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29/12/2007

BEAUCOUP DE MAUX ET DES MOTS DOUX POUR LE DIRE …

285e4d4cb84b688804e89ae2cd1c3b95.jpgAujourd’hui, nous allons sortir un peu de nos sujets habituels pour nous pencher sur le douloureux problème de la dette publique. Non pas que je sois une spécialiste de la question, loin de là. Je suis juste une citoyenne de base qui essaie de comprendre.

Ce qui m’a fait dresser l’oreille, c’est le titre en fanfare de l’AFP :  France: bonne nouvelle pour la croissance, revue en hausse au 3e trimestre. Alors que je venais juste de lire une autre nouvelle moins claironnante chez Reuters : « La dette publique de la France a augmenté de 1,9 milliard d'euros au troisième trimestre 2007 pour atteindre 1.218,3 milliards d'euros soit environ 65,9% du PIB, en diminution de 0,6 point par rapport au trimestre précédent où elle s'établissait à 1.216,4 milliards, selon les données publiées par l'Insee ».

Si là, vous butez, comme moi, sur ces chiffres qui semblent contradictoires, je vous fais profiter de ma science toute neuve : la dette a en fait augmenté moins vite que le PIB du pays, d’où cette baisse en pourcentage qui semble bizarre de prime abord. A la fin du 2e trimestre, la dette de la France était à environ 66,5% du PIB. Alors que Bruxelles n’autorise en principe que 60%.

De toute façon, il n’y a pas de quoi pavoiser. La France vit à crédit et le seul paiement des intérêts de la dette constitue le second poste de dépenses après l’Education nationale.

Comme mes idées n’étaient pas très claires sur ces sujets opaques, j’ai cherché quelques explications que je vous fournis à mon tour, notamment sur la différence entre déficit budgétaire et dette publique.

Depuis 25 ans, la France présente un budget en déficit – que votent consciencieusement nos braves députés – ce qui signifie que les dépenses du pays sont plus importantes que ses recettes.

Conséquence de cet état de choses : la dette publique. Logique. Pour se permettre ces dépenses non couvertes par les recettes, il faut emprunter de l’argent. Emprunts et intérêts doivent un jour être remboursés. Nous en sommes aujourd’hui à la modique somme de 18 608 euros de dette par habitant.

Il est vrai que tous les pays européens, pour ne parler que de ceux-là, sont endettés. Et que certains le sont même bien davantage, comme l’Italie, la Grèce ou la Belgique. Maigre consolation. La France reste cependant l’un des pays les plus endettés car sa croissance économique est aussi l’une des plus faibles. Ce qui entraîne des recettes également plus faibles.

Par contre, un certain nombre de pays d’Europe ont fait de réels efforts pour sortir de cette dépendance et sont parvenus à réduire drastiquement leur dette publique : Danemark, Pays-Bas, Suède, Irlande, notamment.

Il sera intéressant de voir l’évolution en France à court terme car là, les points de vue divergent. L’OCDE estime que la dette de la France va s’alourdir encore pour atteindre 67% du PIB d'ici la fin de 2009. Le ministre du Budget, Eric Woerth, estime quant à lui que « la France devrait pouvoir commencer à réduire "à partir de 2008" son niveau d'endettement, si elle réussit à maîtriser ses dépenses publiques et à renouer avec la croissance. ». Ca en fait, des « si » et des conditionnels.

Si le sujet vous intéresse, cherchez donc chez Wikipédia « dette publique de la France ». Vous y trouverez plein de choses instructives, et notamment un tableau présentant l’évolution de la dette et du déficit depuis 1978. Vous verrez ce que nos finances sont devenues en trente ans… De quoi riposter à ceux qui prétendaient notamment que l’immigration était une chance et une richesse pour la France. On n’en est pas réellement convaincu en contemplant ce type de tableau. Mais il est vrai que je suis une ignare en matière économique.

Autre site amusant : sur http://cluaran.free.fr/dette.html , vous trouverez l’évolution de la dette publique en temps réel. Mais ne vous gâchez quand même pas le réveillon pour ça, sinon je vais regretter de vous l’avoir indiqué …