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05/04/2013

« DISSIDENTS », VRAIMENT ?

 

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Le livre La France Orange mécanique fait un carton, paraît-il. Tant mieux pour son auteur et son éditeur. Il s’agirait de « l’enquête la plus aboutie sur un sujet tabou : l’ensauvagement d’une nation ». Comme si jamais rien de pertinent n’avait été écrit ces dernières années sur la violence et la délinquance qui règnent effectivement dans ce pays. Très curieux, cette soudaine révélation.

Avant d’aller y voir un peu plus près, rafraîchissons-nous la mémoire avec quelques titres ayant paru sur ce même sujet:

- La guerre des rues – la violence et « les jeunes », de Christian Jelen (1999)

- La France africaine – islam, intégration, insécurité : infos et intox, de Jean-Paul Gourévitch (2000)

- Violences urbaines – des vérités qui dérangent, de Lucienne Bui Trong (2000)

- Violences et insécurité urbaines, d’Alain Bauer et Xavier Raufer (2000)

- Tolérance zéro – en finir avec la criminalité et les violences urbaines, de Georges Fenech (2001)

Et bien d’autres, également excellents, sortis depuis.

Il convient donc de se demander pourquoi tout à coup le microcosme médiatique se met à parler en long, en large et en travers de ce « sujet tabou ». Pourquoi justement ce livre-là est promotionné à tour de bras. Pourquoi on lui fait de la pub, même, et surtout, en l’éreintant.

Alors, au risque de paraître obsessionnelle, j’ai quand même relevé quelques points troublants.

Voyons d’abord l’auteur: « Laurent Obertone » qui se cache courageusement sous un pseudonyme, car il « aurait reçu des menaces… » est un journaliste de 28 ans. Il collabore depuis 2010 à la revue Ring, qui a elle-même élargi l’an dernier ses activités aux éditions du même nom. Les éditions qui ont précisément publié Orange mécanique.

Là, ça devient tout de suite plus intéressant. Car il convient maintenant de se pencher sur la revue Ring. Son fondateur/directeur/propriétaire est David Kersan. Sur le site du magazine, le rédacteur en chef est présenté en tant que David Serra. Deux David, donc ? Non, un seul car en fait, il s’agit de la même personne, David Serra dit Kersan. Pourquoi ? Comment ? Ca le regarde, mais c’est curieux quand même. Lui aussi a un pseudonyme ?

La revue Ring présente fièrement tout un florilège de chroniqueurs et là, on commence à y voir carrément plus clair : Alexandre del Valle, Ivan Rioufol, Elisabeth Roudinesco, Pierre-André Taguieff, Guy Millière, David Abiker, etc, etc. Y figurent aussi le magistrat Philippe Bilger et le criminologue Xavier Raufer, qui a préfacé le livre. Le jeunot n’a pas eu à aller trop loin pour trouver ses infos.

Nous sommes donc très clairement dans un contexte de droite et même d’ultradroite sioniste. Il serait d’ailleurs intéressant d’en savoir un peu plus long sur le financement de toutes ces activités… On ne s’étonnera donc pas que Zemmour, qui navigue dans les mêmes eaux, ait encensé le bouquin. Et que son auteur ait été invité partout. Normal aussi que Marine Le Pen ait assuré sa promotion, elle qui cherche éperdument à se concilier les bonnes grâces de ce milieu particulièrement actif et militant dans notre beau pays.

On ne s’étonnera pas davantage que Mediapart l’ait en revanche vertement critiqué car nous retrouvons là un clivage essentiel à qui veut comprendre quelque chose aux courants souterrains qui font encore la pluie et le beau temps en France. Souterrains, car les braves gens qui achètent le bouquin n’y voient naturellement que du feu.

Depuis que certains juifs se sont mis à dérouiller dans les banlieues - globalement depuis le début des années 2000 - un virage très net s’est en effet opéré dans la communauté : avant, on n’avait pas le droit, mais à partir de là, on pouvait taper sur les immigrés puisqu’ils étaient accusés d’antisémitisme. Et donc toute une frange « droitière » - mais sioniste, hein, attention ! – a commencé à s’opposer à la frange qui restait indécrottablement « de gauche » - quoique sioniste aussi, en général. Voilà pourquoi les Zemmour et Cie font un tabac. Ils sont chargés de taper sur les boucs-émissaires en se gardant bien d’expliquer pourquoi et comment ils sont arrivés là.

Vous croyez que mon explication est tirée par les cheveux ? Demandez-moi alors quel avocat « Laurent Obertone » a choisi pour le défendre contre Mediapart ? Gilles-William Goldnadel, l’un des pontes du CRIF. Un pur hasard, sans doute…

Non, vous voyez, de « droite » ou de « gauche », on a vraiment l’impression que ce sont toujours les mêmes qui tirent les ficelles et qui occupent tout l’espace médiatique. En promotionnant qui délivre le message requis au bon moment. Et naturellement, en observant toujours l’omertà totale à l’encontre des autres. Ce qui n’est pas grave en soi. Mais au moins, il faut en avoir conscience pour ne pas mourir idiot.