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27/10/2010

DECIDEMENT, LES TRAINS SONT UN BON FILON

Encore une fois, mieux vaut tard que jamais. La shoah date de plus de soixante cinq ans, mais certains « survivants » et surtout leurs héritiers, se réveillent tout à coup et se demandent s’il n’y aurait pas moyen de récupérer quelques billes. On a vu récemment les démêlés de la SNCF aux Etats-Unis. Nouvelle offensive, cette fois dirigée contre la Hongrie. Justement la Hongrie où ont opéré dans les années 1920/1960 quelques juifs profondément humanistes, du style Bela Kun, Tibor Szamuely, Matyas Rakosi et d’autres. Curieusement, jamais on ne demande de comptes à leurs descendants à eux. Pourquoi ? 

Et pourquoi cette plainte « auprès d’un tribunal américain » ? Pourquoi pas auprès d’un tribunal hongrois ? Peut-être parce qu’ « on »pense, à juste titre, que les puissants lobbys américains seront mieux à même de mettre les officiels hongrois au pas ?

« La Hongrie poursuivie pour son rôle dans la Shoah

Dans une plainte déposée auprès d’un tribunal américain, des survivants de la Shoah et des familles de victimes accusent le gouvernement hongrois et ses compagnies ferroviaires d’avoir collaboré avec les nazis pour exterminer les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

La plainte accuse le gouvernement hongrois et ses compagnies ferroviaires de confiscation des biens des Juifs et de transport vers les ghettos et les camps de concentration où des centaines de milliers de Juifs ont péri. »

Plus de détails en anglais:

“Hungarian survivors of the Holocaust and families of the victims sued the Republic of Hungary and its two rail companies in US court on Thursday, accusing them of collaborating with the Nazis to exterminate Jews during World War II.
 
The lawsuit accused the Hungarian government and rail companies of confiscating property of Jews and transporting them to ghettos and concentration camps where hundreds of thousands perished in Nazi-occupied Poland and Ukraine.
"The Jewish victims of the Hungarian Holocaust seek only what is due them – compensation and restitution for the atrocities they suffered at the hands of the defendants," the lawsuit said.

The lawsuit, filed in US District Court for the District of Columbia, seeks class-action status and unspecified damages. It said at least 300 survivors have been identified as possible members of the class but there could be more than 5,000. 

Hungary yet to compensate survivors

A lawyer for the individuals suing, Chuck Fax, said the claims likely total tens of millions of dollars and possibly more.

A Hungarian Embassy spokesman in Washington had no immediate comment on the lawsuit.
The case was brought under two federal statutes, one that provides exceptions to the Foreign Sovereign Immunities Act which allow individuals to sue foreign governments that typically have immunity from lawsuits.

The other statute permits non-US citizens to bring claims against private foreign entities in American courts. The lawsuit targets the government, the Hungarian national railway and its cargo rail company which was privatized in 2008.


Fax said that the lawsuit was still timely because Hungary has yet to compensate the survivors or their families or return the assets to them.”

Source: http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detail&aid=22120&artyd=5

11/10/2010

BRAVO POUR L’ATTAQUE !

La nouvelle date de vendredi dernier, mais elle reste intéressante. Ephraïm Zuroff offre encore un exemple d’un Américain né après-guerre (en 1948 à New York) dont toute la vie tourne autour de la shoah. Et uniquement de la shoah. Un assez bel exemple d’enfermement total dans une certaine vision du monde dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle est aussi ciblée qu’étriquée. On a vraiment envie de leur conseiller d’ouvrir la fenêtre.  Oui, mais en ouvrant la fenêtre, beaucoup d’espèces sonnantes et trébuchantes s’envoleraient, c’est là l’ennui.

 

« Hongrie : un nazi intente un procès contre son chasseur !

 

Situation tragico-comique que celle du procès qui se tient ce vendredi à Budapest. Le chasseur de nazi et Directeur du Centre Wiesenthal à Jérusalem, Ephraïm Zuroff fait figure d’accusé dans un procès en diffamation que lui intente Sandor Kepiro, collaborateur hongrois des nazis !!

C’est Zuroff qui avait retrouvé ce criminel et avait fourni tous les documents au Parquet hongrois. En 1942, Kepiro était officier de gendarmerie, et il joua un rôle important dans le massacre de Novi Sad (Serbie), lors duquel furent assassinés 1250 civils, dont environ 800 Juifs. Il y a quelques années, Zuroff avait réussi à retrouver Kepiro à Budapest, après qu’il eut vécu en Argentine durant près d’un demi-siècle. Les autres officiers impliqués dans ce massacre avaient été jugés et condamnés à Budapest au début 1944, mais suite à l’invasion allemande, non seulement leurs sentences avaient été annulées, mais ils avaient obtenu une promotion.

