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18/06/2012

RIEN DE NOUVEAU SOUS LE SOLEIL

 

 

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Il est tout de même extraordinaire de voir les journaleux aux ordres faire mine de s’effaroucher de l’entrée « historique » de deux députés FN à l’Assemblée dite nationale. Deux ! S’ils n’étaient si massivement de gauche, ces journaleux feraient mieux de se demander comment il se fait qu’avec 6,91% au 1er tour et 1,08% au 2e, le Front de gauche arrive, lui,  à y faire entrer 10 gauchistes. Alors que le FN, avec ses 13,6% au 1er tour et 3,66% au second, n’en fait entrer que… deux. Les mystères de la démocratie à la française …

 

Mais ça, ils se gardent bien de le souligner. Mieux vaut ne pas attirer l’attention là-dessus. Les Français ne s’en rendent globalement pas compte – de quoi se rendent-ils compte, d’ailleurs ? Et tant mieux, de leur point de vue, pourvu que ça dure.

Dieu sait que je n’apprécie pas le FN et surtout ce qu’il est devenu, mais franchement, il y a quand même quelque chose de pas très normal là-dedans.

 

Ceci dit, pour en revenir à cette entrée « historique », je rappelle qu’en des temps de diabolisation forcenée, loin de la « dédiabolisation » orchestrée par certains parce que ça les arrange – rapport à l’islamisation du pays et à l’antisémitisme qui en découle – trois cadres du FN avaient  déjà réussi à se faire élire députés au scrutin majoritaire : Yann Piat en 1988 dans le Var, Marie-France Stirbois en 1989 dans l’Eure-et-Loir (législative partielle) et Jean-Marie Le Chevallier en 1997, également dans le Var.

 

Les résultats actuels n’ont donc rien de mirobolant, surtout en tenant compte du tapage médiatique mené à train d’enfer depuis un bon bout de temps. Je ne parle pas ici du groupe FN de 35 députés élus en 1986 car là, les circonstances étaient différentes. La proportionnelle avait été rétablie juste pour la circonstance par Mitterrand, ce qui avait fait entrer les maudits en groupe. J’ouvre une parenthèse pour rappeler que ces 35 ovnis ont été tenus bien soigneusement à l’écart des choses sérieuses qui se déroulaient sans eux, à l’étage au-dessus. Alors, le rôle de casse-couille qu’espère jouer Collard à lui tout seul me fait doucement rigoler… Il va sans doute vite comprendre.

 

Mais reparlons-en, justement, de la proportionnelle. Et couplons-là avec l’effarante abstention qui a marqué ces législatives. Là aussi, on n’en parle pas beaucoup et c’est pourtant le fait le plus marquant de ces élections, par ailleurs tellement habituelles. Tellement habituelles, précisément, et prévisibles, que les gens finissent par se dégoûter de cette parodie de démocratie. Et par rester chez eux massivement. Pourquoi aller participer à ce jeu de guignols où les règles sont truquées pour que ce soient toujours les mêmes qui gagnent ? Et puis même, UMP ou PS, franchement, quelle différence ? Bien d’accord, tous, pour ne surtout pas remettre en question les vaches sacrées qui les engraissent à nos dépens.

 

Donc, instaurer la proportionnelle aux élections serait bien la seule façon de revivifier une situation par ailleurs très malsaine. Tant de voix, tant d’élus. Cela rendrait l’Assemblée dite nationale un peu plus représentative qu’à l’heure actuelle, car rien n’est moins démocratique que ce scrutin majoritaire. Voyez plutôt les résultats de ce second tour: 10 668 159 votants PS : 314 députés ; 10 161 611 votants UMP : 229 députés. J’ai dû zapper quelques chapitres de mon bréviaire politique car j’ai du mal à comprendre la logique d’un tel différentiel. Pareil pour le Modem : 113 196 votants : 2 députés. FN : 842 684 votants : 2 députés aussi. Vous allez rire, les Verts d’EELV ont un peu moins de votants que le FN : 828 916. Ce qui ne les empêche pas d’empocher… 17 élus. Elle est pas belle, la vie ?

 

Il y a sûrement des gens beaucoup plus intelligents que moi qui m’expliqueraient ça très bien et me donneraient tout plein de bonnes raisons. Le problème, c’est que j’aurai toujours autant de mal à comprendre. Le problème aussi, c’est que je ne suis pas la seule dans ce cas et c’est pourquoi, Docteur, plein de gens refusent dorénavant d’aller jouer à ce jeu de cons.

