12.12.2009
MONSIEUR LE PRESIDENT, JE VOUS FAIS UNE LETTRE …
Décidément, tout est bon pour servir LA CAUSE. LA CAUSE SACREE : sus à l’Iran, le nouveau monstre planétaire, qui menace toute l’humanité ! Alors on racle même les fonds de tiroir et on ressort de la naphtaline tous les ex-grands hommes qui firent tant d’honneur à la République.
Avant que de sombres affaires - et même quelques peines de prison, avec sursis – ne les contraignent à ravaler quelques-unes de leurs folles ambitions. On les retrouve en général aujourd’hui dans des fonctions plus conformes à leurs capacités réelles. Ainsi en est-il du président de l’Association pour le rayonnement du Château de Vincennes, j’ai nommé le flamboyant François Léotard. Vous vous souvenez de lui, j’espère ? Si droit dans ses bottes lorsqu’il s’agissait de pourfendre l’autre monstre, le Front national – un peu démonétisé aujourd’hui, celui-là - mais légèrement moins lors de certaines affaires malencontreuses qui le conduisirent à prendre un peu de recul. Depuis, il fait dans la critique acerbe aux présidents qui n’ont pas l’heur de lui plaire. Sarkozy a eu son tour, là il sort le grand jeu pour Ahmadinejad, qui en a sûrement été extrêmement affecté.
« Lettre ouverte au président Ahmadinejad
Monsieur le Président,
Franchement, en commençant cette lettre, je n'avais pas envie de vous appeler de cette manière. Ce titre implique en effet un minimum de respect. Je le fais néanmoins parce que c'est vous qui vous exprimez au nom des Iraniens. Sur les photos, je vous vois devant des foules, des visages, des mains levées. Sans doute peut-on y deviner une forme d'enthousiasme, en tout cas d'adhésion.
Nous avons, en Europe, connu ces foules. C'était un mauvais moment pour nous. Une période tragique dont nous continuons à porter la honte et l'angoisse. L'un des peuples les plus cultivés du monde, un peuple qui avait élevé à un haut degré la philosophie, la musique, la poésie, la science, un peuple qui avait étonné ses voisins par son rayonnement, avait sombré dans la haine, la folie raciale, l'ignominie. Des dizaines de millions d'individus ont subi, dans leur chair, leur culture, leur dignité, cette étrange barbarie qui se voulait un ordre nouveau. Ce furent d'abord les propres ressortissants de cet État, des Allemands, puis peu à peu les autres, tous les autres... On appela cette folie une guerre mondiale.
Mais ce fut surtout une guerre contre ce qu'il y avait d'humain en nous. Les livres furent brûlés, les enfants déportés et assassinés, les intelligences brisées. Tout ce qui faisait l'honneur de l'homme fut piétiné. Et puis...
Et puis, j'en viens à vous : une partie de l'espèce humaine, le peuple juif, fut destiné à l'enfer. Ce n'était ni les plus nombreux ni les plus riches, ni même les plus influents. C'étaient des hommes et des femmes qui avaient porté très longtemps et très loin leur foi, leurs questions sur le monde, sur Dieu, sur la nécessité de vivre ou de souffrir, sur le bonheur d'aimer. Généralement ils fréquentaient les livres. Ils réfléchissaient beaucoup. Ils ne comprenaient pas bien pourquoi on ne les aimait pas, pourquoi on les appelait des « sous-hommes », des Untermensch, pourquoi on les considérait comme des insectes... Ils furent pourchassés dans toute l'Europe, pendus, fusillés, brûlés...
Vous savez parfaitement tout cela. Mais je l'évoque devant vous pour trois raisons au moins :
— la première, c'est que nous (je dis « nous », c'est une façon de parler) n'accepterons pas que ça recommence. Je ne suis pas juif mais les Juifs sont, comme les Perses, mes frères en humanité.
—
— La seconde, c'est qu'ils ont le droit, comme vous, comme moi, d'avoir une patrie. Que ce soit la France ou Israël ne change rien à l'affaire.
