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19/04/2010

LES JUSTES

foucault-jerusalem.jpg« Jean-Pierre Foucault honoré à Yad Vashem »

 

« En ce Yom haShoa, Marcel Foucault, père de notre ami Jean-Pierre Foucault, a reçu à titre posthume une plaque de "Juste parmi les Nations" à Yad Vashem, "Qui sauve une âme sauve l’humanité toute entière”, plus haute distinction décernée par Israël.

Il avait sauvé plusieurs Juifs pendant la Shoa, dont une Polonaise à Marseille qui est devenue sa femme. Jean-Pierre Foucault faisait partie d'une délégation de "Justes" en Israël à cet effet. »

 

Interview de Jean-Pierre Foucault

 

Q : Que représente ce voyage en Israël pour vous ?

 

JP Foucault : Beaucoup, car mon père a refusé de parler de ce qu'il avait fait pendant la guerre, trouvant normal d'avoir protégé des juifs. Je suis touché de lui rendre l'hommage qu'il mérite sur cette terre émotionnelle et affective. La médaille des "Justes" a été un cadeau inestimable pour ma mère, décédée un an, jour pour jour, avant cette récompense, et pour ma famille.

Je suis donc content d'être présent en Israël lors de ce Yom HaShoah.

 

Q : Parrain de ce voyage, allez-vous continuer ce genre de projets ?

 

JP Foucault : Il est hors de question qu'on oublie la Shoah. Garant de cette mémoire et voulant médiatiser la mémoire de la Shoah, j'ai accepté la demande de la Fondation France-Israël.

Quand j'ai publié mes mémoires en 2005 et raconté pour la 1ère fois au public ce passé juif, j'ai commencé à comprendre cette partie de mon identité.

 

Q : Etre fils de "Juste parmi les Nations", cela veut dire quoi ?

 

JP Foucault : J'ai reçu des valeurs fortes d'honneur, de respect d'autrui et de générosité. J'ai un profond respect pour autrui et si D.ieu pouvait me donner les valeurs de mon père, je serai un homme heureux.

 

 

Source : http://www.juif.org/le-mag/284,jean-pierre-foucault-honore-a-yad-vashem.php

 

 

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« Témoignage de Paula Foucault Boyer, née Pessa Leska :

- "J'ai vu le jour le 27 février 1916 à Mogelnica, en Pologne. J'étais la troisième de neuf enfants d'une famille juive traditionnelle. Mes parents tenaient une boulangerie-pâtisserie où ils travaillaient très dur.
Comme il n'y avait aucun avenir pour moi en Pologne, je suis partie en 1938 pour la Belgique où j'ai rejoint ma soeur Anna qui tenait avec son mari un supermarché de produits frais. Je faisais de mon mieux pour l'aider à tenir le magasin et élever ses deux enfants, Paulette et Maurice.
Et puis les Allemands sont arrivés en Belgique. Je suis alors partie sur les routes à pied, sans ma soeur, mon beau-frère et les enfants qui pensaient ne rien risquer...

En juin 1940, après l'armistice, j'ai pensé rejoindre l'Argentine en prenant le bateau à Marseille. Là, dans cette ville, je n'avais qu'un seul contact : Monsieur Falek. C'est grâce à lui que j'ai rencontré celui qui allait devenir mon sauveur, celui de ma famille et plus tard mon mari : Marcel Foucault.

Marcel Foucault m'a aidée tout au long de la guerre. Il prenait pour moi, comme pour d'autres juifs, des risques énormes. Il nous fournissait de faux papiers, essayait de nous trouver des logements et mettait sans cesse sa vie en péril pour sauver la nôtre.
En 1941, il avait rejoint le réseau "Combat", la plus importante organisation de Résistance en zone sud, où il tenait une rôle de "boîte aux lettres" dans les services de liaison, s'occupait aussi des dépôts d'armes et surtout de la fabrication de tickets d'alimentation et de faux documents.

Quand les rafles ont commencé à Marseille, alors qu'il me connaissait à peine, il m'a cachée chez une dame de la Rose, Madame Garnier, et m'a donné de faux papiers. Il payait lui-même ma logeuse chaque mois et me rendait visite sans cesse.
Quant à mes neveux, Maurice 5 ans et Paulette 9 ans à l'époque, s'ils sont en vie encore aujourd'hui, ils ne le doivent qu'au courage et à la générosité de Monsieur Foucault qui a pris tous les risques imaginables pour les sauver des griffes des Allemands.

