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25/04/2011

L’ENARCHIE DANS TOUTE SA NUISANCE … ET SA LÂCHETE (8)

yy.jpgNous arrivons tout doucement au bout de notre quête. Ecoutons à nouveau ce que disait Gérard Moreau à Anna Marek : « C’est ce conglomérat d’expériences qui a conduit ces énarques à chercher des voies d’engagement ensemble, dans ce petit groupe d’une douzaine de personnes au début mais qui s’est réduit rapidement à cinq ou six, et à chercher un sujet d’engagement à côté de leur métier. Nous avons donc cherché un thème d’action collective. Il s’est trouvé que, à la fois parce que 1968 avait remis en lumière certaines valeurs d’internationalisme et que les immigrés symbolisaient, comme ils l’ont toujours fait d’ailleurs, des gens pour qui le droit ne s’exerçait pas, nous avons lancé le thème, sur cette base-là. L’immigration incarnait en quelque sorte un champ à défendre pour toute une série de raisons : internationales, économiques, sociales... »

Il est clair que le groupe était plus copieux au début que les « quatre » retenus par la suite. Mais je pense que ces « quatre » ont déjà été nommés précédemment. Il y a un certain nombre de noms supplémentaires dans la promotion Thomas More - qui est une véritable pépinière de gens de gauche* - qui réunissent certains indices, notamment l’une ou l’autre femme, ou encore Alain Richard (voyez sa bio sur internet), mais il est difficile de tirer formellement de ces quelques éléments les conclusions qui nous intéressent.

Par contre, je terminerai par deux personnages dont l’un me paraît être un candidat plausible. Pourtant, il appartient à la promotion suivante (Charles de Gaulle, mars 1970-juillet 1972). N’oublions pas que la fameuse loi anticasseurs, qui a provoqué des remous à l’ENA et qui est donnée comme le « starter » du Gisti, date de juin 1970 (et non de 1969). Il a donc eu l’occasion de fréquenter la promo Thomas More de mars 1970 à mai 1971. Largement de quoi nouer des contacts…. Il s’agit de :

Jean-Cyril Spinetta

 

sp.jpgIl « est né le 4 octobre 1943, à Paris. Sa famille, d'origine corse, est socialiste. Son grand-père a été responsable SFIO de la fédération du Tarn et son père, secrétaire d'Etat à la reconstruction et au logement en 1956, était un proche de Guy Mollet. Plongé dans une ambiance familiale politisée, l'élève brillant élève a suivi un cursus classique en politique : des études de droit public puis l'Institut d'études politiques de Paris (IEP) et enfin l'École nationale d'administration (ÉNA). De 1970 à 1972, il fait ses premières armes syndicales à l’ENA en créant la section CFDT. A la fin de ses études, il est nommé chef du bureau des investissements et de la planification au ministère de l'Education Nationale, puis il devient auditeur au Conseil d'Etat.

 

A vingt-cinq ans, il est chargé de mission au Secrétariat général du gouvernement. Il reste à ce poste pendant treize ans, puis en 1981, Jean-Cyril Spinetta devient chef du service d'information et de diffusion du Premier ministre. Deux ans plus tard, il est nommé Directeur des collèges au ministère de l'Éducation nationale.

 

Cet énarque de talent continue d'évoluer au gré des gouvernements qui reconnaissent ses compétences. De 1984 à 1986, il est Directeur de cabinet de Michel Delebarre, alors Ministre du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle. Puis pendant un an, il exerce la mission d'Inspecteur général de l'Education nationale avant de retrouver Michel Delebarre comme Directeur de cabinet. Il passe alors du ministère des Affaires sociales et de l'emploi, à celui des transports et de la mer puis à celui de l'équipement, du logement, des transports et de la mer. »

 

Vous connaissez la suite, qui nous intéresse moins : PDG du groupe Air France de 1997 à fin 2008. Comme ces gens sont totalement indéboulonnables, depuis le 1er janvier 2009, il est Président du Conseil d'administration d'Air France-KLM et d'Air France.