 

Bien sûr, l’oligarchie au pouvoir n’en veut pas, de cette solution de bon sens. Imaginez, laisser la parole intégrale à ces abrutis tout juste bons à payer leurs impôts et à la fermer! La révolution !! Et pourtant, si on voulait vraiment réformer la politique et réconcilier ceux d’en haut et ceux d’en bas, c’est par là qu’on commencerait. Ce ne serait certes pas la panacée universelle mais on y verrait déjà plus clair.

 

21/09/2010

DAMNED ! PAS MOYEN D’ETRE TRANQUILLES !!

Voilà qu’à présent la Suède s’y met elle aussi! Le journal Le Temps, de Genève, est fort courroucé et nous le fait savoir sous le titre :

 

« L’extrême droite trouble la scène politique

 

(…) Le premier ministre Fredrik Reinfeldt n’aura pas longtemps savouré son exploit en terre traditionnellement social-démocrate. La seconde victoire d’affilée de sa coalition de centre droit, lors des élections législatives de dimanche, a été gâchée par l’irruption d’un parti d’extrême droite au parlement. Les Démocrates de Suède (SD, issus de la mouvance néonazie) ont recueilli 5,7% des suffrages. Ils auront donc 20 députés au Riksdag, sur un total de 349.

 

Prévue par les sondages, cette nouvelle donne aurait pu être plus aisément gérable, si la coalition sortante emmenée par le dirigeant conservateur avait obtenu la majorité absolue. Mais, pour ce faire, il lui aurait fallu 175 sièges. Elle n’en a gagné que 172, selon les résultats encore non définitifs. Il n’est pas exclu qu’elle grappille un siège supplémentaire, une fois le dépouillement achevé. Les résultats officiels seront annoncés mercredi. Mais tout le monde s’attend que Fredrik Reinfeldt et son équipe dépendent du soutien d’un autre parti pour les quatre ans à venir. Lequel et à quel prix? Ce sont les questions qui dominent en cette période postélectorale.

 

L’incertitude demeure entière. Car si le jeune chef des SD, Jimmy Akesson, a répété qu’il était «prêt à discuter avec tout le monde», les autres partis, sans exception, ont exclu ce scénario. «Nous ne nous rendrons pas dépendants des Démocrates de Suède», a assuré Fredrik Reinfeldt dimanche soir. «Nous avons la responsabilité de chercher un soutien ailleurs et […] j’espère obtenir une réponse positive des Verts.» Avec 7,2% des suffrages, ces derniers ont réalisé leur meilleur score depuis leur entrée au parlement, en 1988, et sont désormais le troisième parti du royaume.

 

(…) Quelle que soit l’issue des pourparlers à venir, «nous allons influer sur la politique suédoise, en particulier en matière d’immigration», a prévenu Jimmy Akesson, d’autant plus satisfait du score que le taux de participation dimanche était de 82,1%. »

 

Bon, moi ce que je retiens surtout, c’est qu’en Suède, avec 5,7% des suffrages, on a 20 députés (sur 349). Rappelez-moi combien en France on a de députés avec 15% des voix ? Enfin, quand on se présente sous une certaine étiquette. 0, mon bon monsieur (sur 577). Ah, c’est beau quand même, la démocratie à la française !

 

C’est curieux d’ailleurs que Bruxelles, qui fourre toujours son nez partout, n’ait jamais cherché à harmoniser tout ça. Dans le bon sens, naturellement. Ce serait pourtant une belle occasion de prouver son grand amour de la démocratie et son respect des volontés des peuples européens.

 

Source : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/b637bce0-c4f6-11df-9cfb-7...

15/04/2010

IL FAUT RATTACHER L’EUROPE A LA SUISSE !

Et ne surtout pas faire l’inverse. C’est Louis Pauwels qui le disait, et il avait bien raison. Vous trouverez ci-après un article d’Erika Vögeli relayé par Mecanopolis qui nous en donne une preuve de plus, s’il était nécessaire. Et qui nous montre la voie à suivre.  

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« Revenir aux fondements d’une vie en société réellement démocratique"

« Un Etat libéral ne se maintient pas tout seul. Non seulement en Suisse, nation née de la volonté collective, mais surtout ici, les gens doivent vouloir la maintenir. Et on ne peut vouloir que si l’on sait ce qu’on veut, si l’on est conscient des éléments qui fondent cette liberté particulière et sa capacité à développer la vie sociale. Face aux défis toujours nouveaux de notre époque, il faut sans cesse se demander ce qui doit être adapté et ce qui est inaliénable, ce qui ne doit pas être remis en cause.

