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21/02/2011

ENCORE UN D’ATTRAPE

Vite, vite, s’agit de se dépêcher de faire « justice ». Vengeance serait peut-être plus approprié … 68 ans après les faits. Après le criminel nazi ci-dessous, vous lirez deux cas de tortionnaires pour lesquels, très bizarrement, la justice ne s’est pas vraiment émue. Je les ai exhumés des archives du blog, mais je les trouve bien à leur place ici, une nouvelle fois. Deux poids deux mesures, comme toujours. Mais il n’est pas mauvais de bien le souligner et même de  ressasser. Certains s’en sont fait une spécialité et ça a l’air de bien marcher. Alors, pourquoi pas nous ?

 

1)  « Un criminel nazi inculpé en Hongrie »

 

sandorkkepirogg.jpg« La justice hongroise a inculpé lundi 14 février 2011 Sandor Kepiro, qui figure en tête de la liste des criminels nazis les plus recherchés par le Centre Simon Wiesenthal, pour des crimes de guerre perpétrés en Serbie en 1942.

 

Selon le chef d'inculpation, Sandor Kepiro a contribué lors d'une razzia entre les 21 et 23 janvier 1942 à l'exécution de civils en tant que commandant d'une patrouille, a annoncé la porte-parole de l'Office du Procureur, Gabriella Skoda, dans un communiqué. Elle fait référence au massacre de Novi Sad, au nord de la Serbie, dans la province de la Voïvodine, perpétré pendant l'occupation nazie de l'ex-Yougoslavie. Des gendarmes et des soldats hongrois, auxiliaires de la Wehrmacht nazie et affectés en Voïvodine en raison de la présence d'une forte minorité hongroise (environ 300000 personnes aujourd'hui), avaient tué quelque 1.200 civils, juifs et serbes, selon le Centre Simon Wiesenthal, et "au moins 2000", selon la justice serbe ».

 

http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detai...

 

 

2)  LA POLOGNE RECLAME L’EXTRADITION DE HELENA WOLINSKA (blog 21/11/07)

La série “bolchevique” semble plonger dans le passé. Pourtant, ces faits ne sont pas si anciens que ça et il peut arriver que ce passé vous rattrape sans crier gare. Même aujourd’hui. La Pologne vient ainsi de présenter officiellement une demande d’extradition européenne pour l’ancienne juge Helena Wolinska, accusée de procès truqués dans les années 50.

Fajga Mindla Danielak, dite Helena Wolinska, est née dans une famille juive polonaise en 1919. Elle réchappe du ghetto de Varsovie et rejoint la Milice communiste à la fin de la guerre. Elle grimpe très vite dans la hiérarchie du nouveau régime qui s’installe en Pologne puisqu’elle devient juge et procureur.

Elle est accusée  par la Commission d’enquête sur les crimes contre la nation polonaise d’avoir alors procédé à des arrestations illégales, fabriqué des preuves, truqué des procès afin de pouvoir condamner à mort un certain nombre d’ « ennemis du peuple ». En particulier le général-héros polonais  de la seconde guerre mondiale, Emil August Fieldorf. Le général, qui refusa de collaborer avec les communistes après la guerre, fut arrêté illégalement et exécuté en février 1953.

Helena Wolinska quittera le théâtre de ses exploits en 1968 pour s’installer avec son mari, l’économiste marxiste Wlodzimierz Brus, né Beniamin Zylberberg,  en Grande-Bretagne, à Oxford pour être précis. Où son mari, aujourd’hui à la retraite, était professeur. Devenue citoyenne britannique, elle a  88 ans à présent et se plaint de voir resurgir ces spectres du passé : Pourquoi ressortir tout ça, c’est vieux et puis, c’était politique, etc, etc.

Cette fois sera peut-être cependant la bonne. Deux fois déjà, les autorités britanniques ont rejeté la même demande d’extradition pour des « motifs humanitaires », dus à l’âge notamment, et aussi en raison de l’éloignement des faits. Bizarres comme arguments, vous ne trouvez pas ? Reconnaissez qu’ils n’ont guère été retenus dans d’autres circonstances.

Mais c’était avant 2004, date à laquelle la Pologne a rejoint l’Union Européenne. Maintenant, la décision n’appartiendra plus aux autorités britanniques, mais à un juge. Si Helena Wolinska est extradée et jugée, elle encourt 10 ans de prison pour ses crimes.

A la même époque, certains autres de ses collègues ont eu des carrières intéressantes, qui ressurgissent aujourd’hui, de ci, de là. Un en particulier, que la Pologne aurait bien voulu pouvoir juger, et dont nous parlerons demain.