 

Je ne retiens pas a priori le second candidat comme l’un des fondateurs du Gisti. Il est cependant intéressant car s’il ne l’a pas été, il aurait fort bien pu l’être, néanmoins, de par son parcours. Il appartient à la promotion précédent Thomas More, celle de Jacques Attali dont il a été un condisciple : la promotion Robespierre, janvier 1968-mai 1970. Lui aussi, comme Attali – et un paquet d’autres – a eu largement la possibilité de fréquenter les « moriens » de janvier 1969 à mai 1970. Il s’agit de :

 

 

Louis Schweitzer

 

sch.jpgVoyons Emmanuel Ratier (éd. 1992) : « Inspecteur des finances, né le 8 juillet 1942 à Genève. (…) Louis Schweitzer est entré à l’inspection des finances à sa sortie de l’ENA en 1970 (ainsi qu’au Bilderberg group). Membre du parti socialiste avant 1981, cet ancien « binôme » de Laurent Fabius à Sciences-Po a été son directeur de cabinet aux ministères du budget, de l’industrie et comme premier ministre (1981-1986). En 1985, il fut le principal artisan du limogeage brutal du PDG de Renault, Bernard Hanon, et de son remplacement par George Besse. (…) Véritable « premier ministre bis » lorsque Laurent Fabius était premier ministre, cette éminence grise passe pour coordonner le réseau de l’ancien premier ministre. »

 

« En 1995, Louis Schweitzer a été mis en examen pour « complicité d'empoisonnement » dans l'affaire du sang contaminé. Il devait notamment répondre du retard qui a été pris dans la distribution d'un test de dépistage du SIDA. Il bénéficiera d'un non-lieu.

 

Cette même année, il est également mis en examen dans l'affaire des écoutes de l'Élysée.

Le 9 novembre 2005, il est condamné dans cette affaire mais dispensé de peine. Il est notamment reconnu coupable pour le placement sur écoutes de Jean-Edern Hallier. Fin septembre 2008, sa condamnation est confirmée par la Cour de cassation. Louis Schweitzer se défendra en avançant: « Il y a eu un effort pour me masquer la réalité ».

En 1998, la justice belge le condamne à une amende de 10 millions de francs belges (1,6 million de FF) pour avoir violé la loi du travail belge lors de la fermeture de l'usine Renault de Vilvorde. »

Mais toutes ces broutilles ne l’empêcheront nullement de recevoir de flatteuses décorations (comme ses petits copains, en général, même si nous n’en n’avons pas parlé) : Grand-Officier de l'Ordre national du Mérite, Commandeur de la Légion d'honneur. Il est naturellement membre du club Le Siècle.

De 2005 à 2010, il sera – et là nous retrouvons notre sujet et ses convictions profondes -  président de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde). Quoique "de gauche", il ne faisait pas dans le bénévolat ni le caritatif, il ne faut rien exagérer. Son salaire brut était de 6 700 € par mois et s'ajoutait à ses autres revenus.

 

Sa gestion de la Halde a été l'objet d'un examen très critique de la Cour des Comptes en 2010. http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/09/03/la-gestion-de-la-halde-par-louis-schweitzer-dans-le-collimateur-de-la-cour-des-comptes_1406160_3224.html

 

Aux dernières nouvelles, il était à la tête de Volvo.

 

* Voici la promo More au grand complet (y compris les décédés) : http://www.amici-thomae-mori.com/fr/univers_thomas_more.asp?rub=9&idsrub=113&idssrub=97

23/04/2011

L’ENARCHIE DANS TOUTE SA NUISANCE … ET SA LÂCHETE (7)

yy.jpgLes candidats énarques à la fondation du Gisti ne manquent pas dans cette promotion Thomas More. Je soumets aujourd’hui à votre sagacité un nouveau qui me paraît très vraisemblable. N’oublions pas que les indices parlaient tantôt de quatre, tantôt de cinq ou six énarques fondateurs. Voire plus. C’est cette dernière éventualité qui me paraît la plus plausible.

Les indices parlaient aussi « des fondatrices », ce qui indiquerait qu’il y avait au moins deux femmes dans le lot. Nous en avons déjà une. Ils parlaient aussi d’une personne décédée.

Mais parfois, les indices sont trompeurs. Volontairement ou involontairement ? Telle est la question. Exemple : on nous parle de la loi anti-casseurs « de 1969 ». En réalité, la loi anti-casseurs date du 8 juin 1970. Cette affaire de dates n’est pas sans intérêt.

