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22/02/2012

TRANS-EUROPE EXPRESS…

En rangeant mes petits papiers, je tombe sur une coupure de presse parue dans les Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA) le 21 août 1992. Bientôt 20 ans. Il s’agissait de la critique (terme particulièrement impropre, mais enfin, je n’en trouve pas d’autre) d’un opuscule que venait tout juste de pondre Jean-Louis Bianco, alors ministre mitterrandien des Transports. M. le Ministre s’était risqué, sans doute pour se distraire cet été là, et aussi plus vraisemblablement pour des raisons plus électorales, à un genre particulièrement casse-gueule : la politique-fiction. Un genre que j’affectionne, surtout avec le recul.

 

Vos yeux émerveillés vont (re)découvrir ci-dessous, sous la plume admirative d’un plumitif des DNA, l’Europe des mille et une merveilles que nous promettait ce bon Jean-Louis en 1992. Une Europe bien socialiste où tous les petits copains se partageaient de formidables fromages dans l’allégresse et la prospérité générales. Il s’agissait alors de faire passer la pilule du traité de Maastricht (février 1992) et d’agiter sous le nez des Français déjà passablement réticents des oripeaux étincelants, aux couleurs de l’arc en ciel.

 

20 ans après, ce qu’est devenue l’Europe des technocrates bruxellois dominée par une pensée unique étouffante – gauche/droite réunies et confondues dans le même mépris des peuples - fait plus penser à un corbillard qu’à un train de luxe. Mais se trouve-t-il un seul journaliste pour aller demander quelques comptes à l’ancien délirant alors ministre et aujourd’hui toujours député ? Et éventuellement lui rappeler que le « rare optimisme », lorsque l’on est un responsable politique, ça porte en principe un autre nom.

 

 

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 "Trans-Europe express ..."

 

« Un voyage en première classe pour le « oui » à Maastricht, avec Jean-Louis Bianco, le ministre de l’Equipement et des Transports dans le rôle de la motrice. Le roman de politique-fiction le plus chaud de l’été aurait pu s’intituler : Maastricht, dix ans après …

 

180 pages : « Trans-Europe express » se lit comme un polar. D’abord le décor : l’Europe, en l’an 2002. Soit vingt pays au total. La Communauté européenne vient d’accueillir la Bohême, la Slovénie et la Hongrie, après l’Autriche, la Norvège, la Suisse, la Finlande et la Suède. Après le « référendum d’infirmation de  1996 » le Danemark a enfin ratifié le traité d’union …

 

Au Parlement de Strasbourg, les décisions sont prises à la majorité relative : « 10 voix pour les grands pays, 2 pour les petits … ».

Ensuite les personnages. En Afrique du Sud, Nelson Mandela a été élu président. C’est un socialiste, Bjorn Engholm, qui est maintenant chancelier d’Allemagne … Felipe Gonzales, dans le fauteuil de Jacques Delors est désormais président de l’Europe, Bernard Kouchner, prix Nobel de la paix, est toujours entre deux avions cargos. On consulte toujours François Mitterrand, retiré à Latché … Mais au fait, qu’est devenu Jean-Louis Bianco ? L’auteur, par modestie, reste muet.

 

Rare optimisme

 

L’Europe de Maastricht, qui effrayait tant en 1992, marche en 2002. Et plutôt bien. En cinq récits, enlevés comme les meilleurs thrillers, plausibles comme le réveil des vieilles nations de l’Europe centrale, Jean-Louis Bianco nous a peaufiné un cours de géopolitique d’un rare optimisme.

Exemples :

Dans l’ex-Yougoslavie, le Kosovo a été pacifié grâce à l’intervention de l’Eurocorps, le corps d’armée européen, dont les bases avaient été jetées au printemps dernier lors du sommet franco-allemand de La Rochelle. Une revanche épistolaire sur les affaires croates et bosniaques de 1992 …

 

« La guerre des monnaies n’a pas eu lieu », un accord ECU-dollar-yen a pu être signé à temps. Les billets de la banque européenne sont à l’effigie de Charlemagne, Léonard de Vinci et Newton …

Arrêt à Strasbourg. « Malgré l’heure de pointe, la circulation était fluide. Le centre-ville était devenu piéton depuis la décision de Catherine Trautmann. Les commerçants avaient commencé par protester et puis finalement les vélos avaient fait leur apparition ».

 

Le Parlement « des vingt » vient de créer « Europol » pour gagner la bataille de la drogue contre la Mafia. Le héros de l’épisode « traverse le Kristkindelmark. On est à la veille de Noël. Il achète les DNA qui titrent sur toute la largeur de la une : l’Europe stoppe la Mafia ».

