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26/11/2008

UN SUJET : DEUX TRAITEMENTS

A titre d’exercice de style, je vous propose deux dépêches d’agence toutes récentes, traitant du même sujet : l’éventuelle intégration de l’Ukraine et de la Géorgie à l’OTAN.

Intéressant, n’est-ce pas ?

 

AP :   « Les Etats-Unis reculent sur l'intégration de l'Ukraine et la Géorgie à l'OTAN

Les Etats-Unis soutenaient la préparation à l'intégration de la Géorgie et de l'Ukraine à l'OTAN en avril dernier, mais ils font machine arrière face à l'opposition de l'Europe et de la Russie. L'alliance avait convenu en avril que les deux pays pourraient se voir proposer l'adhésion. Mais cette offre alors supportée par Washington avait été combattue à l'époque par certains pays européens. Le secrétaire d'Etat américain Daniel Fried estime désormais que "le débat sur le plan d'intégration n'est plus aussi important qu'il l'était". D'autres moyens d'associer ces pays seront envisagés au prochain conseil des ministres des affaires étrangères de l'Organisation la semaine prochaine.»

RIA Novosti : « OTAN-Géorgie-Ukraine : l’adhésion est possible sans passer par le MAP (ambassadeur américain)

Les Etats-Unis estiment que l'intégration de l'Ukraine et de la Géorgie au Plan d'action pour l'adhésion à l'OTAN (MAP) est une question dépassée et soutiennent l'adhésion de ces deux pays sans passer par le MAP, a indiqué William Taylor, ambassadeur américain à Kiev.

"Tout le processus d'adhésion au MAP n'est probablement pas d'actualité. Il est tellement politisé et contradictoire qu'il faudrait y renoncer. D'autres voies de passage à l'étape suivante existent. La Pologne, la Hongrie et la République tchèque n'ont pas intégré le MAP mais ont adhéré à l'OTAN après avoir atteint les critères", a annoncé l'ambassadeur américain dans une interview à la radio Voix de l'Amérique en Ukraine.

"Certains pays membres de l'Alliance ont fait comprendre de façon claire et nette que l'Ukraine et la Géorgie n'intégreraient pas le MAP en décembre. Si le passage par le MAP n'est pas possible, nous allons chercher d'autres voies pour accomplir ce que souhaitent les Ukrainiens, les leaders et le gouvernement. Nous soutenons l'Ukraine. Selon nous, elle est déjà prête à intégrer l'OTAN", a fait observer William Taylor.

Le secrétariat du président ukrainien avait cependant indiqué auparavant que la situation politique dans le pays ne contribuait pas à l'intégration de l'Ukraine au MAP.

L'examen d'entrée de Kiev et Tbilissi au MAP aura lieu les 2 et 3 décembre à Bruxelles lors de la rencontre des chefs de diplomatie des 26 Etats membres de l'Alliance. »

Ce que souhaitent les Ukrainiens ? Chiche qu’on va le leur demander ! Finalement, c’est comme pour la Constitution européenne : si on n’arrive pas à passer par la porte, suffit d’entrer  par la fenêtre. Et le tour est joué.

11/09/2008

PETIT TOUR EN KHAZARIE

 

 

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Ce petit retour dans le passé n’est pas dépourvu d’intérêt car il jette quelques lueurs sur la géopolitique d’aujourd’hui.

 

A l’origine : une peuplade semi-nomade d’Asie centrale faisant partie d’un vaste ensemble sous domination turque. Lorsque cet empire turc s’effondre, vers 650, les Khazars (mot turc qui signifierait « errant ») prennent leur indépendance et s’installent au nord du Caucase, près de la mer Caspienne.

Bons guerriers, ils vont largement s’étendre au cours des deux siècles suivants, jusqu’à constituer un royaume englobant le sud de la Russie, la Crimée, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, ainsi qu’une partie du Kazakhstan et de l’Ukraine. A cette époque-là, ils sont païens, de tradition chamanique.

