avant le procès en révision. Il contribuera grandement à l’image rectifiée proposée à l’édification des foules.
Goldman sera abattu le 20 septembre 1979 en pleine rue et les coupables ne seront jamais retrouvés. Aux dernières nouvelles, il se serait agi – non pas d’une action de l’ « extrême-droite » - mais de celle d’un groupe de contre-terrorisme opposé à l’ETA, les indépendantistes basques avec lesquels Goldman, décidément incorrigible, fricotait à ce moment-là.
Voici la chanson que Maxime Le Forestier écrivit en 1975 à la gloire de Goldman. Lisez-là bien attentivement, vous ne serez pas déçus :
« A ceux qui sont dans la moyenne,
A ceux qui n'ont jamais volé,
A ceux de confession chrétienne,
A ceux d'opinion modérée,
A ceux qui savent bien se plaindre,
A ceux qui ont peur du bâton,
A tous ceux qui n'ont rien à craindre,
Je dis que Pierre est en prison.
Dormez en paix, monsieur le juge.
Lorsque vous rentrez du travail,
Après le boulot, le déluge,
Tant pis pour les petits détails.
Aujourd'hui, cette affaire est close.
Une autre attend votre réveil.
La vie d'un homme est peu de chose
A côté de votre sommeil.
Soyez contents, jurés, notables,
Vous avez vengé proprement
La vie tristement respectable
Que vous meniez depuis longtemps.
Qu'on vous soit différent suppose
Par obligation qu'on ait tort.
La vie d'un homme est peu de chose
A côté de votre confort.
Soyez satisfait, commissaire,
Vous n'avez pas été trop long
Pour mettre un nom sur cette affaire.
Tant pis si ce n'est pas le bon.
Tant pis si chez vous, on dispose
De moyens pas toujours très clairs.
La vie d'un homme est peu de chose
A côté d'un rapport à faire.
Rassurez-vous, témoins du drame,
Qui n'étiez pas toujours d'accord
Puisqu'aujourd'hui on le condamne
C'est donc que vous n'aviez pas tort.
Vous êtes pour la bonne cause.
Vous avez fait votre devoir.
La vie d'un homme est peu de chose
A côté de votre mémoire.
Tu n'aimes pas la pitié, Pierre,
Aussi je ne te plaindrai pas.
Accepte juste ma colère,
J'ai honte pour ce peuple-là.
Je crie à ceux qui se reposent,
A ceux qui bientôt t'oublieront.
La vie d'un homme est peu de chose
Et Pierre la passe en prison. »
15:36 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : pierre, goldman, anne, kling
01.10.2008
COINCIDENCE, COINCIDENCE …
Dans Révolutionnaires juifs, au chapitre des intellectuels, je parle de deux frères au destin très différent : Mikaïl Koltsov et Boris Efimov. Koltsov, journaliste et quelque peu agent du NKVD, sera exécuté en 1940 sur ordre de Staline. Son frère cadet, Boris, caricaturiste très connu et très apprécié du régime, survivra à toutes les purges. Ainsi qu’à tout le reste. Car il continuait son petit bonhomme de chemin. Oui, vous avez bien lu. Né en même temps que le XXe siècle, en 1900, il était toujours de ce monde hier. Agé de 108 ans, il figurait sans conteste parmi les doyens des juifs vivant à l’heure actuelle.
Et moi, bien sûr, je surveillais avec une certaine anxiété son état de santé. Au moment ultime de l’impression du livre, il était encore vivant.
Mais il est mort aujourd’hui, précisément le jour où le bouquin m’était livré (voir note suivante). Dans la rubrique le concernant, au dernier paragraphe, indiquant :
« Il faudra attendre bien longtemps pour voir enfin sous sa plume des caricatures de Staline. Il en publiera même une … en 2007. Oui, à ce moment-là, il ne risquait plus rien, il pouvait y aller. En 2007, il avait … voyons … 107 ans !
Eh oui, aussi extraordinaire que cela paraisse, aux dernières nouvelles, il est toujours de ce monde, en 2008, vivant à Moscou, ayant enterré le ban, l’arrière-ban et même l’arrière-arrière-ban de la révolution. »
vous rajouterez mentalement : Il est mort le 1er octobre 2008. Il a enfin rejoint tous les « camarades ».
17:38 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : boris, efimov, kling
TOUT NOUVEAU, TOUT BEAU : IL VIENT DE SORTIR !