—
— La troisième raison ne vous plaira pas. Mais tant pis : ce qu'ils apportent au monde (et probablement c'est cela que vous voulez « rayer de la carte »), c'est une conception de l'homme et de son destin, qui a enrichi plusieurs siècles de civilisation, et qui fait honneur au peuple juif comme à l'État d'Israël.
—
Monsieur le Président, vous avez le droit d'être nationaliste. Vous avez le droit d'être fier de l'histoire du peuple perse. Vous avez le droit d'être croyant et de prier le Dieu « clément et miséricordieux », comme il est dit au début de chaque sourate du Coran. Vous pensez avoir le droit de voiler les femmes, de torturer les opposants, d'emprisonner les journalistes qui vous contredisent, de condamner à mort des enfants mineurs, de persécuter vos minorités. Mais vous n'avez pas le droit de porter sur Israël le regard trouble, imbécile et haineux qui accompagne vos discours. Car il me semble que vous haïssez dans cet État la libre parole, la diversité des partis, le rôle de l'opposition, l'indépendance de la justice, la recherche universitaire et sans doute aussi... le courage. C'est-à-dire tout ce que nous sommes en droit d'admirer.
Les hommes qui ont organisé la réunion de Wannsee où fut décidé l'anéantissement des Juifs d'Europe sont tous morts aujourd'hui. Naturellement, comme chacun d'entre nous, vous suivrez ce destin.
Je souhaite seulement que pour vous-même, pour le peuple perse, pour les jeunes enfants d'Iran ou d'Israël qui vous survivront, il ne vienne à personne l'envie d'aller cracher sur votre tombe.
François Léotard (article publié dans Tribune Juive, décembre 2009 - écrit le 11 juillet 2006)
Dieu, que c’est beau ! Tout, absolument tout, y est. Comme les choses deviennent simples, avec les grands hommes : les méchants très méchants d’un côté, les gentils tout gentils de l’autre. Pour l’éternité. Jamais de doute, jamais de questionnement, jamais de nuance. C’est d’un reposant ! François, reviens-nous vite, tu nous manques trop !!!
Source : http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detai...
08:22 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : françois léotard, ahmadinejad, iran, israël, lettre, anne kling
01.11.2009
LE PROBLEME N° 1 DU MONDE
Je reviens sur un sujet qui date d’il y a une quinzaine de jours, mais vous verrez qu’il reste parfaitement d’actualité. Hélas. En fait, il s’agit de deux sujets parus le 16 octobre, dont la conjonction m’avait particulièrement choquée. Je m’étais promis de souligner le fait. Voici :
1er sujet : « Rapport des Nations Unies : plus d’un milliard d’individus souffrent de la faim dans le monde.
L'humanité vient de battre un bien triste record. Jamais autant d'êtres humains n'ont souffert de la faim dans le monde, rapporte le site Internet Cyberpresse Canada, vendredi 16 octobre 2009. Selon un nouveau rapport des Nations Unies publié jeudi 15 octobre, un peu plus d'un milliard de personnes sont sous-alimentées. Parmi elles, seulement 15 millions se trouvent dans les pays industrialisés de l'Occident qui se débattent depuis plus d'un an avec la crise économique. La quasi-totalité des 1,02 milliard d'affamés du monde, soit 99,75%, vit dans les pays en voie de développement, estime le rapport « L'état de l'insécurité alimentaire », rendu public à Rome par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM).
L’un des impacts les plus dévastateurs de la crise économique a été de mettre un frein à l'aide internationale. Le Programme alimentaire mondial, qui avait amassé des sommes records lors de la crise alimentaire, a vu son budget passer de 6 à 3 milliards de dollars entre 2007 et 2008…. »
2e sujet : Shimon Peres : «L'Iran est aujourd'hui le problème du monde entier, sans doute le problème numéro un. ».
Dans une interview accordée le 16 octobre au Figaro, Peres répondait notamment ce qui suit à la question :
Vous étiez contre l'attaque du réacteur nucléaire irakien en 1981. Êtes-vous aujourd'hui favorable à une intervention militaire contre les installations nucléaires iraniennes ?
