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13/10/2009

PLUS C’EST GROS, MIEUX CA PASSE

Et les foules anesthésiées regardent passer les beaux carrosses dorés sans broncher et en applaudissant, encore : le prix Bordel de la paix à Obama (excellente, l’expression, elle est de Dedefensa.org), les frasques exotiques et pédophiles du neveu Mitterrand, le gamin Sarkozy, 23 ans et un bac péniblement gagné, propulsé au sommet par la grâce de son papa, etc, etc. Reconnaissez que ces gens-là auraient vraiment tort de se gêner. Encore le terme anesthésiées est-il parfaitement impropre car il suggère un réveil qu’on peut espérer proche. A ce stade final et désespérant, c’est décérébrées qu’il faut dire.

Mais le pompon, celui qui me décide quand même à reprendre la plume, c’est ce que mes yeux exorbités viennent de lire :

« Le procès du journal russe Novaïa Gazeta pour diffamation envers Staline s'est ouvert à Moscou jeudi. Le petit-fils du dirigeant reproche à la publication d'avoir écrit que le dictateur avait ordonné l'exécution de milliers de Soviétiques et étrangers dans les années 1930.

Ievgueni Djougachvili demande 10 millions de roubles (environ 229.000 euros; 340.000 dollars) pour laver l'honneur de son grand-père, mort en 1953. Absent au tribunal jeudi, il exige aussi une condamnation financière de l'auteur de l'article incriminé, Anatoli Iablokov.

Dans l'article en question, publié le 22 avril, le journaliste affirme que Joseph Staline a personnellement signé les ordres d'exécution.

L'affaire survient alors qu'une partie des Russes veut réhabiliter le dictateur. L'organisation de défense des droits de l'Homme Memorial l'accuse pour sa part d'avoir ordonné la mort d'au moins 724.000 Soviétiques lors des purges qui ont culminé à la fin des années 1930.» AP 

22.jpgDiffamation envers Staline ! Là, je dois dire que les bras m’en sont tombés. Il y a donc quelque chose de pourri chez les Russes aussi. Et certains ont la mémoire aussi sélective que chez nous, apparemment. Bon, on ne va pas refaire le compte des crimes de masse commis par Staline et ses sbires de 1928 à 1953. Il y a toute une littérature sur le sujet et des chiffres qui font froid dans le dos. Sans compter l’Holodomor et ses millions de victimes. Sans compter tous les déportés au goulag.

Ceci dit, on a envie d’en savoir un peu plus sur le personnage qui n’a pas craint de faire une demande aussi extravagante.

Ievgueni Djougachvili est le fils de Yakov Djougachvili, lui-même fils du premier mariage de Staline. Yakov ne s’était jamais entendu avec son père, qui le tenait en piètre estime. Il épousa Yulia Meltzer, une danseuse juive bien connue d’Odessa, dont il était le troisième époux. Ils eurent deux enfants, Ievgueni et Galina, décédée en 2007.

Le lieutenant Yakov Djougachvili fut capturé durant la bataille de Smolensk en 1941 par les Allemands qui proposèrent de l’échanger contre le maréchal Friedrich Paulus détenu par les Russes. Refus furieux de Staline. Yakov mourut dans un camp allemand de prisonniers en avril 1943. Les historiens sont finalement parvenus à la conclusion qu’il s’y était suicidé en se jetant contre une clôture électrique, en apprenant le massacre de Katyn perpétré par son père en 1940, massacre révélé par les journaux allemands en mars 1943.  Le jeune Ievgueni, futur grand adorateur de Staline, avait alors 7 ans.

Le grand drame posthume d’Adolf, c’est qu’avec sa manie de se prétendre marié à l’Allemagne, il n’a jamais cru bon de se marier pour de bon, sauf trop tard, et d’avoir des enfants. Ce qui fait qu’il n’a pas, lui, de petit-fils pour tenir aujourd’hui compagnie à Ievgueni et demander plein de sous pour diffamation envers son grand-père.