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30/07/2007

PLUS CA CHANGE, PLUS C’EST PAREIL… HELAS !

c82392c3bde19da6850608816b82777d.jpgJe délaisse provisoirement aujourd’hui la série sur les organisations américaines pour m’intéresser à une association bien française qui semble avoir de la virulence et des moyens à revendre et qui vient encore de le prouver la semaine dernière grâce à une action d’éclat : l’Union des Etudiants Juifs de France (UEJF).

L’action d’éclat, c’est l’ « achat » le 26 juillet, sous contrôle d’huissier, d’un gros paquet de livres et revues soupçonnées du crime n°1 dans ce pays : révisionnisme. Cet achat-saisie a été opéré dans deux librairies parisiennes, La Licorne Bleue et La Librairie du Savoir à la demande expresse de l’UEJF. Dans les deux cas, le Procureur de la République, avec une célérité exemplaire, a mandaté illico commissaire de police, huissier et historien dans les locaux maudits afin de rechercher le maximum d’objets du délit.

«Une expertise doit ensuite être effectuée pour déterminer si ces ouvrages contreviennent ou pas à la loi Gayssot du 13 juillet 1990 visant à "réprimer tout propos raciste, antisémite ou xénophobe". Si c'est le cas, des poursuites pourront être engagées. »  Le tout nouveau président de l'UEJF, Raphaël Haddad, 24 ans, conseil en stratégie d’entreprise, a également déclaré: « Avoir débusqué la nouvelle adresse de la Librairie du Savoir vient rappeler la nécessité actuelle de lutter contre le négationnisme. Aujourd’hui, Paris détient le triste trophée de capitale européenne des librairies négationnistes. Faisons en sorte qu’elle le perde.»

Alors moi, je ne me demande pas si les bouquins sont révisionnistes ou pas, ni même s’ils sont interdits à la vente ou pas. Ce que je constate, c’est qu’une association communautaire représentant 15 000 étudiants juifs se substitue carrément aux pouvoirs publics qui apparemment, jusque là, n’avaient pas cru utile d’intervenir…

En d’autres termes, est-il normal de voir une association ouvertement confessionnelle revendiquer ainsi un statut politique et des rapports privilégiés avec le pouvoir ? C’est cela qui me choque extrêmement. Nous sommes bel et bien devenus un pays communautariste où de plus en plus ouvertement, certaines communautés s’arrogent le droit exorbitant de décider pour tous les autres et cela, sans le plus petit début de légitimité.

Et d’ailleurs, pourquoi une telle hargne à l’égard de ces malheureux ouvrages ? Puisqu’on nous répète que c’est rien que mensonges et compagnie, ne serait-il pas plus intelligent - plutôt que de se livrer à cette chasse aux sorcières éperdue - de les ignorer avec panache et superbe? En tout cas, c'est bizarre, alors que justement personne ne s’en préoccupe le moins du monde, de remettre ça sur le tapis, en plein mois de juillet…

Puisque nous en sommes à l’UEJF, continuons à faire les présentations. Je parlais au début de l’article de moyens à revendre. Et là, je vais me permettre de reprendre tout bêtement un texte que j’avais publié en janvier dernier, sous le titre L’UEJF et l’argent du contribuable :

« J’ai fait récemment état d’une subvention attribuée à  l’Union des Etudiants Juifs de France (UEJF) par le secrétaire général du gouvernement, qui était alors Jean-Marc Sauvé, nommé depuis vice-président du Conseil d’Etat : 200 000 euros pour la seule année 2006 !  200 000 euros, c’est déjà une belle somme. Qui en dit long sur le montant total de subventions que doit palper cette association éminemment citoyenne de la part des ministères, municipalités, collectivités locales et régionales, etc, etc. J’en passe et des meilleures et des plus juteuses. Normal, l’argent du contribuable n’est-il pas fait pour aider les associations méritantes à lutter contre le racisme et l’antisémitisme ?

Petit retour en arrière : l’UEJF a été créée en 1944 dans un but social. Dans les années 60, elle sera très marquée à gauche, puis vers 1980, se range sous la bannière du parti socialiste et en cette qualité, crée en 1984 SOS Racisme. C’est en tout cas ce qu’elle affirme clairement sur son site à plusieurs reprises. Il faut reconnaître qu'on se dispute la paternité de cette officine.

Au fil des années, l’UEJF s'affirmera de plus en plus communautaire et sioniste, bien qu’officiellement apolitique (elle aussi). Elle périclite dans les années 90, mais, en 1999, doit sa résurrection à la nouvelle intifada et aux troubles antisémites qui s’ensuivent en France. Elle publie en 2002 un livre blanc, Les antifeujs, qui dénonce tous les actes antisémites connus depuis deux ans et se voit reçue à cette occasion par Jacques Chirac.

Son grand cheval de bataille reste bien sûr la dénonciation hystérique de l’extrême-droite. Elle se considère comme le rempart de la bête immonde au sein de l’Université. Sa section Assas est particulièrement active, tout comme celle de Lyon, très impliquée dans la vie politique locale et qui s’est spécialement illustrée lors de l’ « affaire » Gollnisch.

Sa position sioniste est sans équivoque. D’ailleurs, en 2002, pour soutenir Israël, l’UEJF tiendra sa convention « nationale » à Jérusalem. Son grand souci est de promouvoir la paix au Proche Orient. C’est pourquoi, en octobre 2006, elle demandait des sanctions contre l’Iran, en précisant bien que l’option militaire devait être envisagée.

Résumons : 10 sections locales à Paris, 15 dans les grandes villes de France, 34 membres élus aux conseils d’administration des universités, ces performances justifient-elles vraiment une telle manne de la part des pouvoirs publics ? »

Je rappelle que l’UEJF revendique 15 000 étudiants adhérents, sur un total de 2 275 000 étudiants pour la France. Encore une fois, cette représentativité justifie-t-elle pareille arrogance ?