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22/03/2011

VOUS AVEZ DIT BIZARRE ? COMME C’EST BIZARRE ….

Curieusement, il ne vient jamais à l’esprit des responsables communautaires (du moins officiellement, car j’ai ma petite idée sur la question) que ce fameux et terrifiant « antisémitisme », cette peste brune sans équivalent dans le monde entier, sans parler du cosmos, prend peut-être l’une ou l’autre racine dans des agissements qui finissent par être franchement pénibles. Voici ci-dessous une info provenant de Pologne, et ensuite, le rappel d’un rapport dont nous parlions le 17 mars. Toute corrélation entre les deux infos serait naturellement totalement abusive. Et sans fondement.

1) Le grand rabbin de Pologne, Michael Schudrich, est fort mécontent car le gouvernement du pays traîne les pieds pour procéder aux indemnisations des biens juifs perdus du fait des invasions nazies et soviétiques.

Suite à un projet de loi sur cette question sensible datant de 2008, environ 90 000 demandes ont été déposées. Le montant en cause s’élèverait à la modique somme de 48 milliards de dollars. Inutile de préciser que la population polonaise dans son ensemble est fortement hostile à ce projet, estimant que le contribuable n’a pas à payer pour les crimes commis par les nazis et les soviétiques. Ce qui place les officiels dans l’embarras. Ils arguent du contexte économique difficile et de l’énormité de la somme pour éluder le sujet.

D’où l’ire du rabbin qui se fiche bien du contribuable polonais. D’ailleurs, nous dit-il : "La Bible dit clairement qu’il ne faut pas voler" (les juifs, naturellement) « J’estime tout simplement que ce refus d’indemniser est immoral. J’espère que le gouvernement va revoir ses positions en la matière".
Le Président du Congrès Juif Mondial, Ronald Lauder (le fils de la reine des crèmes de beauté) appuie fortement le rabbin dans sa démarche. Pauvres Polonais ! Seront-ils de taille ?

2) Europe - Le sentiment antisémite est fort

Nous avions parlé des résultats de ce rapport le 17 mars. S’agissant de la Pologne, on ne s’étonnera donc pas trop des affirmations suivantes qu’il n’est pas mauvais de rappeler:

A l’affirmation : "Israël mène une guerre d'extermination contre les Palestiniens", formulée ainsi afin de créer un parallèle avec la politique du régime nazi, 63,3% des Polonais ont exprimé leur accord.

52,2% des Polonais sont d'accord avec la phrase suivante: "En considérant la politique israélienne, je peux comprendre pourquoi les gens n'aiment pas les Juifs"

A 72,2%, les Polonais sont d'accord avec l'affirmation: "Les Juifs essaient de tirer avantage du fait d'avoir été des victimes pendant l'époque nazie". Bon, ne désespérons pas, il y en aurait quand même 27,8% d’un avis contraire, ou sans avis du tout.

Moshe Kantor, Président du congrès Juif européen s'était déclaré "abasourdi " par ces résultats "après des années de lutte contre l'antisémitisme", ajoutant qu'il était urgent que les Etats européens et l'Union européenne "se réveillent avant qu'il ne soit trop tard".

No problem. Il suffira de créer encore quelques zinzins aux frais du contribuable pour ajouter à la collection. Et le tour sera joué. Plus d’antisémitisme ! (à prendre dans le sens que l'on préfère).

 

Sources: http://www.israel-infos.net/POLOGNE--Le-Grand-Rabbin-cont...

http://www.israel-infos.net/Europe--Le-sentiment-antisemi...

21/03/2011

JUIFS ET MUSULMANS EN FRANCE : MEME COMBAT

Le grand rabbin de France, Gilles Bernheim, fait encore des siennes. Dans une interview au Monde parue samedi dernier, il larmoie sur le triste sort des musulmans en France, mettant sur un pied d’égalité juifs et pratiquants de l’islam. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ses propos n’ont pas fait l’unanimité dans « la rue juive ». Une « Lettre ouverte au grand rabbin » circule sur les sites juifs, que vous pourrez lire ci-après.

 

rabb.jpgDans un premier temps, voyons en substance ce que le grand rabbin a déclaré :

 

 "Je sais qu'il est souvent difficile d'être musulman en France. Cette difficulté s'alourdit aujourd'hui dans un climat malsain, aggravé par un discours en vogue qui divise au lieu de rassembler. Je veux donc saisir l’occasion de dire à mes compatriotes musulmans que, précisément, ils sont d’abord mes compatriotes, et que ce qui nous rassemble en France, c’est la République qui nous est commune. »

 

"Quand une société en est à chercher des boucs émissaires, c'est qu'elle est très malade".
 