 

3)  SOLOMON MOREL A RENDU COMPTE DE SES CRIMES AILLEURS (blog 22/11/07)

Avant Helena Wolinska, dont nous parlions hier, les autorités polonaises avaient réclamé une autre extradition, à Israël cette fois et s’étaient heurtées à une fin de non recevoir. Le personnage dont il était question était pourtant accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Il s’agissait de Solomon Morel qui a fini par mourir de sa belle mort, bien tranquillement, à Tel Aviv en février de cette année, à l’âge de 87 ans.

Lui aussi était né en 1919, comme Helena Wolinska, également en Pologne, et comme elle dans une famille juive. Et lui aussi apparemment s’estimait parfaitement autorisé à se livrer aux pires crimes.

Lorsqu’éclate la seconde guerre mondiale, lui et son frère Izaak se cachent dans les environs de leur village natal, dans la ferme d’un paysan qui sera dûment décoré de la médaille des Justes en 1983.  Le caractère actif et entreprenant de ces jeunes gens les pousse en 1942 à former une bande qui pille les villages voisins. Izaak est pris par la résistance communiste et exécuté. Solomon, lui, intègre le groupe des communistes et leur sert de guide dans les forêts. A partir de là, les faits sont assez brumeux. Il prétendra plus tard avoir été déporté à Auschwitz, mais l’enquête de la Commission polonaise chargée de l’affaire a révélé que c’était un mensonge. Un de plus.

Toujours est-il, et cela c’est sûr, qu’on le retrouve en 1944 dans les services de sécurité intérieure et qu’à l’été de cette année-là, il participe à l’organisation de la Milice Citoyenne de Lublin, qui est alors la capitale du gouvernement communiste d’occupation. Milice Citoyenne, vous aurez noté la saveur de la chose au passage …. Nos gauchistes n’ont vraiment rien inventé.

A partir de là, il va monter en grade. Bien qu’il n’ait que 25-26 ans, les Russes le nomment commandant de la prison de Lublin, puis commandant du camp de concentration de Zgoda où il va pouvoir démontrer l’étendue de ses talents. Zgoda dépendait originellement du camp d’Auschwitz. Ouvert en 1943, c’était un camp de travail forcé. Le NKVD va le rouvrir en février 1945 pour y enfermer des Allemands et des Silésiens. Il s’agissait essentiellement de civils, dont des femmes et des enfants, ainsi que de prisonniers politiques.

Le nombre des détenus assassinés dans ce camp, où la torture était couramment pratiquée, est sobrement évalué de 1 600 à 2 500 pour les seuls mois – de février à novembre – où Morel en fut le commandant. Il ne rechignait pas à faire le travail lui-même puisque de nombreux témoignages attestent qu’il tuait personnellement. Ces excès finirent par le faire mettre à pied – trois jours – et écarté de la direction du camp, par le NKVD qui n’était pourtant pas composé de tendres.

Sa carrière ne s’arrêtera pourtant pas là puisqu’il est nommé ensuite commandant d’un camp spécial pour les prisonniers politiques mineurs à Jaworzno. Il dirigera ensuite les prisons d’Opole, de Raciborz et de Katowice et partira comme si de rien n’était à la retraite en 1968, avec le grade de colonel.

Les autorités polonaises commencent à enquêter officiellement sur son passé en 1992. Il ne sera entendu par la justice qu’une seule fois car, considérant que les choses se gâtent, Solomon Morel se dépêche de fuir la Pologne. Il se réfugie … en Israël.

L’enquête se poursuit cependant. En 1996, il est inculpé de neuf chefs d’accusation. En 1998, Israël refuse l’extradition au motif que les délais pour poursuivre les crimes de guerre seraient dépassés. Authentique !  En 2003, un mandat d’arrêt est lancé contre lui, mais Israël refuse à nouveau de l’extrader. D’autres demandes seront formulées par les Polonais, la réponse sera toujours identique.

Morel avait clamé pour sa défense qu’il s’agissait d’un complot antisémite. Et que d’ailleurs, trente membres de sa famille avaient été tués par les nazis. Alors, hein …

Certains ont quand même dû échapper à la barbarie germanique car c’est la famille de Solomon Morel qui a fait part de sa mort à Tel Aviv, où il est enterré, en février de cette année.

Et un de ses cousins, Micky Goldfarb, avait écrit en juin 2003 une lettre pour l’excuser et justifier ses actes. Je vous traduis cette lettre ci-dessous. Vous verrez qu’elle n’appelle aucun commentaire. Tantôt trop vieux, tantôt trop jeune, toujours victime. Tout y est.

« Solomon Morel est mon cousin. C’est un très vieil homme. Il a perdu toute sa proche famille dans l’Holocauste et a été nommé commandant de ce camp alors qu’il n’avait que 26 ans. Je ne crois pas qu’il soit un tueur.