Voici sa Table des matières :
Avant-propos
Ceux qui ont ouvert la voie
Gesya Gelfman, la régicide (1852-1882)
Jacob Schiff, le banquier américain qui finança la révolution (1847-1920)
Olaf Aschberg, le banquier suédois mécène (1877-1960)
Evno Azev, l’agent double (1869-1918)
Grigori Guerchouni, le spécialiste de l’assassinat politique (1870-1908)
Alexandre Parvus, le promoteur de la révolution permanente (1867-1924)
Jacob Ganetski, le porte-serviette de Lénine (1879-1937)
Les moteurs de la révolution
Léon Trotski, la révolution permanente achevée à coups de piolet (1879-1940)
Lev Kamenev, …quel malheur d’être le beau-frère de Trotski ! (1883-1936)
Grigory Zinoviev, l’apôtre de la « terreur socialiste » (1883-1936)
Iakov Sverdlov, l’assassin du tsar et de sa famille (1885-1919)
Grigory Sokolnikov, le ministre des Finances des bolcheviks (1888-1939)
Karl Radek, ou l’échec de la révolution en Allemagne (1885-1939)
Maxim Litvinov, le ministre des Affaires étrangères bolchevique (1876-1951)
Adolph Joffé, le commissaire du peuple aux Affaires étrangères (1883-1927)
Moïsei Ouritski, le chef de la Tchéka de Petrograd (1873-1918)
Moïsei Volodarski, “l’impitoyable apôtre de la terreur rouge” (1891-1918)
Lazar Kaganovitch, un Eichmann soviétique (1893-1991)
Les rouages zélés et autres exécuteurs de basses oeuvres
Genrikh Iagoda, « le plus grand meurtrier juif du XXe siècle » (1891-1938)
Martyn Latsis, l’exterminateur de la « bourgeoisie » (1888-1938)
Jacob Agranov, « S’il n’y a pas d’ennemis, il faut en créer » (1893-1938)
Iakov Iakovlev, l’exterminateur de la paysannerie (1896-1938)
Semyon Dimanstein, le rabbin promoteur de la région juive « autonome » (1886-1938)
Alexandre Lozovski, chef syndicaliste et fondateur du Comité antifasciste juif (1878-1952)
Jacob Yourovski, l’ordonnateur du massacre de la famille impériale (1878-1938)
Yakov Davydov (1888-1938) – Solomon Mogilevsky (1885-1925) – Meïr Trilisser (1883-1938) : espionnage et contre espionnage en tous genres
Abram Slutsky, celui qui traquait les opposants à l’étranger (1898-1938)
Sergey Spigelglas, le liquidateur liquidé (1897-1941)
Grigori Maïranovski, le Mengele bolchevique (1899-1964)
Isaï Berg, l’inventeur des chambres à gaz ambulantes ( ? – 1939)
Au goulag
Naftali Frenkel, « l’infatigable démon de l’Archipel » (1883-1960)
Quelques douces représentantes du sexe “faible”
Fanny Kaplan, celle qui voulut tuer Lénine (1883-1918)
Rosalia Zemliachka, une harpie bolchevique (1876-1947)
Olga Kameneva, first lady du régime (1881-1941)
Polina Jemtchoujina, une “fille du peuple juif” (1897-1970)
Les espions
Mikhaïl Borodine, celui qui exporta la révolution en Chine (1884-1951)
Yakov Blumkin, trotskiste, espion et assassin (1898-1929)
Elizabeth Zubilin, agent recruteur aux USA (1900-1987)
Alexander Orlov, l’épurateur des anarchistes espagnols (1895-1973)
Manfred Stern, l’inspirateur ès extermination de Mao Tsé Toung (1896-1954)
Nahum Eitingon, le recruteur de l’assassin de Trotski (1899-1981)
Mark Zborowski, le chasseur de trotskistes (1908-1990)
Walter Krivitsky, un as de l’espionnage (1899-1941)
Leopold Trepper, chef de l’Orchestre rouge (1904-1982)
Les militaires
Ian Gamarnik, chef politique de l’Armée rouge (1894-1937)
Lev Mekhlis, les yeux et les oreilles de Staline (1889-1953)
Iona Iakir, général bolchevique (1896-1937)
Semyon Krivoshein, l’organisateur des forces blindées soviétiques (1899-1978)
Ivan Chernyakhovsky, le plus jeune général de l’Armée rouge (1906-1945)
Les intellectuels
David Riazanov, le théoricien du marxisme (1870-1938)
Ilia Ehrenbourg, « le barde attitré du régime » (1891-1967)
Emelian Iaroslavski, le persécuteur de la religion orthodoxe (1878-1943)
Mikhaïl Koltsov (1898-1940) - Boris Efimov (né en 1900) : deux frères aux destins bien différents
Quelques voisins
Allemagne
Clara Zetkin, une pasionaria bolchevique allemande (1857-1933)