L’instruction du dossier de Sandor Kepiro a débuté en 2007, mais aucune décision n’avait été prise concernant un éventuel procès. Par contre, le suspect a décidé de se défendre par l’attaque, en intentant un procès en diffamation contre Ephraïm Zuroff. « Rien n’est plus absurde que le fait que ce soit moi qui me retrouve sur le banc des accusés à Budapest », confie Zuroff, « alors qu’un collaborateur notoire des nazis se promène librement dans la capitale hongroise ».

Sources : http://www.juif.org/go-news-138844.php

 

http://en.wikipedia.org/wiki/Efraim_Zuroff

14/04/2010

CACHER C’EST BIEN. VÖLKISCH C’EST MAL.

Les organisations juives constituées sont fort mécontentes du résultat des élections législatives en Hongrie : forte poussée de la droite et de l’extrême-droite (16,71%). Avec ce score, comme la Hongrie a un système électoral bien plus démocratique que la France (du moins pour le moment), l’extrême-droite fait son entrée au parlement. Normal, ce sont les électeurs qui décident.

L’homologue, si je puis dire, de Jean Yves Camus en Hongrie s’appelle Magdalena Marsovszky. Voici son analyse, telle que relayée par le CRIF :

 

 

« L’extrême-droite et la pensée « völkisch » en Hongrie »

 

« Alors que la victoire des conservateurs (Fidesz) et de l’extrême-droite (Jobbik) se profile aux élections d’avril, La Garde hongroise, organisation paramilitaire créée par le parti d’extrême-droite hongrois Jobbik et interdite en 2009, poursuit plus que jamais sa campagne de dénigrement des juifs et des tsiganes. Magdalena Marsovszky, chercheuse germano-hongroise spécialiste de l’antisémitisme et de l’extrême-droite en Hongrie, nous explique les tenants et aboutissants de la pensée « völkisch » en Hongrie.

 

« On peut dire que la société hongroise est une « société duale ». Une grande partie de la société est « völkisch » tandis qu’une plus petite partie est libérale, cosmopolite et démocrate. La pensée « völkisch » est avant tout organique et essentialiste ; elle est caractérisée par une conception de la nation comme une communauté ethniquement homogène. Il s’agit d’autre part d’une pensée impérialiste qui comprend également les minorités magyares des pays environnants. Les frontières actuelles de la Hongrie ne sont donc pas prises en compte par cette pensée.

 

Pour se définir, la pensée « völkisch » dépend par conséquent de la recherche d’ennemis à l’intérieur même de la Hongrie. Et ces ennemis sont les juifs et les « tsiganes ».En outre, l’antisémitisme hongrois dans sa forme actuelle ne s’oriente pas nécessairement contre des juifs réellement existants, mais contre tous ceux qui correspondent à des stéréotypes antisémites. Il vise donc également les cosmopolites, les radicaux, les urbains et l’intelligentsia ou la ville corruptrice. Tout ce qui ne correspond pas à cette pensée « völkisch » est étiqueté comme juif.

 

C’est ainsi que l’UE peut être considérée comme une communauté faite par des juifs et judaïsée, contrôlée par des étrangers. Dans les cercles d’extrême-droite en Hongrie, on parle ainsi de « l’axe Tel Aviv – New York – Bruxelles ». Derrière la pensée « völkisch » se cache un terrible potentiel de violence… Le « völkisch » est présent dans toutes les couches de la société hongroise. Il existe même des lotissements « völkisch ». Des annonces comportent parfois la mention « Ne nous contacter que si vous êtes nationaliste ». Il existe même une compagnie de taxis appelée Jobb-Taxi et proche du parti d’extrême-droite Jobbik, c’est-à-dire « seuls des partisans « völkisch » nous appellent ». La magyarité dit « Achetez chez nous », sous-entendu, « n’allez pas chez les juifs ». Parallèlement au Festival Sziget se déroule tous les ans en été l’anti-festival Magyar Sziget (« île magyare »), qui attire beaucoup de monde et sacralise la nation. La pensée « völkisch » est également répandue dans les écoles et les médias publics… »

 

 

Source : http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detail&aid=19726&artyd=10

 

 

Tsss…. « l’axe Tel Aviv – New York – Bruxelles » …. Quel délire en effet!!! Ces völkisch ont complètement perdu la tête.