 

Toujours est-il qu’un certain nombre d’indices concordants nous mènent aujourd’hui à :

 

Jean-Paul Huchon

 

ui.jpgOublions son actuel mandat de président de la région Ile-de-France et penchons-nous sur son passé. Emmanuel Ratier nous dit ceci dans son Encyclopédie politique française (éd. 1992) :

 

« Administrateur civil, né le 29 juillet 1946 à Paris. Venu des milieux catholiques progressistes, il a fondé en 1962 avec les militants communistes au lycée Rodin à Paris un comité antifasciste. Il fut également très actif en mai 1968 à Sciences-Po (face à Gérard Longuet d’Occident). Ayant rallié le PSU en 1969, il a été membre du bureau national de 1972 à 1974, chargé des relations internationales (notamment avec le tiers-monde). Il se liera ainsi d’amitié avec le Portugais Mario Soares, le Cambodgien Pol Pot*, le Grec Mikis Theodorakis, etc. Il hébergera même chez lui des militants révolutionnaires, comme ceux du MIR chilien.

 

C’est l’époque où, écrivant dans Tribune socialiste sous le pseudonyme de Lucien Saintonge, il traitait l’écrivain soviétique déporté Soljenitsyne de « valet des impérialistes ». Entré à l’ENA [promotion Thomas More, janvier 1969, mai 1971], où il a cofondé la section CFDT, il frôlera l’exclusion pour avoir officiellement protesté contre la dissolution du groupe maoïste de la Gauche prolétarienne**. Il est entré au ministère des finances en 1971***. (…) Très proche de Michel Rocard, il a été son directeur de cabinet au Plan (1981-1983) et à l’agriculture (1983-85). (…) Il a signé avec Michel Rocard, sous le pseudonyme de Daniel Lenègre (évocation de son rôle et d’un grand-père martiniquais), Le Marché Commun contre l’Europe ».

 

 

* Quelqu’un songe-t-il à lui en faire grief aujourd’hui, et à le diaboliser pour autant ? Et pourtant … Imaginez le tamtam et les hululements d’effroi dans un cas parallèle, à « droite ».

 

** et peut-être aussi pour avoir signé la pétition contre cette fameuse loi anti-casseurs ? Etant donné le personnage, qu’il ne l’ait pas signée serait assez étonnant.

 

*** « à la direction du budget au ministère des Finances (1971- 1975), en mobilité à la division des relations internationales au ministère du travail et des affaires sociales (1975-78) », nous précise le Who’s Who, éd. 1982.

 

Pour la suite de sa carrière, je vous invite à consulter Wikipédia. Mais reconnaissez que c’est un bon candidat, non ? Et qui a l’air d’aimer les pseudonymes …

 

Aux dernières nouvelles, cet ami de Pol Pot connaît quelques ennuis judiciaires. Qui avaient commencé en 2007, où il avait été condamné pour « prise illégale d’intérêts ». Là, depuis le début d’avril, le ciel s’assombrit de nouveau et il est menacé d’inéligibilité. Mais bof, je ne m’inquiète pas outre mesure pour lui …

22/04/2011

L’ENARCHIE DANS TOUTE SA NUISANCE … ET SA LÂCHETE (6)

yy.jpgDans notre (en)quête, nous allons tomber aujourd’hui sur un autre membre très éminent de cette promo décidément intéressante, un nom qu’a priori j’aurais écarté, mais il ne faut jurer de rien. Et puis, dans la vie, on est amené à changer ses plans de carrière. Et tel qui est à gauche en 1970 peut très bien avoir changé son fusil d’épaule quelques décennies plus tard. N’oublions pas que nos jeunes gens courageux mais pas téméraires, oeuvraient dans l’ombre pour le triomphe de la gauche. Nous étions dans les années d’après 68 et ils espéraient fermement que ce triomphe serait proche. En fait, ils l’escomptaient pour 1974. Las ! Ils durent patienter sept ans de plus pour récolter les fruits de leurs peines. De quoi vous donner envie de ne pas mettre tous vos œufs dans le même panier.