Il y a une différence entre les deux dossiers. L'Irak était à l'époque surtout un problème pour Israël. L'Iran est aujourd'hui le problème du monde entier, sans doute le problème numéro un. Israël n'est pas seul concerné ; nous sommes un petit pays, et ne pouvons pas nous charger seuls d'un problème qui concerne tout le monde. S'il y a d'autres moyens, c'est aussi bien. Nous devons laisser la communauté internationale essayer toutes les solutions… »
L’Iran, problème n°1 du monde entier ! Quelle méga houtspah !! Moi, je trouve que ce serait plutôt le milliard d’affamés dans le monde – et son cortège de violences diverses faites aux plus faibles - qui devrait émouvoir de toute urgence les chancelleries. Mais apparemment, ça les interpelle nettement moins que les appels à la guerre sainte lancés par le pauvre petit Etat sans défense. Qui possède l’arme atomique, lui, et qui trouve ça tout à fait normal. Il est vrai que l’arme atomique, c’est seulement réservé aux bons, à ceux qui ont le droit de s’en servir lorsqu’ils le jugent nécessaire. Les méchants ne doivent surtout pas l’avoir. Où irions-nous ?
09:50 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : faim dans le monde, iran, israel, arme atomique, anne kling
31.08.2009
BON SANG, CA LES DEMANGE ….

« Wall Street Journal: Israël risque d'attaquer l'Iran
Le Wall Street Journal a mis en garde le président américain Barack Obama, en déclarant qu'il devait impérativement stopper le programme nucléaire iranien "s'il ne voulait pas devoir subir les conséquences d'une offensive israélienne." Il a précisé qu'un affrontement militaire serait inévitable si l'Occident ne se décidait pas à agir rapidement.
Dans l'éditorial d'aujourd'hui, le journal a accusé Obama d'avoir gaspillé son temps, au cours des premiers mois de son mandat, à tenter de convaincre Israël de ne pas attaquer les installations nucléaires iraniennes au lieu d'essayer de persuader la communauté internationale de prendre des mesures plus efficaces pour stopper le développement du programme de Téhéran.
Et de souligner dans les colonnes du journal: "Les officiers américains et israéliens avec lesquels nous nous sommes entretenus sont certains qu'un raid israélien pourra porter sérieusement atteinte aux projets des Iraniens, même si certaines installations sont épargnées." Il a encore souligné que "Téhéran avait constaté la faiblesse des institutions internationales et savait en revanche que seul Israël saurait réagir s'il le faut."
Et de poursuivre: "Les Iraniens ont compris que l'ONU ne constitue pas pour eux une menace, pas plus d'ailleurs que l'Agence internationale de l'Energie atomique." L'Occident, pour l'auteur de l'édito, ne souhaite pas non plus intervenir et le président Obama "continue à supplier l'Iran d'entamer un dialogue."
Et de conclure: "Plus l'Occident et l'Onu feront preuve de faiblesse, plus il semblera évident qu'Israël attaquera."
Source : http://www.elnashra.com/news-2-332310.html
La lune de miel avec Obama tourne de plus en plus clairement à la lune de fiel. D’où grosses tempêtes en vue sous les crânes des éminences qui nous gouvernent. Sarkozy a eu aujourd’hui cette puissante réflexion : le peuple iranien mérite mieux que ses dirigeants. Et nous, qu’est-ce qu’on mérite ? Très exactement ce qu’on a. Contrairement aux Iraniens, les Français ont très précisément les dirigeants qu’ils méritent.
Pour en revenir à l’Iran, les responsables israéliens pousseront-ils la paranoïa jusqu’à l’agression "préventive"? Ce n’est pas l’envie qui leur manque et de toute façon, ce ne sera pas de leur faute, s’ils attaquent. Mais uniquement celle des Occidentaux qui n’auront pas agi avec assez de fermeté. C’est évident, non?
21:20 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : wall street journal, israel, iran, attaque, anne kling
17.12.2008
QUE FONT ET QUE DISENT NOS ELUS ?