Une telle réflexion sur les fondements d’une vraie vie sociale démocratique est primordiale face à une évolution dans la­quelle, au nom de la mondialisation et avec la création d’organisations dites «internatio­nales» comme le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et l’OMC, on soumet la vie entière au diktat économique; dans laquelle les Etats nations perdent leur souveraineté, pendant que certaines institutions financières, de concert avec des sociétés transnationales sans éthique, sans responsabilité citoyenne et sans égards pour le bien commun nous dictent par le biais d’un lobbying financièrement puissant de plus en plus de lois.

Pour la Suisse cette réflexion revêt une importance existentielle, surtout en ce qui concerne ses relations avec l’Union européenne. Les mêmes mécanismes du FMI, de la Banque mondiale et de l’OMC, qui ont entraîné les pays en voie de développement dans la dépendance financière et dans l’endettement et les ont contraints à brader le bien public et les secteurs économiques rentables à des sociétés étrangères, fonctionnent aussi dans le cadre de l’UE. Le livre mentionné ci-dessous, «Konzern Europa», paru en 2001, ­montre de façon frappante comment le lobbying bruxellois des sociétés transnationales qui con­tourne les structures juri­diques étatiques des divers pays et leur impose, avec l’aide de la Cour de justice européenne, la prédomi­nance des ­quatre «libertés» économiques, ce qui en­traîne la même perte de la démocratie. Et l’endettement des Etats a pris depuis longtemps une ampleur critique.

Il est d’autant plus réjouissant de voir des milieux d’entrepreneurs inciter à une réflexion fondamentale sur la liberté, la responsabilité et les fondements du système politique suisse dans un ordre économique vraiment libéral et sur les relations de la Suisse avec le monde.

La brochure « Ja zur Schweiz. Denkanstösse für eine Erneuerung des Bundesbriefes » [Oui à la Suisse. Réflexions pour un renouvellement de la Charte fédérale] n’est pas l’oeuvre d’un seul auteur mais résulte d’une série de discussions entre des personnes de différentes générations et de diverses appartenances poli­tiques. C’est dans le cadre de débats au sein de l’«Unternehmerforum Lilienberg » d’Ermatingen (TG) que la brochure a pris sa forme actuelle. Dans l’esprit d’une réflexion permanente sur ce que nous voulons, il serait souhaitable que ces réflexions soient largement re­prises et débattues de manière pertinente.

Au vu de la situation actuelle, cette discussion ne souffre aucun délai. La perte de pouvoir des Etats nations en faveur d’institutions internationales qui sont soustraites au contrôle et à l’influence de l’opinion pu­blique et dans les griffes de la haute finance et du pouvoir des multinationales, met en danger les principaux acquis de l’Europe: la reconnaissance de l’égalité de tous les hommes dont découle l’égalité devant la loi, l’Etat de droit, la situation des individus en tant que citoyens égaux en droit et la démocratie. L’Etat de droit libéral et démocratique incarne l’idée inscrite dans le droit que tout individu, en tant qu’être humain, doit pouvoir participer directement à l’organisation de ses conditions de vie la­quelle n’a pas lieu dans un nirvana philosophique mais sur une base éthique et morale orientée vers le bien commun et le bien de l’individu. Le démantèlement des struc­tures exi­stantes des Etats nations, garants de la citoyenneté de l’individu et de ses possibilités d’influ­ence sur la politique de l’Etat, réduit l’influ­ence, règlementée par l’Etat, des citoyennes et des citoyens au profit des intérêts d’une partie de l’économie qui ne peut jamais défendre les besoins économiques des hommes. L’at­taque contre l’Etat nation fait partie d’une stratégie de suprématie mon­diale dont la réalisation est en œuvre.

Naturellement la Suisse, avec sa forme élaborée de participation et d’influence démocratique – la démocratie directe –, gêne ces planificateurs et leurs complices. Mais pour beaucoup d’autres, les citoyennes et les citoyens, elle est aussi un exemple de ce que n’est pas une puissance mondiale, mais une authentique démocratie, c’est-à-dire une structure édifiée de bas en haut qui garantit réellement la liberté et le bien-être pour tous. De ce point de vue, la question des fondements essentiels de la Suisse se pose naturellement dans d’autres pays, sous des formes qui leur sont propres: «Allons-nous, demande Jürgen Elsässer, continuer de vivre comme des provinces sous la tutelle d’un empire, dans la privation de droits, la guerre et la pauvreté, ou bien allons-nous revenir vers la démocratie et l’Etat nation, dont la Confédération est un exemple ? »

Erika Vögeli, pour Horizons et Débats

Sur le même sujet, lire également La Suisse, modèle efficace

 

Source : http://www.mecanopolis.org/?p=15875