En vertu de ce principe, tout un faisceau d’indices concordants nous conduisent à …

Jean-Claude Trichet

Etonnant à première vue, non ? Et pourtant … Reprenons l’Encyclopédie politique française d’Emmanuel Ratier (éd.1992), qui nous apprend ceci :

mm.jpg« Inspecteur des Finances, né le 20 décembre 1942 à Lyon. Diplômé de l’Ecole des mines de Nancy et de l’IEP de Paris, il a flirté avec le PSU et a appartenu à la section CFDT de l’ENA [promotion Thomas More, janvier 1969-mai 1971]. Il collaborera par la suite à la commission économique du PS, mais la défaite de François Mitterrand en 1974 lui fera réviser son plan de carrière. A sa sortie de l’ENA, il est entré en 1971 à l’inspection des finances. Il y a été rapporteur auprès du Comité interministériel à l’aménagement des structures industrielles (CIASI) avant de rejoindre le ministre de l’industrie René Monory comme conseiller technique pour les questions industrielles. Il a ensuite occupé cette fonction auprès du président de la République Valéry Giscard d’Estaing (1978-1981).

Il est alors entré à la direction du Trésor dont il a été sous-directeur en 1982 et, en parallèle, promu par le ministre des finances Pierre Bérégovoy, chef du service des affaires internationales en 1985. Il fut alors président de droit du Club de Paris (qui regroupe les créanciers des pays lourdement endettés). En mars 1986, sur les conseils de Jacques Friedmann, le nouveau ministre de l’économie et des finances Edouard Balladur le prit comme directeur de cabinet. Il a enfin remplacé Daniel Lebègue en septembre 1987, comme directeur du Trésor, devenant le fonctionnaire le plus puissant de France, poste qu’il a conservé au retour de la gauche. Inspecteur général des finances depuis 1989, il est également membre du Siècle, de la Fondation Saint-Simon, du Groupe des trente, club très fermé de financiers, banquiers et industriels internationaux. »

Si vous êtes attentifs, vous reconnaîtrez sans peine bien des indices énoncés dans le n°3 de cette série. Je ne poursuis pas le récit de sa prestigieuse carrière, que vous trouverez sans mal. Mais lisez donc cet extrait d’un article très élogieux de lExpress, en date du 16/9/1993, où comme le petit Poucet, nous trouverons encore quelques cailloux … :

« Mystère aussi sur ses convictions politiques. Lui qui dirigea, en 1986-1987, le cabinet d'Edouard Balladur servit avec la même fidélité René Monory et Valéry Giscard d'Estaing, Pierre Bérégovoy et Michel Sapin. «Il est politiquement très habile, raconte un fonctionnaire du Trésor. Il sait forger des concepts qui plaisent aux politiques et s'adapter pour faire passer ses convictions. Mais, à plusieurs reprises, je l'ai entendu dire non à un ministre.» Jérôme Monod, président de la Lyonnaise des eaux-Dumez, qui connut Trichet quand celui-ci s'occupait d'affaires industrielles, souligne son «humanité» et son «caractère extraordinairement équilibré. Il est constant dans ses principes, qui sont fermes, mais qu'il exprime avec simplicité et aussi gentillesse. C'est plutôt rare chez un financier».

Dans sa jeunesse, «il était assez marqué à gauche», rappelle l'un de ses camarades de l’ENA l'ancien ministre socialiste Jean-Louis Bianco. En 1970, il fut l'un des cofondateurs de la section CFDT de l'école, qu'il intégra en 1969. "Entre 19 et 20 ans*, j'ai été membre du PSU, époque mendésiste, raconte Trichet. C'était la fin de la guerre d'Algérie, des années troublées. Je crois que l'image de Mendès France était très forte pour les gens de ma génération. Assez jeune, j'ai été imprégné par l'idée que la politique est une chose importante, de même que la notion de service public."  (…)  Ajoutez à cela un patriotisme farouche, presque démodé, qui faisait sourire déjà ses camarades d'études, et vous avez devant vous le parfait modèle du serviteur de la République. «Il avait à l’ENA un patriotisme exigeant. Il pensait toujours que notre pays pouvait faire mieux**, raconte l'un de ses anciens camarades. C'est chez lui une conviction absolue, qui l'habite encore aujourd'hui.»

