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21/01/2011

« La Suisse n’a pas à se prosterner devant l’Union européenne »

Lu sur le site http://www.mecanopolis.org/?p=21493

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« Depuis quelque temps, l’Union européenne fait face à de grandes difficultés économiques, à des problèmes financiers et monétaires catastrophiques, à un énorme déficit démocratique et elle tente de dissimuler cette situation par de belles paroles. Pourtant, au lieu de balayer devant sa porte ou de faire son devoir, elle annonce maintenant avec arrogance que la voie bilatérale avec la Suisse a atteint ses limites et qu’il faut la reconsidérer, la redéfinir et l’adapter. Cette stratégie est pourtant tellement cousue de fil blanc et hypocrite que même ses partisans recon­naissent que l’UE a uniquement l’intention d’exploiter la Suisse comme une vache à lait et de détruire la démocratie directe, unique en son genre, ainsi que les droits du peuple.

La crise économique et financière a fait apparaître et a renforcé de manière impressionnante ce qu’on évoquait probablement depuis longtemps en coulisses, c’est-à-dire le fait qu’une démocratie directe où le peuple souverain a le dernier mot est beaucoup moins vulnérable aux crises. Pourquoi? Le gouvernement et le Parlement sont tenus de rechercher, de proposer et de mettre en œuvre des solutions capables de convaincre la majorité. Le cas échéant, l’application ne peut avoir lieu qu’après un référendum. Les modifications de la Constitution doivent être obligatoirement soumises aux citoyens. Une politique responsable est certes moins spectaculaire, mais elle évite de commettre de graves erreurs qui risqueraient de ne plus pouvoir être corrigées. Le système gouvernemental de la Suisse garantit une grande participation du peuple, la stabilité et la sécurité. Nous devons prendre soin de ce modèle qui a fait ses preuves.

L’UE vacille

Empreinte de la vision d’un Etat européen unique gouverné de manière centraliste et dictatoriale, Bruxelles a, pendant des années, pris des décisions qui, par manque de solidarité entre les membres, ont été interprétées et réalisées à de nombreuses reprises selon le bon vouloir des Etats. La population a été consciemment mise à l’écart. Probablement par mauvaise conscience, on a organisé dans certains Etats des référendums sur la Constitution européenne et ensuite sur le Traité de Lisbonne. Les résultats montrent clairement que la grande majorité des Européens ne sont pas d’accord avec la voie adoptée et veulent plus de participation.

Lors des réunions ministérielles, la photo de groupe est le point essentiel du programme, car il faut faire croire à l’unité. Mais c’est le seul point commun. Avec l’introduction de l’euro, on a rendu impossibles les interventions monétaires souveraines dans les situations de crise. C’est pourquoi dans la crise économique et financière, beaucoup de pays de l’UE sont prisonniers de la nouvelle monnaie. Ils ne peuvent plus défendre leurs intérêts particuliers. On voit chaque jour quel défi cela représente pour le monstre bruxellois. Il a mis en place de gigantesques plans de sauvetage pratiquement à partir de rien. Il a recours maintenant au FMI – dont la véritable mission est de soutenir les pays en développement, surtout les plus pauvres – afin qu’il vienne en aide aux Etats membres de l’UE gravement endettés et leur évite la faillite. Il est encore difficile d’estimer l’ampleur que prendront ces mesures de sauvetage si l’aide doit s’étendre à l’Italie et à d’autres pays. Ce dérapage vient du fait que l’UE a vécu pendant des années au dessus de ses moyens, qu’elle n’a jamais sérieusement lutté contre l’endettement et que les citoyens des Etats membres n’ont jamais pu participer à un processus d’évolution démocratique.

Ceux qui croient que l’UE se remet en question en raison de cette situation drama­tique ne peuvent qu’être profondément déçus. Au lieu de corriger ses erreurs, elle cherche à créer des liens plus étroits avec un pays prospère, voire à l’incorporer. Il n’a pas échappé aux stratèges de l’UE que la Suisse a bien surmonté les turbulences économiques de ces dernières années et que son budget est équilibré, que ses dettes ont diminué et que le franc suisse n’a jamais été aussi prisé pour des investissements sans risques. C’est pourquoi il est question d’une collaboration plus étroite ou différente.

La Suisse n’a pas de raison de s’écarter de la voie du succès

Dans le monde entier, on apprécie énormément le système démocratique et les droits populaires de la Suisse. Des Etats progressistes reprennent même notre Constitution et nos lois. Pourtant beaucoup rechignent à faire participer le peuple au processus politique. La «perte de pouvoir» de la «classe politique» est insupportable pour beaucoup de politiciens. Le citoyen doit se contenter d’élire ses représentants et doit ensuite accepter tout ce qui a été décidé. Cependant la Suisse montre de manière impressionnante que la politique n’a pas à redouter le peuple. Sa participation conduit plutôt à des solutions raison­nables et équilibrées, à des situations stables et à une économie digne de confiance. Les individus apprécient la sécurité personnelle, professionnelle et financière. C’est pourquoi ils sont prêts à s’engager à long terme, là où le risque est minime et répond le mieux aux besoins. L’objectif primordial de l’Etat doit être de n’exiger financièrement du citoyen que le nécessaire afin qu’il lui reste, en plus de sa propre responsabilité, le plus d’argent pos­sible pour vivre. Il est important que ce modèle qui a fait ses preuves demeure au centre de notre action, car nous n’avons aucune raison de nous en écarter.

Une politique extérieure suisse efficace doit consister à tout faire pour convaincre d’autres pays de l’importance de la participation populaire dans la recherche de décisions pour un avenir prospère. C’est notre image de marque et notre force. Nous n’avons pas à nous prosterner devant l’UE.