 

En 838, le judaïsme devient religion d’Etat et l’hébreu, la langue écrite du royaume. Les raisons de cette conversion sont diverses et sortent du cadre de ce sujet. Toujours est-il que voilà les nomades turcs devenus juifs.

 

L’apogée de leur puissance se situe aux IXe/Xe siècles. Ils s’allient, y compris par mariage, aux Byzantins voisins. Leur importance tient également à leur situation stratégique sur la route de la soie, régulièrement empruntée par les juifs radhanites de Perse avec qui ils auront de nombreux contacts, pas toujours pacifiques.

 

965  marque le début de la fin. Les Khazars subissent une lourde défaite infligée par les Russes, leurs ennemis héréditaires, qui eux aussi s’étaient convertis à peu près à la même époque à une religion monothéiste. Mais au christianisme.

 

Peu à peu, l’ancien royaume va se rétrécir jusqu’à finir par disparaître en tant que tel. Les juifs  convertis de fraîche date, quelque peu coincés entre les chrétiens et les musulmans qui les cernent de toute part, rejoignent entre les Xe/XIIe siècles, les communautés juives de Byzance, de Hongrie, de Pologne et d’ailleurs.

Ils étaient en tout cas nombreux et ce seraient eux qui auraient constitué les premiers gros établissements juifs d’Europe de l’est.

 

Outre Benjamin Freedman dont nous parlions récemment, bien d’autres historiens et chercheurs ont évoqué l’origine khazare de ces juifs d’Europe de l’Est :

C’est Ernest Renan qui avait ouvert le ban. En 1883, il écrivait dans Le Judaïsme comme race et religion : "Les conversions massives à l'époque grecque et romaine enlèvent au judaïsme toute signification ethnologique, et coupent tout lien physique (mais non pas spirituel) avec la Palestine [...] La plupart des Juifs de Gaule ou d'Italie sont le produit de ces conversions. Quant aux Juifs du bassin du Danube, ou du sud de la Russie, ils descendent sans doute des Khazars. Ces régions contiennent de nombreuses populations juives qui probablement n'ont rien à voir, du point de vue ethnologique, avec les Juifs d'origine."

D’autres suivront : Abraham Poliak, professeur d’histoire juive à l’Université de Tel-Aviv publiera en 1941 La conversion des Khazars au judaïsme et récidivera en 1951 avec Khazarie : Histoire d’un royaume juif en Europe.

En 1954, le chercheur britannique Douglas Morton Dunlop publiera une Histoire des Juifs khazars. Et Arthur Koestler, en 1976 enfoncera le clou avec La Treizième Tribu.

Tous ces auteurs déclenchèrent une vive polémique, l’idée d’une origine khazare des juifs d’Europe de l’est apparaissant comme particulièrement menaçante. Se profilait à travers elle l’ombre terrifiante d’une contestation possible du droit « historique » sur Israël.

Plus récemment deux titres ont encore paru sur le sujet: Histoire des Khazars : la nation juive de Russie et d’Ukraine, de l’Américain Kevin Allan Brook et Quand et comment fut inventé le peuple juif ? de l’Israélien Shlomo Sand.

A observer ce qui se passe actuellement en Géorgie, ancienne partie du royaume khazar, on ne peut s’empêcher de s’interroger sur la persistance de certaines solidarités et proximités.

La Géorgie de 2008 – dont l’armée a été entraînée par les Etats-Unis et Israël - apparaît incontestablement comme un avant-poste, en Asie centrale, des USA et des forces de l’Otan, aux frontières de la Russie et à proximité du Moyen-Orient. Une différence quand même : le pétrole du Caucase a remplacé la route de la soie.

16:34 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : khazars, georgie, kling

12/08/2008

OSSETIE DU SUD : LES INSTRUCTEURS ISRAELIENS ETAIENT PARTIS JUSTE AVANT LES HOSTILITES

 

 

images.jpgTEL-AVIV, 12 août - RIA Novosti.

