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08/01/2007

UNE INTERDICTION QUI SOULEVE BIEN DES QUESTIONS

Revenons à l’interdiction de la soupe au cochon par le Conseil d’Etat, car cet arrêt pose un problème de fond et amène à se poser certaines questions somme toute embarrassantes. Cette soupe a donc été interdite au motif qu’elle serait « discriminatoire ». A l’égard de qui ? Des juifs et des musulmans. On pourrait à ce stade faire observer qu’il y a bien des juifs et des musulmans qui apprécient le cochon. Et que ceux qui n’en veulent pas ne sont nullement tenus d’en consommer. Ce qui serait en revanche vraiment discriminatoire, et parfaitement révoltant, ce serait d’en refuser à ceux qui en voudraient au motif justement qu’ils seraient juifs ou musulmans. Ce qui n’a, bien évidemment, jamais été le cas. Solidarité des Français a distribué soupe au cochon, sandwichs, gâteaux et café à qui en voulait.

Ceci étant posé, et puisque le Conseil d’Etat semble adopter une position très restrictive sur la question, on a le droit, et le devoir, de se demander si d’autres types d’actions menées au seul bénéfice de sa communauté, et donc au détriment des autres, ne devraient pas, elles aussi, être frappées de ce redoutable interdit : attention discrimination ! Prenons un exemple: le Fonds social juif unifié (FSJU) et l’Action sociale juive (ASJ), partant de la constatation que plusieurs centaines de personnes juives de plus de 80 ans vivent dans la région de Strasbourg, viennent d’y créer une plate-forme géronto-sociale destinée à ces personnes atteintes de maladies neurodégénératives. L’ouverture de ce centre de jour, qui a également bénéficié d’un soutien public, est prévue pour janvier 2007.

Dans le même registre, s’est ouvert à Paris, à l’initiative d’une famille juive, une sorte de resto du cœur cacher, appelé Choulhan Lev.

Je lis par ailleurs sur un site de la communauté : « La solidarité juive de France est exemplaire dans l’expression de la solidarité. Nous, ensemble, la grande famille unie de la tsédaka, devons collecter suffisamment d’argent pour lutter contre la détresse morale, physique ou sociale qui accable nos frères et sœurs de tous âges. Ensemble, refusons cette indifférence qui tue. Ensemble, en donnant à l’Appel  national pour la tsédaka, rendons espoir et dignité aux plus défavorisés d’entre nous ».

Je pourrais multiplier les exemples et dresser un vrai catalogue. Mais je m’empresse de préciser que ces diverses initiatives ne me choquent nullement, je les trouve même tout à fait naturelles et normales. Simplement, elles me conduisent à me poser la question : pourquoi une soupe au cochon distribuée à ceux qui en veulent serait-elle discriminatoire, alors qu’un centre de jour ouvert aux seules personnes âgées juives, ne le serait pas ? En d’autres termes, parler de nos frères et sœurs de tous âges, ou des plus défavorisés d’entre nous, est-ce franchement si différent du slogan adopté par Solidarité des Français : Aider les nôtres avant les autres ?

Anne Kling

http://france-licratisee.hautetfort.com