Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

20/04/2007

8) QUELQUES PROCES DE LA LICRA

medium_images.29.jpgDans la série "Quelques procès de la LICRA", voici le 8e épisode, tiré des mémoires de l'avocat Georges-Paul Wagner, publiés en 2000 sous le titre D'un Palais l'autre.

8) L’affaire de l’internationale juive (2ème partie)

« Je montrai aussi qu’il n’y avait diffamation ni dans l’imputation faite à un groupe d’être une internationale, ni dans l’imputation faite au même groupe de vouloir diffuser un esprit antinational et une idéologie mondialiste, réductrice, égalitaire.

S’agissant de l’internationale, je citai à l’appui de mon raisonnement, un mot de Maurras décrivant l’Eglise catholique comme la seule internationale qui tienne. Venant de lui, la phrase n’était pas une critique, mais un éloge, un témoignage d’admiration.

Et puis, internationale ou non, ainsi que l’avait observé le rapport de la commission du Parlement européen : « On peut (…) se demander en quoi l’opinion exprimée serait de nature, dans l’absolu, à porter atteinte à l’honneur et à la considération des groupements mentionnés, alors que la question de savoir s’il vaut mieux faire preuve d’un esprit nationaliste ou internationaliste est évidemment controversée ».

medium_images.28.jpg(…) Enfin, je montrai qu’il existe bien, en effet, des internationales juives. J’avais dans mon dossier un guide du judaïsme édité par Tribune juive où on pouvait lire : « Le judaïsme ne connaît pas de frontière et depuis le XIXe siècle, de nombreuses institutions juives fonctionnent à l’échelle internationale dans des domaines aussi variés que ceux de la philanthropie, la diplomatie, l’éducation, la culture ou la collecte des fonds ».

Quelques semaines plus tard, le 31 mai 1991, le tribunal prononçait une relaxe en faveur de Jean-Marie Le Pen et de Pierre Durand en constant que « le postulat exprimé par M. Le Pen est le reflet d’une conviction personnelle d’ordre politique, dont il n’appartient pas au tribunal d’apprécier la justesse ». Il ne s’agissait donc que d’un débat d’idées qui n’aurait pas fait tout ce bruit et tout ce vent si ce n’était pas Le Pen qui avait parlé.

Les parties civiles, en dépit de leurs efforts, de leurs déclamations, étaient déboutées de leur demande. Elles ne s’en tinrent pas là et firent appel.

Mais le 8 avril 1992, la XIe chambre de la Cour confirmait la relaxe de Pierre Durand et de Jean-Marie Le Pen et le débouté des parties civiles. Sur un pourvoi de la LICRA (la seule LICRA infatigable !), la Cour de cassation cassa l’arrêt de la Cour de Paris du 12 mai 1992 par un arrêt du 28 novembre 1994, renvoyant l’affaire devant la Cour de Rouen, mais seulement sur des intérêts civils puisque le Parquet n’avait pas formé de pourvoi.

Un arrêt de la Cour de Rouen du 17 mai 1995 condamna Jean-Marie Le Pen à 10 000 francs de dommages et intérêts à la LICRA et 2 500 francs en vertu de l’article 475-1 du code de procédure pénale. Entre-temps, Pierre Durand était décédé et l’affaire ne le concernait plus. La presse, lassée de ce procès interminable, ne fit presque aucun bruit autour de ce dernier arrêt.

L’internationale juive n’en est pas moins, avec Durafour crématoire et le détail, l’un des éléments inusables de la litanie anti-Le Pen.

Pour moi, ces plaidoiries me valurent d’être qualifié par Siné, dans Charlie-Hebdo, de « fâcheux homonyme du compositeur préféré d’Hitler. » 

19/04/2007

7) QUELQUES PROCES DE LA LICRA

Dans la série "Quelques procès de la LICRA", voici le 7e épisode, tiré des mémoires de l'avocat Georges-Paul Wagner, publiés en 2000 sous le titre D'un Palais l'autre.

medium_CAQVAVEH.jpg7) L’affaire de l’internationale juive (1ère partie)

" La troisième colonne de l’accusation d’antisémitisme contre Jean-Marie Le Pen fut sa déclaration dite de l’internationale juive.