S’il a traité durement les détenus, j’estime que c’est compréhensible en raison de ce qu’il a subi et vu de ses propres yeux – les crimes perpétrés par les Allemands et les Polonais pendant la seconde guerre mondiale.

Je pense qu’il faut le laisser tranquille et s’occuper plutôt des vrais « meurtriers en série » qui ont été relâchés avant la fin  de leur peine ou qui n’ont jamais été inquiétés. Il y a assez de nazis et de sympathisants de nazis qui vivent toujours en liberté de par le monde et qui attendent qu’on s’occupe d’eux.  Micky Goldfarb »

 

13/08/2009

LA VENGEANCE EST UN PLAT QUI SE MANGE FROID. ET MEME CONGELE.

Guysen News nous informe que:

0,,4555309_1,00.jpg« Josef Scheungraber, 90 ans et ancien soldat nazi, a été condamné mardi matin à la prison à perpétuité pour crime de guerre par le tribunal de Munich en Bavière.

Après la justice italienne qui l’avait condamné par contumace (une condamnation prononcée à l'issue d'un procès pendant lequel le condamné n'était pas présent) à la prison à perpétuité en 2006, le tribunal de Munich l’a lui aussi condamné à la prison à vie.

Bien que l’ancien officier ni toujours les faits en bloc, il est accusé d’un massacre qui avait fait 14 morts, des civils italiens en 1944 en Toscane dans le village de Falzano di Cortona.

Un témoin du massacre, Gino Massetti, alors âgé de quinze ans à l’époque raconte ce qui s’était passé le 26 juin 1944. «Le bataillon de chasseurs alpins commandé par M. Scheungraber a enfermé les futures victimes dans une maison villageoise avant de la faire exploser ». 

Le Centre Simon Wiesenthal de Jérusalem a tenu à rappeler toute l'importance de ce dernier procès : « Le jugement d'aujourd'hui confirme que le temps qui nous sépare des faits n'atténue en aucune manière la culpabilité des criminels et que le grand âge ne doit pas permettre aux meurtriers de se soustraire à la loi ». 

images.jpgC’est bien vrai, ça. On se demande vraiment dans ces conditions pourquoi et comment Solomon Morel est mort tranquillement dans son lit, à Tel Aviv, en février 2007, à l’âge respectable de 87 ans. La Pologne avait pourtant demandé à plusieurs reprises son extradition à Israël pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Mais évidemment, Israël a toujours fait la sourde oreille (voir archives du blog en date du 22/11/07). Pour sa défense, Morel avait clamé qu’il s’agissait d’un complot antisémite. Dans ces conditions, évidemment, ça changeait tout …

22.jpgEt Helena Wolinska ? Encore une grande humaniste devant l’Eternel qui n’a pas répondu de ses crimes. Son extradition avait également été réclamée par la Pologne. Mais à la Grande-Bretagne, cette fois, où cette ancienne juge de la belle époque bolchevique, s’était installée avec son mari, l’économiste marxiste Wlodzimierz Brus, né Beniamin Zylberberg. Elle s’était plainte, en 2007 à l’âge de 88 ans, lors de la 3e demande d’extradition, de voir resurgir ces spectres du passé. Deux fois auparavant, les autorités britanniques avaient rejeté la même demande d’extradition pour des « motifs humanitaires », dus à l’âge notamment, et aussi en raison de l’éloignement des faits. Bizarres comme arguments, vous ne trouvez pas ? (voir archives du blog en date du 21/11/07).

On vous rassure tout de suite, Wolinska était restée tranquillement à Oxford où elle est morte de sa belle mort en novembre 2008. Le juge anglais n’avait pas eu le cœur de la faire traduire devant les tribunaux. Pensez, à son âge …

Source : Guysen News

11/11/2008

C'EST CE QUI S'APPELLE AVOIR LA DENT DURE!!!

Dépêche AP : « Un chasseur de nazis allemand a demandé lundi au procureur de Munich de solliciter l'extradition d'un homme de 88 ans soupçonné de partager une responsabilité dans la mort de 29.000 Juifs dans un camps d'extermination situé en Pologne.

Kurt Schrimm, à la tête du bureau allemand qui poursuit les anciens criminels de guerre nazis, estime que les listes de prisonniers transportés vers le camp de Sobibor pendant les sept mois au cours desquels John Demjanjuk y travaillait sont une preuve suffisante de sa possible participation à ces crimes.

La requête a été déposée à Munich parce que Demjanjuk y a vécu brièvement après guerre, avant d'aller se réfugier aux Etats-Unis en 1952. Ukrainien d'origine, Demjanjuk nie toute participation dans ces crimes de guerre, il affirme avoir servi dans l'armée soviétique et être arrivé en Allemagne comme prisonnier de guerre en 1942 ».

