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12/10/2008

ALLEZ, ALLEZ, TOUT NE VA PAS SI MAL !

C’est vrai ça, à la fin, il y a quand même des Français qui arrivent – péniblement, il est vrai – à s’en sortir. Et ce n’est tout de même pas leur faute s’ils ont du flair… Et s’ils sont assez intelligents pour savoir vendre (et acheter) au bon moment. Bande de jaloux !

bouton.jpgTenez, un exemple au hasard : Daniel Bouton. Voilà un homme au-dessus de tout soupçon – chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’Ordre du mérite, alors hein – de son état président de la Société Générale. Eh bien, lui, il a réussi, non seulement à ne pas perdre d’argent, mais même à en gagner en cette période tristement chahutée. Un surdoué, on vous dit ! Il faut reconnaître que sa banque est moins intelligente que lui, elle a plongé, elle.

Voyez plutôt : une dépêche AFP nous apprend que : « Le président de la Société Générale, Daniel Bouton, a réalisé une plus-value de 1,3 million d’euros en moins de quatre mois, malgré la chute du titre en Bourse, en revendant des actions de son groupe acquises au titre des stock-options, a affirmé vendredi le site d’informations Mediapart.

 

«En moins de quatre mois, le président de la Société générale a réalisé 1,3 million de plus-values», assure le site Internet qui a effectué ce calcul en se référant notamment aux déclarations obligatoires transmises par M. Bouton à l’Autorité des marchés financiers (AMF).

 

Interrogée par l’AFP, une porte-parole de la banque française s’est refusée à commenter «les calculs faits par Mediapart».

Selon le site Internet, le président de la banque a, «en toute légalité», commencé il y a quatre mois à revendre des actions SocGen acquises à un prix plus avantageux que le cours de l’action en Bourse au titre des stock-options.

 

Le 3 juillet, il a ainsi acheté 18.000 actions au prix unitaire de 47,57 euros avant de les recéder le jour même au prix de 55,53 euros, générant une plus-value de 143.280 euros, affirme Mediapart, qui énumère plusieurs opérations similaires réalisées par Daniel Bouton.

 

Le 2 octobre, il a réalisé «une nouvelle levée de 30.000 options» qu’il a revendues au prix unitaire de 66,03 euros, en y ajoutant la cession de 5.000 actions, poursuit Mediapart, qui chiffre la plus-value ce jour-là à 348.100 euros.

Plombé par la crise financière comme les autres valeurs bancaires, le titre Société Générale a perdu plus de 25% ces six derniers mois à la Bourse de Paris. »

Quel flair, reconnaissez-le ! Un flair que son épouse, directrice adjointe à la Banque d’affaires Lazard, et chargée d'assurer les contacts entre la banque et la bourse, partage certainement avec lui à 100%.

Déjà qu’il ne figurait pas parmi les Français les plus à plaindre : selon un classement du magazine Capital datant de novembre 2007, Daniel Bouton avait vu son salaire fixe augmenter de 25 % en 2006 à 1,250 millions d'euros. En y ajoutant la part variable, son salaire total s'élevait à l’époque à 3,3 millions d'euros. Avec les stock-options, ses revenus ont ainsi dépassé les 10,8 millions en 2006, faisant de lui le 2e patron le mieux payé de France.

Bon, à côté de cela, comme nul n’est parfait, il y a bien eu quelques peccadilles : ainsi ce PDG de choc a été mis en examen en 2002 dans une affaire d'escroquerie à des chèques transitant par Israël, l'affaire dite « Sentier II ». Mais attention, il avait aussitôt reçu le soutien de Laurent Fabius, alors ministre de l’Economie et des Finances.

Vous savez ce que c’est, parfois la justice est un peu lente … Notez qu’il y a des fois où elle est très rapide. Mais dans ce cas, elle a été un peu lente et le procès ne s’est finalement ouvert qu’en février de cette année. Il s’agissait de juger une affaire compliquée (vue de l’extérieur) : un circuit de chèques entre la France et Israël qui aurait servi à blanchir des fonds détournés d'entreprises, le produit de fraudes fiscales ou de vols. J’ai lu que lorsque son tour de comparaître arriva, il fut reproché à Daniel Bouton d’avoir "apporté son concours au blanchiment de fonds d'origine frauduleuse" d'un montant de 210 millions de francs, entre 1998 et 2001.

Sa profession de banquier était une circonstance aggravante qui lui faisait encourir jusqu'à dix ans d'emprisonnement et 750.000 euros d'amende.

Eh bien, le croirez-vous, jamais je n’ai pu réussir à trouver à quoi – et si – il avait été condamné. Sûrement pas à grand-chose, car sinon, il n’aurait pas été en mesure de nous éblouir aujourd’hui encore avec ce flair si étonnant.

 Source : AFP