 

« J’ai voulu parler de l’avenir, parce que c’est le pays où je compte passer le restant de mes jours » confesse Jean-Louis Bianco dans la préface. Reste au ministre le devoir de dépasser la fiction du conteur. »

 

                                

 

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Ah, mais c’est que la fiction, c’est quand même plus commode que l’action. Il n’y a qu’un énarque distingué pour pondre une phrase pareille sans en mesurer la connerie : « Les commerçants avaient commencé par protester et puis finalement les vélos avaient fait leur apparition ».

 

Vachement pratiques, les vélos, en plein hiver, quand on a deux ou trois gosses à déposer à l’école et à rechercher, avant d’aller soi-même au boulot. Il est vrai que ces impayables donneurs de leçons, avec leurs chauffeurs, ne connaissent pas ces menus problèmes.

 

Qui est Jean-Louis Bianco ? Entre autres un chantre forcené de l’immigration massive dont vous retrouverez le pedigree dans les archives du blog (21/4/11).

 

21/04/2011

L’ENARCHIE DANS TOUTE SA NUISANCE … ET SA LÂCHETE (5)

oo.jpgNous allons aujourd’hui nous intéresser au parcours d’un membre éminent de cette promotion Thomas More (janvier 1969-mai 1971) : Jean-Louis Bianco. Fut-il de la bande des 4 ? J’en ai l’intime conviction, sans en avoir la preuve, bien sûr. Mais voyons de plus près son parcours et vous jugerez sur pièces :

 

Jean-Louis Bianco

 

bia.jpgTout d’abord, le lisse, que nous apprend Wikipedia ou le Who’s Who :

Il «est né à Neuilly le 12 janvier 1943. Issu d’une famille métissée, avec des origines italienne, irlandaise, flamande et suissesse, Jean-Louis Bianco est le fils d’un immigré italien. Sa famille est partie d’Italie par crainte de Mussolini.» [Ca, ça fait toujours bien dans le décor] Mais voyons la version moins lisse, que nous propose Emmanuel Ratier dans son Encyclopédie politique française (éd. 1992) :

« Son père, contrairement à une légende généreusement colportée, n’a rien du prolétaire immigré. Né à Nice d’un père italien et d’une mère irlandaise, il partit vivre en Italie et devint sous-officier. Communiste, il revint en France en 1933. Après avoir exercé divers métiers, il est devenu un riche expert-comptable et PDG de nombreuses sociétés. Son nom est apparu dans le procès du Patrimoine foncier (Le Monde, 6 juin 1975) puis à nouveau en 1992 (Le Canard enchaîné, 29 avril 1992) avec la publication de lettres où le nom de son fils était « exploité » pour conquérir des marchés.»

Ce modeste fils d’immigré italien né à Neuilly fait ses études au lycée Janson de Sailly dans le 16e arrondissement de Paris, où il va faire une rencontre des plus profitables pour la suite : celle de Jacques Attali. Leur amitié date de ces années de lycée. Ensuite, c’est l’Institut d’études politiques (licence en sciences économiques), le diplôme d’ingénieur de l’Ecole des mines, où il fut délégué de l’Unef, puis enfin l’ENA. Il est intéressant de savoir dès à présent que son copain Attali l’y a juste précédé d’une promotion, puisque ce dernier fait partie de la promo Robespierre (janvier 1968-mai 1970). Ce qui signifie qu’ils ont fréquenté l’ENA en même temps de janvier 1969 à mai 1970.

A sa sortie de l’ENA, en 1971, il devient auditeur au Conseil d'État. Emmanuel Ratier nous informe que : « Il a milité à partir de la fin des années 60 au sein des Groupes d’action municipale avant de collaborer sous le pseudonyme de Jacques Thibert à la section économique du PS de 1974 à 1979 (sans jamais y adhérer) ». En 1973-74, il est chargé de mission au groupe central des villes nouvelles et de 1976 à 79, sous-directeur de la famille, de l'enfance et de la vie sociale au ministère des Affaires sociales (avec Simone Veil ministre). En 1976, il est devenu maître des requêtes au Conseil d'État.

Bizarrement, il y a comme un trou dans sa bio entre 1979 et 1981. J’ai lu que « promis à une brillante carrière dans la haute fonction publique, Jean-Louis Bianco n’a pas hésité à plaquer le Conseil d’État, à la fin des années 1970. Par réflexe éthique : « J’avais le sentiment d’avoir atteint la limite déontologique du travail d’un haut fonctionnaire de gauche sous un gouvernement de droite ». En fait, il quitte Paris pour devenir chargé de mission au Syndicat intercommunal de développement des vallées de la Durance et de la Bléone.