Je peux vraiment dire que toute la famille que j'ai aujourd'hui, je la dois à celui qui est devenu mon Mari, car c'est lui qui a sauvé, au péril de sa vie, le peu de famille que les Allemands n'ont pas réussi à m'arracher.

 

Mais la générosité de Monsieur Foucault à l'égard des juifs ne s'arrêtait pas à aider ma seule famille. Je sais qu'il a fourni à sa secrétaire, qui était juive, de faux-papiers. Malheureusement, elle fut arrêtée et forcée de dénoncer celui qui lui avait fourni sa carte d'identité. Vous n'imaginez pas le combat qu'il a fallu mener pour sortir Monsieur Foucault des mains de la Gestapo. Quinze jours très douloureux dont il est ressorti encore plus fort et convaincu de s'opposer à l'occupant. »

 

Source :http://209.85.135.132/search?q=cache:VI2j5ETv_eAJ:blogyadvashemfr.blogspot.com/2009/10/p-177-marcel-foucault-juste-parmi-les.html+marcel+foucault&cd=3&hl=fr&ct=clnk&gl=fr

 

 

Je me pose au moins deux questions : pourquoi avoir attendu 2009 pour attribuer encore de nouvelles médailles, alors qu’elles existent depuis les années 1960, sans susciter  - alors - beaucoup d’intérêt? Mme Foucault mère est décédée en 2008, à l’âge de 92 ans.  Pourquoi ne pas l’avoir remise de son vivant ? Pourquoi tout à coup cette remise « médiatique » ?

 

Et deuxième question : Comment fait-on pour obtenir la médaille des justes ? Là, la réponse est facile aussi. Voici la marche à suivre. Vous verrez que ce n’est pas très compliqué et il y a du reste une certaine confusion : devient-on juste parce que l’on a « aidé » ou « sauvé » un juif ? Les deux termes sont utilisés. Pourtant, la différence est importante. Car des Français qui ont aidé des juifs pendant la guerre, n’en déplaise aux obsessionnels de la persécution,  il y en a eu un paquet. Et qui ne se sont pas considérés comme particulièrement justes pour autant. Ni n’ont rien demandé à personne.

 

COMMENT CONSTITUER UN DOSSIER DE DEMANDE DE NOMINATION D’UN JUSTE

1.       Un juif qui a été sauvé par un non juif rédige un "témoignage" relatant les faits tels qu'ils se sont produits.

2.       Il faut fournir, dans la mesure du possible, deux témoignages certifiés de personnes juives sauvées.

3.       D’autres témoignages de personnes non juives ayant été présentes lors du sauvetage peuvent néanmoins conforter ce dossier (le sauveur lui-même, des personnes de sa famille ou le voisinage afin d’apporter un regard différent).

4.       Chaque personne juive sauvée doit faire certifier sa signature à la Mairie de sa localité, ou auprès du Délégué du Comité français pour YAD VASHEM.

5.       Les points développés dans le document joint doivent servir de fil conducteur à la rédaction de votre témoignage.

6.       Il faut fournir la copie du livret de famille du (ou des) Juste(s) et un certificat de décès s’il y a lieu.

7.       Toute personne portant témoignage doit fournir la photocopie d’une pièce d’identité.

8.       Nous adresser le dossier au : Comité Français pour YAD VASHEM

Département des Justes
33, rue Navier -  75017 Paris
Téléphone : 01 47 20 99 57

Fax : 01 47 20 95 57



Il est important de commencer le témoignage par la formule :
"Je soussigné(e)........................., certifie les faits suivants :
D’autre part il est souhaitable de rappeler d’abord l’histoire de la famille, ses origines, sa composition, les activités exercées avant la guerre.
On retracera ensuite l’itinéraire de la famille pendant la guerre et les circonstances de la rencontre avec le ou les sauveteurs.

Nous vous demandons de nous fournir, en double exemplaire, la photo du (ou des) Juste(s) et tout document d’époque lié au dossier pour les archives de Yad Vashem.

Le dossier sera transmis à la Commission des Justes, à l’Institut Yad Vashem de Jérusalem qui, après enquête, statuera.
Pour le Juste reconnu, une cérémonie officielle sera organisée par un délégué du Comité Français pour Yad Vashem. La médaille et le diplôme de « Juste parmi les Nations » lui seront alors remis par un représentant de l'Etat d'Israël au nom du Peuple juif reconnaissant.