"L'islam étant récent en France, l'harmonie peut être plus longue à venir. Cela dépendra aussi de l'Etat. Il ne doit pas oublier que, si la laïcité exige que les pouvoirs publics ne reconnaissent aucun culte, elle leur impose dans le même temps de n'en méconnaître aucun".
 

"Notre calendrier prétendument laïque est ainsi calé sur les fêtes chrétiennes : un enfant, en France, n'aura jamais à manquer l'école pour pouvoir fêter Noël. Les juifs et les musulmans doivent pouvoir assumer et vivre leurs différences dans le respect de la loi républicaine".
 

"Mais le véritable enjeu est ailleurs, plus pervers et plus grave : c'est, hélas, la place des juifs et des musulmans dans la société française".

 

Le grand rabbin déclare aussi dans son interview avoir dit au secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé qu'il n’était "pas convaincu" de l'opportunité du débat sur la laïcité qui risque "de figer les positions, d'organiser les antagonismes et, en l'occurrence - c'est là le plus grave -, de stigmatiser une partie de la population française".

Il sera néanmoins présent le 5 avril pour dire "que la laïcité n'est pas une doctrine, qu'elle est moins encore la religion de ceux qui n'ont pas de religion, mais qu'elle est un art de vivre ensemble.
Je tiens à le dire à un moment où certains, en particulier au Front national, dévoient la laïcité dans le seul objectif de crisper et d’exclure. ».

 

La laïcité, un art de vivre ensemble ? Cette définition nouvelle – et particulièrement communautariste - vient sans doute de sortir. Toujours est-il que la position du grand rabbin et les réactions qu’elle suscite sont très révélatrices du grand trouble qui a saisi la communauté face à un problème qu’elle a largement contribué à installer chez nous. Communauté dont les dirigeants se retrouvent à présent désagréablement assis entre deux chaises. Partagés qu'ils sont entre la main tendue et le poing dans la gueule.

 

Voici la riposte, rédigée par une femme. Où allons-nous, mon D., si les femmes se mettent à chapitrer les grands rabbins ! 


"Lettre ouverte au Grand Rabbin de France , par Arielle Lewitt

Monsieur le Grand Rabbin de France,

 

énoncer que votre interview dans Le Monde daté du 20 mars 2011, appelle le débat est une litote, un «understatement», comme on dit en anglais! Elle appelle le débat, et plus que le débat, le désaccord.

Certes, vous rappelez des vérités, par exemple que le Juifs prient chaque samedi (et non pas « shabbat » ?) pour la République Française, ou que notre calendrier est « prétendument laïque », car calé sur les fêtes chrétiennes », etc … Ceci est exact, et il est « bon » en effet de le rappeler.

Ce qui peut étonner, c’est le moins qu’on puisse dire, c’est votre posture, qui pose la question de « la place des Juifs et des Musulmans dans la société française». Sachez que je ne me reconnais pas dans ce discours, et que nombre de mes « coreligionnaires » sont, comme moi, très mal à l’aise.

Pourquoi diable mettez-vous ainsi les Juifs et les Musulmans sur le même plan, et surtout en cette période où ces derniers sont attaqués pour non-laïcité ?

Pourquoi diable parlez- vous « au nom » des Juifs et des Musulmans ?

Pourquoi vous mettez-vous A LEUR PLACE pour affirmer qu’il est « souvent difficile d’être musulman en France » ?

Pourquoi diable réduisez-vous le judaïsme à une « religion » ? Est-ce parce que votre légitimité pour vous exprimer provient de la définition du « poste » de Grand Rabbin comme « chef » d’une « religion » ?

Permettez-moi de rappeler que ce mot « simple » de « religion » ne convient pas totalement ou si peu, au judaïsme ! Ce n’est pas à vous que je vais redire l’essentiel, ce qui fait la beauté du judaïsme: ce qui est demandé à l’être humain Juif, c’est, certes, d’observer les commandements que Dieu nous donne.
 
C’est surtout d’étudier, de comprendre, pour se rapprocher de Dieu, c’est de diffuser le message universel que contient la Bible, que nous étudions précisément dans son texte originel, depuis plusieurs millénaires avec une constance absolue.

C’est de conserver l’esprit ouvert, critique, de surtout veiller à ne jamais tomber dans le dogmatisme, dans la fermeture à l’autre. C’est dire tout ce que nous avons à offrir à l’humanité, et d’envisager ce que, nous, Juifs de France, attendons de vous, Monsieur le Grand Rabbin.