Ernst Schibli, Conseiller national »

Source : Horizons & Débats

29/08/2007

ENCORE UN PEU DE VASELINE ET CA FINIRA PAR PASSER

894c24a499ab88396225b6be489343e1.jpg« Si la Turquie était européenne, ça se saurait »

 « Que la Turquie fasse des problèmes pour reconnaître l'un des membres de la Communauté européenne, Chypre, c'est quand même une drôle de façon de demander à s'intégrer »

« En démocratie, je n'ai pas à échanger ma loyauté au président de la République et mes convictions. Le président de la République a des convictions, il les exprime avec force, elles sont éminemment respectables, j'ai aussi des convictions. Personne ne veut rejeter la Turquie, c'est un grand peuple, une grande civilisation. Je suis très clairement pour le partenariat privilégié, pas pour l'adhésion parce que déjà, l'Europe à 25, on a du mal à la faire fonctionner"

« Quand bien même c'est un pays laïc, il est en Asie mineure. Je n'expliquerai pas aux écoliers français que les frontières de l'Europe sont avec l'Irak et la Syrie. Quand on aura fait du Kurdistan un problème européen, on n'aura pas fait avancer les choses".

Bon, vous aurez compris sans que je vous fasse un dessin de qui étaient ces mâles propos destinés aux gogos ravis de les gober, et qui en redemandaient. Et c’étaient bien les Turcs qui avaient raison, qui déclaraient au lendemain de l’élection de Sarkozy "Dans le processus européen comme dans les relations franco-turques, nous souhaitons à partir de maintenant ne plus entendre les déclarations faites par Sarkozy durant la campagne électorale dans nos relations bilatérales". Ben, tiens !

Donc, résumons : La France avait le pouvoir de bloquer le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne. Et c’est bien ce que les électeurs de Sarkozy attendaient. Evidemment, cela aurait constitué un geste politique très fort, un véritable pavé dans la mare du sytème. Ca n’aurait pas été de la com’, cette fois.  On aurait assisté à une redistribution des cartes et c’est ce qu’espéraient, au-delà des Français, les peuples européens.

Bien évidemment, système oblige, la France n’a rien bloqué du tout et le processus s’est poursuivi comme si de rien n’était. Nul doute que des impératifs stratégiques liés au triangle USA/Israël/Turquie n’aient largement pris le pas sur les intérêts de l’Europe.

Aujourd’hui, devant les ambassadeurs, acte 2 de la pièce de théâtre : on fait les gros yeux – ça impressionnera dans les chaumières où l’on croira, peut-être, que la France mène le bal – et on exige en contrepartie de la poursuite du processus…. de créer un goupe de sages !!! pour réfléchir à l’avenir de l’Europe !!! Jolie façon de noyer le poisson. Je note au passage que cela signifie en clair que personne n’aurait encore songé à réfléchir à l’avenir de l’Europe ? Et ce sont ces gens qui sont chargés de notre avenir et de celui de nos enfants !

"La France ne s'opposera pas à ce que de nouveaux chapitres de la négociation entre l'Union et la Turquie soient ouverts dans les mois et les années qui viennent, à condition que ces chapitres soient compatibles avec les deux visions possibles de l'avenir de leurs relations : soit l'adhésion, soit une association aussi étroite que possible sans aller jusqu'à l'adhésion", voilà le nouveau palier intermédiaire. En attendant le plongeon final. On est loin du début de l’article, non ?

A l’UMP, on est quand même un peu embarrassés, mais au PS, on pavoise et on se félicite de ce que le locataire de l’Elysée ait évolué sur la question et abandonné sa « posture électoraliste ». Tout est dit dans ces deux mots, n’est-ce pas ? Et surtout, le profond mépris dans lequel sont tenus les peuples, aux yeux de ces messieurs-dames trop manipulables et trop cons pour comprendre où est leur véritable bien et qu’il faut donc mener malgré eux, comme des veaux.

Le Monde a eu le toupet de déclarer que Sarkozy cherchait « à sortir de son isolement en Europe au sujet des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne » Quel isolement ? De qui se moque-t-on ? Ignore-t-on à Bruxelles que la grande majorité des PEUPLES européens est parfaitement opposée à cette adhésion ? Mais que les pseudo élites européennes font comme si de rien n’était ? Ce ne sont pas les Européens, qui dans cette histoire n’ont rien à dire, mais  le système à la botte des Américains et des lobbies qui pousse de toutes ses forces à une intégration nuisible à l’Europe. Justement parce qu’elle sera nuisible à l’Europe.

Les naïfs – et ils sont nombreux – qui ont voté Sarkozy parce qu’il était « contre » l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, finiront peut-être par ouvrir les yeux un jour. Et se rendre compte qu’il ont en réalité élu un rouage du sytème encore plus zélé et plus empressé que tous ses prédécesseurs. Qu’on finira peut-être même par regretter, si ça se trouve. Un comble !

Je note que M. José Manuel Barroso,  président portugais de la Commission européenne, a « personnellement » averti Sarkozy des « conséquences très négatives » qu’il y aurait à s’opposer à un processus d’adhésion approuvé par les 27. Pourquoi donc est-il si empressé à accueillir la Turquie ? Pense-t-il donc que tous les chantiers utiles à l’Europe sont achevés ? L’état de son pays, le Portugal, devrait pourtant l’amener à considérer qu’avant de lancer des invitations à l’extérieur, il y a encore beaucoup de boulot à faire à la maison.