Ils coûtent cher au contribuable, la moindre des choses est de se tenir informés de leurs activités. C’est pourquoi, dans un strict souci d’information, et sans aucun commentaire de ma part, je vais ouvrir une petite série sur les activités « communautaires » de nos très chers élus.
Bon, je n’ai pas oublié ce que j’ai écrit il y a peu. Mais, comme vous le constaterez, ces petits relevés, que je crois utiles, ne me prendront pas beaucoup de temps.
1. Michel Herbillon, député-maire UMP de Maisons-Alfort
Accompagné d’Olivier Capitanio, conseiller général du Val de Marne, il vient d’être reçu par la commission des relations avec les élus locaux du CRIF, qui relate en ces termes l’entretien :
« Michel Herbillon a souligné à quel point l’action du CRIF est utile et nécessaire pour la lutte contre l’antisémitisme.
L’élu de Maisons-Alfort s’est dit très proche de la communauté juive. Il a organisé dans sa commune plusieurs manifestations : la plantation d’un arbre pour commémorer la mort d’ Itzhak Rabin, la pose de plaques sur l’entrée des écoles où des enfants juifs ont été déportés, une exposition pour les 60 ans de l’État d’Israël et la réception de tous les nouveaux ambassadeurs d’Israël en France dès leurs prises de fonction.
Michel Herbillon a souligné son attachement au jumelage qui existe entre Charenton, ville de sa circonscription, et Zichron Yaacov et a souhaité développer une pédagogie pour mieux faire connaître Israël et pour lutter contre les actes antisémites. Il a indiqué aux membres de la commission qu’il considère le devoir de mémoire comme très important et qu’il se sent personnellement concerné par ce crime contre l’humanité.
Concernant l’otage franco-israélien, Guilad Shalit, Michel Herbillon est d’accord pour engager un certain nombre d’actions pouvant aboutir à sa libération. Il a déjà exposé en signe de solidarité le portrait de Guilad Shalit au théâtre municipal pendant plusieurs semaines. Il a également signé l’appel lancé par Ingrid Bétancourt pour le jeune homme.
Concernant la position de la France sur l’Iran, Michel Herbillon a souligné que le Président de la République a été clair vis-à-vis de l’Iran et de l’arme nucléaire : pas de compromis possible sur cette question dont dépend étroitement la sécurité d’Israël et de la région ».
source: http://www.crif.org/?page=articles_display/detail&aid...
14:20 Publié dans QUE FONT ET QUE DISENT NOS ELUS? | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : crif, michel herbillon, israel, iran, anne kling
25.11.2008
LE SCENARIO SE PRECISE ...

Le secrétaire d’Etat britannique aux affaires étrangères est en tournée dans les Emirats unis afin « d’inviter les dirigeants arabes à être plus fermes avec l’Iran ». Petit à petit, les pièces du puzzle se mettent en place.
Oui, c’est embêtant de donner l’impression aux opinions publiques que seul le monde occidental veut absolument en découdre avec l’Iran. Elles pourraient finir par se poser certaines questions qu’il vaut mieux éviter. Tandis que si ce sont les pays arabes eux-mêmes qui sont demandeurs, ça change tout …
L’offensive a en réalité démarré au début du mois, aux alentours des 9-10 novembre : l’ambassadeur égyptien auprès de l’Union européenne avait alors déclaré : « La shoah est une chose horrible et nous devons tous éviter qu’elle se répète. (…) Aucun de nous [les arabes] ne nie la shoah. Ahmadinejad est le seul à le faire et il n’est pas arabe » .
Et la veille, lors d’une réunion pour l’anniversaire de la conférence d’Annapolis, c’étaient les « pays arabes modérés » qui s’étaient ouverts aux Etats-Unis et à l'Union européenne de leurs grosses inquiétudes concernant l'influence croissante de l'Iran au Moyen-Orient. Par « modérés », il faut entendre ceux qui vivent des subsides de Washington : l’Egypte ou la Jordanie notamment. « Selon un participant à cet échange de vues qui souhaite garder l'anonymat, le chef de la diplomatie jordanienne a surpris par sa vigueur en soulignant que, si le dossier du nucléaire iranien était devenu un problème pour les Occidentaux, "la quête hégémonique de l'Iran" dans la région constituait depuis longtemps aux yeux des Arabes la véritable "crise". », indiquait alors la dépêche d’agence.