ON L'APPELAIT JUSTIX

Son attirance pour la fonction publique, cependant, lui est venue progressivement, presque sur le tard. Le jeune Trichet suivit d'abord des études scientifiques. Il fut diplômé de l'Ecole nationale des mines de Nancy, alors dirigée par un homme qu'il cite encore aujourd'hui parmi ceux qui l'ont beaucoup marqué, Bertrand Schwartz, le frère de l'académicien Laurent, «un directeur formidable, qui avait profondément modernisé l'institution». Il travaille comme ingénieur dans une filiale de la Caisse des dépôts et consignations avant d'entamer de nouvelles études, à Sciences po et à la faculté de sciences économiques. Il se découvre alors «un vrai goût, très fort, pour l'économie», puis se tourne vers le service public, grâce à Sciences po. Il se trouve déjà un peu vieux, 25 ans, lorsque survient, pendant son service militaire, Mai 68, qu'il perçoit comme «le surgissement de la jeunesse», à laquelle, peut-être, il sent qu'il n'appartient déjà plus. Quand il entre à l’ENA, «il était un peu plus âgé que nous, se souvient Bianco. C'était une figure de la promotion. Il avait un vrai souci de la notion de justice. C'était la mode des bandes dessinées d'Astérix, et Trichet avait donc un surnom: Justix».
Le jeune justicier sera inspecteur des finances et intégrera la direction du Trésor en 1975. »

 

* Il renvoie donc ces amours contrariantes à la lointaine période 1962 (avant 68, autant dire au déluge), en faisant l’impasse sur sa collaboration bien plus tardive à la commission économique du PS.

** A ce compte-là, Attali aussi est très patriote. Puisqu’il pense lui aussi que la France peut effectivement faire bien mieux. En ouvrant encore plus largement ses portes. Donc, méfiance devant ce « patriotisme » très mondialiste.

20/04/2011

L’ENARCHIE DANS TOUTE SA NUISANCE … ET SA LÂCHETE (4)

oo.jpgA ce stade, un certain nombre d’indices concordants nous permet de nous intéresser de très près au couple Moreau.

Certes, Gérard Moreau a été nommé en clair. Il est pourtant énarque et de la même promotion que sa femme [Thomas More, janvier 1969-mai 1971]. Pourquoi lui et pas les autres ? Vous n’avez pas été sans noter qu’il parlait dans son entretien avec Anna Marek, de « cinq ou six énarques », là où les autres sources parlent obstinément de quatre seulement. Est-il le 5e et s’est-il dévoué pour protéger l’anonymat des autres ? Et surtout celui de sa femme ?

Cette dernière, Yannick Moreau, a, elle, clairement fait partie de la bande des 4. Jugez plutôt :

Yannick-Moreau.jpgYannick Moreau

« Née Yannick Polo le 30 décembre 1945 à Nantes, est un haut-fonctionnaire français, et épouse de Gérard Moreau, conseiller-maître à la Cour des comptes et ancien camarade de promotion à l’ENA.

Diplômée de HEC et docteur en droit, ancienne élève de l'ENA, elle est auditeur puis maître des requêtes au Conseil d'État quand François Mitterrand la nomme en 1981 conseillère technique au secrétariat général de l'Élysée, chargée des affaires sociales.

En juillet 1984, elle devient directeur de cabinet de Jean-Pierre Chevènement nommé ministre de l'Éducation nationale.

À partir de 1986, elle est commissaire du gouvernement près de la Cour supérieure d'arbitrage, puis en 1988 auprès des formations du contentieux. De 1989 à 1991 elle est secrétaire générale au l'administration du ministère de la Défense [alors dirigé par Chevènement].

Elle est promue Conseiller d'Etat en 1990.

Directrice générale adjointe, chargée des relations sociales et des ressources humaines, à la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) en 1992, elle devient en 1995 présidente de sous-section au Conseil d’État et directrice du programme d’études avancées Gestion des transformations sociales à Institut d'études politiques de Paris.

Martine Aubry, ministre de l'Emploi et de la Solidarité, la nomme présidente de l’Institut de veille sanitaire et présidente du Conseil supérieur de la prud’homie en 1999.

Présidente du Conseil d'orientation des retraites en juin 2004, elle est nommée présidente de la section sociale du Conseil d'État en avril 2006.

Elle a été nommée par décret du Premier ministre au Haut conseil du dialogue social en décembre 2008, elle en assure la présidence des sessions.