 

Et cette manie bien raciste de vouloir acheter « entre soi » et de tout faire « entre soi », quelle horreur, vraiment ! Même les taxis s’y mettent, c’est dire. Ah ce n’est pas dans la communauté juive si ouverte et si tolérante qu’on admettrait des choses pareilles.

 

Bon, il y aurait bien un site qui s’appelle www.alloj.fr :

 

« alloj.fr c'est un service de professionnels et un annuaire au service de la communauté juive en France. toutes les adresses immobilier en israel  de la communauté juive pour ,manger cacher, avec un annuaire feuj,guide cacher, des restaurants cacher ou manger cacher, traiteur cacher, livraison cacher, plateaux cacher, repas cacher, pour des ,billets pour voyage israel, avec la liste des agences de voyages ,service cacher, et de ,voyages cacher, sejours cacher, vacances cacher en france, voyages cacher, orchestre juif  hotels cacher, pour ,organiser un mariage juif, et cacher, location de salles cacher.mazal tov, c'est cacher , petit déjeuner cacher, trouver un ,beth habbad,jewich, mikvé cacher ou une synagogue, liste des ecoles juive, musique juive , site juif.recette juive,cuisine juive,annonce juif,actualité juive »

 

Mais attention, tout ça c’est « cacher », pas « völkisch ». Vous aurez compris tout seul qu’il n’y a vraiment aucune comparaison possible.

14/12/2009

ON SE DEMANDE VRAIMENT POURQUOI….

images.jpg« Elie Wiesel, lors d’une conférence au Parlement hongrois dans le cadre du « Jewish Hungarian Solidarity Symposium », a fustigé l’extrémisme antisémite en Hongrie, rapporte le site d’actualité hongroise en français hu-lala.org, vendredi 11 décembre 2009. Extrait :

 

« Où que j’aille dans le monde et que la Hongrie est mentionnée, le mot qui suit est antisémitisme… Je vous presse de faire plus que de dénoncer les éléments antisémites et les expressions racistes dans la vie politique et dans certaines publications hongroises. Je pense qu’ils font honte à votre nation et engendrent la peur de la communauté juive et des autres minorités, comme les Roms… Je vous demande, pourquoi ne suivez-vous pas l’exemple de la France et de l’Allemagne en déclarant que le négationnisme n’est pas seulement indécent, mais aussi illégal ? Dans ces deux pays, les négationnistes vont en prison… »

 

Source : http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detail&aid=17831&artyd=5

 

C’est vrai ça, la Hongrie serait bien inspirée de suivre l’exemple de ces bons petits élèves de la classe des droits de l’homme que sont la France et l’Allemagne. Parfaitement dociles, eux.

 

J’ai envie d’éclairer un peu la lanterne de ce pauvre Elie Wiesel qui s’interroge si douloureusement. Pourquoi, oui, pourquoi  la Hongrie ?

 

Serait-ce que le souvenir de quelques grands « Hongrois » d’un passé pas si lointain est encore bien vivace ? Quelques grands Hongrois, du genre :

-         Bela Kohn, dit Bela Kun, l’organisateur de la terreur rouge en Hongrie. Qui exerça également ses talents aussi divers que variés en Crimée, où il sera chargé dans les années 1920 de « rebolchéviser la région »

-        Tibor Szamuely, le compagnon fidèle de Bela Kun, qui déclarait – et ne se contentait pas de déclarer : « la terreur est la principale arme de notre régime »

-         Josef Schwartz, dit Jozsef Pogany , l’activiste bolchevique qui contribuera à développer le parti communiste américain

-         Matyas Rosenfeld, dit Matyas Rakosi, le secrétaire général du PC hongrois de 1945 à 1953, date à laquelle ce stanolinâtre devint décidément trop encombrant et trop voyant. Il finit discrètement ses jours en 1971 … au Kirghiz.

-         Benjamin Auschpitz, dit Gabor Peter, le chef de la police secrète de Rakosi. Qui mourut tranquillement … en 1993, à l’âge de 86 ans, sans jamais avoir été inquiété pour ses crimes.  Qui étaient fort nombreux

-         Ernö Singer, dit Ernö Gerö, autre stalinien pur sucre qui succéda à Rakosi et demanda l’intervention des Soviétiques lors de l’insurrection de 1956. Mort lui aussi tranquillement en 1980.

 

Vous ne croyez pas, cher Elie Wiesel, que les exploits de tous ces gens-là, dans un passé qui est encore très présent aux esprits, suffit à expliquer une légère – oh, très légère – rancœur ?

Les Hongrois, eux aussi, ont de la mémoire.