Rosa Luxemburg, Rosa la Rouge et l’insurrection spartakiste (1870-1919)
Kurt Eisner, l’éphémère ministre-président de Bavière (1867-1919)
Eugen Leviné, le chef de la République soviétique de Bavière (1883-1919)
Hongrie
Bela Kun, l’organisateur de la terreur rouge en Hongrie (1886-1938)
Tibor Szamuely, “La terreur est la principale arme de notre régime” (1890-1919)
John Pepper, l’activiste du parti communiste américain (1886-1937)
Matyas Rakosi, le stalinolâtre (1892-1971)
Gabor Peter, l’apprenti tailleur devenu chef de la police secrète (1906-1993)
Ernö Gerö, celui qui réclama l’intervention militaire des soviétiques (1898-1980)
Roumanie
Ana Pauker, la pasionaria roumaine (1893-1960)
Max Goldstein, le terroriste au crochet (1898-1924)
Iosif Chisinevschi, « le bras droit de Moscou » en Roumanie (1905-1963)
Pologne
Jakub Berman, l’homme des basses œuvres du régime (1901-1984)
Italie
Angelica Balabanoff, la bolchevik qui forma Mussolini (1878-1965)
France
Eugen Fried, l’agent du Komintern qui fut le vrai chef du PCF (1900-1943)
Michel Feintuch, agent du Komintern et grand argentier du PCF (1906-1990)
Conclusion
Lexique
Ceux qui l’ont déjà commandé vont le recevoir. Pour ceux qui veulent le commander à présent :
224 pages
18 euros + 3 euros de frais de port
Envoyer chèque et adresse du destinataire clairement indiquée à Anne Kling - Editions Mithra
BP 60291 - 67008 STRASBOURG CEDEX
Pour ceux qui souhaiteraient acquérir les deux livres en même temps :
REVOLUTIONNAIRES JUIFS et LA FRANCE LICRATISEE : prix spécial de 32 euros les deux, frais de port compris.
08:52 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : révolutionnaires, juifs, kling
24.09.2008
ON DEVRAIT AVOIR HONTE!
Oui, franchement, j’ai honte de mes concitoyens, ou compatriotes, si vous voulez – deux mots qui de toute façon commencent bien mal l’un et l’autre. Nous avons la chance inouïe d’avoir un président d’élite. Oui, oui, d’élite, je pèse mes mots. Et il faut que ce soient les Américains qui reconnaissent ses talents à leur juste valeur. Et pas nous !
C’est vrai, ça, quels emmerdeurs, ces Français. Jamais contents, toujours à râler. En plus pour de misérables broutilles, genre contenu du porte-monnaie. Comme s’il n’y avait pas sur terre des causes autrement plus nobles.
Moi je comprends que cet homme-là aime se rendre aux States. Tenez, pas plus tard que hier et avant-hier, il y a reçu deux prix internationaux ! Deux ! Et pas n’importe lesquels, je vous prie de le croire. Des prix que ni vous ni moi ne pourrons jamais rêver recevoir un jour. C’est d’ailleurs la jalousie la plus noire qui me fait causer, vous l’aurez compris.
Alors, le premier lui a été attribué par la Fondation Elie Wiesel pour l’Humanité. Avec un grand H je vous prie. Tout le gratin de la communauté juive et/ou politique américaine était là, ému aux larmes à l’idée de voir le grand homme recevoir son prix. Qui récompense ses efforts pour améliorer les relations franco-américaines, son soutien à Israël ET « son action humanitaire dans divers domaines, particulièrement dans les conflits internationaux et dans la mobilisation de millions de dollars pour l’Afghanistan et les pays africains. »
Il y aurait bien quelque chose qui m’échappe, là : ce sont ces imbéciles de Français qui paient et c’est lui qui reçoit le prix ? Mais bon, on ne va pas chipoter… En tout cas, rassurez-vous, malgré la crise, il reste encore quelques centaines de personnes capables de payer leur place jusqu’à 150 000 dollars pour assister à ce dîner de gala qui était aussi « de charité ». Mais vous savez bien que charité bien ordonnée …
Bon, tout ça c’était bien joli, mais ce n’était pas tout. Hier, encore plus fort : il a reçu, tenez-vous bien, le Prix Mondial de l’Homme d’Etat 2008. Voui, parfaitement. Avouez que vous vous sentez tout petit dans vos petits souliers, non ?