Les instructeurs israéliens, qui avaient formé les soldats géorgiens pendant un an, ont regagné leur pays peu avant la reprise des hostilités en Ossétie du Sud, a rapporté lundi le quotidien israélien Haaretz.

Selon le journal qui cite des sociétés privées qui ont travaillé en Géorgie, les inspecteurs estiment que le niveau de formation de l'armée géorgienne est faible.

 

La société Defensive Shield, qui appartient au général de réserve Gal Hirsch, a déclaré avoir rempli ses obligations envers Tbilissi, assurant qu'aucun de ses employés ne se trouvait en Géorgie. Une autre société israélienne chargée de former les soldats géorgiens, Global CST, a affirmé avoir terminé ses activités en Géorgie à la fin du mois de juillet. Cette société est dirigée par le général de réserve Israel Ziv qui, comme Gal Hirsch, a dû quitter Tsahal après l'échec de la guerre israélo-libanaise de 2006. Les deux sociétés ont travaillé en Géorgie avec le feu vert du ministère israélien de la Défense.

 

ossetie.jpgL'armée géorgienne est intervenue dans la nuit du 7 au 8 août dernier en Ossétie du Sud, une des deux républiques sécessionnistes qui revendiquent leur indépendance par rapport à la Géorgie. Elle a pilonné Tskhinvali, la capitale, tuant au moins 2.000 civils selon les estimations russes. L'envoi de renforts russes ajouté aux raids aériens réguliers a permis de renverser la situation.

Haaretz cite les propos d'un instructeur israélien qui qualifie "d'aventure" le comportement de ses disciples géorgiens et évalue défavorablement les chances de réussite d'une riposte géorgienne face à la Russie.

 

"Ils se sont lancés dans une aventure que je ne me serais jamais permise vu le niveau de formation des troupes géorgiennes", raconte cet instructeur, qui occupait un poste élevé au sein de Tsahal.

"Aujourd'hui, l'armée géorgienne ne peut en aucun cas être considérée comme un adversaire sérieux des Russes. Les Géorgiens ont une petite armée qui ressemble fortement à celles de la plupart des pays du tiers-monde", a-t-il confié.

 

Mais Israël n'a pas seulement participé à la formation des troupes géorgiennes. Depuis au moins sept ans, c'est un fournisseur d'armes régulier de Tbilissi.

Le quotidien Maariv, qui a mené sa propre enquête, a évalué les exportations militaires israéliennes vers la Géorgie à 300 millions de dollars. Selon le journal, l'Etat hébreu a livré à Tbilissi un lot de drones, dont au moins un a été abattu au-dessus de l'Abkhazie séparatiste, et des lance-roquettes multiples étalés lors d'un défilé militaire à Tbilissi.

Parmi les responsables politiques qui "profitent" de la coopération avec la Géorgie, Maariv cite l'ex-ministre de l'Intérieur Roni Milo, qui représenterait les intérêts des entreprises d'armement israéliennes.

 

Le quotidien Yediot Aharonot constate également la participation d'Israël au renforcement du potentiel militaire géorgien, soulignant le rôle de Juifs géorgiens dans l'établissement de contacts militaires, dont le ministre de la Défense David Kezerachvili, "un ancien Israélien qui parle couramment l'hébreu".

"Ses portes étaient ouvertes à tout Israélien qui venait et proposait à son pays des armes fabriquées en Israël. Contrairement à d'autres pays d'Europe de l'Est, ces transactions étaient rapides, essentiellement grâce à l'engagement personnel du ministre de la Défense", a déclaré une source proche des vendeurs d'armes citée par le journal.

 

Après la reprise des hostilités en Ossétie du Sud, le ministère israélien des Affaires étrangères a proposé d'interdire complètement les livraisons d'armes à la Géorgie, proposition qui n'a jusqu'à présent pas trouvé de soutien au ministère de la Défense, selon les médias israéliens.


Source:  http://fr.rian.ru/world/20080812/115976797.html