Il n’est pas de mon propos ici d’expliciter les différences entre la « religion juive » et la « religion musulmane » ? ni de rappeler le rôle qu’y joue la femme vu avec chacun des prismes, ni le piédestal sur lequel nous la plaçons.

 

Je vais en revanche rappeler nos valeurs, notamment notre rejet de la violence, l’importance sacrée de la vie de tout être humain, qui nous autorise à transgresser même le shabbat, la souplesse qui caractérise notre adaptation dans le pays dans lequel nous vivons, notre volonté de bonne intelligence, de contribution harmonieuse et en douceur à notre société, notre travail acharné pour réussir paisiblement nos études et notre vie professionnelle.

 

Vous n’êtes pas sans mesurer l’impact politique de votre interview en première page du Monde : vous êtes sorti d’un silence de longue durée depuis votre élection pour prendre une prise de position politique tonitruante, que nombre de nos « coreligionnaires » récusent : mettre sur le même plan les Juifs et les Musulmans.

 

Faut-il vous rappeler que NOUS NE REVNDIQUONS PAS la même place, que NOUS sommes Intégrés, parfois même « assimilés », en France, depuis plus de deux siècles?

Que nos penseurs ont un rayonnement sur la société française en termes d’éclairage, d’universalité (cf leurs interventions sur la scène publique concernant le Kosovo, la Lybie etc..) ?

 

Que nous ne sommes PAS prosélytes, que nos femmes sont libres et égales des hommes, que nous ne cherchons pas à contraindre la France à adopter nos coutumes et nos lois?

Au contraire, nous nous sommes toujours « calés », comme vous dites, sur la loi et la culture de la France, avec douceur et diplomatie.

 

Faut-il vous rappeler que nous nous situons dans une période où les tensions sont exacerbées ?

 

Votre posture est d’autant plus maladroite qu’elle incite les lecteurs de cet article à regarder « d’un même oeil » les Juifs et les Musulmans.

 

Elle risque de reporter sur les Juifs les mêmes sentiments négatifs que certains Musulmans provoquent parfois chez nos concitoyens.

 

Est-ce protéger les Juifs de France que de parler ainsi, Monsieur le Grand Rabbin, élu par vos pairs de toutes les régions de France ?

 

J’eusse aimé que vos déclarations soient précédées d’un débat « interne » et soient issues d’un « consensus » sur l’opportunité de les exprimer. Notamment en période pré-électorale, où le Front National se développe allègrement.

 

Pourquoi diable affirmez-vous qu’il n’y a « aucune contradiction entre la laïcité et pratique d’une religion » ? Monsieur le Grand Rabbin de France, ceci est, oui, certes vrai pour le judaïsme, nous l’avons assez démontré, nous qui revendiquons la laïcité pour notre pays.

Mais pourquoi diable affirmez-vous que c’est vrai pour l’islam ? Seriez-vous le porte-voix de l’islam de France ?

 

Alors que manifestement ceci fait vraiment débat, et même fureur dans la société mondiale et pas seulement française. Alors que tous les pays d’Europe, précisément, discutent ce point précis ? C’est peu de dire que le débat n’est pas tranché, et que votre position est controversée.

 

En posant publiquement la question de la place des Juifs et des Musulmans en France, alors que nos ennemis n’ont pas encore voulu ni osé le faire, vous légitimez leur questionnement.

 

Notre place n’est-elle pas bien établie ? Pourquoi faudrait-il la traiter comme celle d’autres, quels qu’ils soient ?

 

Faut-il que nos représentants sur la place publique ouvrent cette boîte de Pandore ?

 

Enfin, Monsieur le Grand Rabbin, votre affirmation relève d’un politiquement correct discutable.

 

Moralement, vous voulez faire preuve de « bonté » (de « hessed ») vis-à-vis de nos « cousins » d’une autre « religion », en affirmant qu’il est « souvent difficile d’ETRE musulman en France ».

 

C’est « bien », à priori, la bonté ! Mais faut-il rappeler, à vous, grand érudit, que nos sages mettent justement en garde contre « l’excès de hessed », car il peut conduire au pire mal et aux malheurs extrêmes ?

 

Je ne peux que vous engager, vous, « Grand Rabbin de France », qui avez fait un pas, tellement généreux et non sollicité, vis-à-vis de l’islam Français, à attendre que vos « homologues », « Grands Imams de France », fassent maintenant un premier pas vers vous, afin d’en faire un second vous-même. »

 

Source : http://www.guysen.com/article_Lettre-ouverte-au-Grand-Rabbin-de-France_15241.html