Mais il renaît de ses cendres en 1981 : chargé de mission au cabinet du président de la République, dans une petite équipe formée par l’inévitable Attali, où il retrouvera notamment un condisciple de l’ENA, Pierre Morel. Puis l’apothéose, toujours grâce à son copain: il devient secrétaire général de la présidence de la République à partir de 1982. Il le restera jusqu’en 1991.

Edith Cresson le nomme ministre des affaires sociales et de l’intégration en mai 1991. Il le restera jusqu’en avril 1992, date à laquelle il devient ministre de l'équipement, du logement et des transports, jusqu’en 1993. Chaque fois une année, on comprend une certaine frustration … Il devient Conseiller d’Etat, en 1994. Il ne sera plus ministre après 1993 et en concevra une amertume certaine. Il doit désormais se contenter de la province : conseiller régional (il conduit une liste de Bernard Tapie en 1992), maire de Digne-les-Bains en 2001, il est actuellement président du conseil général des Alpes-de-Haute-Provence et député. Bon, abrégeons, vous trouverez facilement le reste.

1fce6ab0c2c8e244eb5e5175c8a79967-0.jpgSa dernière : un bouquin sorti en 2010, modestement intitulé « Si j’étais Président… ». Oui, car il avait eu des velléités de primaires socialistes, mais y a sagement renoncé, finalement.

Revenons à la période Mitterrand et reprenons nos classiques (Emmanuel Ratier) : « A ce poste (SG de la présidence), extraordinaire plaque tournante politique, Bianco fut le grand coordinateur de la machinerie élyséenne, notamment comme chef d’orchestre de l’opération SOS-Racisme qu’il a montée de A à Z avec Julien Dray. (…) Il soutient dès sa naissance SOS-Racisme, renflouant à plusieurs reprises, grâce aux fonds secrets, les caisses de l’association ». A ce propos, je ne saurais trop vous conseiller de lire ce lien qui vous en apprendra de belles sur les dessous de l’ «antiracisme»:

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article76529,%C2%A0

 

« Partisan de l’octroi du droit de vote aux immigrés (vœu réitéré en novembre 1991), il considère que « le seul défi qui vaille est celui de réussir l’intégration ». Il a limogé en novembre 1991 le président de l’Office des migrations internationales, Jean-Claude Barreau, coupable d’avoir soulevé le tabou de l’islam dans « De l’Islam en général et du monde moderne en particulier ».

En novembre 2009, SOS-Racisme lançait une pétition demandant l’abandon du débat sur l'identité nationale, qui commençait ainsi : «Depuis le 2 novembre 2009, la France a été entraînée, malgré elle, dans les tourments d’un débat sur l’identité nationale. De nombreuses voix s’étaient pourtant élevées pour avertir que le lien posé d’emblée entre l’immigration et l’identité nationale était de nature à libérer une parole au «mieux» stigmatisante, au pire raciste. »

Bien sûr, Bianco fut parmi les premiers signataires de ce texte où pullulaient les « nauséabonds » et autres « valeurs du vivre ensemble ». Je vous invite là aussi à vous régaler de la liste des signataires de cette pétition. Toute la gauche caviar y défile en bataillons serrés, un vrai plaisir. Evidemment, l’actuel président du Gisti ne pouvait manquer. La pétition «Arrêtez ce débat» est à signer en ligne ici. (attention, c’est pour l’info, je ne fais pas de pub, hein !)

 

jj.jpgLe tandem Bianco-Attali

Revenons-y car je crois qu’il a eu son rôle dans la création du Gisti. Je ne vous rappellerai pas tous les propos délirants d’Attali sur l’immigration, tenus encore récemment, où il persiste et signe dans le discours que plus personne de sensé n’ose tenir, du style : «l’immigration, facteur de développement de la population, est en tant que telle une source de création de richesse, donc de croissance».

Bref, je croirais assez qu’il a vu d’un très bon œil il y a quarante ans la création du Gisti, et qu’il y a peut-être mis la main, en tout cas prodigué ses savants conseils. Car plusieurs indices se croisent : il précède Bianco d’un an au Conseil d’Etat où il entre en 1970. En 1972, il publie ses deux premiers livres: Analyse économique de la vie politique et Modèles politiques pour lequel il obtient un prix de l'Académie des sciences. Il rencontre Mitterrand dès 1968, et collaborera étroitement avec lui à partir de 1973. Pas la peine de chercher plus loin comment le Gisti a eu accès si facilement à Mitterrand, Rocard et au journal Le Monde.

Mais, vous allez rire, cette belle amitié de 40 ans (au moins) a subi un revers lors du 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin (novembre 2009) : Jacques a traité Jean-Louis … d’antisémite ! Parfaitement !! L’histoire est trop drôle, mais mon texte est déjà assez long, je vous donne le lien :http://www.lexpress.fr/actualite/politique/jacques-attali-accuse-jean-louis-bianco-d-antisemitisme_827240.html