Il s’agit-là de déclarations d’officiels. Il serait intéressant de connaître l’état d’esprit des peuples concernés, qui ne sont peut-être pas sur la même longueur d’onde.
Toujours est-il que hier, le ministre anglais en a rajouté une couche, invitant les dirigeants arabes « à s'opposer plus clairement aux ambitions nucléaires de l'Iran et à s'impliquer dans le processus de paix ». La perspective d'un Iran doté de l'arme nucléaire serait, de son point de vue, la menace "la plus immédiate" pour la stabilité du Proche-Orient : "L'Iran doté de l'arme nucléaire représenterait un coup décisif contre ceux qui cherchent des solutions plus pacifiques et pragmatiques aux problèmes de la région (…) Une course à l'arme nucléaire serait très dangereuse. L'acquisition d'une arme nucléaire renforcerait la position régionale de Téhéran, lui donnant plus de confiance pour ses tentatives de divisions et la promotion de l'instabilité".
Il a parfaitement raison, Miliband. L’Iran est vraiment un danger planétaire, tout le monde s’en rend compte. Et ça fait des années que ça dure. Sans compter la mauvaise foi de ces gens-là. Imaginez-vous que devant ce discours, ils ont osé accuser Miliband … de partialité ! Parfaitement, de partialité : "Nous avons entendu les déclarations de David Miliband affirmant que l'Iran est une menace pour la région, alors qu'il n'y a aucun doute sur la très forte dépendance de Miliband des sionistes", a déclaré à la presse le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.
Très forte dépendance du ministre anglais par rapport aux sionistes ? On se demande où ils sont allés chercher ça ! Certes, il est le fils du marxiste Ralph Miliband et le petit-fils de Samuel Miliband, un juif de Varsovie qui avait rejoint l’Armée rouge et repose aujourd’hui à Londres au cimetière de Highgate auprès de Karl Marx et d’autres nombreux révolutionnaires. Mais où est le rapport ?
09:16 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : david miliband, iran, nucléaire, anne kling
13.12.2007
ET VOILA, TOUJOURS ABANDONNES!
Le dernier National Intelligence Estimate (NIE) a été publié la semaine dernière à Washington et a fait du bruit: il estime en effet que l’Iran a cessé de poursuivre son programme nucléaire militaire depuis 2003.
Le NIE est un document sérieux, produit par 16 agences américaines de renseignements relatifs à la sécurité nationale et destiné à éclairer les décisions des responsables politiques. L’administration Bush en général, et Dick Cheney, le vice-président en particulier, ne souhaitaient nullement cette publication qui vient entraver les efforts des va-t-en guerre obsessionnels. Mais impossible de l’empêcher.
Les spécialistes du renseignement relatif à la sécurité du pays ont ainsi conclu que l’Iran ne constituait pas à ce jour une menace réelle, ce qui semble réjouir les dirigeants du Pentagone, largement réticents à toute action militaire des Etats-Unis contre ce pays. Ne serait-ce que pour ne pas ouvrir un nouveau front, ultra dangereux, à un moment où les troupes américaines sont copieusement enlisées ailleurs.
En Israël, par contre, vive a été l’indignation à la parution de ce rapport, l’Etat hébreu y voyant une reculade de la part de son grand allié et ami indéfectible. Du coup, chose inhabituelle, le chef d’état-major des forces armées américaines, l’amiral Mike Mullen, a fait une visite éclair en Israël ce lundi pour tenter d’apaiser les esprits. Inhabituelle car il paraît que cela faisait dix ans qu’un chef d’état-major US en exercice ne l’avait fait.
Cette visite s’est passée dans un climat de grande nervosité, accru par le fait que les Israéliens redoutent un désengagement des Etats-Unis d’Irak et d’Afghanistan, qui les isolerait plus encore. Mike Mullen a bien sûr assuré ses hôtes de la profonde amitié des USA et de leur souhait de « renforcer » davantage encore l’armée israélienne. Mais côté israélien, on n’est pas dupe.