Elle est membre du club du Siècle. »

Voilà, toutes ces précisions nous sont aimablement fournies par Wikipédia. Le Who’s Who et diverses encyclopédies politiques, dont celle d’Emmanuel Ratier, complètent le personnage :

« ENA promotion Thomas More (1971). Fille d’Henri Polo, industriel, et de Mme, née Suzanne Cosse. Mariée le 17 décembre 1970 à Gérard Moreau, ingénieur. »

« Elle a milité dans sa jeunesse à l’extrême gauche, signant notamment la pétition contre la loi anticasseurs et dans diverses associations de soutien aux travailleurs immigrés. Entrée au Conseil d’Etat en 1971, elle a été détachée au Plan de 1975 à 1978. Militante CFDT, cette socialiste chevènementiste est devenue en 1981 conseiller technique au secrétariat général de la présidence de la République. »

Je trouve encore l’une ou l’autre précision dans le Dictionnaire de la politique française, d’Henry Coston (éd.1982) : « Yannick Moreau, maître des requêtes au Conseil d’Etat, auteur (avec Nicole Questiaux) du rapport sur « le vieillissement de la population », membre actif du PS et secrétaire de la commission « retraite et socialisme », créée par Jean Laurain ».

Je pense qu’après ce panégyrique, aucune hésitation n’est plus possible. Mme Moreau, qui poursuit imperturbablement ses activités, est bien l’une de nos cibles. Voilà typiquement le genre de personnages totalement ignorés de la France « d’en bas », jamais élus, et qui pourtant ont eu une influence décisive sur le pays. Il est grand temps de les apprécier à leur juste valeur.

 

GERARD MOREAU

« Ingénieur, responsable ministériel. Né le 14 juillet 1943. Fils de Pierre Moreau, directeur de la Mutualité sociale agricole, et de Mme, née Ruth Lewin. Ingénieur civil des mines, licencié ès sciences économiques, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris. ENA promotion Thomas More (1971).

Administrateur civil au ministère de l’Equipement (1971-72), (…), conseiller technique au cabinet de Mme Questiaux, ministre de la solidarité nationale (1981-83), puis au cabinet de Pierre Bérégovoy, ministre des affaires sociales et de la solidarité nationale (depuis 1983), membre du Groupe d’information et de soutien des travailleurs immigrés (Gisti) ».

La citation précédente est extraite du Who’s Who in France de 1984-85.Très curieux. Il y est fait mention en toutes lettres de son appartenance au Gisti alors que rien n’est indiqué à cet égard pour sa femme, qui a pourtant droit à son propre paragraphe bien fourni dans la même édition. Cela renforce l’idée que le choix de se dévoiler dès ces années-là a été fait pour protéger l’anonymat des autres. Il est membre du PS depuis les années 1970.

Poursuivons sa carrière : il a été, de 1985 à 1997, directeur de la Population et des Migrations au ministère des Affaires sociales et secrétaire général du Haut Conseil de la population et de la famille, placé auprès du président de la République. De 1989 à 1992, il a également présidé le comité directeur de la Population du Conseil de l’Europe.

Conseiller maître à la Cour des Comptes, il a par ailleurs présidé jusqu’en janvier 2006 le CNASEA (Centre National pour l’Aménagement des Structures des Exploitations Agricoles).Le CNASEA, établissement public spécialisé dans le paiement des aides publiques, intervient dans un domaine qui va de l’agriculture (aides à l’installation des agriculteurs, contrats d’agriculture durable...) à l’emploi (paiement des contrats aidés du plan de cohésion sociale) en passant par la formation professionnelle, le développement local ou l’environnement.

Quelques-unes de ses publications ou participations à des revues : 

La Crise du statut des réfugiés, 1989.

L’Intégration, 1996.

Vingt ans de politique d’immigration, 1997.

Quelques éléments de comparaison entre les politiques d’intégration de l’Allemagne, du Canada, de la France, de la Grande-Bretagne, de l’Italie et des Pays-Bas, 2000.

Un article de Libération, 2002 :

http://webcache.googleusercontent.com/search?um=1&hl=fr&tab=iw&q=cache:1J_SWfM5krEJ:http://www.liberation.fr/evenement/0101409590-l-interview-gerard-moreau-ancien-directeur-de-la-dpm-l-integration-est-un-processus-continu+g%C3%A9rard+moreau&ct=clnk

Nous continuerons demain.