Elle avait été faite le 10 août 1989 et avait paru dans le journal Présent. Le président du Front national répondait aux questions que lui posait Jean Madiran et notamment à l’une d’elles sur l’influence du lobby mondialiste. La réponse était la suivante : « Ce n’est pas à des gens ayant votre formation politique que je veux apprendre quelles sont les forces qui visent à établir une idéologie mondialiste, réductrice, égalisatrice. Je pense à l’utilisation qui est faite des droits de l’homme, de façon tout à fait erronée et abusive, mensongère. Il y a la maçonnerie. Je crois que la Trilatérale joue un rôle. Les grandes internationales comme l’internationale juive jouent un rôle non négligeable dans la création de cet esprit antinational ».

Dès la parution du journal, une dépêche AFP donnait une version falsifiée de cette réponse. Le Pen avait parlé de cet esprit antinational qui caractérisait l’idéologie antimondialiste. La phrase transformée critiquait l’esprit antinational en général de ceux dont Le Pen critiquait le rôle. C’est sur la base de cette phrase transformée que la procédure fut engagée par le ministre de la justice, Pierre Arpaillange. (…)

S’agissant de Le Pen, parlementaire européen, il fallait obtenir du Parlement la levée de son immunité. Elle ne fut pas votée sans difficulté. En effet, la commission ad hoc exprima un avis défavorable à la demande formée par le garde des sceaux et c’est l’assemblée générale qui se prononça en sens contraire. L’affaire put alors venir devant le juge d’instruction Chantal Perdrix, puis devant la XVIIe chambre du tribunal présidée par Claude Grellier, à l’audience du 18 avril 1991.

Le MRAP, la LICRA et SOS-Racisme se constituèrent évidemment parties civiles, prenant l’affaire non seulement au sérieux mais même au tragique. Harlem Désir, alors président de SOS-Racisme, vint à l’audience aux abords de laquelle il fut accueilli par des huées et des sifflets. Pierre-Bloch, malgré son âge, qui lui aurait permis une retraite bien méritée, crut utile d’assister également aux débats. (…)

Pierre Durand [directeur de publication de Présent, ndla] et Jean-Marie Le Pen, assis sur le même banc, prirent successivement la parole, revendiquant le droit à la liberté d’expression et s’indignant de cette nouvelle persécution. Le président Grellier, d’un ton bénin, voulut savoir pourquoi Le Pen avait parlé de l’internationale juive au singulier et non au pluriel. Dans les plaidoiries des parties civiles se succédèrent laborieusement les arguments habituels et, comme l’observait Marie-Claire Roy dans National Hebdo, « des poncifs sans cesse rabâchés. Tout y passe, l’affaire Dreyfus, les nazis… ». L’essentiel était d’aboutir, par approximations et assimilations successives, au terme de nazi, qui représente le mal absolu.

Le substitut Marc Domingo, coutumier d’interventions strictement juridiques et généralement objectives, se rallia, sans nuance, aux thèses des parties civiles.Une fois de plus, on observait qu’à partir du moment où le MRAP, la LICRA et SOS-Racisme s’étaient constituées parties civiles, le Parquet n’avait plus qu’à suivre et à approuver, et à mettre sur leurs réclamations le tampon officiel . 

En décortiquant la phrase poursuivie et en la situant dans son contexte, je montrai qu’il n’y avait pas eu de diffamation raciale car une diffamation de cette sorte suppose une imputation faite à un groupe de personnes visées en raison de leur origine. Or, Le Pen avait dit, dans la suite de sa réponse, qu’il ne visait pas toutes les organisations juives, ni tous les juifs. Il ne visait que certains groupes, où il n’y avait pas que des juifs et où il n’y avait pas tous les juifs. C’était ces groupes-là qui manifestaient cet esprit antinational.»"

(suite et fin de cet haletant suspense demain)