D’autant que Mullen a fait tout récemment aux Etats-Unis des déclarations plutôt alarmistes sur la situation … au Kosovo, qui pourrait dégénérer à nouveau, entraînant des réactions en chaîne. D’où éventuellement le risque d’un nouveau front qui impliquerait à nouveau les Etats-Unis. Rien que du bonheur en perspective…. Il faut savoir que Mullen était précédemment commandant des forces armées de l’OTAN dans les Balkans, il connaît en principe le sujet.
Bref, les officiels israéliens commencent à se sentir mal aimés ou plus exactement, plus tout à fait au centre de l’attention de Big Brother comme ils le souhaiteraient.
Leur réaction est très caractéristique de ce type de situation: puisque c’est comme ça, on ira tous seuls et on se débrouillera tous seuls. De toute façon, depuis toujours, on est seuls au monde, alors … Je schématise bien un peu, mais l’essentiel est là.
Ceci dit, des propos menaçants à l’attaque effective de certaines cibles iraniennes - sans l’aide des Etats-Unis - il y a plus qu’un pas. Un abîme. Pour l’heure, les responsables israéliens de la défense réaffirment haut et fort leur détermination inébranlable à « assurer la survie du pays ». Ils ont commencé à passer en revue tous les moyens de restructurer, de réorienter et d’adapter leurs moyens militaires à cette nouvelle donne. Car eux aussi se trouvent confrontés au problèmes des fronts multiples : Gaza, Liban, Syrie, etc.
Là où l’on voit à quel point sont manipulées ou occultées les données, dans le but de poursuivre envers et contre tout le dessein que l’on s’est fixé, c’est qu’il y a deux ans, en août 2005, un autre rapport NIE avait déjà conclu que l’Iran était bien loin de pouvoir atteindre l’arme nucléaire. Qu’il lui faudrait au moins dix ans pour y parvenir. Alors même que l’administration Bush, pressée d’aller en découdre, soutenait mordicus que l’Iran était à deux doigts d’y arriver et qu’il fallait se dépêcher. Depuis, elle avait agi en conséquence, faisant continuellement monter la pression, avec l’aide d’Israël.
Apparemment, les choses ont quand même évolué et des voix américaines plus raisonnables - ou simplement plus lucides - semblent se manifester davantage.
15:07 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : licra, anne, kling, mullen, NIE, iran, isarel
01.10.2007
LES JUIFS D'IRAN PREFERENT RESTER DANS LEUR PAYS

Il existe à l’heure actuelle une communauté juive assez importante en Iran. C’est même numériquement la plus importante du Moyen-Orient, après Israël naturellement. Il semblerait que cette communauté ne se soit pas prêtée à une opération montée par leurs coreligionnaires émigrés aux Etats-Unis qui leur proposaient de partir en masse pour Israël en leur offrant de fortes sommes d’argent. Le journal britannique The Guardian s’est notamment fait l’écho de cette proposition fin juillet.
Des organisations juives américaines offraient en effet l’équivalent de 7 000 euros par personne à 30 000 euros par famille à ceux qui quitteraient l’Iran pour rejoindre Israël. Des sommes importantes, surtout rapportées au niveau de vie du pays, qui est très bas.
L’offre, qui avait l’aval des autorités israéliennes qui avaient pris soin de préciser que ce montant s’ajouterait aux aides accordées par l’Etat à tout immigrant, a cependant été rejetée par la Society of Iranian Jews qui a déclaré que l’identité nationale des juifs iraniens n’était pas à vendre: « Les juifs d’Iran comptent parmi les plus anciens Iraniens. Ils sont attachés à leur identité iranienne et à leur culture ».