17/04/2011

L’ENARCHIE DANS TOUTE SA NUISANCE … ET SA LÂCHETE (1)

oo.jpg Le 27 mars dernier, j’annonçais un colloque à Paris sur le 35e anniversaire du regroupement familial, funeste décision entre toutes, prise par décret par le duo Giscard/Chirac. Un de mes subtils lecteurs m’adressait alors un défi. Vous relirez ci-dessous les trois messages qu’il m’envoyait sur le sujet. Encore que je trouve qu’il exagère peut-être un peu sur les chiffres. 15 millions d’étrangers, ça me paraît quand même beaucoup. J’avais déjà rencontré le Gisti, mais je n’avais jamais vraiment étudié la question. Ces quatre énarques planqués m’ont beaucoup fait réfléchir et ma foi, après beaucoup de travail, de recherches et de recoupements, je pense avoir réussi à dénicher ces quatre oiseaux. Qui ont généralement fait leur nid bien douillet au sommet de la pyramide alors qu’ils enjoignaient avec rudesse à ceux du bas de se pousser pour faire entrer tous ceux qui le souhaitaient.

 

Je vous demande néanmoins un peu de patience. Car il faut bien au préalable se remémorer les choses et leur contexte. Aujourd’hui, je vous redonne le point de départ : le défi. Typiquement le genre de chose que j’apprécie. Demain, nous parlerons un peu du Gisti et des éléments qui ont servi de base à l’enquête. Et après-demain, nous attaquerons les courageux personnages qui ont jusqu’ici préféré l’anonymat. A tort, ils devraient pavoiser au contraire car ils ont magistralement réussi leur coup. Dame, des énarques, forcément …

 

 

 

« Ce ne sont pas les lois et règlements pris par Giscard et Lionel Stoléru qui ont enclenché le processus d'immigration de peuplement massive.

C'est le GISTI qui par ses actions a paralysé l'application des dispositions qui prévoyaient la fin de l'immigration de travail et le rapatriement de tous les immigrés sans travail et sans ressources propres depuis longtemps.

Le GISTI avait été créé par 4 jeunes énarques dont les noms étaient, selon Liora Israël lorsqu'elle a organisé un colloque sur les trente ans de sa fondation, toujours secrets car certains sont toujours en activité.

Ce sont ces 4 personnes qui sont les premiers coupables de l'installation de 12 millions d'Africains en France depuis 30 ans.

Vous ne pouvez pas tenir sérieusement un colloque sur ce sujet sans les avoir identifiés. »

 

 

« Le texte de ce décret, c'est ça :

"Le conjoint et les enfants de moins de dix-huit ans d'un ressortissant étranger régulièrement autorisé à résider sur le territoire français, qui viennent le rejoindre dans les conditions prévues à l'article 5-1 de l'ordonnance susvisée du 2 novembre 1945, ne peuvent se voir refuser l'autorisation d'accès au territoire français et l'octroi d'un titre de séjour que pour l'un des motifs suivants :

1° L'étranger concerné ne justifie pas d'une année de résidence en France en situation régulière ;
2° L'étranger concerné ne dispose pas de ressources stables, suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille

3° Les conditions de logement que l'étranger se propose d'assurer à sa famille sont inadaptées

4° La présence du ou des membres de la famille sur le territoire français constitue une menace pour l'ordre public

5° Les résultats du contrôle médical auquel doivent se soumettre, dans leur pays d'origine, le ou les membres de la famille font apparaître qu'ils sont atteints de maladies ou d'infirmités pouvant mettre en danger la santé publique, l'ordre public ou la sécurité publique ; "

Autrement dit, c'est un énoncé des motifs permettant de refuser un titre de séjour.

Il complétait plusieurs dispositions prévoyant l'arrêt complet de l'immigration et le retour dans leur pays des immigrés au chômage et sans ressources.

Or, c'est le GISTI, d'abord officine clandestine créée par 4 énarques qui étaient proches du Conseil d'État, dont le but était de fabriquer du contentieux et de générer une jurisprudence rendant la plus restrictive possible l'application de ces textes.