Cette fois, le prix était décerné par une autre big organisation, l’Appeal of Conscience Foundation (ACF) qui est présidée par le rabbin Arthur Schneier – un survivant de la shoah. Il n’y avait que du beau monde, là aussi, à peu près les mêmes, sans doute : Henry Kissinger a introduit le lauréat et Serge Dassault (propriétaire du Figaro, entre autres) présidait le dîner de gala. Et reconnaissez que ce n’est que justice qu’il ait reçu ce Prix, qui récompense en lui le champion des droits de l’homme, de la démocratie et de la tolérance. Vus d’Israël et des States, bien sûr, c’est tout ce qui compte.
Voilà. Il faut que ce soient les Américains qui nous disent que nous avons chez nous un homme de stature mondiale. On ne s’en était même pas rendu compte. Ah, ces Français, quels nuls, quand même.
En tout cas, une chose est sûre : on resserre les boulons à tout va de chaque côté de l’Atlantique. M’est avis qu’un grand vent de bourrasque est annoncé pour le système, dont – soyons optimistes - il sortira peut-être quelques bonnes surprises …
11:34 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : wiesel, schneier, sarkozy, kling, prix
21.09.2008
LE BEAU GESTE DE LA REPUBLIQUE
Essayons de démêler un écheveau plutôt embrouillé, mais pas inintéressant, loin de là.
A la fin de la 2e guerre mondiale, la France s’est retrouvée avec environ 3 500 enfants juifs de nationalité française, restés orphelins. Ces orphelins du fait des déportations furent déclarés « pupilles de la nation », au même titre que les autres orphelins de soldats et de résistants. Ce statut, réservé aux moins de 21 ans, prévoyait la prise en charge, partielle ou totale, de leur entretien et éducation.
Pour les enfants étrangers, la situation était plus compliquée et fit l’objet de négociations avec l’Allemagne et d’autres gouvernements. Pour finir, ce fut le Fonds de Solidarité Juif Unifié qui constitua les dossiers d’indemnisation. Ces indemnisations servirent à financer les institutions juives ou les particuliers qui prirent en charge ces enfants, orphelins et étrangers, restés en France.
En 1960, l’Allemagne versa une indemnisation complémentaire de 400 millions de DM. Chaque orphelin reçut alors 9 985 F de l’époque.
Nous arrivons à présent au fameux dîner du CRIF – c’est comme aux Galeries Lafayette, il s’y passe toujours quelque chose - du 15 novembre 1999, au cours duquel Lionel Jospin, premier ministre et grand seigneur – avec l’argent du contribuable - accorda d’un geste large une gratification supplémentaire, sobrement intitulée « Un geste de la République envers les orphelins des déportés juifs ». Quel âge avaient en 1999 ces pauvres orphelins ? Les plus jeunes, nés en 1945, avaient alors 54 ans et les plus vieux, qui avaient 21 ans en 1945 … 75 ans.
Le décret n° 2000-657 du 13 juillet 2000 « instituant une mesure de réparation pour les orphelins dont les parents ont été victimes de persécutions antisémites » suivit avec une remarquable célérité. Il prévoyait que « Toute personne dont la mère ou le père a été déporté à partir de la France dans le cadre des persécutions antisémites durant l'Occupation et a trouvé la mort en déportation a droit à une mesure de réparation, conformément aux dispositions du présent décret, si elle était mineure de vingt et un ans au moment où la déportation est intervenue. »
La mesure de réparation était – et est toujours - au choix, une indemnité de 27 440,82 euros ou une rente viagère mensuelle de 457,34 euros. Vous noterez que la distinction entre orphelins français et étrangers était passée à la trappe, la République étant au-dessus de ça.
Au 31 juillet 2003, 12 851 dossiers avaient été mis en paiement, pour une somme totale de 350 millions d’euros.
Il y eut des grincements de dents car ce décret n’aurait pas été « conforme à l’équité ». On se demande bien pourquoi… Bref, de mauvais coucheurs firent tant et si bien qu’en juillet 2004, paraissait un nouveau décret (n° 2004-751) qui élargissait cette indemnisation aux orphelins de guerre non juifs. 20 millions d’euros furent généreusement débloqués dans le budget de 2005 pour cette catégorie, pourtant plus nombreuse numériquement.
Au 31 juillet 2005, 13 177 demandes d’orphelins juifs avaient été acceptées (sur 17 162 demandes) et 9 999 demandes de non juifs l’avaient également été (sur 23 786 demandes).
Ces dernières années, les réparations ont suivi leur petit bonhomme de chemin. Il se trouve toujours de nouveaux demandeurs et les crédits attribués dans les budgets successifs ont été les suivants :
En 2006 : 122 482 000 d’euros pour les juifs – 194 517 000 d’euros pour les non juifs. En 2007 : 91 441 000 d’euros pour les juifs – 61 043 000 d’euros pour les non juifs. En 2008 : 98 909 000 d’euros pour les juifs – 49 300 000 pour les non juifs.
