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11/10/2007

DIEUDONNE AU TRIBUNAL

Dieudonné comparaît aujourd'hui devant le TGI de Paris (11e Chambre, 13h) pour injure raciale. Il est accusé d'avoir déclaré "Les juifs sont des négriers".

J’ai pris la peine de consulter mon Petit Robert à ce mot fatidique et j’ai lu : « 1) Relatif à la traite des Noirs ; qui s’occupait de la traite des Noirs. 2) Celui qui se livrait à la traite des Noirs, marchand d’esclaves. – par anal. Personne qui traite ses employés comme des esclaves. Navire qui servait à la traite des Noirs. Les négriers nantais ».

Le dictionnaire refermé, sur ce sujet douloureux, il y a de la repentance en vue pour tout le monde. Y compris pour les juifs, qui ont participé à ce commerce lucratif au même titre que les autres : Africains, arabes, européens. Un certain nombre de données historiques difficilement réfutables en font foi.

Mais il n’y avait pas que le traite des noirs. Avant que l’on ne s’intéresse à l’Afrique noire, d’autres populations, souvent slaves - les bien nommés - en furent victimes. On trouve des informations intéressantes sur le commerce des esclaves slaves tout bêtement dans Wikipédia, au chapitre « juifs radhanites ». Voyez plutôt :

« Les Radhanites étaient des marchands juifs du haut Moyen Âge. Ils dominèrent le commerce entre les mondes chrétien et musulman entre 600 et 1000 de l'ère chrétienne. Les routes commerciales ouvertes sous l'Empire romain restèrent utilisées durant cette période en grande partie grâce à leurs efforts. Leur réseau commercial couvrait la plus grande partie de l'Europe, l'Afrique du Nord, le Moyen-Orient, l'Asie centrale et une partie de l'Inde et de la Chine.

Il existe très peu de sources directes sur les Radhanites. Leur activité nous est connue grâce à un livre de Abū l-Qasim Ubaid Allah ibn Khordadbeh, le Kitab al-Masalik wal-Mamalik (Livre des Routes et des Royaumes), qu'il écrivit sans doute vers 870. En tant que directeur des postes et de la police de la province de Jibal sous le calife abbasside al-Mutammid (qui régna de 870 à 885), il occupait une position privilégiée pour observer ce commerce : «  Ces marchands parlent arabe, persan, grec [byzantin], franc, espagnol et slave. Ils voyagent d'ouest en est et d'est en ouest, partiellement sur terre, partiellement sur mer. Ils transportent depuis l'occident des eunuques, des femmes réduites en esclavage, des garçons, des soieries, des castors, des martres et d'autres fourrures, et des épées. »

Les Radhanites transportaient principalement des biens précieux et de faible encombrement, notamment des épices (musc, aloès, camphre, cannelle, etc.), des porcelaines, des parfums, de la joaillerie et de la soie. Ils auraient également fait le commerce du pétrole, de l'encens, des armes en acier, des fourrures, des eunuques et des esclaves (en particulier, les Saqāliba). Ces deux derniers biens constituaient une part importante de leur activité. L'Espagne musulmane était très souvent la destination finale des esclaves slaves dont les Radhanites faisaient le commerce. Les Radhanites jouaient un rôle essentiel dans le commerce des esclaves slaves qui connut un fort développement au Xe siècle. Verdun, par exemple, un des principaux centres commerciaux radhanites, était un grand marché à esclaves. Cette ville était également un important lieu de castration des eunuques.

À l'origine, les esclaves étaient amenés dans l'Espagne musulmane (parfois en passant par Verdun), puis, après la révolte des Zanj, en Égypte et en Syrie. Ainsi, en 961, il y avait 13 750 Saqaliba masculins à Cordoue. Les Saqaliba étaient tellement nombreux qu'ils fondèrent une dynastie dans le sud de l'Espagne au XIe siècle. »

Eh oui, dans Wikipédia ! Vous allez me répondre que ces marchands d’esclaves-là n’étaient pas des négriers. Exact. La nuance est cependant subtile, il me semble.