Par ailleurs, il y a la modification du Code de la nationalité, et toute la doctrine administrative infiniment extensive issue du contentieux fabriqué aussi par le GISTI (p. e. le prétendu droit au maintien sur le sol des parents d'enfants dits Français, mais en réalité potentiellement français s’ils restent en France jusqu'à leur majorité).
Ce ne sont donc pas les textes, mais la façon dont ils ont été dévoyés, qui a permis l'immigration massive.

 

Ensuite en 1981 le GISTI a été rendu officiel, et il est devenu le créateur de la doctrine de la politique d'immigration.

Cherchez ces 4 noms, vous aurez la clef.... »

 

 

« La suite du décret :

" La demande d'autorisation d'accès et de séjour au titre du regroupement familial est adressée par l'étranger concerné au commissaire de la République du département de sa résidence. Elle justifie qu'elle ne se heurte à aucun des motifs de refus énoncés aux 1°, 2° et 3° de l'alinéa ci-dessus.

Après vérification de ces justifications '''et s'il apparaît que le motif mentionné au 4° du premier alinéa ci-dessus ne s'oppose pas à leur présence sur le territoire français''', le ou les membres de la famille sont invités à se soumettre au contrôle médical prévu au 5° du même alinéa. Lorsque ce contrôle se révèle satisfaisant, le ou les membres de la famille reçoivent l'autorisation d'entrer en France au titre du regroupement familial et, si un tel titre est requis, un visa de séjour d'une durée supérieure à trois mois .

Un titre de séjour de même nature que celui détenu par la personne qu'ils rejoignent et emportant le cas échéant autorisation de travail est délivré à leur arrivée en France. "

Le 4°) permettait de refuser le séjour pour la simple raison qu'il y a du chômage en France.

La quasi-totalité des immigrés à cette époque avaient des titres de séjour de travail temporaires renouvelables chaque année. C'est tout ce que pouvait obtenir un membre de la famille.

Il n'était absolument pas question de donner quoi que ce soit à des clandestins.

C'est le GISTI, et lui seul, qui a transformé ces décrets en instrument d'une politique d'immigration de peuplement sans limites.

Je persiste à dire que ce n'est pas ce décret qui a ouvert les vannes, mais la façon dont il a été appliqué de façon complètement dévoyée, à cause du GISTI.


Dans la mesure où il prévoyait un chassé croisé: tous les immigrés sans travail devaient rentrer chez eux, tandis que les immigrés ayant un travail, un logement assez grand et confortable, pouvaient faire venir leur famille sans qu'elle ait plus de droits qu'eux aussi bien pour la durée du permis de séjour que pour les droits sociaux. Cette autorisation temporaire était en outre conditionnée par le fait de ne pas porter atteinte à l'ordre public, ce qui permettait de limiter autant qu'on voulait le nombre.

Ce décret aurait aussi bien pu être le début d'un reflux de l'immigration en France, et s’il ne l'a pas été, c'est à cause de la jurisprudence du Conseil d'État, provoquée par le GISTI, qui lui a donné une interprétation complètement abusive en bloquant tous les cas de retour, et en étendant indéfiniment les cas de regroupement familial. On ne peut pas imputer aux auteurs du décret la volonté d'augmenter la population immigrée, j'aurais tendance à penser le contraire, car les textes de Stoléru qu'on accuse d'avoir fait une politique immigrationniste, ne l'étaient pas, ce qui lui valait d'une certaine gauche l'accusation de xénophobie et d'antisémitisme.


J'avais bien repéré celui des fondateurs qui était breton, mais impossible d'identifier les trois autres. Il est possible que ce soient trois autres Bretons.

Ou des calvinistes du type unionistes, puisqu'on trouve ces comploteurs (leur action se faisaient au début dans le secret) installés jusqu'en 1981 dans les bureaux de la CIMADE. Ensuite, M. Badinter qui les connaissait bien, leur a donné une position institutionnelle officielle.

Nos compatriotes ont le droit de savoir qui, parmi les hommes politiques vivants, a voulu et planifié l'installation de 15 millions d'étrangers inassimilables, et cela d'autant plus qu'ils n'assument pas la responsabilité de leurs actes.

Allez, chère Anne, taïaut, F2, F3, F4, trois sales bêtes à pister et à lever, peut-être à ajouter à votre galerie des Affreux, un tableau de chasse pour le 9 Avril 2011, bon chien chasse de race. »