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15/12/2007

ŒIL POUR ŒIL …

dff23d679fb47cd6ab207755d4935d43.jpgNous avons parlé le 22 novembre dernier du criminel de guerre Solomon Morel dont l’extradition, demandée à plusieurs reprises par les autorités polonaises, avait toujours été obstinément refusée par l’Etat d’Israël où il s’était réfugié. Il est finalement mort cette année à Tel Aviv.

Je n’avais pas fait mention dans cet article du livre du journaliste américain qui avait permis de faire connaître au monde l’histoire de Solomon Morel et, de façon plus large, un épisode délibérément occulté de la fin de la seconde guerre mondiale, à savoir la vengeance que des juifs - rescapés ou non des camps de concentration – exercèrent sur le camp des vaincus.

Ce journaliste s’appelait John Sack et le livre An Eye for an Eye (Œil pour œil). Il fut publié en 1993 et déclencha un énorme scandale.

Comble de malheur, John Sack était loin d’être le premier journaliste venu, ce qui aurait permis le boycottage pur et simple du livre. Né en 1930 dans une famille juive de New-York – par-dessus le marché – il avait assuré la couverture de presse de tous les grands événements politiques auxquels les Etats-Unis avaient été associés depuis un demi-siècle. Il avait notamment été correspondant de guerre en Corée, Vietnam, Irak, Afghanistan, Yougoslavie. Ses reportages étaient publiés dans des revues et journaux réputés comme Esquire, Harper’s ou The New Yorker.

Pour écrire An Eye for an Eye, il s’était livré à une enquête minutieuse de plusieurs années. Il ressortait de cette enquête qu’immédiatement après la fin de la seconde guerre mondiale, en 1945, les soviétiques qui occupaient la Pologne et une partie de l’Allemagne avaient délibérément confié l’administration de 1255 camps de concentration à des juifs. Ces derniers  firent payer aux civils allemands ou polonais qui y étaient détenus, y compris des femmes et des enfants, les crimes commis par les nazis. John Sack détaillait en particulier le cas Solomon Morel, auquel les autorités polonaises s’intéressaient particulièrement depuis 1992 et qui sera finalement inculpé en 1996.

A la parution de ce livre qualifié de « scandaleux », les organisations juives américaines se déchaînèrent. Abe Foxman, président de l’Anti-Defamation League, proclama qu’il ne s’agissait que d’un tissu de mensonges, ajoutant curieusement que Morel « bien que né juif » aurait dû être décrit comme « un communiste d’origine juive ». Ce qui, vous en conviendrez, change tout, n’est-ce pas ?

32f59990213ee0da1c27b65abdbb99ec.jpgJohn Sack est mort en 2004. Son site internet (www.johnsack.com ) est toujours ouvert et relate en détails toutes les péripéties qui accompagnèrent la sortie de cet ouvrage tendancieux.

Qui éclipse quelque peu les neuf autres qu’il a écrits, pourtant fort intéressants eux aussi, notamment sur la guerre du Vietnam.

 

10:10 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : licra, anne, kling, eye, john, sack, morel

02/12/2007

IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (22)

LES VOISINS

 

 

JOSEF SCHWARTZ, dit JOZSEF POGANY, dit JOHN PEPPER

365566c45ed38c8b9bdf883d593e8bd3.jpgEncore un personnage bien intéressant de l’entourage de Bela Kun. Il naît à Budapest en 1886 dans une famille juive. Communiste convaincu, il participe activement aux troubles qui précèdent en Hongrie l’établissement de l’éphémère, mais sanglante, république soviétique. Il sera d’ailleurs accusé d’avoir assassiné, avec d’autres, le comte Istvan Tisza, personnage politique influent du pays, le 31 octobre 1918. Cette accusation ne sera formulée qu’en 1921, à une époque où la république de Bela Kun sera tombée et où quasiment tous les « conjurés » auront pris la poudre d’escampette.

Il occupe divers postes au gouvernement bolchevique qui durera de mars à août 1919. Il sera notamment commissaire aux affaires étrangères d’avril à juin. A la chute du régime, c’est la débandade générale. Lui s’enfuit d’abord en Autriche, puis en Union soviétique.

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Là-bas, il devient membre du Komintern, l’Internationale communiste, ce qui lui ouvre de nouveaux horizons. Sous le nom de John Pepper, il entre illégalement aux Etats-Unis en 1922 et devient très rapidement un activiste reconnu au Workers Party (parti des travailleurs). C’est sous cette dénomination, reconnue légalement, que se cachait le parti communiste américain dans les années 1920-30. Il sera également – preuve qu’il avait fait de bons progrès en anglais – une des plumes du mensuel radical The Liberator, chargé des affaires internationales.

Toujours dans le cadre de son appartenance au Komintern, il ira aussi dans les années 20  prêcher la bonne parole bolchevique à Stockholm où il aidera à l’émergence du parti communiste suédois.

Il retourne ensuite aux Etats-Unis où il est chargé par Staline de veiller à l’expulsion des trotskistes du parti communiste américain. Il aidera aussi les staliniens dans leur lutte contre James Cannon, qui était le leader des trotskistes et le fondateur du Socialist Workers Party. Finalement, James Cannon survivra à ses « persécuteurs » puisqu’il mourra tranquillement en 1974, tandis que John Pepper, rappelé plus tard à Moscou, aura le très grand tort de s’y rendre.

Car il fera partie des Grandes Purges de 1937, ce qui mettra une fin définitive à sa carrière.