Le seul député juif que compte le parlement islamique, Morris Motamed, a jugé cette proposition insultante et de nature à jeter le soupçon sur la loyauté de cette fraction de la population : « Cela suggère que les juifs iraniens pourraient émigrer pour de l’argent. Les juifs iraniens ont toujours été libres d’émigrer et les 3/4 d’entre eux l’ont fait après la révolution, mais 70% d’entre eux sont alors allés aux Etats-Unis, pas en Israël ».
L’Iran se caractérise par une grande diversité ethnique et religieuse. Le régime reconnaît la religion juive et un siège de député est réservé à cette minorité religieuse. Il existe également des écoles juives, avec cependant certaines restrictions de fonctionnement.
Il resterait actuellement environ 30 000 juifs en Iran. Ils étaient quelque 150 000 en 1948, dont beaucoup sont alors partis pour Israël. La deuxième grosse vague de départs a eu lieu lors de la révolution islamique de 1979.
Les relations entre l’Iran et Israël étaient plutôt au beau fixe avant 1979 puisque les deux pays travaillaient de concert sur divers projets, dont des recherches sur les missiles. Par la suite, des nuages sont venus assombrir le tableau, notamment lorsque des juifs iraniens ont été accusés par le régime islamique d’espionnage au profit d’Israël et des Etats-Unis. 13 d’entre eux avaient été arrêtés en 1999. Ils ont été libérés en 2003.
source: http://www.guardian.co.uk/international/story/0,,2125419,...
La photo plus haut représente le président de la république islamique d'Iran, Mohammed Khatami, et le chef des rabbins iraniens, Yousef Hamadani Cohen, lors d'une visite dans une synagogue en 2003.
16:45 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, licratisee, licra, anne, kling, juifs, iran
12.08.2007
LA POSSIBILITE D’UN ACCORD ENTRE USA ET IRAN SEMBLE INQUIETER ISRAEL…
En Israël, on semble s’inquiéter de possibles négociations directes entre les Etats-Unis et l’Iran, à propos du programme nucléaire iranien. C’est en tout cas ce qu’affirme Guysen International News, se basant sur un rapport de l’Institut Reout. Il s’agit d’un centre de recherches israélien fondé en 2004, s’occupant principalement de questions de défense nationale. Ses travaux s’adressent aux membres du gouvernement concernés ainsi qu’à Tsahal, l’armée israélienne.
Le rapport dont il est ici question s’intitule « scénario libyen en Iran – les Etats-Unis agissent seuls » et propose l’hypothèse suivante : les Etats-Unis pourraient discuter de la question nucléaire iranienne directement avec les principaux intéressés en évinçant Israël de la discussion. Les chercheurs de l’Institut Reout envisagent même la possibilité que les Etats-Unis n’engagent finalement pas d’action militaire contre l’Iran.
Nul doute que l’enlisement de Bush en Irak ne soit pour quelque chose dans cette possible modération. De toute façon, ce serait plutôt une bonne nouvelle, mais on ne semble pas envisager les choses de la même façon du côté de Tel Aviv. Dans ces conditions préconise le rapport, « Israël doit s’assurer que ses intérêts seront préservés et ne doit plus se baser sur la préalable transparence établie avec les Américains au niveau militaire et politique ».
Il est vrai que depuis le 28 mai de cette année qui a vu le dégel historique des relations entre les Etats-Unis et l’Iran, une nouvelle rencontre a eu lieu fin juillet à Bagdad. Il s’agissait cette fois de discuter de la violence en Irak.
Les Israéliens ne devraient quand même pas trop s’inquiéter dans l’immédiat. Nicholas Burns, sous-secrétaire d'Etat américain, doit arriver la semaine prochaine en Israël pour finaliser le transfert de l'aide sécuritaire américaine à l'Etat juif, qui doit se monter à 30 milliards de dollars étalés sur 10 ans. Le président de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants américaine, Tom Lantos, en visite à Jérusalem, a annoncé que cette aide permettra de ''garantir la poursuite de l'avantage militaire d'Israël dans la région''.
Source : www.guysen.com
On peut en tout cas supposer que les sujets de conversation n’auront pas manqué au déjeuner Bush/Sarkozy d'hier. Je vous conseille la lecture d’un excellent article sur le sujet en ligne sur
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