04/12/2007

IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (23)

LES VOISINS

MATYAS ROSENFELD, dit MATYAS RAKOSI 

Restons encore un peu en Hongrie où nous allons faire la connaissance (ou la redécouverte) d’un autre bon élève de la fine équipe qui prétendit – excusez du peu – répandre la révolution bolchevique sur la planète entière. Car c’était ça l’objectif au départ, ne l’oublions pas. La mondialisation était déjà à l’ordre du jour.

71f5eb60cda7d16305aa6b872558acfb.jpgMatyas Rosenfeld, qui prendra plus tard le nom de Rakosi, naît en 1892 dans une famille juive de Serbie, qui faisait alors partie de l’empire austro-hongrois. Comme les autres déjà vus – Kun, Szamuely, Pogany - il est fait prisonnier en Russie durant la 1ère guerre mondiale et en profite pour devenir communiste. Il participera donc tout naturellement, comme les autres aussi, au gouvernement de Bela Kun, en 1919, où il occupe le poste de commissaire du peuple au commerce. Mais nous avons vu que ce genre de poste était précaire dans un gouvernement qui l’était plus encore. Le 1er août 1919, rideau. Tout le monde s’enfuit et Rakosi retourne en Union soviétique.  

Nous le retrouverons secrétaire général du parti communiste hongrois en 1945, au sortir de la guerre. Qu’a-t-il fait entre-temps ? Eh bien, un certain nombre d’allers et retours entre l’URSS et la Hongrie. Il retournera notamment en Hongrie en 1924 où il se fera arrêter et emprisonner. Il est échangé en 1940 contre des drapeaux hongrois qui avaient été volés par les Russes. En Union soviétique,  il devient chef du Komintern.

A l’issue de la guerre, en 1945, il rentre en Hongrie avec l’Armée Rouge. Les communistes ont gagné, la Hongrie voit s’installer une dictature dont il devient le chef. En 1948, les sociaux-démocrates qui existaient encore dans le pays sont contraints par les communistes de les rejoindre pour former le parti hongrois des travailleurs. Dorénavant, Rakosi aura les coudées complètement franches et la terreur d’Etat va peser de tout son poids.

Admirateur frénétique de Staline, il se considérait lui-même comme son  « meilleur élève» ou  son  « meilleur disciple », cela dépendait des jours. En tout cas, il profitera bien des leçons administrées par son mentor et tâchera de l’imiter en tout. Il saura y  ajouter de petits raffinements bien à lui. Il avait ainsi inventé, et il était très fier de sa trouvaille, la « tactique du salami ». Du salami hongrois, sûrement. Bref, comme vous ne l’auriez sûrement pas deviné, cette aimable tactique consistait, non pas à découper délicatement ses ennemis en rondelles – on reste humains, quand même ! – mais cependant à les éliminer par tranches successives.

Il s’y emploiera  avec beaucoup d’efficacité et tout comme Staline, son grand homme, il offrira aux Hongrois, avec l’aide de sa police secrète : arrestations arbitraires, emprisonnements, assassinats, purges, procès préfabriqués, etc. Oui, tout, vraiment. Un excellent disciple. Avec ça, il ne détestait pas un léger culte de la personnalité, pas trop léger cependant.

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La Hongrie était donc devenue un pays parfaitement totalitaire sous le règne de Rakosi. Il s’offrit également en 1952 le poste de premier ministre. Mais hélas, en matière économique, il était moins brillant que dans le remplissage des prisons ou des cimetières. Vous me rétorquerez qu’il avait pourtant été commissaire au commerce sous Bela Kun. Et alors ? Quel rapport ? Le gouvernement avait imposé avec brutalité la collectivisation de l’agriculture et accordé la priorité à l’industrie lourde. Tout manquait, le mécontentement populaire ne cessait de croître. La révolution se profilait et les opposants étaient exécutés par milliers.

La mort de Staline, en 1953, va marquer le déclin de ce stalinolâtre. Sous bien des aspects, il devenait urgent de se débarrasser politiquement de lui. Sous la pression de Moscou, il doit céder dans un premier temps, dès 1953, le poste de premier ministre à Imre Nagy, qu’il ne cessera dès lors de persécuter. Il en fera le bouc-émissaire idéal de la faillite économique.

Il devra ensuite abandonner son poste de dirigeant du PC hongrois en juin 1956. Dans la foulée, il est « invité » en Union soviétique pour « se  soigner ». Les temps avaient un peu changé, il ne sera pas soigné définitivement, mais contraint de demeurer au… Kirgiz, en Asie centrale. Il y restera jusqu’à sa mort, en 1971.

L’insurrection de Budapest eut lieu en octobre 1956, peu après son départ. Elle sera matée dans le sang par les soviétiques.