Il a 88 ans aujourd’hui, Demjanjuk et les faits remontent à plus de soixante ans. Pourquoi exhumer ça une énième fois aujourd’hui, me direz-vous ? Elémentaire, chers amis : il faut commémorer dignement le 70e anniversaire de la Nuit de cristal et ne surtout pas laisser les cendres s’éteindre. C’est dans le même registre, et dans la même intention qu’a été annoncée la semaine dernière une découverte sensationnelle à Berlin : les plans originaux du camp d’Auschwitz ! C’était le journal Bild qui annonçait ça et tenez-vous bien, sur ces plans il était écrit en toutes lettres « chambre à gaz ». Mais je préfère laisser la parole à la dépêche d’agence, qui relate ainsi les faits :

« Le document de 28 pages jaunies est daté du 23 octobre 1941. Il comporte notamment, à l'intérieur d'une "installation d'épouillage", le plan d'une pièce de 11,60 x 11.20 mètres portant la mention "chambre à gaz". Cité par le journal, le chef du département des archives fédérales à Berlin, Hans-Dieter Kreikamp, estime que ces plans "offrent une preuve évidente d'un projet de génocide des juifs d'Europe".(…) Le journal, qui publie trois fac-similés du document, précise que celui-ci constitue pour les historiens la preuve que les Nazis avaient mis au point un projet industriel d'extermination des juifs.

"Ces documents démontrent que tous ceux qui ont eu quelque chose à voir avec le planification et la construction de ce camp de concentration savaient que les gens devaient y être gazés suivant une procédure industrielle", écrit Bild. "Ces documents réfutent une fois pour toutes les affirmations selon lesquelles l'Holocauste n'a jamais eu lieu", ajoute le journal ».

Hélas, trois fois hélas, j’ai lu sur l’un ou l’autre site juif, mais je ne l’ai pas retrouvé, que c’était une fausse découverte. Ces documents étaient en fait connus de longue date. Pas de chance, vraiment. Voilà qui aurait une fois pour toutes cloué le bec à bien des médisants.

 

Pour en revenir à Demjanjuk, je relatais son histoire dans La France LICRAtisée et je vais me permettre de vous rafraîchir la mémoire, en me citant :

 

« (…) Ukrainien émigré aux Etats-Unis en 1952, John Demjanjuk est accusé au début des années 1980 par l’OSI (Office of Special Investigations, officine américaine chargée de la traque des « nazis cachés », créée en 1979) d’être Ivan le terrible, bourreau de Treblinka et ce, sur la foi de témoignages. Malgré ses dénégations, on lui retire sa citoyenneté américaine et il est extradé vers Israël en 1986. Là, il est déclaré coupable et condamné à mort en 1988.

 

Les condamnations à mort en Israël sont obligatoirement soumises à la Cour suprême. C’est ce qui le sauve car durant cette procédure, l’URSS s’effondre. L’avocat de Demjanjuk aura accès à des archives judiciaires auparavant inaccessibles et y découvre la preuve irréfutable qu’Ivan le terrible avait été un autre Ukrainien, du nom d’Ivan Marchenko, disparu en Yougoslavie en 1944. Cet avocat, Yoram Sheftel, sera d’ailleurs traîné dans la boue et manquera d’être aveuglé par un jet d’acide lancé par un ancien déporté d’Auschwitz.

Il faudra cependant attendre 1993 pour que Demjanjuk soit définitivement acquitté et puisse enfin rentrer aux Etats-Unis où il sera accueilli de très mauvais gré. Après treize années de poursuites dont sept années dans une prison de très haute sécurité en Israël !

 

Nouvellement créé au début de l’affaire, l’OSI, qui tenait essentiellement, pour des raisons de crédibilité et de financement, à ce que le procès ait lieu et à ce que l’accusé soit condamné, fut fortement suspecté d’avoir retenu volontairement, bien avant sa condamnation, des éléments prouvant son innocence. »

 

Puisqu’on en est au chapitre des extraditions de criminels de guerre, qu’en est-il de celle que la Pologne a réclamée l’an dernier à l'Angleterre pour Helena Wolinska ? Il serait intéressant de connaître la suite de l’histoire. Pour le début, reportez-vous à la date du 21/11/07 sur le blog. Et voyez aussi l’article suivant, en date du 22/11/07, qui concerne un certain Solomon Morel, qui n’était pas un ange, lui non plus. Mais qui est mort dans son lit à 87 ans, Israël ayant catégoriquement refusé de l’extrader.

 

C’est que, voyez-vous, il y a criminel de guerre et criminel de guerre. A ne surtout pas confondre.