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11/03/2008

LA CLAQUE (2)

C’est ainsi que j’avais titré un article sur les résultats du FN au 1er tour de la  présidentielle de l’an dernier. La défaite cinglante, sanglante et sans appel qui avait été la sienne au soir du 22 avril 2007, a hélas également été la nôtre au soir du 1er tour des municipales à Strasbourg.

Alors que nos deux listes conjuguées – Front national et Strasbourg d’abord - faisaient 17% aux municipales de 2001 (9,2 pour nous 7,5 pour le FN), les mêmes deux listes, toujours désunies et se tirant dans les pattes, ont cette fois atteint péniblement … 5%. Oui, 5% : 2,2 pour nous, 2,8 pour le FN. Sur un fond d’abstention record de 46%.

Que dire devant cette Bérézina  qui, partie l’an dernier du FN, a atteint et laminé toute l’ « extrême-droite » sans épargner personne ? Que faire ? Franchement, je l’ignore, et la tentation est très grande de raccrocher, de se dire qu’après tout, à l’impossible nul n’est tenu.

De constater que les Français apparaissent finalement satisfaits d’un système qui les fait vivre encore à peu près correctement pour le moment et qu’ils n’en demandent pas plus. Surtout pas de vagues, pas d’ennuis, pas d’embrouilles, une petite vie bien pépère chacun dans son coin, voilà l’idéal auquel aspirent nos concitoyens. C’est peut-être triste, mais c’est la réalité. Nous, on les emmerde à parler sans arrêt de sujets qui fâchent et qu’ils préfèrent oublier. Parce qu’ils sont convaincus au fond d’eux-mêmes qu’il n’y a plus de solution au problème.

La dimension protestataire du vote, qui a fait les beaux jours du FN, est retombée comme un soufflé mal cuit.  Ce que chacun souhaite maintenant dans ce pays, c’est simplement tirer son épingle du jeu. On aurait pu croire que le désamour d’avec Sarkozy nous profiterait. Erreur profonde, que j’ai commise également. C’est aux socialistes qu’il a profité, car les Français comptent avant tout sur eux pour distribuer plus facilement le fric qui manque dans les caisses. Ce point de détail ne les gêne pas trop. On verra bien…

Bien sûr, et c’est là que – peut-être – réside un espoir, il y a la masse de tous ceux qui se sont totalement détournés de la politique, qui ont voté pendant des années pour l’ « extrême-droite » sans en apercevoir le moindre résultat et qui se sont lassés. Ils ne votent plus du tout à présent, même pour nous, car pourquoi le feraient-ils ? Sommes-nous tellement crédibles ? Désunis, en plus… Pourquoi aller voter pour des gens qui prétendent diriger une ville et qui ne sont même pas capables de présenter une liste commune alors qu’ils défendent la même thématique ? Pas besoin d’avoir fait Sciences-po pour deviner que cet argument-là, basique et de bon sens, a fait des ravages.

 

Je ne vous cache pas mon très profond découragement et mon envie de plus en plus vive de quitter un pays où je me sens étrangère et pour tout dire incongrue. Ce n’est pas forcément mieux ailleurs ? Peut-être, mais je pense qu’il est somme toute plus facile de vivre étrangère dans un pays étranger qu’étrangère dans ce qui fut un jour son pays.