Ca finit par en faire, des heureux. Pardon, des euros.
19:43 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : indemnisation, orphelins, déportés, kling
20.09.2008
LE PLUS GRAND MUSEE JUIF DU MONDE OUVRIRA A MOSCOU
Etonnant, mais vrai. Les Russes étant apparemment très tolérants et sans rancune, le Musée de la Tolérance verra bientôt le jour à Moscou. La raison officielle de cette ouverture est de réduire les incidents antisémites qui se sont multipliés ces dernières années en Russie. Mouais … Je suis plus que sceptique devant ce « remède », mais il est vrai qu’on ne m’a pas demandé mon avis.
Il est plus vraisemblable de penser que les juifs reviennent aujourd’hui nombreux en Russie et entendent marquer fortement leur présence. Synagogues et organisations culturelles prolifèrent comme jamais : « Moscou compte plus d’organisations culturelles juives que tout le reste de l’Europe », déclare Boruh Gorin, l’un des hauts responsables communautaires.
A l’ouverture des frontières, en 1989, il restait environ 1,5 million de juifs en Russie. Plus d’un million ont alors émigré en Israël. Un bon dixième seraient aujourd’hui revenus en Russie, quoique leur statut soit assez flou : « La plupart ont conservé la nationalité israélienne, et ne sont ici que pour affaires : ils se considèrent comme israéliens expatriés en Russie. Je ne parlerais pas de «retour », selon Gorin.
Le Musée de la Tolérance sera constitué d’un ensemble de bâtiments englobant bibliothèques, centres d’étude, salles de conférences. Il couvrira une surface de 9 000m2, sans compter les sous-sols de 15 000m2. Il jouxtera des institutions juives déjà existantes, telles que restaurants, services sanitaires, yeshiva, plus une université en construction. Son ouverture est prévue pour 2011.
Qui finance ? Eh bien, la municipalité de Moscou a « accordé » à la communauté juive il y a cinq ans, le bâtiment historique, construit en 1927, dans lequel sera installé le Musée. J’ai mis des « » car j’ignore si c’est un don ou simplement un prêt. La Fondation culturelle russe versera aussi son obole.
Pour le reste, ce sont essentiellement des philanthropes juifs dirigés par l’homme d’affaires Lev Leviev, qui mettront la main au portefeuille.
Ce musée juif international veut être la vitrine de la vie et de l’histoire juives en Russie. Il présentera naturellement une importante section consacrée à la shoah.
Je me demande s’il consacrera également une place au souvenir d’un certain nombre d’acteurs, parmi les plus importants, d’une révolution qui fit trembler le monde et qui méritent pourtant de ne pas être oubliés car ils illustrent, eux aussi, un aspect important de la vie juive en Russie.
Ils le méritent d’autant plus qu’à l’époque, en 1917, toute la diaspora était très fière d’eux : les Trotski, Kamenev, Zinoviev, Sverdlov, Litvinov, Kaganovitch, Iagoda, Frenkel, Sokolnikov, Radek, etc, etc, etc, étaient portés aux nues. A ce jour, ils n’ont jamais été désavoués, ni fait l’objet de la moindre repentance, que je sache.
Ne les oublions surtout pas, ceux-là. En bonne logique, et pour faire complet, un autre musée, celui des horreurs, devrait ouvrir juste en face. Je parie qu’il ne désemplirait pas.
Un mot pour terminer, à propos de l’ « antisémitisme », toujours invoqué :
Dans un article du Courrier de Russie, d’avril 2008, qui parle de l’ouverture du musée, je lis ceci :
« Sous l’URSS, la politique officielle des nationalités – égalitaire – s’est rapidement transformée en un antisémitisme d’Etat : « Si l’on découvrait qu’un fonctionnaire haut placé fréquentait la synagogue, il pouvait être exclu du parti ou démis de ses fonctions », explique Boruh Gorin. La synagogue de Kitaï Gorod est pourtant restée ouverte sans interruption, mais il s’agissait surtout de maintenir l’apparence quand les rabbins, au même titre que les prêtres orthodoxes et les imams, étaient contraints de collaborer avec le KGB. »
Il est clair à la lecture de ce qui précède que ce qui est traduit par « antisémitisme d’Etat » était en fait la persécution – égalitaire – de toutes les religions et ne s’adressait pas plus spécifiquement aux juifs qu’aux autres. Le terme d’ « antisémitisme » n’est donc pas approprié en la circonstance.
09:52 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musee, tolerance, juif, moscou, kling




