Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25/09/2010

DEFENSE DE NE PAS CHIALER

La réalisatrice du film La Rafle, Rose Bosch, n’est pas vraiment contente : les critiques ont osé bouder son pur chef d’œuvre cinématographique qui avait pourtant été annoncé à coups de shofar en début d’année. D’ailleurs, on peut se demander où ils se situent exactement, ceux-là, sûrement d’un côté pas très catholique, si je puis m’exprimer ainsi. Ils n’ont pas compris qu’il s’agissait avant tout d’une œuvre PEDAGOGIQUE. Ce qui change absolument tout.

 

Bref elle s’est lâchée contre ces nuls et plus généralement contre les spectateurs qui oseraient rester de marbre au lieu de sangloter et a déclaré il y a deux jours: “Je me méfie de toute personne qui ne pleure pas en voyant le film. (…) Il lui manque un gène : celui de la compassion”.

A l’époque de la sortie du film, elle avait déjà évoqué ce sujet des larmes, et des gènes, auxquels elle a l’air de drôlement tenir:

« Pourquoi les gens passent-ils tant de temps à se faire du mal alors que c'est un boulot de dingue. C'est pour ça que je fais dire à Gad Elmaleh dans le film : « Comment veux-tu qu'ils nous fassent du mal, on est trop nombreux, c'est trop de boulot ».
Le problème est que tout est toujours à recommencer parce qu'on ne peut pas transmettre génétiquement notre savoir aux nouvelles générations.
Pourquoi faire du cinéma ? Parce que cela permet de toucher une foule de gens à qui on donne la main. (…) Je trouve également qu'on a un peu peur de l'émotion dans le cinéma français. Je suis méridionale, de parents immigrés, italiens et catalans. Chez nous, on ne réfrène pas les émotions. Alors oui, si je fais bien mon boulot, les gens pleureront mais ils ne pleureront pas pour rien. Tant mieux si l'art peut rencontrer la philosophie. On sait pourquoi on se lève le matin. Sur ce tournage, on le savait ! »

 

Transmettre génétiquement notre savoir aux nouvelles générations ? Tiens, c’est une idée, ça. Vous rigolez, mais ça va faire son chemin, vous allez voir. Une petite puce greffée comme ça ni vu ni connu à la naissance, qui vous fourgue tout ce que vous aurez besoin de connaître dans votre petite existence bien calibrée. Sans oublier bien sûr le gène de la compassion. Et après, vous chialerez comme des veaux en visionnant les films faits pour vous, où l’art rencontre la philosophie à chaque tour de manivelle.

 

Moi, c’est encore pire, je ne suis pas allée voir La Rafle. Il y a bien des choses qui me donnent envie de chialer, mais elles sont tout ce qu’il y a d’actuelles. Les financiers qui se goinfrent pendant que la moitié de l’humanité crève de faim, je me demande si ce ne serait pas pédagogique de montrer ça aussi. Et ça nous changerait de la saga Hitler and Co. Qui commence très légèrement à nous taper sur le système.

 

Sources : http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Pour-la-realisa...  

 

http://www.lavoixdunord.fr/Cinema/Interviews/2010/03/09/a...

 

rose_bosch_jf.jpg

Rose Bosch avec Jacques Fredj, directeur du Mémorial de la shoah